L’Agence française de l’éclairage alerte sur les effets de la pollution lumineuse nocturne

22/12/2018
Auteurs : Alain Brenac
Publication REE REE 2018-5
OAI : oai:www.see.asso.fr:1301:2018-5:24887
DOI :

Résumé

L’Agence française de l’éclairage alerte sur les effets de la pollution lumineuse nocturne

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16 ZREE N°5/2018 La pollution lumineuse nocturne, qu’elle soit d’origine pu- blique ou privée, est un fléau qui frappe de plus en plus de zones urbaines et péri-urbaines dans les pays développés. Due à un éclairage abusif, elle présente des effets nocifs non seulement pour les astronomes mais aussi pour l’équilibre de la vie sur Terre en général. En effet l’impact de cette pol- lution sur la faune nocturne et sur l’homme est particulière- ment néfaste du fait de la modification des cycles biologiques induite par un allongement artificiel de la durée du jour. La lutte contre la pollution lumineuse est donc une nécessité afin de protéger tout à la fois la biodiversité, la visibilité sans halo orangé du ciel étoilé ainsi que la qualité de vie, et no- tamment du sommeil, de nos concitoyens résidant en zone urbaine. En outre, les actions qui visent à réduire cette pollu- tion concourent aussi à réduire la facture énergétique et les émissions de CO2 . Or le niveau de pollution lumineuse atteint par les mé- tropoles de notre pays et de ses voisins atteint des valeurs véritablement alarmantes comme on peut l’observer sur la figure 1. Selon l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), le nombre de points lumineux a crû de 89 % entre 1992 et 2012 en raison de l’extension et de la densification urbaine. Le 13 octobre 2018 s’est tenue sur tout le territoire la 10e édition de l’opération « Jour de la Nuit », une manifestation natio- nale qui fédère de nombreuses actions destinées à sensibiliser le grand public aux effets de la pollution lumineuse et à la préservation des paysages nocturnes ; l’occasion pour l’Asso- ciation française de l’éclairage (AFE) d’adresser un message d’alerte aux pouvoirs publics, collectivités locales mais aussi aux simples citoyens sur l’urgence d’agir contre ce type de pollution. Comment lutter contre la pollution lumineuse ? Les mesures à prendre pour limiter la pollution lumineuse de nuit découlent le plus souvent du simple bon sens et se déclinent en deux volets : Figure 1 : Carte de la pollution lumineuse nocturne en France et dans les pays voisins. On notera la lumière intense émise par la Belgique, les Pays Bas et les métropoles britanniques. – Source Avex. ACTUALITÉS L’Association française de l’éclairage met en garde contre les effets nocifs de la pollution lumineuse nocturne REE N°5/2018 Z 17 s Diminuer la quantité de lumière projetée (nombre de sources lumineuses, puissance). Ceci passe par l’extinc- tion systématique des lumières inutiles (au départ d’une pièce par exemple), par la réduction de la puissance des ampoules chaque fois que c’est possible ou l’installation de régulateurs comme des minuteries ou des détecteurs de présence. Ces mesures sont d’autant plus nécessaires qu’il s’agit de lumières en extérieur (non occultées par des murs). Il est recommandé également de choisir certains types d’ampoules moins nocives pour la faune ou pour l’observation astronomique (ampoule à sodium basse pression, par exemple). s Eviter la propagation inutile de lumière dans l’environ- nement. En intérieur, la solution est simple. Il est impératif de munir les fenêtres de rideaux et de volets aux fenêtres ou même de simples voilages blancs qui atténuent l’émis- sion de lumière polarisée à laquelle sont sensibles certaines espèces. En extérieur, il faut faire en sorte que les lampes et lam- padaires ne soient pas orientés vers le ciel et donc privilé- gier les éclairages plus directionnels, à la fois plus efficaces pour la visibilité au sol et donc pour la sécurité et moins perturbants pour l’environnement. La figure 2 montre deux exemples d’éclairage ; l’un est à proscrire (éclairage type boule émettant à 360°), l’autre est à recommander car di- rectionnel vers le bas. Que dit la loi ? La règlementation sur la limitation de la pollution lumi- neuse nocturne s’appuie sur la loi du 12 juillet 2010 portant engagement national pour l’environnement, qui instaurait un principe de prévention, de réduction et de limitation des nui- sances lumineuses. L’arrêté du 25 janvier 2013, relatif à l’ex- tinction des bâtiments non résidentiels, impose aux maires d’appliquer cette réglementation pour les bâtiments munici- paux et de faire contrôler l’application du texte pour les autres bâtiments de sa commune. Pratiquement cela concerne l’extinction des locaux professionnels une heure après la fin d’occupation, l’interdiction d’allumer les façades avant le cou- cher du soleil et l’obligation de les éteindre au plus tard à 1 heure du matin. Les vitrines des magasins ne peuvent être allumées avant 7 heures du matin. Si l’on en juge par la récente mise en demeure par le Conseil d’Etat enjoignant au gouvernement de faire appliquer cette loi, il faut admettre que celle-ci n’a été que très im- parfaitement suivie et que la prise de conscience des effets pervers de la pollution lumineuse est encore très insuffisante chez les citoyens, soucieux de voir leur sécurité assurée par un éclairage puissant lors des sorties nocturnes. Le rôle des collectivités locales... Il faut toutefois noter que nombre de collectivités lo- cales se sont engagées depuis plusieurs années dans la lutte contre la pollution lumineuse. Sur le domaine public, 52 % des points chauds sont émis par l’éclairage public (majoritai- rement du fait des installations anciennes), le reste prove- nant du mobilier urbain et des terrasses de café. La régle- mentation actuelle concernant majoritairement l’éclairage public, il en résulte que 70 % des métropoles ont au- jourd’hui pris en compte le volet biodiversité dans leurs Figure 2 : Exemples d’éclairage public : (a) candélabre à boules qui émet 60 %de la lumière vers le haut ; (b) Candélabre LED à éclairage directionnel émettant majoritairement vers le sol. ACTUALITÉS 18 ZREE N°5/2018 politiques d’éclairage. C’est ainsi que la durée moyenne de fonctionnement de l’éclairage public a diminué de 24 % depuis 1990. Beaucoup d’édiles ont généralisé le recours à des sources de lumière à température de couleur inférieure à 3 000 K, ont mis en œuvre la réduction du flux lumineux en heures creuses et promu l’installation de luminaires n’émettant pas de lu- mière directe vers le ciel. Certains se tournent vers la re- cherche pour imaginer des solutions innovantes conciliant la lutte contre la pollution lumineuse et la sécurité des passants, comme celle que propose la startup toulousaine Kawantech qui a mis au point une technologie de lampadaires « intelli- gents », qui éclairent avec plus ou moins d’intensité selon ce qu’il se passe dans la rue. ...et celui de l’éclairage privé Le prochain véritable challenge pour la lutte contre la pol- lution lumineuse de nuit sera de convaincre les responsables de l’éclairage privé, c’est-à-dire tout un chacun, de respecter les règles de bon sens énoncées plus haut. Une étude menée en 2018 par la Ville de Paris souligne en ef- fet que l’éclairage privé représente 58 % des lumières excessives émises la nuit sur son territoire contre 35 % par le domaine public et 7 % par les véhicules. La figure 3 qui visualise les émissions lumineuses de Paris et de sa proche banlieue la nuit, démontre que la route est encore longue avant que soit maîtrisée la pollution lumineuse des grandes métropoles. Q Alain Brenac Figure 3 : Emissions lumineuses de Paris et sa proche banlieue – Source Wikimedia.org. ACTUALITÉS