Faut-il avoir peur de l’intelligence artificielle en médecine ?

20/10/2018
Auteurs : Jacques Milliez
Publication REE REE 2018-4
OAI : oai:www.see.asso.fr:1301:2018-4:23813
DOI :

Résumé

Faut-il avoir peur de l’intelligence artificielle en médecine ?

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	    <date dateType="Updated">Sat 20 Oct 2018</date>
            <date dateType="Submitted">Tue 13 Nov 2018</date>
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REE N°4/2018 Z 1 I nsidieusement installée dans les pratiques, sans qu’on y prenne garde, l’intelligence arti- ficielle en santé (IA), a apporté aux méde- cins, aux patients, aux gestionnaires, une aide irremplaçable en temps et en efficacité. Elle permet des diagnostics plus rapides et plus sûrs, pour la lec- ture des lames histologiques des cancers, pour l’ana- lyse des radiographies – menaçant au passage de « chômage » la profession de radiologue –, ou pour la détection, plus précoce et plus fiable que celle des dermatologues, des mélanomes malins de la peau dont l’espoir de guérison se trouve ainsi accru. L’IA fait se mouvoir les prothèses mieux que le membre original, elle guide, corrige en peropératoire les inter- ventions assistées par robot, exécute en réalité vir- tuelle les prothèses d’épaule, répond au téléphone, fixe les rendez-vous, conduit même au diagnostic par simple reconnaissance vocale… Elle nourrit les innombrables applications de prise en charge des maladies chroniques, enregistre en continu la glycé- mie, corrige si nécessaire le débit de la pompe à insu- line… En Afrique, via les portables, elle a transformé la médecine de brousse… L’autre aspect de l’IA en santé est le recueil et le trai- tement de millions de données, relevant du cloud et du big data. Ces données sont à l’origine de vastes outils d’analyses de risque, de prévision, de préven- tion, de diagnostic, de traitement, de gestion. Dans ce domaine, la France est une naine, écrasée en- tre la Chine et les Etats-Unis. Elle dispose pourtant d’énormes moyens, entre autres les données, du SNIIRAM, le système national d’information interré- gimes de l’assurance maladie. Mais les régimes ne communiquent pas entre eux, les données s’em- pilent dans des silos hermétiques. De plus les small data que nous sommes ont des pudeurs de jeune fille à lâcher leurs données personnelles. On invoque le secret professionnel, la peur des assureurs, le risque, bien réel, de viol des fichiers et l’entrave que constitue désormais la RGPD. Pendant ce temps-là, Facebook et surtout Google raflent de nous, tout ce qui navigue sur le Net, pour en mouliner de gigan- tesques référentiels. Le projet de Google Baseline study promet d’en savoir sur notre santé plus que nous-mêmes, les small data connectés, et de nous adresser une correction au moindre écart par rap- port aux normes, avant même que nous en ayons conscience, en quelque sorte à « l’insu de notre plein gré » et de notre libre arbitre. Du big data à big bro- ther, il n’y aura bientôt plus que l’espace d’un clic. D’ailleurs Google vise encore plus haut : il veut tuer la mort, kill the death, et nous prendre par la main qui pousse la souris pour nous conduire à l’immortalité. Il ne s’agit pas d’une fake news. En Californie, des start-up y engloutissent déjà des sommes considé- rables. On cryogénise les corps pour les conserver jusqu’au Jugement dernier, on transfère sur support numérique l’activité cérébrale pour prétendument la recracher dans un cerveau décongelé le jour de la Résurrection, on fouaille le génome des nématodes1 pour cloner leur gène du vieillissement, ils en ont un les veinards, et peut-être un jour l’injecter par la tech- nique des ciseaux génétiques CRISPR-Cas92 dans le génome d’embryons humains. Alors finie la finitude ? En avons-nous vraiment envie, sachant que, sans aucune préméditation, nous gagnons déjà chaque 1 Vers ronds, constituant un embranchement de vers non seg- mentés. 2 CRISPR Cas9 (CRISPR = Clustered Regularly Interspaced Short Palindromic Repeats) est une enzyme pouvant être utilisée en génie génétique pour modifier facilement et rapidement le génome des cellules animales et végétales. Cette technique d’édition du génome a été découverte par l’équipe de la cher- cheuse française Emmanuelle Charpentier. Faut-il avoir peur    
   EDITORIAL Jacques Milliez