Entretien avec Clarisse Angelier - L’ANRT, un acteur central de l’écosystème français en recherche et innovation

22/12/2018
Publication REE REE 2018-5
OAI : oai:www.see.asso.fr:1301:2018-5:24893
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Entretien avec Clarisse Angelier - L’ANRT, un acteur central de l’écosystème français en recherche et innovation

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REE N°3/2018 Z 133 ENSEIGNEMENT & RECHERCHE REE : L’ANRT joue un rôle central d’information et de conseil auprès des acteurs nationaux de la recherche et de l’innova- tion. Pouvez-vous rappeler à nos lecteurs ses missions prin- cipales ? Clarisse Angelier : L’ANRT a été créée pour concourir à des relations fortes entre la recherche publique et les entreprises. L’objectif est clair : augmenter la compétitivité de la France par un transfert soutenu, maîtrisé, voire naturel, des avancées scien- tifiques au bénéfice des innovations de nos entreprises. Construire une intelligence collective pour les décideurs publics Pour ce faire, nous offrons à nos membres de nombreuses occasions d’échange et de construction d’une intelligence col- lective au sein de nos groupes de réflexion où la parole est libre. Les messages clairs et précis que nous délivrons aux décideurs publics constituent nos livrables, au-delà de l’enrichissement de chacun des membres. Ces messages sont toujours bien reçus car ils représentent la pensée d’un large panel de représentants de la recherche publique et privée de tous les secteurs d’activité. REE : Pouvez-nous citer quelques activités-phares de l’Asso- ciation ? C. A. : En 2017, suite à la publication de la Stratégie nationale de la recherche énergétique, nous avons proposé au MESRI et au MTES de réunir les acteurs privés et publics concernés et de tra- vailler à identifier les priorités de recherche. Mi-2018, nous avons présenté au Comité de pilotage de la SNRE nos six priorités pour le réseau électrique face à ses évolutions. Nous avons un autre groupe qui travaille sur la politique industrielle du numérique. C’est un sujet hautement critique pour les industries, notamment françaises. La question de la gestion des données, de leur partage, de leur valeur ou plu- tôt de celle qu’elles créent, implique des transformations de comportement, d’organisation des écosystèmes, d’alliance et de normalisation. Autant de sujets qui feront de la France et de l’Europe des leaders ou des suiveurs. Le temps est d’ailleurs compté. Dans un tout autre registre, en octobre dernier, nous avons créé un groupe dédié à la pédagogie par le jeu, notamment numérique. Là aussi, les réflexions intersectorielles des acteurs L’ANRT, un acteur central de l’écosystème français en recherche et innovation Entretien avec Clarisse Angelier Déléguée Générale de l’ANRT Photo 1 : Présentation du Livre blanc piloté par l’ANRT : « Pour une politique industrielle du numérique » - Source ANRT. 134 ZREE N°3/2018 ENSEIGNEMENT & RECHERCHE publics et privés permettent d’aller au fond des choses, sans contraintes, et d’envisager des propositions concrètes fiables. Des contributions importantes à l’identifica- tion des priorités en matière de recherche et d’innovation Chacun de ces groupes est présidé par une personnalité extérieure reconnue pour le domaine traité. Enfin, et je m’arrêterai là, bien que nous ayons de nom- breuses autres actions, nous publions une étude annuelle qui calcule l’impact du CIR sur le coût des chercheurs pour les entreprises privées. Cette étude est rendue possible grâce à la confiance que nous accordent nos membres. REE : De qui se composent les membres de l’ANRT ? Comment les différents secteurs d’application (santé, transports, énergie, TIC, etc.) sont-ils représentés ? C. A. : L’ANRT compte 350 membres, personnalités morales qui recouvrent 5 000 personnes physiques. Ce sont 150 entre- prises, dont la moitié du CAC 40, mais aussi des ETI et des PME, quasiment tous les organismes de recherche publics et une large partie des universités, et enfin la plupart des acteurs d’accompagnement de la recherche partenariale. Les membres de l’ANRT couvrent un large spectre d’acteurs de la recherche et de secteurs d’applications. Les secteurs que vous citez renvoient aux entreprises. En nombre de membres, TIC et Santé sont en tête comptant pour 20 % chacun alors qu’Energie et Transport sont plutôt à moins de 10 % mais concentrent les grands acteurs de leur secteur. REE : Comment l’ANRT interagit-elle avec les Pouvoirs publics et autres instances nationales (MESRI, MinEF, OPECST, CNU, Académies, Sociétés savantes, etc.) ? C. A. : Comme je l’ai évoqué précédemment, notre rôle est de rapporter aux décideurs publics la pensée commune de nos membres. Nous sommes donc en contact avec toutes les insti- tutions que vous citez. REE : Une des missions importantes déléguées à l’ANRT est la gestion des bourses Cifre. Quelles relations entretenez-vous avec les écoles doctorales ? Menez-vous des actions spéci- fiques en faveur des doctorants ? C. A. : Nous avons effectivement l’honneur d’être l’opérateur du dispositif Cifre pour le compte du MESRI. Nous travaillons en permanence avec les écoles doctorales et les laboratoires. Nous sommes régulièrement audités pour évoquer la place des doc- teurs dans les entreprises privées notamment. Nous apportons toute notre connaissance des mécanismes et enjeux pour aider les décideurs à faire les meilleurs choix. Les actions que nous menons pour les doctorants sont dé- diées aux Cifre. Je peux citer par exemple les “24 h chrono de l’entrepreneuriat® ” que nous avons organisées avec Novancia Business School durant près de 10 ans. Via la gestion des bourses CIFRE, l’ANRT est un partenaire essentiel des Ecoles doctorales REE : Les réflexions menées dans le programme Futuris, pilotées par l’ANRT dans la continuité depuis de nombreuses années, re- présentent un point fort de votre activité. Les ouvrages annuels de prospective publiés dans ce cadre sont une référence très suivie des acteurs de la R&I nationale. Pouvez-vous nous faire le point sur l’avancement et l’évolution éventuelle de ce programme ? C. A. : Pour mémoire FutuRIS est un service de l’ANRT dédié à ses membres. Il constitue le berceau des groupes de réflexion que j’ai décrits et qui donnent lieu à des papiers transmis aux décideurs publics notamment. Bien évidemment, FutuRIS poursuit ses travaux sur le SFRI. Photo 2 : Petit-déjeuner stratégique SoScience avec l’Air Liquide et l’IRD (28.05.2018) – Source ANRT. REE N°3/2018 Z 135 ENSEIGNEMENT & RECHERCHE En 2018 nous sommes allés à la rencontre des acteurs des écosystèmes de recherche partenariale. Nous leur avons donné la parole notamment lors d’un séminaire qui s’est tenu le 19 novembre dernier au MESRI. Pour l’ANRT l’organisation et l’effi- cience du SFRI constituent un axe majeur de travail. REE : Vous êtes « Point de contact national » pour le programme Horizon 2020 et l’implication de l’ANRT dans le conseil aux acteurs des PCRD qui l’ont précédé est ancienne. La ministre de l’ESRI a récemment regretté la participation insuffisante des chercheurs français dans les programmes de recherche euro- péens malgré un taux de réussite très satisfaisant des projets à coordination/participation française. Avez-vous des pistes pour mieux convaincre nos nationaux de participer ? : Nous avons proposé quelques pistes au MESRI qui nous a audités sur cette question. Il faut éclairer les programmes euro- péens en les expliquant sans relâche, manifester notre taux de suc- cès car le risque en termes de temps perdu à la préparation d’une soumission est un frein majeur. Nous devons aussi avoir à cœur l’articulation entre des programmes français et européens afin que leur mise en cohérence conduise à une graduation évidente. Un rôle moteur dans la sensibilisation des acteurs de la recherche aux programmes européens REE : Quelle est la position de l’ANRT sur la réforme de l’Univer- sité (LRU) ? Sur les regroupements en cours dans l’université (Comue, politique de campus) ? C. A. : Tout ce qui favorise les campus attractifs, la coopération des acteurs de la formation, de la recherche, des territoires et les entreprises, est une excellente chose. La création d’écosys- tèmes est la clef de la réussite pour la période à venir. Il faut produire les conditions de synergie, de transfert, de cohérence d’action et d’efficience. REE : Entretenez-vous des liens spécifiques avec les grandes écoles (CGE, CDEFI) ? C. A. : L’ANRT est partenaire de ces deux institutions. Nous œuvrons à renforcer nos coopérations. REE : L’ANRT a développé un concept original d’aide aux PME en lien avec les laboratoires dans le processus appelé « Ecole de l’innovation ». Quel retour d’expérience avez-vous de cette opération ? Quelles sont ses perspectives ? C. A. : L’Ecole de l’innovation est forte de très belles histoires et succès. Depuis sa création au début des années 2000, elle a accompagné nombre de PME vers la recherche publique. A l’époque la démarche était très novatrice, aujourd’hui de nom- breux acteurs y contribuent aussi. Avec nos partenaires publics, nous nous appliquons à la faire évoluer pour le meilleur bénéfice des PME. Q Propos recueillis par Alain Brenac Figure 3 : Les lauréats des 24H chrono de l’Entrepreneuriat® réalisées en Inde à Pune (juillet 2018) - Source ANRT. Clarisse Angelier. r r Professeure dans les années 90, puis secré- taire générale de différents départements du Cnam (Paris), Clarisse Angelier contribue à la création du premier GIE public-privé réunissant le Cnam, PSA et Renault en 2000. En2007,elleprendladirectionduserviceCifre à l’ANRT et développe notamment des programmes internationaux avec le Brésil et le Maroc. En 2011, elle met en place un concours an- nuel pour donner aux doctorants Cifre l’envie de créer leur entreprise. Ce concours est aussi exporté en Australie (2016, 2017) et en Inde (2017). En 2016, Clarisse Angelier devient la première femme à diriger l’ANRT depuis sa création en 1953.