Energies, sous-sol et maîtrise des risques

15/01/2014
Publication REE REE 2013-5
OAI : oai:www.see.asso.fr:1301:2013-5:9578
DOI : http://dx.doi.org/10.23723/1301:2013-5/9578You do not have permission to access embedded form.

Résumé

Energies,  sous-sol   et maîtrise  des risques

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132 REE N°5/2013 LIBRES PROPOS Philippe Vesseron G lobalement, sur tous les continents, nous avons fait depuis cinquante ans des progrès fantastiques dans la maîtrise des risques naturels et technologiques. Mais est-ce bien aussi le cas pour les risques liés au sous-sol ? Dans les difficultés actuelles de la gestion des risques et des ressources, quelle est ici la part des causes systémiques ? essentiel des problématiques de l’énergie : on pense bien sûr au charbon, au pétrole, au gaz naturel ou à de demain comme la géothermie à basse tempéra- ture, le stockage du gaz naturel ou le stockage géolo- gique du CO2 . Dans tous ces cas d’ailleurs, les coûts, les rentabilités et les durées commandent assez direc- tement l’articulation entre énergie et sous-sol : il ne faut jamais raisonner sur l’énergie en oubliant l’économie, en particulier pour réussir la maîtrise des gaz à effet de serre. D’autres articulations fortes sont apparues - diale : la connaissance du sous-sol est maintenant reconnue comme un élément important pour garan- tir la sécurité des centrales nucléaires ou des grands barrages, mais aussi pour gérer les premières consé- quences des changements climatiques comme le retrait/gonflement des argiles ou les modifications du trait de côte provoquées par l’élévation du niveau des mers. Sans oublier que pour beaucoup d’installations implantées par nature sur le littoral – centrales, ports tsunamis sont des préoccupations durables. - sibles à des coûts raisonnables et l’impératif de maî- trise des risques jouent, tantôt conjointement, tantôt al- ternativement, le rôle moteur dans les préoccupations sur le sous-sol. Dans à peu près tous les domaines des risques technologiques ou naturels, nous avons appris à agir préventivement ou à tirer des leçons des catas- sinistre de la technologie où s’enchaînent Seveso - ont été apportés par la technologie elle-même, qu’il de la sophistication des contrôles commandes ou de la simulation… et, spécifiquement pour le sous-sol, des progrès de la géophysique, de la géomodélisation, de la sismique ou des mesures aéroportées : qui aurait technique et économique ou que la carte géologique comme un outil informatique interopérable ? Et paral- lèlement les progrès du génie para- la géochimie, la sécurité de l’offshore profond et ultra profond, la maîtrise des forages déviés… ont constitué Des innovations françaises sont d’ail- leurs bien reconnues et ont permis de constituer des entreprises pétro- lières, parapétrolières ou gazières, de tailles diverses, dont certaines sont maintenant très visibles au niveau – cause ou conséquence ? – avec la diffusion des démarches de qualité dans la plupart des activités de production et de service. vite : notre connaissance des caractéristiques du qui se passe plus près de la surface ne sont pas vraie couverture de géophysique aéroportée que sur quatre régions de démonstration… Et alors que nous avons plutôt des succès dans la prévention du risque Energies, sous-sol et maîtrise des risques REE N°5/2013 133 LIBRES PROPOS sismique en métropole, pourquoi une réévaluation à a-t-elle été si tardive, avec des conséquences lourdes pour les plannings des projets industriels dans cette qu’il y a urgence économique et politique à réunir les bases d’un débat rationnel, combien de temps faudra-t-il pour disposer d’un dossier correct sur les non conventionnels et sur les moyens disponibles questions posées dans les îles de l’outremer français par la géothermie, le volcanisme et le risque sismique. Dans le passé, l’investissement pour connaître le sous- sol a été largement associé à la prospection minière avons besoin que des connaissances suffisantes soient durablement disponibles. Comment seront-elles pro- duites ? Quel archivage des données ? Quelle conser- vation des échantillons et des carottes prélevés quelle qu’ait été la motivation des forages ? Quel schéma de financement pour la constitution et l’utilisation d’une mémoire pérenne ? Quel investissement dans la for- mation des jeunes ? maintenant organiser une fonction moderne de pro- duction, de conservation et de mise à disposition de l’information sur le sous-sol qui puisse répondre à des finalités multiformes : assurer dans de bonnes condi- tions les tâches de sécurité – du retrait/gonflement en valeur des ressources – de la reconnaissance des hydrocarbures à cinq km de profondeur à l’évaluation de la capacité d’échange de chaleur par des sondes rassembler les données utilisables dans l’avenir quand on recherchera des substances qui ne présentent pas d’intérêt aujourd’hui. et des entreprises… : faut-il croire que demain tout ira On a vu plus haut que la fin du XXe siècle a été marquée par une demande forte de maîtrise du « risque majeur », cette maîtrise appelle, en particulier dans le domaine de l’énergie, des méthodes, une stratégie et une régulation publique de bonne qualité, nationale ou internationale. Nous avons progressivement dégagé des principes as- sez robustes comme la nécessité d’éviter les confusions de rôles entre maître d’ouvrage et maître d’œuvre, entre promoteur d’un projet, régulateur et autorité de sûreté, entre évaluation des risques et décision sur les risques. Et simultanément, nous avons appris l’importance d’as- de la transparence, des bonnes pratiques de la publi- décisions… Nous avons aussi entrepris la clarification du sens du « principe de précaution » mais il y faudra du temps… Ces évolutions partent de principes relativement des décisions qu’ils s’apprêtent à prendre, à formaliser les avantages et inconvénients qu’ils mettent en balance, à préciser pour l’avenir les besoins d’amélioration des connaissances, la création de dispositifs de suivi, d’obser- de modestie et de loyauté. Beaucoup de ces idées ont acceptées sans réticences initiales par une administration - de tout petits projets sont devenus, en théorie au moins, publique. Situation d’autant plus étrange qu’au même toutes ces transformations, les questions de l’énergie ne sont plus chez nous le moteur de l’évolution de la connaissance du sous-sol et, pour sa part, la Commission 134 REE N°5/2013 et la création d’institutions de régulation de la concur- rence : en France, il aura fallu la triste « crise des gaz de schiste » pour faire apparaître l’urgence de moderniser les concepts et les outils de la gestion des ressources du sous-sol, de la prévention des risques et de la production des connaissances. faire la différence entre des situations où il est urgent de déréglementer et celles où la vigilance collective ou la participation du public sont insuffisantes, moderniser notre fiscalité minière et nos mécanismes d’assurance de l’après-mine, identifier les domaines où il faut supprimer quand elles sont inutiles des procédures de décision ou - lais et des coûts et en revanche créer des bases de données pérennes et des référentiels utilisables par toutes les parties prenantes, en clarifiant la part qui doit être financée par l’Etat et les régions. Et simultanément mettre les responsa- de quitter l’époque étrange où l’on croyait en France que tout sujet devait faire l’objet d’une réglementation ou d’une norme, forcément peu respectées : une règle de mauvaise qualité engendre vite des coûts et des fra- gilités. Dans les procédures réglementaires aussi, il faut passer de « zéro défaut » à « zéro mépris », pour utiliser Bref, les liens entre énergies, risques et sous-sol sont en pleine évolution. Et les demandes modernes d’efficacité, de transparence et de construction de la confiance sont ici très convergentes. J’aime bien citer Si vous avez le sentiment qu’une question est trop compliquée pour que les citoyens décident par eux-mêmes, la solution n’est pas de décider à leur place mais de leur donner le moyen de former leur propre jugement ». LIBRES PROPOS Philippe Vesseron est ingénieur général des mines. Il a été Délégué aux risques majeurs et a dirigé l’Institut de Protection et de Sûreté Nucléaire ainsi que le BRGM.