Les incubateurs, des outils efficaces de développement économique : la dynamique d’Emergys en Région Bretagne

22/08/2013
Auteurs : Claude Labit
Publication REE REE 2012-1
OAI : oai:www.see.asso.fr:1301:2012-1:4702

Résumé

Les incubateurs, des outils efficaces de développement économique : la dynamique d’Emergys en Région Bretagne

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	    <date dateType="Created">Thu 22 Aug 2013</date>
	    <date dateType="Updated">Thu 26 Jan 2017</date>
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REE N°1/2012 ◗ 101 enseignement & recherche Claude Labit Président de Rennes Atalante Technopole Président de l’incubateur Emergys L ’incubateur Emergys a 12 ans d’âge, plus que l’âge de rai- son donc, et nécessairement le recul suffisant pour dresser un bilan d’expériences sur son parcours et préparer des perspectives d’avenir dans un contexte éternellement changeant et dynamique comme l’est naturellement le secteur de la recherche et de l’innovation. Le bilan de plus d’une décennie d’incubation Le contexte de la création d’Emergys Dans le cadre de la loi sur l’innovation et la recherche dite Loi « Allègre » de 1999, le gouvernement avait décidé de soutenir des projets d’incubateurs d’entreprises issues des établissements de recherche. Un projet Incubateur étant déjà initié par la technopole Rennes Atalante au moment de la promulgation de cette loi, Rennes Atalante a fédéré tous les acteurs de l’incubation et de la création d’entrepri- ses de technologie sur Rennes afin de répondre à l’appel d’offres ministériel. L’ensemble des établissements de recherche et d’en- seignement supérieur de Rennes a alors confié à Rennes Atalante la maîtrise d’œuvre de cet incubateur. Les technopoles de Lannion Anticipa et Lorient Technopole et leurs partenaires scientifiques se sont associées au projet déposé au Ministère. Le Ministère de l’Education nationale, de la Recherche et de la Technologie a décidé, en septembre 1999, d’octroyer des finance- ments, attribués par convention triennale, permettant de donner plus d’ampleur aux actions menées par les acteurs locaux en fa- veur de la création d’entreprises de technologie. Des financements ont également été sollicités auprès des collectivités territoriales impliquées. Le projet Emergys a ainsi démarré par une première convention signée en janvier 2000. Dès 2001, les technopoles de Brest et Quimper, et leurs partenaires scientifiques, sont devenues membres de l’incubateur. Emergys, dans sa phase de création, s’appuyait bien évidemment sur des années antérieures de construction technopolitaine dont l’une des missions a toujours été l’accompagnement et l’ancrage sur le territoire de la création d’entreprises de technologies innovantes. Si l’on prend l’exemple de la technopole de Rennes Atalante, un bilan sur ses 15 ans antérieurs (1984-1999) de développement éco- nomique au sein de l’agglomération rennaise, faisait état déjà de 134 startups de technologie incubées et créées avec son accompa- gnement, avec un taux de succès sur 15 ans (société maintenue) de 86 % pour une création nette de 1 200 emplois directs. A l’époque, près de 30 % des entreprises créées étaient issues de la recherche, les autres projets émanant d’initiatives plus individuelles ou d’essai- mage de sociétés existantes. La démonstration était donc déjà faite de l’importance du potentiel à faire fructifier La démarche de création des incubateurs « Allègre » se voyait complétée par le lancement dès 1999 d’un concours national de création d’entreprises de technologiques innovantes, qui en est, dé- sormais, à sa 14e édition et pour lequel systématiquement l’incuba- teur Emergys a poussé et accompagné de nombreux jeunes projets à faire acte de candidature, avec un taux de succès en dossiers pri- més non démenti à ce jour, plaçant la Région Bretagne dans le pelo- ton de tête des cinq premières régions à forte dominante innovante aux côtés de l’Ile-de-France, Rhône-Alpes, Provence-Côte d’azur et Languedoc-Roussillon. La phase de construction de l’incubateur Lancé officiellement en décembre 1999, l’incubateur Emergys s’est appuyé sur les traditions, pratiques et lieux d’incubation préexis- tants au sein de plusieurs établissements tels que l’INRIA, Télécom- Bretagne, Supélec ou les universités. Ce nouveau projet fédérateur a, d’entrée de jeu, joué la carte du multi-sites, de la diversité du territoire breton et est apparu comme un incubateur multisectoriel dans lequel on retrouvait de nombreuses technologies-clés. Il re- groupe aujourd’hui une vingtaine d’établissements d’enseignement supérieur et organismes de recherche1 , et s’appuie sur le réseau des sept technopoles de Bretagne illustré par la figure 1. Un bilan quantitatif intéressant et instructif Au terme d’une 1ère convention (janvier 2000 - juin 2004), l’incu- bateur de Bretagne avait déjà intégré 43 projets et créé 35 entrepri- ses. La seconde convention (juin 2004 – décembre 2006) a permis d’intégrer 29 nouveaux projets. Sur cette période, 24 entreprises se sont créées. Grâce à un troisième programme triennal (janvier 2007 – décembre 2009), divisé en trois périodes d’un an chacune, l’incubateur a pu accompagner 32 projets bretons conduisant à 25 nouvelles entreprises. De 2000 à aujourd’hui, l’incubateur régional Emergys présente donc fin 2011 une solide expérience et un excellent bilan avec 122 projets incubés et accompagnés, ce qui en rythme moyen sur la 1 Les quatre universités de RennesI, RennesII, Bretagne occidentale, Breta- gne-Sud, ’UCO, les écoles INSA-Rennes, Télécom-Bretagne, Supélec, ENS, ENSCR, Agrocampus Ouest, école Louis de Broglie, Enib, Ensieta, Enssat, et les organismes de recherche INRIA, CNRS, IFREMER, INRA, IRD, IRSTEA. Les incubateurs, des outils efficaces de développement économique : la dynamique d’Emergys en Région Bretagne 102 ◗ REE N°1/2012 enseignement & recherche période considérée représente un projet par mois, accueilli au sein de l’incubateur. La durée d’incubation de chaque projet s’élève en moyenne à 18 mois ; sont à noter des différences notables de durée entre des projets du domaine des TIC qui passent à la phase de création d’en- treprises plus rapidement et, par exemple, des projets orientés bio- technologies, plus longs en maturation. Cette dynamique a donné naissance à 99 entreprises. Les 82 entreprises toujours en activité emploient aujourd’hui plus de 600 salariés. Si l’on fait un rapide calcul de retour sur investissement en termes de développement économique au regard des subventions publiques finalement peu onéreuses (de l’ordre de 200 k€ annuel) et d’un nombre raisonnable de personnes mobilisées pour cet ac- compagnement issues des technopoles et des établissements à l’ori- gine du projet, le nombre d’emplois directs créés est conséquent et rejaillit naturellement sur l’économie globale. La répartition des projets par secteur d’activité est à l’image du poids que les acteurs de ces secteurs représentent en termes d’in- novation sur le territoire breton. Les technologies de l’information et de la communication sont fortement représentées avec 50 % des projets incubés. Arrivent ensuite les sciences de l’ingénieur avec 25,5 % des projets, les sciences de la vie avec 20,5 % et enfin les sciences sociales avec 4 %. En relation étroite avec le potentiel scientifique présent sur les différents sites technopolitains, les trois sites les plus pourvoyeurs de projets incubés au sein d’Emergys sont respectivement Ren- nes-Atalante (56 %), Brest-Iroise (22 %) et Anticipa Lannion Trégor (14 %), avec des origines de porteurs de projets qui sont là aussi relativement variées : 44 % des porteurs sont issus directement du monde de la recherche publique et impliquent pour un tiers d’entre eux, dans leur projet d’entreprise, un scientifique permanent mis à disposition à temps partiel ; il est à noter que la part complémen- taire (56 %) et donc majoritaire des porteurs de projets ne sont pas initialement issus de la recherche publique mais sont mis en lien, par le biais des accompagnateurs d’Emergys, avec les établis- sements publics afin qu’ils adossent leur projet à des compétences « recherche » complémentaires. Ce rôle de catalyseur que jouent ces outils d’incubation est essentiel et stratégique pour la dynamique de développement économique des territoires. De très nombreux projets accompagnés par Emergys ont parti- cipé chaque année au concours national de création d’entreprises organisé par le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Re- cherche. Depuis le lancement de ce concours en 1999, 72 projets accompagnés par Emergys ont été lauréats. Ce concours a permis à ceux-ci de bénéficier d’une subvention pour financer des études de faisabilité et pour établir la preuve de concept des projets en émergence. Pour les entreprises récemment créées, il a contribué au financement de leur programme d’innovation. Quelques repères qualitatifs Au-delà du bilan quantitatif précédemment synthétisé, un bilan plus qualitatif doit d’être effectué, démontrant l’effet de levier que constitue cette dynamique de création d’entreprises. Trois dimen- sions sont classiquement explorées : • Le développement économique en lien avec la démarche d’incu- bation et de création d’entreprises, qui ne se limite pas à la seule création d’emplois directs car il faut tenir compte également des emplois indirects générés (dans les structures accompagnatrices de formation et de recherche et dans celles des services) ; • L’image de technopoles favorisant l’incubation d’innovations (d’aucuns parlent de « novosphère ») qui renvoie à une image posi- tive de construction dynamique de projets tournés vers l’avenir ; • Enfin, l’innovation en tant que source d’expérimentations pouvant se déployer sur le territoire et être à l’origine de projets futurs en termes d’exploration de nouveaux usages. Il est certain, comme évoqué en conclusion, que cette dimension de l’innovation par les usages est l’une des sources essentielles des innovations de demain. L’ingénierie de projets en vue de la création d’entreprises technologiques L’incubation dans la réalité et dans le concret passe par une ex- pertise des projets et une mobilisation d’un réseau de compétences. En effet, la demande d’insertion dans l’incubateur est en général pré- cédée d’expertises externes et de validations préalables. Les projets issus des établissements universitaires sont notamment évalués et analysés par un comité d’expertise scientifique. L’incubateur Emergys est associé aux réunions de ce comité. Les équipes-projets rencon- trent au préalable les experts scientifiques appartenant au réseau de l’innovation et les chargés de mission des technopoles délégataires, en vue de valider et de préparer leur candidature à l’incubateur. Par ailleurs, les projets évalués comme insuffisamment matures, peuvent être orientés vers un fonds de maturation technologique, tel que l’a mis en place la région Bretagne et qui se développera à l’avenir. Les porteurs de projet souhaitant intégrer l’incubateur Emergys présentent leur projet devant un comité de sélection, dénommé comité d’évaluation et d’accompagnement (CEA). Nous avons vive- Figure 1 : Les technopoles de Bretagne. REE N°1/2012 ◗ 103 enseignement & recherche ment souhaité qu’au sein de ce comité soit réunie une palette de compétences multiples, en y associant à la fois des membres issus du monde industriel (grands groupes et PME), recherche et ensei- gnement supérieur, financier (banques, fonds d’investissement) et institutionnels (Etat, collectivités). Après la présentation du projet, les membres ouvrent le débat et interrogent le candidat sur ses motiva- tions et les validations réalisées à ce jour. Plusieurs réunions et entretiens, entre l’équipe projet et le chargé de mission de la technopole délégataire, précèdent ce comité afin de contribuer à l’enrichissement du dossier de candidature et à la préparation du porteur dans la présentation de son projet. Le projet présenté devant les membres du comité d’évaluation et d’accompagnement est analysé au regard des six critères ci-dessous : • Crédibilité de l’équipe : il s’agit d’un point essentiel dans la rece- vabilité du projet. La complémentarité des membres de l’équipe, sa connaissance du marché et sa capacité à répondre au marché au regard des contacts initiés, doivent être évalués ; • Définition de l’activité de l’entreprise : le comité d’évaluation analyse et évalue la clarté donnée par l’équipe projet dans la défini- tion du futur métier de l’entreprise ; • Ambitions du projet : quelle est la vision de l’équipe à trois ans ? A cinq ans ? • Concurrence et facteurs de différenciation : l’analyse concurren- tielle est souvent insuffisamment appréhendée, de même que le degré d’opposition du marché face à l’apparition d’un nouvel acteur sur le marché ; • Taille et caractère international du marché  : le potentiel de croissance de l’entreprise et la taille du marché visé sont essen- tiels. Ils conditionnent l’accès de l’entreprise à des financements de haut de bilan ; • Degré d’innovation et de technologie : connaissance de l’état de l’art, facteurs de différenciation au regard de l’existant, validation de la preuve de concept. Depuis sa création en 2000, Emergys a accompagné de nom- breux projets aux caractéristiques très diverses. Cependant, une ligne directrice méthodologique, résumée dans la figure 2, explique les étapes-clés de cet accompagnement et incubation, conduisant in fine à l’installation sur le territoire technopolitain concerné de la so- ciété créée en post-incubation. Ainsi, les technopoles bretonnes assistent les entrepreneurs dans la construction de leur projet d’entreprise. Elles peuvent intervenir à tous les stades du projet et délivrer des conseils aux porteurs de projet durant la phase de conception, avant même l’existence juridi- que de la société. Elles analysent avec le créateur l’environnement économique du projet, l’offre de l’entreprise, la stratégie marketing et commerciale et peuvent contribuer au renforcement des équipes initiales si né- cessaire. Elles accompagnent et assistent le porteur de projet dans la rédaction de son plan d’affaires, le choix de la structure juridique, l’élaboration du prévisionnel financier, la recherche de financement, la recherche de locaux. Elles s’appuient sur un réseau de partenai- res et d’experts spécialistes des différentes phases de la création et apportent aux entrepreneurs un conseil personnalisé à toutes les étapes de leur projet. Enfin, les technopoles interviennent également dans la recherche de financement haut de bilan et mettent en relation les créateurs avec des sociétés de capital-risque. Au-delà de cette méthodologie d’ensemble, nous avons œuvré récemment par la mise en place de nouveaux dispositifs de suivi tout au long du projet d’incubation, en particulier lorsque celle-ci est prorogée, par des actions de sensibilisation sur les points-clés en matière de pilotage et de gestion d’entreprises innovantes, puisqu’il est désormais totalement acquis que la seule compétence techno- logique ne suffit pas au plein succès du projet, enfin par la mise en œuvre de formations collectives, par exemple pour bâtir une straté- gie commerciale de la future entreprise créée. Formulation du projet d’entreprise : métier, marchés visés, équipe fondatrice... Preuve du concept. Structuration du BP : étude de marché, segmentation et distribution, analyse concurrentielle, stratégie commerciale. Recherche des financements publics et privés. Aide à la constitution d’une équipe complé- mentaire. Intégration dans le réseau technopolitain et appui sur la communication de la jeune entreprise Recherche de locaux en pépinières. Recherche des financements publics et privés Figure 2 : Cheminement d’un projet au sein de l’incubateur. 104 ◗ REE N°1/2012 enseignement & recherche Quelques exemples illustratifs de sociétés incubées par Emergys CAPS Caps entreprise édite des logiciels dans le do- maine du supercalcul. Caps est un acteur ma- jeur dans la fourniture de solutions de déploiement d’applications sur les processeurs manycore avec l’utilisation des GPUs. Caps déve- loppe HMPPTM (Heterogeneous Multicore Parallel Programming) – un compilateur hybride permettant aux développeurs de porter, maintenir et déployer une application sur plusieurs systèmes many- core – et propose son expertise au travers d’une large gamme de services allant des formations à la programmation parallèle manyco- re au portage complet d’applications. Ses clients sont des universitaires, des chercheurs, des organisa- tions industrielles et gouvernementales aux marchés verticaux divers comme l’énergie, la défense ou l’aéronautique. L’entreprise emploie 40 salariés et réalise 40 % de son chiffre d’affaires à l’export. Elle dispose de bureaux en Chine et aux USA. OXXIUS Oxxius est une jeune entreprise innovante fon- dée en 2002 qui propose des solutions nova- trices sur le marché des lasers dans les longueurs d’onde visibles. La société développe des sources laser utilisées dans le domaine des biosciences, de la métrologie, de la spectroscopie et d’autres appli- cations d’instrumentation, pour des clients travaillant dans l’industrie et la recherche. Les produits d’Oxxius s’appuient sur une architecture de laser brevetée qui a conduit à des avancées remarquables en compacité et en fiabilité tout en réduisant le coût du laser. L’équipe de R&D a prouvé sa capacité à transformer des innova- tions en produits reconnus par le marché et à constituer un solide portefeuille de brevets. Oxxius est basée à Lannion, un pôle majeur de l’industrie opti- que. L’entreprise emploie 33 salariés. Diwel (Technopole Rennes Atalante/Télécom Bretagne) Trois jeunes ingénieurs et un docteur, experts en systèmes de communication et de trans- mission radio, ont créé début septembre la société Diwel. Diwel conçoit et commercialise des systèmes complets de transmission et de réception du son et de données. Ces solutions de raccordement permettent de supprimer les câbles dans les différents systèmes associés au monde de la musique, du son et du spectacle vivant, tout en assurant une qualité de transmission irréprochable. S’appuyant sur une forte expertise en radio-fréquence et en trai- tement du signal, ses solutions garantissent une transmission du son en temps réel sans altération du signal originel. Elles sont fabri- quées en France, en conformité avec les normes européennes. Elles s’adressent aux professionnels installateurs ou intégrateurs d’infras- tructures sonores, d’éclairages, ou encore d’effets pyrotechniques. Modaë (Technopole Rennes Atalante/Insa) Modaë Technologies propose des solutions de conception, assistée par ordinateur, à l’in- dustrie des systèmes embarqués dans les domaines du multimédia, des télécommunications, de l’avionique et de la défense. Son offre permet de réduire de façon drastique les coûts et les temps de dé- veloppement de ces systèmes complexes. L’innovation de cette so- lution consiste à proposer une plate-forme logicielle permettant la modélisation fonctionnelle de systèmes embarqués, la vérification de leur bon fonctionnement et le raffinement des modèles, en allant jusqu’à la génération automatique du code logiciel/matériel (C/ VHDL) du produit final. Elle est particulièrement adaptée aux puces multiprocesseurs, DSP multi-cœurs, ARM+FPGA. L’entreprise s’ap- puie sur des partenariats avec des laboratoires de recherche de re- nommée mondiale et participe au groupe de normalisation internationale Mpeg de l’ISO. Perceptiva Labs (Technopole Rennes Atalante/ Inria Rennes Bretagne Atlantique) Perceptiva Labs conçoit des solutions d’éva- luation et d’amélioration de la qualité perçue par les usagers des services audiovisuels diffu- sés sur mobile, web TV et TV sur ADSL. L’entreprise propose également du conseil et de l’expertise dans le domaine de la qualité audiovisuelle perçue. Ses solutions permet- tent de fournir un panel virtuel d’utilisateurs qui évaluent en perma- nence la qualité d’un service audiovisuel, sans qu’il soit nécessaire de disposer d’un référentiel. Ses sondes peuvent être intégrées en tout point d’un réseau de communication et de diffusion des flux vidéo ou audio. L’offre de Perceptiva Labs répond aux besoins de contrôle de la qualité du monde de la production de contenus, des équipementiers de la compression vidéo et de la communication réseau, et des construc- teurs de terminaux. Ideoptics (Anticipa Lannion Trégor / Ensieta) Le laser peut marquer et perforer plus vite, grâce à la technologie d’Ideoptics qui vise des débouchés dans l’industrie de l’embal- lage et du photovoltaïque. A titre d’exemple, une boîte de médica- ments est dotée d’un code Data Matrix – version en deux dimensions d’un code-barre – qui contient des informations sur son numéro de série, sa date de péremption, sa traçabilité, etc. Ce type de code est inscrit sur la boîte grâce à un marquage laser, une technologie à la- quelle la société Ideoptics donne un coup d’accélérateur, en aug- mentant sensiblement les cadences de marquage. Une seconde application sur laquelle travaille Ideoptics, est la perforation au laser des cellules photovoltaïques. Cela nécessite la perforation d’un grand nombre de trous, de l’ordre d’un millier à une REE N°1/2012 ◗ 105 enseignement & recherche dizaine de milliers, à la seconde, sur une petite surface. Là aussi, des cadences élevées sont requises Pour ces différentes applications, Ideoptics prépare des prototy- pes et envisage de commercialiser ses premiers systèmes en 2012. Quiet Oceans (Technopôle Brest Iroise/Ensieta - Télécom Bretagne) La société Quiet Oceans a pour ambition de fournir une solution de surveillance globale et temps-réel de la pollution sonore sous-marine. Basée sur une technologie de simulation associée à la cartographie, la solution devrait garantir le meilleur compromis entre le développe- ment des activités maritimes et la préservation de la biodiversité. De récentes évolutions sociétales, technologiques et réglemen- taires créent les conditions favorables pour l’émergence d’un marché international de la surveillance de la pollution sonore sous-marine. Cette pollution est générée par l’accroissement rapide des activités maritimes indispensables au développement économique mondial. Il est scientifiquement prouvé et reconnu que l’impact de cette pol- lution est réputé particulièrement néfaste pour les écosystèmes ma- rins et pour leur biodiversité. Le trafic maritime mondial, qui devrait doubler d’ici 10 ans, est un des premiers contributeurs de pollution sonore en mer. La pros- pection sismique, l’exploitation pétrolière et les activités de défense ont également une responsabilité forte dans la mise en péril de la biodiversité. Le contexte réglementaire est en train de se durcir en la matière sous l’égide des Nations unies, de l’OMI (Organisation mari- time internationale) et de la Commission européenne. Les perspectives d’avenir Deux grandes évolutions caractérisent la période récente ; l’une a trait aux chan- gements intervenus dans l’écosystème européen ou national des outils mis à la disposition de la communauté scientifique pour stimuler l’innovation ; l’autre au concept même d’innovation à prendre compte dans une telle démarche. Sur le premier point, les acteurs de recherche-développement, qu’ils soient aca- démiques ou industriels, peuvent trouver différents cadres complémentaires pour faire épanouir leurs projets de valorisation et transfert technologique. Au niveau européen, cela peut interve- nir dans le cadre des programmes-cadres de recherche-développement dont le pro- chain « horizon 2020 » amplifie cette dy- namique collaborative. Citons également les «  KIC  »2 dont l’une des vocations est, par la conduite d’ac- tions communes de recherche et de formation entre acteurs d’un même écosystème thématique et territorial, d’aboutir à une dyna- mique d’incubation et de création d’entreprises renforcée. Au plan national, dans le cadre des récents appels à projets « in- vestissements d’avenir », des sociétés accélératrices de transfert de technologique (SATT) vont se mettre progressivement en place, en particulier sur l’Ouest avec la SATT Ouest-Valorisation. Cette der- nière vise à accentuer les phases de sensibilisation et détection de projets auprès des partenaires académiques, à maximiser le rende- ment des innovations existantes en rendant plus lisibles les résultats de la recherche auprès des partenaires industriels et à identifier la valeur ajoutée de l’innovation proposée. Ceci passe naturellement par des phases accrues de maturation technologique des projets présentés et d’investissement sur les projets prioritaires. Enfin, les pôles de compétitivité, auxquels s’adossent également des Instituts de Recherche Technologique (IRT), en région Bretagne le pôle Images et Réseaux et l’IRT B-Com par exemple, ont pour vocation également de participer activement au déploiement de telles valorisations et transferts de technologies contribuant ainsi au développement économique du territoire qui les héberge. Dans un tel contexte évolutif de l’écosystème, Emergys apporte son savoir-faire et sa démonstration par l’exemple des enjeux, des succès et des difficultés rencontrées pour pouvoir mieux les dépas- ser, avec ses partenaires, pour le futur. La seconde évolution majeure concerne la définition même de l’innovation qui, loin s’en faut, ne se cantonne plus au simple péri- mètre de la technologie mais se nourrit, voire naît, de l’innovation créée par de nouveaux usages et la prise en main de ces projets par de nouvelles communautés scientifiques, culturelles, ou sociales. Les exemples en la matière sont désormais nombreux, du SMS au réseau social en passant par la 3D. Ceci est un mouvement général pour toute technologie diffusante dans de larges pans de la société. En ce sens, les incubateurs se devront d’inclure en leur sein ces nouvelles dimensions et compétences, nous nous y attacherons. ■ ➔ Pour en savoir plus : http://www.incubateur-emergys.fr 2 KIC : “Knowledge and Innovation Community” mis en place par l’Institut européen de l’inno- vation et de la technologie (http://eit.europa. eu/). Voir en particulier, l’initiative EIT ICT Labs : (http://eit.ictlabs.eu) Claude Labit est né le 27 septembre 1956 à Lille (59). Il est ingénieur de Telecom ParisTech (ex ENST de Paris), docteur-ingénieur et doc- teur d’Etat de l’université de Rennes1. Il a été recruté en tant que chercheur à l’INRIA-Rennes/ Irisa en 1982 et devient directeur de recherche en 1988. Responsable d’une équipe de recher- che en traitement et compression d’images numériques, il est nommé directeur du centre INRIA-Rennes et de l’Irisa de 1999 à 2007. En avril 2007, il est élu président du conseil d’admi- nistration de la Technopole Rennes-Atalante, et prend la présidence de l’incubateur régional Emergys. Claude Labit est actuellement vice- président du conseil scientifique de l’université de Rennes-1 et membre d’autres conseils scientifi- ques (ENS-Cachan, Institut Télécom, université Rennes-2, PRES UEB, Cité des Sciences).