Méthode d’analyse de l’exposition des populations et de la couverture radio des réseaux de téléphonie mobile GSM et UMTS

26/03/2013
Auteurs :
OAI : oai:www.see.asso.fr:1301:2012-5:3831

Résumé

Une table-ronde « radiofréquences, santé, environnement » réunissant les parties prenantes impliquées sur la question des radiofréquences a été organisée par le Ministère de la santé au cours du mois de mai 2009. A la  suite  de  cette  table-ronde, le gouvernement a retenu plusieurs orientations dont la réalisation de modélisations et de mesures de l’exposition aux champs  électromagnétiques  radiofréquences  émis par les antennes de stations de base de téléphonie mobile, ainsi que des expérimentations de diminution de la puissance émise par ces dernières pour évaluer son impact sur cette exposition et sur la couverture du territoire et la qualité de service des réseaux.


Méthode d’analyse de l’exposition des populations et de la couverture radio des réseaux de téléphonie mobile GSM et UMTS

Métriques

15
4
565.98 Ko
 application/pdf
bitcache://c515ced1e9b71bb29194fc4a32927c33a40b7011

Licence

Creative Commons Aucune (Tous droits réservés)
<resource  xmlns:xsi="http://www.w3.org/2001/XMLSchema-instance"
                xmlns="http://datacite.org/schema/kernel-4"
                xsi:schemaLocation="http://datacite.org/schema/kernel-4 http://schema.datacite.org/meta/kernel-4/metadata.xsd">
        <identifier identifierType="DOI">10.23723/1301:2012-5/3831</identifier><creators><creator><creatorName>François Gaudaire</creatorName></creator><creator><creatorName>Nicolas Noe</creatorName></creator><creator><creatorName>Jean Benoit Dufour</creatorName></creator><creator><creatorName>René de Seze</creatorName></creator><creator><creatorName>Patrice Cagnon</creatorName></creator><creator><creatorName>Brahim Selmaoui</creatorName></creator><creator><creatorName>Georges Thuroczy</creatorName></creator><creator><creatorName>Paul Mazet</creatorName></creator><creator><creatorName>Samuel Mauger</creatorName></creator></creators><titles>
            <title>Méthode d’analyse de l’exposition des populations et de la couverture radio des réseaux de téléphonie mobile GSM et UMTS</title></titles>
        <publisher>SEE</publisher>
        <publicationYear>2013</publicationYear>
        <resourceType resourceTypeGeneral="Text">Text</resourceType><dates>
	    <date dateType="Created">Tue 26 Mar 2013</date>
	    <date dateType="Updated">Thu 26 Jan 2017</date>
            <date dateType="Submitted">Sun 9 Dec 2018</date>
	</dates>
        <alternateIdentifiers>
	    <alternateIdentifier alternateIdentifierType="bitstream">c515ced1e9b71bb29194fc4a32927c33a40b7011</alternateIdentifier>
	</alternateIdentifiers>
        <formats>
	    <format>application/pdf</format>
	</formats>
	<version>28806</version>
        <descriptions>
            <description descriptionType="Abstract">Une table-ronde « radiofréquences, santé, environnement » réunissant les parties prenantes impliquées sur la question des radiofréquences a été organisée par le Ministère de la santé au cours du mois de mai 2009. A la  suite  de  cette  table-ronde, le gouvernement a retenu plusieurs orientations dont la réalisation de modélisations et de mesures de l’exposition aux champs  électromagnétiques  radiofréquences  émis par les antennes de stations de base de téléphonie mobile, ainsi que des expérimentations de diminution de la puissance émise par ces dernières pour évaluer son impact sur cette exposition et sur la couverture du territoire et la qualité de service des réseaux.
</description>
        </descriptions>
    </resource>
.

36 ◗ REE N°5/2012 L'INFLUENCE DES RAYONNEMENTS ELECTROMAGNETIQUES SUR LA SANTE François Gaudaire1 , Nicolas Noé1 , Jean Benoit Dufour2 , René de Seze3 , Patrice Cagnon3 , Brahim Selmaoui3 , Georges Thuroczy3 , Paul Mazet4 , Samuel Mauger3 Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB)1 - Geomod2 - Institut National de l’Environnement et des RISques (INERIS)3 - Centre Technique des Industries Mécaniques (CETIM)4 Les travaux présentés dans cet article sont financés par le Ministère du développement durable. Une table-ronde « radiofréquences, santé, environ- nement » réunissant les parties prenantes impliquées sur la question des radiofréquences a été organisée par le Ministère de la santé au cours du mois de mai 2009. A la suite de cette table-ronde, le gouverne- ment a retenu plusieurs orientations dont la réalisation de modélisations et de mesures de l’exposition aux champs électromagnétiques radiofréquences émis par les antennes de stations de base de téléphonie mobile, ainsi que des expérimentations de diminution de la puissance émise par ces dernières pour évaluer son impact sur cette exposition et sur la couverture du territoire et la qualité de service des réseaux. Un comité opérationnel (Comop), chargé notam- ment de la mise en œuvre de cette orientation, a été installé par la secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie en juillet 2009. Ce comité opérationnel rassemble des représentants de l’Etat, des élus, des associations, les opérateurs et des personnalités qualifiées, sous la présidence initiale du député François Brottes, avec l’appui financier et administratif du Ministère du déve- loppement durable et l’appui technique de l’Agence nationale des fréquences (ANFR). Un groupe techni- que, sous l’égide de l’ANFR, est en charge du suivi des études de modélisation et d’expérimentation. Principe de l’étude : état des lieux des réseaux de téléphonie mobile existants Les travaux de modélisation et d’expérimentation ont pour vocation une analyse conjointe de l’exposi- tion des populations et de la couverture des réseaux de téléphonie mobile à l’échelle du territoire. Ils com- prennent un état des lieux de la situation actuelle et des expérimentations d’abaissement de l’exposition Méthode d’analyse de l’exposition des populations et de la couverture radio des réseaux de téléphonie mobile GSM et UMTS We present a description and preliminary results of a large-scale project (COMOP) started in 2009 by the Ministry for Ecology, Sustainable Development and Energy and the National Agency of Frequencies (ANFR). This work is collaborative between the government, municipalities, associations, network operators and agencies. This project concerns GSM and UMTS mobile phone networks. Sixteen voluntary pilot communes were selected to carry out the experiments. This work is based on nume- rical modeling methods associated with various innovative measurement campaigns. It consists of: • determination of current status of exposure to radiofrequency electromagnetic fields emitted by base station antennas by modeling and measurements. • investigations on reducing this exposure while assessing the impact of parallel territorial coverage and quality of service of mobile networks. This study has established a comprehensive scientific realization of human exposure to radiofrequencies from base station antennas. These results constitute an innovative approach and are relevant in terms of dialogue in the current debate about positioning of base stations. abstract REE N°5/2012 ◗ 37 Méthode d’analyse de l’exposition des populations et de la couverture radio des réseaux de téléphonie mobile GSM et UMTS par une diminution des puissances d’émission des antennes de stations de base [1] [2]. Pour être représentatif de la diversité des environnements rencontrés sur le territoire, six environnements types ont été définis : rural avec relief faible, rural montagneux, périurbain, urbain moderne dense, urbain ancien dense, quartier d’af- faires à haute densité. Après une phase d’appel à candida- tures, le comité opérationnel a sélectionné seize communes pilotes volontaires pour réaliser les expérimentations sur les réseaux de téléphonie mobile. Ces communes, représenta- tives des six environnements types, sont  : Grenoble, Paris (14ème et 15ème ), Thiers, Kruth, Grand Champ, Courbevoie, Brest, Cannes, Coufouleux, La Rochelle, Chassieu, Lavelanet, Plaine Commune, Saint Denis de La Réunion et Saint Mandé. Une zone d’expérimentation, de surface comprise entre 1 et 100 kilomètres carrés, a été définie sur une partie du ter- ritoire de chaque commune. L’état des lieux de la situation actuelle des réseaux a été réalisé pour chaque commune pilote avec : • La modélisation de l’exposition des populations (CSTB et Geomod). Les niveaux d’exposition ont été modélisés numériquement avec le logiciel de simulation MITHRA-REM à partir des don- nées géographiques (couches terrain et bâti de la zone d’ex- périmentation) et des données techniques des émetteurs radioélectriques. Cette modélisation permet une analyse quantitative et qualitative de l’exposition de la population à l’échelle urbaine, dans les zones d’expérimentation définies pour chaque commune pilote. • La mesure de l’exposition des populations (INERIS). Pour chaque commune, des campagnes de mesures ont été réalisées afin de compléter et affiner les résultats de la mo- délisation numérique. Il s’agit d’effectuer des mesures à l’in- térieur des bâtiments, de confronter leurs résultats avec ceux des modélisations et de quantifier l’influence du trafic écoulé par les réseaux de téléphonie sur le niveau d’exposition des populations. • La caractérisation de la couverture et de la qualité de service (ATDI et GET). Des calculs de couverture des réseaux ont été effectués par la société ATDI pour l’ensemble des réseaux de chaque opé- rateur (2G/3G, indoor/outdoor). Ces modélisations ont été complétées par des mesures in situ de qualité de service (voix et data), menées dans l’ensemble des zones d’expérimenta- tion de chaque commune pilote. Ces campagnes de mesure ont été réalisées par la société GET et l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep). Ces études sur la couverture des réseaux et la qualité de service sont relativement classiques du côté des opérateurs dans les études d’ingénierie réseaux et du côté de l’Arcep pour les contrôles et vérifications périodiques. La suite de cet article se focalise plus spécifiquement sur la modélisation numérique et la mesure de l’exposition. Modélisation numérique pour le calcul des niveaux d’exposition Les niveaux d’exposition ont été modélisés numérique- ment avec le logiciel de simulation MITHRA-REM développé par le CSTB et la société Geomod. Le principe de ce logiciel repose sur le calcul des trajets de propagation entre les émet- teurs radioélectriques et des points récepteurs, en prenant en compte les interactions avec l’environnement urbain et les phénomènes physiques associés : réflexions et diffractions sur les obstacles et bâtiments situés dans la zone de calcul. Données d’entrée La modélisation numérique utilise comme données d’en- trée les données topologiques et les caractéristiques des émet- teurs radioélectriques. Les données topologiques utilisent les formats standards des systèmes d’information géographique (SIG) et consistent en plusieurs couches de données spatiali- sées : description du terrain, de la végétation, de la position et de la géométrie des bâtiments. Dans le cadre de ce projet, ces données sont fournies par le Centre d’études techniques de l’Équipement (CETE) de Lyon à partir des bases de données BD TOPO de l’IGN. Un important travail de consolidation et de vérification des données a été effectué par le CETE à partir de visites in situ, de comparaison avec d’autres données (ca- dastres, photos) et d’échange d’informations avec les services techniques des communes pilotes. Ce travail de consolidation permet de minimiser les er- reurs du modèle et d’affecter aux bâtiments des caractéris- tiques de matériaux de façades auxquelles sont associées les constantes électromagnétiques correspondantes (per- mittivité diélectrique, conductivité électrique, coefficient de réflexion). Les données liées aux émetteurs radioélectriques GSM et UMTS, validées et consolidées par l’ANFR, ont été fournies par chacun des opérateurs de téléphonie mobile : plans d’instal- lation pour permettre la localisation précise dans le modèle numérique, modèles d’antenne (diagramme de directivité, gain), azimuts, tilts électriques et mécaniques, puissances maximales d’émission, bandes de fréquences d’émission. Les émetteurs sont positionnés dans le modèle numéri- que à partir des plans d’installation et des photos des stations de base disponibles. Pour chacune des communes pilotes, le modèle numérique de calcul de la zone d’expérimentation est ainsi construit (figure 1). 38 ◗ REE N°5/2012 L'INFLUENCE DES RAYONNEMENTS ELECTROMAGNETIQUES SUR LA SANTE Méthode de modélisation La modélisation numérique des niveaux d’exposition re- pose sur la résolution des équations de propagation des champs électromagnétiques entre un émetteur et un point récepteur. Compte tenu des longueurs d’onde concernées dans le domaine des radiofréquences, et des dimensions caractéristiques des bâtiments à l’échelle urbaine, les mé- thodes issues d’un développement asymptotique des équa- tions de propagation (méthodes « rayons », basées sur la TUD - théorie uniforme de la diffraction) permettent des solutions rapides à des problèmes complexes de propaga- tion [3]. Ces méthodes nécessitent de réaliser un calcul géométrique et un calcul physique : • Calcul géométrique : il s’agit de déterminer l’ensemble des trajets de propagation entre chaque émetteur et les points récepteurs en prenant en compte les interactions avec les bâtiments et le terrain que sont la réflexion spé- culaire, la diffraction par les arêtes et par les surfaces des bâtiments. Ce calcul est réalisé pour tous les émetteurs de la zone d’expérimentation à partir d’algorithmes per- formants de lancer de faisceaux (figure 2). • Calcul physique : il s’agit de calculer les contributions as- sociées à ces trajets de propagation, via les coefficients de réflexion et de diffraction et la prise en compte des caractéristiques de l’émetteur (diagramme de directivité, puissance d’émission). Rendus et analyses Dans le cadre de ce projet qui s’intéresse aux niveaux d’ex- position de la population à l’échelle de territoires, la modélisa- tion de l’exposition est réalisée à l’extérieur des bâtiments, en prenant en compte la puissance maximale installée de chaque émetteur. Le niveau d’exposition affiché est le cumul des ni- veaux de champ électrique calculés pour les trois réseaux : GSM 900, GSM 1800 et UMTS. Pour chaque commune pilote, les niveaux de champ élec- trique ont été calculés à 1,5 mètre au-dessus du sol et sur l’ensemble des façades des bâtiments de la zone d’expéri- mentation. Les résultats sont présentés sous forme de cartes Figure 1 : Exemple de modèle numérique de calcul : données terrain, bâti et émetteurs radioélectriques - Source : CSTB. Figure 2 : Identification des trajets de propagation et calcul des niveaux de champ électrique entre un émetteur et un point récepteur - Source : CSTB. REE N°5/2012 ◗ 39 Méthode d’analyse de l’exposition des populations et de la couverture radio des réseaux de téléphonie mobile GSM et UMTS Figure 3 : Rendus de la modélisation numérique : cartes de niveaux de champ électrique au-dessus du sol et sur les façades des bâtiments de la zone d’expérimentation – Identification des zones les plus exposées – Source : CSTB. Figure 4 : Rendus de la modélisation numérique : exemples d’analyses statistiques de la répartition de l’exposition – Source : CSTB. 40 ◗ REE N°5/2012 L'INFLUENCE DES RAYONNEMENTS ELECTROMAGNETIQUES SUR LA SANTE de couleur et de graphes de répartition des niveaux d’expo- sition : pourcentages de surfaces exposées, répartition par émetteurs… (figures 3 & 4). La modélisation numérique permet au travers d’une ana- lyse exhaustive de la répartition de l’exposition à l’échelle de la zone d’expérimentation d’identifier les zones les plus exposées dans lesquelles l’INERIS peut effectuer des mesu- res. Elle permet de plus, dans cette phase d’état des lieux, d’identifier des points d’exposition « atypiques » qui font l’objet de traitement correctif par les opérateurs de télépho- nie mobile. Campagnes de mesures des niveaux d’exposition Différents types de mesures ont été réalisés afin de connaî- tre au mieux la réalité de l’exposition des personnes dans les zones d’expérimentation des communes pilotes. En effet, une mesure isolée, localisée ou instantanée ne reflète pas réelle- ment l’exposition d’une personne. Ont été réalisées : • des mesures spectrales complètes, en quelques points identifiés par la modélisation numérique, associées à des mesures large bande comparatives avec une sonde sélec- tive en fréquence dans différentes pièces du lieu identifié ; • des mesures en déplacement dans un véhicule dans les rues de la zone d’expérimentation de chaque commune ; • des mesures d’exposition individuelle à l’aide d’exposimè- tres portés par des personnes pendant 24 heures ou une semaine ; • des mesures de durée prolongée (de 24 heures à une se- maine) en des points fixes, avec une sonde sélective en fré- quence, afin d’analyser la variation temporelle des niveaux d’exposition. Mesures spectrales en quelques points identifiés par la modélisation numérique (« points les plus exposés ») L’identification de points plus exposés est effectuée à par- tir des résultats des modélisations numériques. Chaque point correspond à un lieu de vie identifié sur le terrain : apparte- ment, lieu de travail, espace public… Les niveaux d’exposition liés aux antennes de stations de base de téléphonie mobile y sont mesurés précisément avec un analyseur de spectre sur la base du protocole ANFR : recherche dans le lieu du point d’exposition maximum, mesures spectrales avec un moyen- nage spatial sur trois hauteurs, identification des voies balises (BCCH) pour les réseaux 2G et du canal de contrôle (CPICH) pour les réseaux 3G afin d’extrapoler les résultats au trafic maximum, à partir des paramètres nominaux donnés par les opérateurs. Pour les bandes de fréquences de téléphonie mobile, ces mesures sont comparées aux valeurs calculées par la modélisation numérique. Ces mesures spectrales ont été effectuées avec des ana- lyseurs de spectre associés à plusieurs types d’antenne, et un logiciel d’acquisition pour le pilotage de la chaîne de me- sures. Les mesures large bande complémentaires ont été ef- fectuées à l’aide d’un mesureur de champ. Mesures embarquées géo référencées dans les rues de la zone d’expérimentation Afin de valider les résultats de la modélisation numérique sur la distribution spatiale du niveau de champ électrique dans chaque zone d’expérimentation, une cartographie du niveau de champ est réalisée à l’aide d’un exposimètre sur un trajet dans les rues du quartier. L’exposimètre utilisé est l’EME SPY 121 ou 140 de SATIMO. Les mesures sont effectuées à une fréquence rapide d’échantillonnage (4 secondes), avec un exposimètre placé à l’extérieur d’une voiture sur un support non métallique. Bien que l’étude ne concerne que les émetteurs de stations de base de téléphonie mobile, ces mesures sont réalisées sur l’en- semble des bandes radiofréquences : FM, TV, GSM 900, 1800 et UMTS (montantes et descendantes), TETRA, Wi-Fi (2,4 et 5,2 GHz), WiMAX. Les mesures sont couplées à un GPS, ce qui permet d’établir une représentation géo référencée des ni- veaux de champ cumulé ou par bande de fréquences. Les ré- sultats des mesures sont ensuite affichés sous forme de points colorés dans le modèle numérique et peuvent être visualisés et analysés conjointement avec les résultats de modélisation. Mesures d’exposition individuelle à l’aide de dosimètres portés par des personnes pendant une semaine Des exposimètres individuels sont confiés à trois person- nes qui résident ou travaillent dans les zones les plus ex- posées identifiées par la modélisation numérique. Ils sont portés pendant 24 heures par deux personnes et pendant une semaine par une personne. Un journal de bord est fourni aux volontaires afin de recueillir un certain nombre d’informa- tions sur leur situation, leurs activités et leur environnement pendant la période de mesures. Il n’est pas prévu d’exploita- tion statistique systématique et de croisement de données ; les résultats sont analysés individuellement afin d’identifier de possibles corrélations entre des niveaux de champ et une situation ou une activité donnée. L’objectif de cette dosimé- trie individuelle est de comparer l’exposition d’un individu au cours de la journée en différents emplacements par rapport à l’exposition mesurée au point le plus exposé identifié par la modélisation. Elle permet de plus d’améliorer la connaissan- ce de l’exposition individuelle aux ondes radiofréquences. REE N°5/2012 ◗ 41 Méthode d’analyse de l’exposition des populations et de la couverture radio des réseaux de téléphonie mobile GSM et UMTS Figure 5 : Répartition des niveaux d’exposition modélisés pour l’ensemble des communes pilotes - Source : CSTB. Mesures de durée prolongée (24 h à une semaine) en des points fixes avec une sonde sélective Dans chaque commune pilote, trois zones plus exposées font l’objet d’une mesure de la variabilité temporelle de l’ex- position à la radiotéléphonie mobile à l’aide d’une sonde de mesure en continu et sélective en fréquences. Une sonde NARDA AMS-8060 ou un exposimètre sont posés sur un support non métallique pendant 24 heures sur deux points, et pendant une semaine sur le troisième point. L’intervalle d’échantillonnage est de 10 secondes pour les mesures sur 24 heures et d’une minute pour les mesures sur une se- maine. Les résultats de ces mesures permettent sous forme de courbes de variations temporelles de comparer diffé- rents moyennages des niveaux d’exposition : résultats bruts, moyennage sur six minutes, par tranche horaire… Ces me- sures avaient aussi pour finalité de corriger les valeurs me- surées du trafic réel en fonction de la période de la journée à hauteur des valeurs maximum théoriques modélisées ou mesurées et extrapolées au maximum de trafic. Résultats L’état des lieux de l’exposition liée aux stations de base de téléphonie mobile a porté sur seize communes représentati- ves des environnements urbains et ruraux types, en utilisant de façon conjointe et complémentaire les résultats des mo- délisations numériques et des campagnes de mesures. Globalement, les niveaux d’exposition dépendent de la den- sité de population et donc des usages de la téléphonie mobile : la puissance d’émission et le nombre d’émetteurs sont pro- portionnels aux débits des réseaux installés par les opérateurs. L’exposition est donc sensiblement plus faible dans les zones rurales (peu d’émetteurs, densité de bâti plus faible, peu d’uti- lisateurs potentiels) et plus élevée dans les zones urbaines denses. La distribution des niveaux d’exposition, au-dessus du sol et sur les façades des bâtiments, est de forme relativement constante pour tous les environnements types (figure 5). Le niveau de champ électrique affiché est la valeur cumulée pour les trois bandes de fréquences qui correspondent aux réseaux de téléphonie mobile GSM 900, GSM 1800 et UMTS. Dans la réglementation actuellement en vigueur en Fran- ce, la plus petite des valeurs limites d’exposition du public sur ces bandes de fréquences est de 41 volts par mètre. Dans la suite des travaux de cette étude, des valeurs limites plus faibles, jusqu’à 0,6 volt par mètre seront expérimentées. La modélisation numérique permet de calculer les facteurs de diminution de puissance de l’ensemble des émetteurs, afin de respecter une valeur limite plus faible. L’impact sur la couverture et la qualité de service sera évalué par modé- lisation et, pour quelques communes pilotes, par des mesu- res réalisés lors d’expérimentations réelles de diminution de puissance des émetteurs sur le terrain. Des zones plus exposées que la moyenne apparaissent à proximité de certains émetteurs, en fonction des configura- tions d’installation des émetteurs sur le terrain : présence de bâtiments à proximité de l’émetteur, hauteur faible de l’émet- teur par rapport au lieu de mesure… Les résultats de modélisation et les résultats de mesures ont été systématiquement comparés. Cette analyse a permis, compte tenu des incertitudes affichées dans chacun des domai- nes, de valider conjointement l’ensemble de l’approche choisie. La figure 6 illustre la comparaison pour différents lieux entre la valeur du niveau de champ électrique modélisé à 42 ◗ REE N°5/2012 L'INFLUENCE DES RAYONNEMENTS ELECTROMAGNETIQUES SUR LA SANTE l’extérieur devant la façade et les niveaux de champ élec- trique mesurés à l’intérieur du bâtiment derrière la fenêtre. Sur la figure 7 sont comparés les niveaux de champ élec- trique modélisés à 1,5 mètre au-dessus du sol de la zone d’expérimentation de 3 kilomètres carrés de Paris 14ème et les résultats de mesures géo référencées réalisées avec un exposimètre embarqué sur une voiture. Tous ces résultats illustrent la complémentarité entre la modélisation numérique et les campagnes de mesure. La mo- délisation numérique permet d’appréhender l’exposition glo- bale de la population à grande échelle (urbain, territoire), en étant, de par les modèles numériques disponibles, limité aux environnements extérieurs : au-dessus du sol, sur l’enveloppe extérieure des bâtiments. La mesure permet localement une connaissance plus fine de l’exposition des personnes, notam- ment à l’intérieur des lieux de vie ou de passage. Au travers de la modélisation numérique à grande échelle, cette étude a aussi permis d’isoler localement des zones et configurations d’exposition « atypiques » et, avec les opéra- teurs de téléphonie mobile, de proposer des solutions tech- niques pour les résorber. Conclusions L’état des lieux de l’exposition liée aux antennes de stations de base de téléphonie mobile a porté sur seize communes. Cette approche combinant la modélisation numérique et la mesure sur le terrain est pertinente pour mieux appréhender et caractériser l’exposition des populations : • La modélisation numérique permet d’analyser de façon ex- haustive l’exposition à grande échelle sur un territoire et d’identifier des zones plus exposées qui sont pertinentes pour réaliser des mesures. Elle permet aussi d’étudier par calcul dif- férents scénarios et d’anticiper l’impact de modifications des réseaux sur l’exposition. Compte tenu des modèles de bâti disponibles et de la complexité des méthodes, la modélisation a été limitée dans ce projet aux environnements extérieurs Figure 6 : Exemples de résultats des niveaux d’exposition mesurés en plusieurs points à l’intérieur de bâtiments – Comparaison avec les résultats de la modélisation numérique pour les points correspondants situés situés en façade à l’extérieur - Source : CSTB & INERIS. Figure 7 : Exemples de résultats des niveaux d’exposition mesurés en roulant et à des points fixes sur 24 heures et leur comparaison avec les résultats de modélisation numérique - Source : CSTB & INERIS. REE N°5/2012 ◗ 43 Méthode d’analyse de l’exposition des populations et de la couverture radio des réseaux de téléphonie mobile GSM et UMTS des bâtiments et conduit en conséquence à des niveaux plus élevés que ceux mesurés à l’intérieur des bâtiments. • Les campagnes de mesure permettent de se rapprocher au plus près de la réalité de l’exposition des personnes au travers de différents protocoles de mesure : sondes de mesure fixes en un lieu donné sur une longue période de temps, dosimètre porté par une personne dans ses dépla- cements quotidiens, mesures sélectives en fréquence au point le plus exposé d’un lieu donné, mesures dans les rues avec un dosimètre embarqué sur un véhicule. Cette étude montre aussi la complexité d’appréhender ce qu’est réellement l’exposition des populations, du fait du manque d’indicateurs d’exposition consensuels et des multiples approches complémentaires selon qu’il s’agit de l’exposition d’une personne ou d’une population, d’un lieu extérieur ou intérieur, en tenant compte ou pas de la variabi- lité spatiale et/ou temporelle… Les travaux se poursuivent dans le cadre du COMOP par l’étude de la diminution de puissance des émetteurs pour dif- férents scénarios de réduction de l’exposition. La modélisa- tion numérique permet de calculer les puissances d’émission des antennes qui permettent de respecter un seuil d’exposi- tion donné. Certains des scenarios modélisés sont en cours d’expérimentation sur le terrain. Ils seront complétés le cas échéant par un calcul de reconfiguration du réseau pour re- trouver la couverture et la qualité de service initiale tout en conservant des contraintes sur les niveaux d’exposition. Dans le cadre de cette étude d’envergure, les différen- tes techniques de mesure et la modélisation numérique ont permis d’établir un état des lieux très complet de l’exposition des populations aux antennes de stations de base de radio- téléphonie mobile, grâce à une approche scientifique. Les cartographies et répartitions des niveaux de champs électri- ques issus de modélisations numériques ont été enrichies et complétées par de nombreux résultats de mesure sur le terrain. Associés aux données de couverture et de qualité de service des réseaux, ces résultats constituent une approche globale innovante pour rendre compte de l’exposition de la population. Ces informations factuelles et pertinentes sont utiles pour la concertation dans le débat actuel autour de l’implantation des stations de base des réseaux de télépho- nie mobile. Ces résultats apportent aussi des données solides sur lesquelles peuvent s’appuyer les décisions publiques. Références bibliographiques [1] N. Noé, F. Gaudaire, “Reflection on Curved Surfaces in a 2,5D Ray Tracing Method for Electromagnetic Waves Exposure Prediction in Urban Areas”, Proceedings of URSI General Assembly, Istambul, Turkey, 2011. [2] F. Gaudaire, N. Noé, J. B. Dufour & R. de Seze, « Analyse con- jointe de l’exposition des populations et de la couverture radio des réseaux de téléphonie mobile GSM et UMTS », Journées Scientifiques de l’URSI France « Champs électromagnétiques : de la dosimétrie à la santé humaine », Paris, 3-4 avril 2012. [3] R. de Seze, F. Gaudaire, P. Cagnon, G. Thuroczy, B. Selmaoui, P. Mazet, S. Mauger & J. B. Agnani, “Population Exposure and Radiofrequency Coverage of GSM and UMTS Mobile Phone Networks“, 34th annual BEMS meeting, Brisbane, Australia, June 2012. François Gaudaire, ingénieur de l’Ecole Nationale Supérieure des Ingénieurs Electriciens de Grenoble, docteur de l’Institut National Polytechnique de Grenoble et Nicolas Noé ingénieur civil des mines, docteur en informatique de l’Ecole Nationale Supérieure des Mines / Université Jean Monnet de Saint-Etienne travaillent dans le pôle « Electricité Eclairage Electromagnétisme » du Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB) sur la modélisation numérique et la métrologie en électromagnétisme.    Jean Benoit Dufour est ingénieur topographe spécialité « Image- rie 3D » (INSA de Strasbourg). Il travaille dans la société Geomod où Il est en charge du développement du logiciel de simulation du rayonnement électromagnétique MITHRA-REM. René de Seze, docteur de l’Université de Bordeaux 1 et radiologue, Brahim Selmaoui, D.E.A. en biochimie à l’Université de Claude Bernard de Lyon et docteur en endocrinologie de l’Université Pierre et Marie Curie (Paris 6) et Georges Thuróczy, ingénieur électricien de l’Université de Budapest, docteur en biophysique de l’Université de Budapest et en neurobiologie à l’Université de Pécs travaillent à l’INERIS dans l’unité de toxicologie expérimen- tale sur les effets des champs électromagnétiques sur la santé. Patrice Cagnon titulaire du diplôme premier cycle technique du Conservatoire National des Arts et Métiers et Samuel Mauger, DEA de l’Université de Provence, mastère spécialisé « Environnement et Risques Industriels » de l’Ecole Nationale Supérieure de Chimie et de Physique de Bordeaux travaillent à l’INERIS dans le pôle « Evaluation des Equipements et des Systèmes de Sécurité ». Paul Mazet, ingénieur de l’Université de Bourgogne de Dijon, DESS en compatibilité électromagnétique (CEM) de l’Université de Bourgogne de Dijon travaille dans le pôle «  Mécatronique, Transmissions et Capteurs » du CEntre Technique des Industries Mécaniques (CETIM) où il est notamment référent technique au sein du laboratoire CEM et RFID. les auteurs