L'Institut Télécom : Une expérience séculaire pour aider à comprendre et construire la société numérique de demain

17/11/2013
Publication REE REE 2011-6
OAI : oai:www.see.asso.fr:1301:2011-6:5311

Résumé

L'Institut Télécom : Une expérience séculaire pour aider à comprendre et construire la société numérique de demain

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96 ◗ REE N°6/2011 enseignement & recherche Jean-Claude Jeanneret Ingénieur général des Mines Administrateur général de l'Institut Télécom L 'Institut Télécom est dans son statut actuel une institution récente (créée en 1996 simultanément à la transformation de France Telecom en société anonyme) qui puise ses raci- nes dans l'Ecole Supérieure de Télégraphie (EST) fondée en 1878 et fréquentée entre autres par les jeunes polytechniciens Léon Charles Thévenin et Edouard Estaunié. L’EST se mue alors en Ecole Professionnelle Supérieure des Postes et Télégraphes (EPSPT), qu'Edouard Estaunié, inventeur du mot « télécommu- nication » en 1904 et futur académicien, dirige au début du 20e siècle. Elle forme à la fois des ingénieurs pour les entre- prises privées et les ingénieurs dont l'administration des Postes et Télégra- phes a besoin. Devenue ESPT en 1912, et renforcée la même année par la créa- tion en son sein du Service d'études et de recherches techniques (SERT), elle quitte ses locaux historiques de la rue de Gre- nelle pour s'installer dans une ancienne usine de gants rue Barrault au début des années 30, et devient ENSPTT juste avant la deuxième guerre mondiale, puis ENST pendant l'occupation en se séparant de la formation des administrateurs des PTT. La direction de l'enseignement supérieur technique (DEST) du ministère des PTT est créée en 1971 et couvre à la fois l'ENST et l'INCT (Institut national des cadres techniques) qui forme les inspec- teurs. La forte volonté de décentralisation de la Direction générale des télécommunications est en balance avec le souhait de continuer à se développer sur Paris : cela amène à la fin des années 70 à la création d'une nouvelle école d'ingénieurs, l'ENST Bretagne – sur un territoire rendu emblématique pour les télécommunications par la création du centre lannionnais du CNET, par Pierre Marzin – et au transfert dans la ville nouvelle d’Evry de l’INCT, qui formera ultérieu- rement l’INT avec son homologue administratif INCA. Lorsque France Telecom quitte son statut d'établissement public pour celui de société anonyme en 1996, les activités d'enseignement supérieur qui étaient toujours assumées au sein de la DEST sont reprises au sein d'un établissement public créé à cet effet, le GET (Groupe des Ecoles des Télécommunications). Entre temps, l'INT d'Evry avait fait évoluer ses deux composantes, centres de forma- tion interne, pour en faire deux grandes écoles formant des cadres, ingénieurs et managers, essentiellement pour le secteur privé. Entre temps aussi, les deux écoles d'ingénieurs recrutant sur le concours commun Mines-Ponts ont changé de nom ou de marque : l'ENST fait place à SupTélécom, puis à Télécom Paris… et l'ENST Bretagne, à Télécom Bretagne ou ENST B, puis de nouveau ENST Bretagne. Pendant les premières années du GET, cohabitent ainsi les diffé- rentes marques des écoles qui le composent (Télécom Paris, ENST Bretagne, Télécom INT et INT Management) et ce n'est fina- lement qu'en 2008 qu'est mise en œuvre une archi- tecture de marques cohérente (Institut Télécom, Télécom ParisTech, Télécom Bretagne, Télé- com SudParis, Télécom Ecole de Manage- ment), avec sa déclinaison au niveau des logos permettant des enrichissements mutuels. Nul doute que cette histoire se pour- suivra avantageusement à l'occasion de l'évolution en 2012 de l'Institut Télécom en Institut Mines-Télécom, établissement public au statut d'EPSCP, grand établisse- ment auquel seront rattachées, avant leur intégration progressive, les écoles des mi- nes, qui ont le même ministère de tutelle, le Ministère de l'économie, des finances et de l'industrie. Nul doute également que le déména- gement projeté sur le plateau de Saclay à horizon 2016, à proximité de l'Ecole Polytechnique, de Télécom ParisTech et d'une partie de Télécom SudParis, déménagement déjà envisagé au début des années 70 (!), offrira à l'Institut et à ses éco- les une opportunité exceptionnelle de contribuer au développement de cette Université Paris-Saclay d'un nouveau type qui a l'ambition de figurer dans le top 10 mondial, tout en renforçant les partenariats déjà amorcés depuis plusieurs années au sein de ParisTech. L'Institut Télécom et la Formation L’objectif de l’Institut est de rechercher et de garantir l’excel- lence pour toutes les formations des quatre grandes écoles du groupe : Télécom ParisTech, Télécom Bretagne, Télécom SudPa- ris et Télécom Ecole de Management. Des ingénieurs formés pour créer la société numérique Faisant référence au niveau national et largement reconnues au niveau international, les formations d'ingénieurs de l'Institut Télé- com sont en prise directe avec l'évolution de leur environnement L'Institut Télécom Une expérience séculaire pour aider à comprendre et construire la société numérique de demain L’Institut Télécom comprend, autour des quatre Grandes Ecoles historiques, deux filiales et des écoles associées. REE N°6/2011 ◗ 97 enseignement & recherche technologique, économique et social. Les ingénieurs disposent de la culture scientifique et des compétences managériales nécessaires pour exercer les plus hautes responsabilités dans la transformation numérique de notre société. Trois grands axes président à leur formation : - L'ouverture : • l'ouverture internationale, (filière de formation en partenariat, visi- tes de partenaires académiques en Europe et aux États-Unis…) ; • l'ouverture à l'entreprise (échanges avec des industriels, interve- nants du monde de l'entreprise dès la première année) ; • l'ouverture sociale (voie d'accès facilitée au diplôme d'ingénieur par l'apprentissage, signature de la Charte pour l'égalité des chances pour l'accès aux formations d'excellence, politique de bourses et d'aides renforcée) ; • dialogue avec les aînés (élèves, anciens élèves et enseignants). - Le renouvellement des méthodes pédagogiques : • investissement dans les usages pédagogi- ques des TICE ; • développement de la formation par appren- tissage ; • implication accrue des élèves dans leur ap- prentissage et importance accordée au tra- vail en projets ; • utilisation du référentiel de compétences CDIO développé avec le MIT. - L'approfondissement de thématiques à fort enjeu, en partenariat avec d'autres grandes écoles comme avec l'université et le monde économique et social : • doubles-diplômes (masters) en « bio-ingé- nierie médicale/bio-imagerie » et « design, médias, technologies/arts et médias numé- riques » ; • bouquet de formations dans le secteur TIC et santé développé par l'Institut Télécom, l'université de Montpellier II, l'Ecole des Mines d'Alès et l'université Montpellier I ; • co-fondation du Collège des hautes études de développement du- rable et renforcement de ce thème dans la formation. Aux formations d'ingénieurs des trois Ecoles de l'Institut, s'ajoute un bouquet d'autres formations scientifiques : • plus de 30 mastères spécialisés pour compléter et adapter sa formation à la société numérique (520 étudiants en 2010) ; • près de 20 masters of science pour attirer les meilleurs étudiants étrangers (282 étudiants en 2010) ; • des doctorats pour stimuler la recherche dans le numérique (envi- ron 800 doctorants en 2010 dans les laboratoires des écoles) ; • des formations continues, pour les besoins des professionnels en activité dans un secteur en rapide mutation. Ces formations couvrent les technologies les plus avancées (LTE, FTTH, etc.) et constituent un accompagnement efficace à la performance des équipes dans l'étude et le déploiement de projets innovants. Des managers pour évoluer dans la société numérique L'essor de la société de l'information fait de l'industrie numérique un secteur leader de la création d'activités et de richesses pour l'éco- nomie mondiale. Au côté des chercheurs et des ingénieurs qui produisent la connaissance et créent de la valeur, notre économie a besoin de managers capables de piloter des projets à forte compo- sante technologique, pour accélérer les pro- cessus d'innovation et démultiplier la valeur ainsi créée, et aussi pour stimuler la diffusion Il y a bien des façons d’étudier à l’Institut Télécom, de la salle immersive entre deux sites à la concertation agreste ... Christian Roux, directeur scientifique de Télécom Bretagne, symbolise bien le défi de la santé numérique : il a lancé en 2010 le conseil scientifique de la nouvelle filière TIC & santé de Montpellier. 98 ◗ REE N°6/2011 enseignement & recherche des sciences et technologies de l'information et de la communica- tion (STIC) dans les autres secteurs de l'économie. Télécom Ecole de Management forme ces perles rares : des managers dotés de solides compétences en STIC et capables de comprendre le monde des ingénieurs. Les formations de Télécom Ecole de Management, de niveau bac +3 (bachelor) à bac +8 (doctorat) sont ouvertes sur le monde grâce à des accords entretenus avec 81 universités étrangères. Les étudiants sont issus de classes préparatoires, de filières universitaires ou technologiques à bac +2 ou bac +3 ; ils intègrent le prestigieux ‘’Programme grande école’’, reconnu parmi les meilleurs en gestion et management en France, qui, depuis 2009, peut également être suivi par apprentissage. Depuis trente ans, les étudiants, les enseignants-chercheurs et le personnel de Télécom Ecole de Management font campus commun avec l'école « jumelle » d'ingénieurs Télécom SudParis. Cette syner- gie historique entre les deux écoles s'est renforcée avec la création d'un cursus bi diplômant « ingénieur manager » mise en place en septembre 2011. Ce cursus bi diplômant est également actif avec d'autres écoles d'ingénieurs, notamment des écoles des Mines dont le rattachement au futur Institut Mines-Télécom est programmé. Aujourd'hui, Télécom Ecole de Management est l'école de manage- ment de l’Institut Télécom. Elle sera demain celle de l'Institut Mines- Télécom. Avec les entreprises au cœur de ses enseignements et de sa stratégie, l'école est un centre de compétences et de ressources complémentaires pour tous les ingénieurs du groupe. Forte de son positionnement singulier au sein d'un puissant groupe de grandes écoles d'ingénieurs, Télécom Ecole de Management forme les mana- gers de la société numérique : la société d'aujourd'hui et de demain. Une large gamme d'autres formations à la gestion et au ma- nagement complète celle des managers : En plus de ses Masters of Science et mastères spécialisés (mar- keting numérique, systèmes d'information pour l'entreprise, mana- ger télécom…), Télécom Ecole de Management offre également un MBA et un doctorat. En fort développement, l'école lance en 2011 de nouveaux mastères spécialisés et prévoit un Executive MBA pour les cadres en activité à la rentrée 2012. Un Bachelor International Management and IT, nouvelle forma- tion professionnalisante en trois ans destinée aux bacheliers, démar- rera en septembre 2012. Axée sur le management, l'international et les nouvelles technologies, cette formation permettra à ses diplômés d'embrasser des carrières de commerciaux, d'experts marketing ou de managers dans l'économie numérique. L'Institut Télécom et la recherche Les activités de recherche puisent à deux sources : d’une part la production de connaissances autour d'avancées mondiales et la mo- bilisation sur de nouveaux défis scientifiques, d’autre part, la réponse aux grands besoins de la Société. Ces besoins mobilisent souvent des chercheurs de plusieurs disciplines autour de la levée de verrous scientifiques ou techniques, de l'architecture de solutions innovan- tes, de l'expérimentation et de l'interaction avec les utilisateurs. L’Institut Télécom dispose, dans ses écoles, de chercheurs et d'équipes de pointe travaillant à l'état de l'art au niveau mondial, et dont les compétences sont au cœur de son attractivité. Ils concou- rent activement au progrès de la science en produisant chaque an- née quelques 2 000 articles scientifiques régulièrement primés. L’Institut s'est doté depuis 2008 d'une stratégie pour organiser sa réponse aux besoins sociétaux ; celle-ci s'articule autour des Huit défis scientifiques à relever par l'Institut Télécom. Les quatre premiers regroupent les forces des laboratoires autour du développement du socle de la société numérique : • Les réseaux du futur, pervasifs et ubiquitaires ; • Les objets intelligents et communicants, les services de création, d'accès et de partage de contenus ; • Les usages de la vie numérique. Ce socle est le support d'une transformation numérique qui im- pacte tous les secteurs d'activité et qui pose de nombreux défis sociétaux, dont quatre que l’Institut Télécom a retenus comme prio- ritaires : • La santé numérique ; • Les services numériques ; • Le numérique pour le développement durable ; • La sécurité numérique globale. La force de recherche de l’Institut Télécom mobilisée pour relever ces défis comprend près de 1 900 personnes : d'une part les ensei- gnants-chercheurs et ingénieurs permanents de l'Institut, auxquels s'ajoutent les personnels issus d'autres organismes de recherche, en particulier du CNRS, d'autre part les doctorants et jeunes docteurs (« post-docs »), souvent engagés sur des contrats de recherche, ainsi que les divers visiteurs et sabbatiques. Les divers laboratoires des écoles de l'Institut sont à la fois actifs et réputés : ils ont mérité de longue date les habilitations du CNRS ou de l'INSERM, ainsi que des références flatteuses de l'Agence d'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur (AE- RES) ; globalement l'Institut a également reçu le label Carnot en 2005, renouvelé jusqu'en 2015. A l'excellence et à la réputation des équipes, font écho les récom- Est-ce un hasard si la 400ème start-up incubée dans les écoles de l’Institut concerne Lelivrescolaire.fr ? Le trophée a été remis en 2010 à l’occasion de la première Convention PME. REE N°6/2011 ◗ 99 enseignement & recherche penses prestigieuses qui régulièrement honorent des chercheurs de l'Institut. Ainsi, Claude Berrou de Télécom Bretagne a-t-il reçu le pres- tigieux prix Marconi en 2005, succédant aux fondateurs de Google, Sergey Brin et Larry Page, et a rejoint aujourd'hui l'Académie des sciences. Alain Glavieux, qui avait inventé avec lui les turbocodes et qui est malheureusement décédé prématurément, a donné son nom à un prix décerné conjointement par l'IEEE et la SEE, en alter- nance avec le Prix Brillouin. En 2010, Eric Moulines, de Télécom Pa- risTech, a obtenu la médaille d'argent du CNRS et il vient de recevoir le Prix Orange de l'Académie des sciences. La SEE a également salué l'excellence de nos jeunes chercheurs puisque dans les dernières années, trois d'entre eux – Jean-Claude Belfiore, Isabelle Bloch et Jean-Luc Dugelay – ont obtenu la médaille Blondel. L'Institut Télécom et l'innovation Un écosystème d'innovation, puissant, rapide et foisonnant  La société numérique se bâtit sur des plates-formes toujours plus performantes de communication et de traitement de l’information. L’Internet, le Cloud et le Web supportent un flot continu d’innova- tions, alimenté par les technologies et les usages qui créent de nou- velles interfaces, de nouveaux contenus, de nouveaux services et de nouveaux réseaux sociaux. Ce foisonnement s'appuie au niveau mondial sur des start-up, des PME, de grandes entreprises nouvel- les ou anciennes et sur les laboratoires de recherche qui inventent, alimentent les innovations en méthodes ou outils et soutiennent la montée en performance technologique des infrastructures pour ab- sorber la demande numérique explosive. L’ensemble constitue un écosystème puissant et rapide ; quel- ques mois suffisent pour apporter vers le marché de nouveaux services lorsque les compétences de recherche, de marketing, de développement s'associent en intégrant les utilisateurs comme source d'innovation d'usage et de mise au point des produits et des services. L’Institut Télécom constitue un creuset pour l'innovation en associant l'excellence de la recherche académique, la pertinence et la richesse de la recherche partenariale. Cette dernière est d’ailleurs reconnue au niveau français (label Carnot) comme au niveau euro- péen (PCRDT, ITEA, Celtic). L'ambition de l'Institut est de développer une politique d'innova- tion structurée en s'appuyant sur la qualité de ses chercheurs, la qua- lité de ses élèves et son expérience dans la recherche partenariale. Cette politique vise à associer étroitement aux grandes entreprises partenaires de notre domaine, les start-up et PME ainsi que les entre- prises des secteurs utilisateurs de nos technologies et de nos plates- formes numériques. Dynamique et ambitieuse, elle se structure en quatre axes d’animation : • La détection des résultats de recherche à fort potentiel économique ; • La création d'entreprises et le financement de leur amorçage (le fonds 3T a été doté à cet effet de 20 M€ par la Caisse des Dépôts et Consignations et le Fonds Européen d’Investissement) ; • Le développement de l’écosystème de l’innovation : club PME (un club d’une soixantaine de PME innovantes a ainsi été constitué autour de l'Institut Télécom) ; • La projection à l'international au travers d'antennes, telles que celle mise en place dans la Silicon Valley. Ce dispositif offre aux start up issues des incubateurs, et aux PME partenaires, l'opportunité de profiter d'une immersion dans cette zone attractive et à l'Institut Télécom d'intéresser les acteurs locaux à la France et l'Europe. Une forte politique de coopération L'Institut Télécom, c'est un positionnement national affirmé qui se manifeste … dans les écosystèmes régionaux. Le partenariat et la coopération remontent à plusieurs décennies : les deux filiales de l'Institut ont plus de 20 ans. Ce sont d'une part Télécom Lille 1, créée sous le nom de l'ENIC, avec l'université de Lille 1 à la suite du « Rapport Decomps », d'autre part Eurécom, im- plantée sur le campus de Sophia Antipolis, avec plusieurs partenaires internationaux, dont l'Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne. Le concept d'école associée est nettement plus récent et a été mis en place dans le cadre de la stratégie 2008-2012 : il vise à construire ou renforcer des relations privilégiées et des partenariats équilibrés avec des écoles reconnues, totalement ou essentiellement orientées sur les technologies de l'information et de la communication, bien implantées dans leur région aux plans académique, scientifique et industriel, ayant une activité de recherche significative, ainsi qu'un cursus et un personnel d'enseignement de bon niveau. Dès son origine, ce nouveau concept a montré son efficacité, par des réalisations concrètes dans tous les domaines avec les deux premiers partenaires. (Télécom Saint-Etienne et l’ENSPS). L'établis- sement de relations régulières et la participation des représentants de l'Institut à diverses instances des écoles associées ont permis de développer des coopérations pour favoriser les séjours d'étudiants à l'étranger, l'échange d'étudiants entre écoles, les actions de recher- che communes dans le cadre de programmes Futur et ruptures, d'élargir l'Institut Carnot Télécom-Eurecom, de soutenir leurs actions stratégiques (dossier CTI…), et globalement, d'étendre la zone d'in- fluence de l'Institut Télécom. Lancées en 2009, les lunettes 3D d’E3S (essaimage de Télécom Bretagne) ont déjà obtenu l’homologation de Walt Disney Pictures et de la 20th Century Fox. 100 ◗ REE N°6/2011 enseignement & recherche En 2010 et 2011, le réseau des écoles associées de l'Insti- tut Télécom est passé à la vitesse supérieure avec la signature de conventions avec l'ENSEIRB-MATMECA à Bordeaux, SUP’COM Tu- nis, l’ENSEEIHT à Toulouse, l'ESIAL à Nancy et ENSIIE à Evry. Ces nouvelles écoles, composantes des universités locales, sont toutes reconnues en formation comme en recherche. Elles sont leaders au niveau régional et reconnues au niveau national dans leurs domai- nes de compétences. Au total, le réseau actuel des sept écoles associées représente plus de 525 enseignants-chercheurs, plus de 5 000 étudiants et plus de 1 300 ingénieurs en TIC diplômés chaque année. Ces effectifs, ajoutés à ceux de l'Institut Télécom et de ses deux filiales (plus de 600 enseignants-chercheurs, de 5 550 étudiants et de 900 diplô- mes annuels d'ingénieurs et de managers), représentent une part très importante des ingénieurs diplômés en France dans le domaine des TIC : ceci permet de positionner clairement l’Institut Télécom comme chef de file de l'enseignement supérieur et de la recherche en France dans son domaine. ... comme dans les alliances nationales de programmation de la recherche. La recherche en France est organisée localement autour des universités et des écoles, et des organismes nationaux du domaine incluant des organismes de recherche généralistes comme le CNRS, ou spécialisés comme l'INSERM, l'INRA, l'INRIA, le CEA.… Le ministè- re de la Recherche a décidé, pour mieux coordonner les activités de programmation de la recherche, de créer des alliances thématiques réunissant les grands acteurs nationaux. L’Institut Télécom, grâce à la structuration des activités de recher- ches opérées dans ses écoles et à sa capacité de mutualiser des actions de programmation transverses, est devenu un acteur natio- nal reconnu de la recherche en numérique. Il est ainsi membre fon- dateur de l'alliance pour le numérique au côté de l'INRIA, du CNRS, du CEA, de la CPU et de la CDEFI. Créée en décembre 2009, cette alliance appelée Allistene, a été mise en place en 2010, l’Institut Télé- com en assure la vice-présidence en charge de la programmation. Par ailleurs, grâce à son implication dans les activités du domaine d'Aviesan, l'alliance dans le domaine du vivant et de la santé, l'Insti- tut Télécom a été admis comme membre associé. Il y apporte une contribution active pour les technologies pour la santé comme l'ima- ge ou le traitement des informations médicales et y travaille égale- ment au soutien de l'innovation. Enfin, Allistene est devenu membre d'Athéna, l'alliance pour les sciences humaines et sociales et c’est l’Institut Télécom qui la représente. Une culture entrepreneuriale dans l’ADN de l’Institut Quelques repères significatifs En 1994, Télécom Bretagne lance le prix « L'esprit d'entrepren- dre » récompensant un entrepreneur issu d’une PME ou d’une grande entreprise. En 1999, Télécom ParisTech ouvre son incubateur, suivi de près par les autres écoles. En 2009, les élèves gagnants de la dixième édition du challenge Projets d'entreprendre© réunissant les élèves de deuxième an- née de Télécom SudParis et Télécom Ecole de Management, gagnent dix jours de coaching dans l'incubateur partenaire de Virginia Tech pour participer au Challenge mondial des créateurs d'entreprise. En 2010, l’Institut Télécom fête la 400ème entreprise incubée et ouvre une antenne dans la Silicon Valley pour accompagner ses start-up et les entreprises de son club PME. Les relations quasi-génétiques des écoles avec le monde industriel pour la formation, l'intensité de la recherche partenariale et l’implica- tion de l’Institut Télécom dans l'écosystème de l'innovation consti- tuent une culture d'entrepreneuriat tout à fait originale qui bénéficie de la dynamique du secteur numérique : chaque école possède un ou plusieurs incubateurs, tous soutenus dans leurs actions par les collectivités locales (Paris, communautés de communes ou régions). L'incubateur de Télécom ParisTech est le plus important de France. Les sept écoles associées de l'Institut Télécom ✓ Télécom Saint Etienne (www.telecom.st-etienne.fr ) ✓ Ecole nationale supérieure de physique de Strasbourg (ENSPS - www.ensps.fr) NB : nouvelle dénomination (Télécom Physique Strasbourg) à compter de 2012. ✓ École nationale supérieure d'électrotechnique, d'électronique, d'informatique, d'hydraulique et des télécommunications à Toulouse (ENSEEIHT - www.enseeiht.fr) ✓ École nationale supérieure d'électronique, d'informatique, de radioélectricité, de mathématiques et mécanique de Bordeaux (ENSEIRB-MATMECA www.enserb-matmeca.fr) NB : cette école, issue d'une fusion de deux établissements, fait partie de l'Institut Polytechnique de Bordeaux au sein de l'université éponyme. ✓ École supérieure d'informatique et applications de Lorraine à Nancy (ESIAL - www.esial.uhp-nancy.fr) ✓ École nationale supérieure d'informatique pour l'industrie et l'entreprise à Evry (ENSIEE www.ensiee.fr) ✓ École supérieure des télécommunications de Tunis (SUP’COM - www.supcom.mincom.tn) REE N°6/2011 ◗ 101 enseignement & recherche Chaque année désormais plus d'une cinquantaine d'entreprises sont crées, dont plusieurs sont régulièrement primées au concours national d'aide à la création d'entreprises organisé par les ministères en charge de l'enseignement supérieur et de l'industrie. Cependant le cadre de l'entrepreneuriat se modifie rapidement : les rythmes s'accélèrent, les marchés se mondialisent, les projets s'ouvrent du fait de la multiplicité des plates-formes, de l’open source, du crowd sourcing et de l’apparition de nouveaux business models. La culture entrepreneuriale doit elle aussi évoluer et tenir compte des évolutions constatées sur les campus : des promotions d'élèves largement interna- tionales, des projets multiculturels, du travail à distance, des interactions avec le monde de l'entreprise tout au long du cursus, des chercheurs et des élèves ouverts à la créativité et au design, et intégrant les enjeux économiques et de la communication, la nécessité de coopérer à l'in- térieur et à l'extérieur des entreprises. L’avenir sur le campus Paris-Saclay L’Institut Télécom poursuit sa stratégie d’implantation en Ile-de- France ; elle vise à : • résoudre l’engorgement des campus de Paris et d’Evry au profit des trois écoles franciliennes du groupe, • maintenir les avantages compétitifs du groupe et, notamment, l’équi- libre des partenariats stratégiques noués avec les acteurs académi- ques et économiques, intra et extra-muros, ainsi qu’avec la mairie de Paris qui finance fortement l’incubateur de Télécom ParisTech. Le projet scientifique de l'Institut Télécom L'arrivée fin 2016 de l'Institut Télécom sur le campus Paris Saclay lui permettra, d’une part de renforcer ses liens avec ses partenaires académiques déjà présents sur le site (université Paris-Sud 11, CEA, CNRS, INRIA, Ecole Polytechnique, Supélec), avec Digiteo (le seul RTRA STIC) et avec Systematic, le premier pôle de compétitivité français, et d'autre part de contribuer à créer le campus leader fran- çais de l'enseignement supérieur et de la recherche en STIC, et au- delà, une université d'un nouveau type, l'université Paris-Saclay. Les nouveaux bâtiments doivent être construits à Palaiseau, sur le QoX (Quartier ouest de Polytechnique), à proximité immédiate de Digiteo, du LIX, de l'INRIA, de Thalès, partenaires avec lesquels il constituera un véritable « pôle/quartier STIC » sur le campus Paris- Saclay. L'arrivée de 300 enseignants/chercheurs et plus de 2 200 étudiants (y compris doctorants) accroîtra de plus de 25 % les for- ces en STIC du campus Paris-Saclay, en enseignement comme en recherche. Au plan scientifique, l'Institut Télécom contribuera tout particulièrement aux domaines STIC, mathématiques et sciences économiques et sociales, électronique et communications numéri- ques, traitement du signal et des images, informatique et réseaux ; conformément à une solide et originale tradition de ses écoles, les sciences économiques et sociales appliquées aux STIC seront aussi au cœur des préoccupations de formation et de recherche. Des coopérations renforcées L'Institut Télécom apportera les laboratoires de Télécom ParisTech, notés A+ par l'AERES, complétés de laboratoires de Télécom Sud- Paris, notés A. Au plan de la formation, l'Institut Télécom apportera ses forma- tions d'ingénieurs, masters et docteurs de Télécom ParisTech, avec près de 600 diplômés « gradués » par an, et les enseignements d'op- tions de Télécom SudParis liés aux activités de recherche du site. Cette installation prolongera les coopérations développées dans le cadre des instruments du Grand Emprunt tels que les Equipex Digiscope et Fit, les projets de Labex Digiworlds, LISI et LMH, et l'IRT SystemX et au travers de la candidature du campus Paris-Saclay, à l'appel d'offre Initiative d'Excellence, récemment présélectionnée lors du 2e appel à projets. L’Institut Télécom sera présent sur le campus Paris Saclay dès le début 2012 L'Institut Télécom contribuera, sans attendre son installation mas- sive à Palaiseau, au développement de la thématique NanoSciences/ Nanotechnologies en installant, dès la mise en service des premiers bâtiments Nano-INNOV début 2012, une cinquantaine de person- nes sur le campus, dans la logique de co-localisation précédemment évoquée, (Télécom SudParis et Télécom ParisTech). L'innovation et la création d'entreprises L'Institut Télécom et ses écoles apporteront au campus leur ex- périence et leur savoir faire en matière d'innovation, que ce soit au travers de partenariats avec les entreprises (laboratoires communs, chaires d'entreprises, recherche contractuelle), de transfert de tech- nologie (cessions et licences de brevets) ou de soutien à la création d'entreprises. Des mutualisations L'Institut Télécom bénéficiera des locaux du bâtiment d'enseigne- ment mutualisé prévu à proximité de son implantation ainsi que des nombreux services communs (restauration, hébergement, biblio- thèques, ...) qui seront offerts aux personnels, étudiants et visiteurs travaillant sur la zone. Le regroupement programmé avec les Mines à partir de 2012 Dès la création du Conseil général de l'industrie, de l'énergie et des technologies (CGIET) en février 2009, la ministre de l'Économie, de l'Industrie et de l'Emploi a souhaité la mise en place d'une tutelle uni- fiée pour les écoles des Mines et les écoles des Télécommunications déjà regroupées au sein de l’Institut Télécom, pour aller au-delà des stratégies propres de chaque établissement et pour élaborer puis mettre en œuvre une stratégie d'ensemble. Après la remise d'un premier rapport d'étape, la ministre a de- mandé au Vice-président du CGIET de proposer des modalités de regroupement de l'ensemble des écoles préservant l'dentité de cha- cune d'elles. Au terme d'une réflexion collective impliquant largement les acteurs concernés, le Vice-président du CGIET a remis à la mi- nistre des propositions opérationnelles alliant l'ambition de la vision stratégique et le pragmatisme d'une démarche progressive. La minis- 102 ◗ REE N°6/2011 enseignement & recherche tre a confirmé son accord sur les orientations proposées de création d'un institut unique, avec l'objectif d'une mise en place effective au 1er janvier 2012. Ce projet a été officiellement pris en compte par le comité de modernisation des politiques publiques le 30 juin 2010. La mise en place d'un tel institut faisant référence en matière de développement de nouvelles technologies, de politiques publiques et de régulation économique, de formation d'entrepreneurs ainsi que de création d'activités et d'entreprises innovantes devra ainsi permettre à chacune des écoles, selon les souhaits de la ministre, de réaliser une double ambition : • contribuer de manière déterminante au développement économi- que, technologique et scientifique du pays dans les domaines re- levant du ministère de l'Économie par un enseignement supérieur et des activités de recherche d'excellence, • s'engager pleinement, et en cohérence avec la construction de l'Institut, dans la dynamique des partenariats locaux, voulue par le Gouvernement et visant à renforcer notre système d'enseignement supérieur et de recherche face à la concurrence internationale pour mieux répondre aux impératifs de compé- titivité de notre économie. Le projet prévoit la création d'un insti- tut ayant le statut d'EPSCP (Établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel) - grand établissement, qui intègrera dès sa création les écoles des télécommunications comme le fait actuel- lement l’Institut Télécom, les écoles des Mines lui étant, dans un premier temps, rat- tachées en application de l'article L719-10 du code de l'éducation, en conservant leur statut d'établissement public à caractère administratif. Ainsi en 2012 l’Institut Mines- Télécom verra-t-il le jour par transformation de l'établissement public administratif, Institut Télécom. Par ailleurs, plusieurs actions concrètes ont déjà été menées par l’Institut Télécom en partenariat avec les écoles des Mines dès l'an- née 2010, comme l'ouverture en septembre de la filière de forma- tion « TIC et Santé » montée à Montpellier avec l'École des Mines d'Alès et les universités UM1 et UM2, la signature en septembre d'une convention de partenariat avec l'Indian Institute of Technology (IIT) de Bombay, ou encore la mise en place concrétisée début 2011 de doubles diplômes entre Télécom Ecole de Management et quatre écoles des Mines. En guise de conclusion, je voudrais souligner les évolutions rapides et significatives enregistrées par l'Institut Télécom en une quinzaine d'années, depuis la création en 1996 du Groupe des Ecoles des Té- lécommunications. Une dynamique ambitieuse a élargi l'horizon de nos écoles historiques et renforcé les liens avec le monde académi- que comme avec celui des entreprises. A cet égard il m'est agréable de souligner l'action de la Fondation TELECOM, et en particulier de ses membres fondateurs (Alcatel-Lucent, BNP Paribas, Orange, SFR et GOOGLE), qui contri- buent à renforcer nos capacités de réflexion et d'action en matière de formation, de recherche, d'innovation et de prospective. Je suis convaincu que les années à venir verront de nouveaux succès dans les domai- nes où les autorités de tutelle attendent de l'Institut des contributions significatives en matière de formation et de recherche, mais aussi dans la diffusion des connaissances et des usages comme dans la contribution au développement économique et social de la société numérique.■ • 65 formations ➜ 7 formations d'ingénieurs et 2 formations supérieures de gestion ➜ 31 mastères spécialisés et 19 masters of science ➜ 1 MBA ➜ 5 doctorats • 1 624 diplômés au total ➜ Dont 937 ingénieurs/managers • 199 doctorats soutenus et 1 800 publications ou communications, avec une force de recherche de 1 900 personnes • 420 entreprises créées depuis 1999 dans les incubateurs des écoles • Un budget total de 155 millions d’euros, avec une croissance régulière, à 34,4 %, des ressources propres (36,6 M€ de contrats de recherche) Jean-Claude Jeanneret. Acteur majeur de l’ouver- ture à la concurrence du secteur des Télécommuni- cations au sein des orga- nismes régulateurs français de 1987 à 2000, directeur adjoint des systèmes d'information et de communication du ministère de l'Intérieur de 2000 à 2005, il dirige l'Institut Télécom depuis janvier 2006. Membre associé du Conseil général de l'Industrie, de l'Energie et des Technologies, il est expert pour l'AERES. Chiffres clés 2010 de l’Institut Télécom avec les 2 filiales, mais hors écoles associées