De NIMBY en BANANA : La dérive de l’écologie politique européenne.

17/11/2013
Auteurs : Bruno Weymuller
Publication REE REE 2011-5
OAI : oai:www.see.asso.fr:1301:2011-5:5341

Résumé

De NIMBY en BANANA : La dérive de l’écologie politique européenne.

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	    <date dateType="Created">Sun 17 Nov 2013</date>
	    <date dateType="Updated">Thu 26 Jan 2017</date>
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134 ◗ REE N°5/2011 libres PROPOS Bruno Weymuller Ancien membre du Comité Exécutif de Total L a nature du « débat citoyen » sur les gaz de schistes qui a eu lieu ces derniers mois en France est inquiétante à bien des égards. A l’origine des actes admi- nistratifs instruits selon les règles mais de façon étroitement traditionnelle, une inquiétude locale attisée par des groupes activistes expérimentés dans les techniques de désinformation, un Mi- nistère de l’Ecologie, aux structures lourdes et démuni d’expertise techni- que, incapable de faire face aux demandes d’explication et enfin des responsables politiques complètement dé- passés par la contestation et la démagogie. Tout cela pour aboutir au refus d’étudier la possibilité de valorisation de ressources nationales, en inscrivant de fa- çon étonnante dans la loi française l’interdiction générale d’une technique aujourd’hui classique dans l’industrie pétrolière. Bien sûr on peut ajou- ter que les sociétés pétrolières n’ont pas été par- ticulièrement adroites dans leur communication et leurs comportements. Un débat sur les gaz non conventionnels d’aussi piètre qualité devrait rester une « spécificité fran- çaise » mais, de façon presque concomitante, a eu lieu en Allemagne un « débat politicien » sur le nucléaire qui a conduit la chancelière Merkel à opérer dans la précipitation un retournement complet sans que les conséquences futures n’aient été sérieusement étudiées, en terme d’augmentation des besoins de stockage élec- trique, d’accroissement des émissions de gaz à effet de serre ou d’importations énergétiques. Dans les deux cas, le rôle des lobbys de l’écolo- gie politique a été décisif. Et on peut aussi rap- peler leur influence pour amener, il y a quelques années, les responsables européens à adopter une approche déséquilibrée et irréaliste sur les questions énergie/climat, ce qui a conduit à la totale marginalisation de l’Europe dans les négo- ciations de Copenhague sur le climat. Tout cela révèle la grande difficulté qu’ont aujourd’hui les pays européens à préparer et à conduire les évolutions à moyen terme des systèmes énergétiques. Des sources d’énergie, disponibles de façon stable et à un coût raison- nable, sont indispensables à la croissance éco- nomique et au bien être des populations. Mais bien sûr il faut être en mesure d’articuler les paramètres techniques, les coûts économiques et la maitrise de l’impact sur l’environnement dans une vision intégrée réfléchie et prospective. Au niveau local, les réactions d’inquiétude et d’opposition face à des projets nouveaux susceptibles d’apporter des gènes de voisinage sont désormais courantes dans nos sociétés et relativement compréhen- sibles. Les promoteurs de ces projets et les autorités doivent y répondre en faisant preuve de doigté, de compétence, de pédagogie et de maturité. Mais l’écologie politique en Europe cherche à s’appuyer sur ces réactions de NYMBY (“Not In My Backyard”) pour les étendre dans une tac- tique dite BANANA (“Build Absolutely Nothing Anywhere Near Anyplace”) fondée sur une vision sectaire et simpliste des questions énergétiques et économiques. Pas de charbon, pas de pétrole, pas de gaz, pas de capture et de stockage du CO² , pas de nucléaire, pas d’hydraulique par grands barra- ges, pas de biocarburants s’il y a un lien avec les ressources alimentaires, pas de géothermie si les techniques modernes de préparation de puits sont utilisées, etc. Seules trouvent grâce les énergies renouvelables (et encore si elles n’ont pas d’impact sur les paysages) et surtout la réduction drastique de la consommation s’ins- De NIMBY en BANANA : La dérive de l’écologie politique européenne.