De la 4G à la 5G

15/07/2018
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De la 4G à la 5G

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REE N°3/2018 Z81 LA 5G DOSSIER 1 Introduction La mise en place d’un nouveau type de réseau mobile est une opération de longue durée : d’une part il lui faut offrir une bonne couverture géographique avant de pouvoir commencer à voir ses possibilités largement exploitées, d’autre part son utilisation est fortement dépendante de la disponibilité des ter- minaux adaptés au nouveau réseau et permettant d’exploiter ses nouvelles fonctionnalités. Pendant la phase de montée en charge du nouveau réseau, il faut assurer la continuité géographique des services aux nouveaux terminaux notamment lorsqu’ils sortent de la cou- verture du nouveau type de réseau. Un certain nombre d’arrangements sont à prévoir pour que, vu des utilisateurs, l’in- tégration de la nouvelle technologie soit la moins complexe possible tout en permettant de tirer profit le plus rapide- ment possible des nouveaux services qu’elle offre. Pour préparer l’introduction de la 5G, la 4G évolue pour étendre la gamme de services offerts en préfiguration de ce qu’ils seront dans la 5G et y introduire des mécanismes nouveaux facilitant l’interfonctionnement avec la 5G. Nous allons les décrire rapidement avant d’examiner comment l’interfonctionne- ment entre les deux réseaux pourra être mis en œuvre et comment les différents acteurs se préparent au déploiement de la 5G. Les évolutions de la 4G avec LTE Advanced et LTE Advanced Pro En parallèle avec la définition de la 5G, la 4G LTE (que nous appellerons de façon simplifiée LTE) a continué à évoluer. Bon nombre des évolutions sont des anticipations de fonctionnali- tés qui apparaîtront dans la 5G : elles permettent de lancer un certain nombre de nouveaux usages avant même que la 5G puisse être déployée à grande échelle. LTE avec les évolutions des versions 12, 13, 14 des spécifications du 3GPP est appelé LTE Advanced Pro. Des évolutions sont également étudiées pour la version 15. Une première famille d’évolutions concerne l’Internet des objets (IoT). Elles ont deux objectifs : s RÏDUIRELAPUISSANCECONSOMMÏEPAR les terminaux IoT ; s ALLOUERDESRESSOURCESENFRÏQUENCES spécifiques pour des communications à bas et moyen débit. La limitation de la consommation des terminaux est mise en œuvre en éten- dant la réception discontinue (DRX1 ) déjà prévue dans LTE et en introduisant un mode d’économie d’énergie per- mettant aux terminaux IoT ne recevant pas de commandes de s’éteindre tout en restant attaché au réseau (PSM2 ) : eDRX et PSM ont été introduites respec- 1 DRX : Discontinuous Reception. 2 PSM : Power Saving Mode tivement dans les versions 13 et 12 des spécifications de LTE. Deux modes de communication propres à l’IoT ont été définis, LTE-M qui permet d’offrir des débits pouvant atteindre 1 Mbit/s par des modifica- tions logicielles des stations de base et NB-IoT qui permet d’atteindre quelques centaines de kbit/s au prix d’une mobi- lité réduite, d’une latence plus élevée et de l’installation d’un modem parti- culier dans les stations de base LTE. LTE-M utilise les bandes de fréquences de LTE alors que NB-IoT peut utiliser les bandes GSM ou LTE, voire la bande de garde de LTE. Ces deux modes, qui améliorent aussi le budget de liaison, ont été définis dans la version 13 des spécifications de LTE. Ainsi l’infrastruc- ture LTE permet aux opérateurs de lancer des offres de raccordement de terminaux IoT sans attendre la générali- sation de la 5G. Des progrès sont aussi prévus avec la version 15 de LTE dans le domaine de la latence et également de la communi- cation avec les véhicules. En ce qui concerne les capaci- tés de communication, des progrès importants ont été effectués avec l’agrégation de porteuses qui permet d’allouer à une même communication plusieurs éléments de spectre et la double connectivité qui permet à un même terminal de s’attacher à deux stations de base (versions 13 et 14). De la 4G à la 5G Patrice Collet1 et Simon Znaty2 1 Membre émérite de la SEE, 2 directeur d’EFORT After describing the evolutions related to 4G-LTE, our paper shows how 5G is going to coexist du- ring years with 4G-LTE in many networks. As 5G is not only intended to fulfil the communication needs of residential users but also those of many sectors of the industry, a brief panorama of the ongoing or planned network and services trials is also given. ABSTRACT Cet article, après avoir décrit les évolutions qui vont être celles du système 4G-LTE, présente la façon dont la 5G va coexister pendant un certain nombre d’années avec la 4G-LTE. La 5G ayant l’objectif de couvrir les besoins de communication qui dépassent largement ceux du grand public, nous y évoquons aussi les tests et expérimentations qui sont menés à travers le monde sur la 5G. RÉSUMÉ 82 ZREE N°3/2018 LA 5G DOSSIER 1 Ces possibilités sont également mises en œuvre pour permettre d’utiliser le Wi-Fi comme technique d’accès radio au réseau LTE (LAA3 et LWA4 ). La tech- nique MIMO a également été rendue plus performante avec la possibilité introduite en version 14 d’utiliser 32 antennes par station. Enfin, concernant l’architecture du cœur de réseau LTE (ePC5 ), la sépara- tion des entités qui étaient appelées à traiter à la fois les fonctions de transport et les fonctions de commande en deux entités distinctes améliore la séparation des plans de commande et de transport (CUPS6 ) et devrait faciliter l’interfonc- tionnement avec le cœur 5G. 3 LAA : Licensed Assisted Access : utilisation des fréquences Wi-FI par LTE combinée à l’agréga- tion de porteuses. 4 LWA : LTE WLAN aggregation : le node B contrôle un point d’accès Wi-FI. 5 e- PC : Evolved Packet Core-Nom du cœur de réseau LTE. 6 CUPS : Control and User Planes Separation – Séparation des plans de commande et de transport. Rappel de quelques caractéristiques propres au cœur 5G Les réseaux d’accès concernés Le cœur de réseau 5G permet de prendre en compte trois types d’accès : s DESACCÒS'
2!.FONDÏSSURLANOU- velle radio ; s DESACCÒS,4%!DVANCED s DESACCÒS7I
&I Pour ce faire, entre réseau d’accès radio et cœur de réseau 5G ont été définis trois nouveaux points de réfé- rence (figure 1) : s . POINTDERÏFÏRENCEENTRELEC“UR 5G et les terminaux 5G, qui définit les interactions entre les terminaux 5G et le cœur de réseau ; s . POINTDERÏFÏRENCEPOURLESmUXDE commande entre les réseaux d’accès et le cœur 5G ; s . POINT DE RÏFÏRENCE POUR LE PLAN transfert de données entre réseau d’accès et cœur de réseau. Les stations de base de la nouvelle radio, les g-Nodes B (gNB), comme les points d’accès Wi-Fi doivent mettre en œuvre les interfaces N2 et N3. Les sta- tions de base 4G (eNB) doivent subir des évolutions pour pouvoir être rac- cordées simultanément aux cœurs de réseau 4G et 5G : en particulier elles doivent pouvoir satisfaire aux spécifica- tions des points de référence N2 et N3 pour la 5G en plus des mêmes spécifica- tions pour la 4G. Ainsi modifiées on les appelle des ng-eNB. Elles présentent la particularité de pouvoir être attachées si- multanément aux deux cœurs de réseau. Pour pouvoir se connecter à un cœur de réseau 5G, les terminaux doivent mettre en œuvre les proto- coles propres au point de référence N1 5G appelés NAS (Non Access Stratum). Ces protocoles sont différents de ceux de la 4G. La mise en œuvre des services de voix Contrairement aux réseaux 2G et 3G, les réseaux 4G et 5G n’offrent pas de service de commutation de circuits. Pour offrir les services de voix en 4G deux possibilités ont été prévues : Figure 1 : Les différents accès radio et leurs interfaces en 5G – Source : EFORT. REE N°3/2018 Z 83 De la 4G à la 5G s LAPREMIÒRECONSISTEÌUTILISERLEREPLI sur le service de commutation de cir- cuits des réseaux 2G ou 3G (CS-FB7 ). Un terminal 4G traitant la voix en mode CS-FB est, lors de son attache- ment au réseau 4G, aussi attaché au réseau 2G ou 3G présent sur la zone de couverture 4G. S’il doit recevoir un appel vocal, le réseau 2G ou 3G alerte le réseau 4G qui enjoint au ter- minal de basculer sur le réseau 2G ou 3G. S’il doit émettre un appel vocal, le terminal bascule automatiquement sur le réseau 2G ou 3G. A l’issue de l’appel vocal le terminal bascule à nouveau sur le réseau 4G. Les pre- mières générations de terminaux 4G qui n’étaient pas alors capables d’utiliser la voix sur IP, qu’on appelle la voix sur LTE (VoLTE), fournissaient les services de voix avec le CS-FB. Les réseaux 4G à leur lancement ne mettaient pas non plus en œuvre la VoLTE ; s LA VOIX SUR )0 6O,4% EST LA SOLUTION de long terme pour le réseau 4G. Elle fait appel à l’architecture IMS8 dans laquelle des serveurs d’appels éta- blissent, gèrent et rompent des ses- sions de voix sur IP avec le protocole 7 Circuit Switched Fall Back : repli sur la commu- tation de circuits. 8 IMS : IP Multimedia Subsystem ou Sous Sys- tème Multimedia IP. SIP9 . Il faut noter que dans le parc des terminaux 4G une partie d’entre eux n’est pas capable de traiter la VoLTE. Logiquement, dans la 5G, le CS-FB n’est plus prévu. Toutes les sessions de voix sont effectuées en VoIP comme en LTE avec VoLTE. Le transfert (handover) d’une session de VoIP établie dans le réseau 5G n’est donc possible qu’avec l’accès LTE et l’accès Wi-Fi. Le mode NSA (non standalone) de la nouvelle radio Pour accélérer le déploiement de la nouvelle radio 5G sans attendre la dispo- nibilité du cœur de réseau 5G, le 3GPP a défini deux phases de déploiement : une phase dite « non standalone » (NSA) et une phase « standalone » (SA) (figure2). La première permet de déployer et d’utiliser la nouvelle radio en s’appuyant sur le cœur de réseau 4G. La nouvelle radio 5G est alors utilisée en complé- ment à la radio LTE afin de fournir des ressources additionnelles en bande passante. C’est le réseau 4G qui gère la mobilité, l’établissement de sessions de données et l’ensemble des services : dans cette phase le cœur 5G n’est pas présent et le gNB qui termine le RAN 5G est connecté à une station de base 4G VIALINTERFACE8,ESmUXDECOMMANDE 9 SIP : Session Initiation Protocol. passent systématiquement par l’interface 8ALORSQUELESmUXDEDONNÏESPEUVENT être transmis soit par X2 soit par une interface S1-U entre gNB et cœur 4G. Les services offerts sur l’accès NR sont ceux du réseau 4G. Celui-ci utilise des mécanismes voisins de ceux développés pour le raccordement des accès Wi-Fi au cœur 4G (double connexion). La phase NSA permet d’anticiper le déploiement des gNB et d’augmenter les ressources radio dans les zones où les gNB sont ins- tallés permettant ainsi de faire croitre le nombre de clients ou les débits offerts aux clients. L’utilisation des ressources de la nouvelle radio impose d’avoir des terminaux 4G adaptés à la nouvelle radio. La mise en œuvre de la phase « stan- dalone » implique l’installation préalable d’un nouveau cœur de réseau appelé 5GC10 . Les nouvelles possibilités offertes par le réseau 5G deviennent alors acces- sibles aux terminaux connectés aux gNB qui leur sont raccordés. Des eNB du réseau 4G transformés en ng-eNB pour- ront être également, à plus long terme, raccordés au 5GC. L’interfonctionnement entre réseaux 4G et 5G s’en trouvera ainsi facilité. A long terme, on prévoit que le cœur 5G sera le cœur de réseau commun aux accès 4G et 5G : ainsi les opérateurs n’investiront plus que sur un 10 5GC : 5G Core : cœur de réseau 5G. Figure 2 : Les modes NSA et SA de la nouvelle radio – Source : EFORT. 84 ZREE N°3/2018 LA 5G DOSSIER 1 seul réseau et n’auront plus qu’à gérer les évolutions d’un seul cœur de réseau. L’interfonctionnement de la 4G et de la 5G Il faudra certainement plusieurs an- nées pour que les opérateurs puissent développer une large couverture de la nouvelle radio 5G. Pendant cette pé- riode les opérateurs et les fournisseurs de terminaux doivent fournir aux clients équipés de terminaux compatibles avec la nouvelle radio un service continu ter- ritorialement : pour cela ils s’appuieront, dans les zones dépourvues de NR, sur l’infrastructure 4G. A cette fin, il faudra disposer de terminaux qui peuvent fonc- tionner avec les deux radios (LTE et NR) et développer entre réseaux des méca- nismes d’interfonctionnement permet- tant d’assurer la continuité de service pour les services communs à la 4G et la 5G. Les familles de terminaux possibles Au-delà des terminaux 4G qui de- vraient constituer une très grande partie du parc existant lors du lancement de la 5G, on peut penser qu’apparaîtront d’abord des terminaux 4G capables de tirer profit de la nouvelle radio pour aug- menter les débits disponibles en 4G : ils pourront s’appuyer initialement sur les déploiements de la phase NSA. Faute d’être capables de traiter les protocoles NAS 5G, en phase SA, ces terminaux ne pourront pas utiliser les services qui sont uniquement accessibles par le 5GC. Devraient apparaître rapidement en- suite des terminaux 4G capables de se connecter au cœur 5G : pour ce faire ils doivent non seulement disposer des fonctions radio NR en plus des fonctions radio LTE, mais également comporter les protocoles NAS propres au réseau 4G (NAS EPC) et les protocoles NAS du 5GC (NAS N1). Ces terminaux pourront ainsi bénéficier complètement des ser- vices 5G quand ils sont connectés à un gNB ou à un ng-enodeB, et quand ils sortent de la couverture 5G, de tirer pro- fit de l’interfonctionnement 5G vers 4G pour bénéficier des services du réseau 4G. On peut imaginer à plus long terme de voir apparaître des terminaux qui n’offrent que la connectivité 5G. L’interfonctionnement 4G-5G Pour assurer l’interfonctionnement en douceur des réseaux 4G et 5G, les deux cœurs de réseau partageront en général une même base de données clients. Deux procédures sont prévues qui se distinguent par les capacités d’enregis- trement du terminal. Suivant ses carac- téristiques, celui-ci peut être unique ou double. Dans le mode d’enregistrement unique, le terminal est enregistré dans un seul des deux réseaux et active seu- lement les procédures NAS du réseau sur lequel il est enregistré. De même, un seul réseau conserve un seul enre- gistrement de l’état du terminal. En double enregistrement, le terminal est capable de gérer deux enregistrements l’un pour le 5GC, l’autre pour l’ePC. Les terminaux 4G et 5G doivent obligatoi- rement pouvoir gérer le mode enregis- trement unique et éventuellement le double enregistrement. Pour assurer l’interfonctionnement en mode enregistrement unique, les fonctions de gestion de la mobilité des deux réseaux doivent être interconnec- tées (interface N26) pour que le réseau recevant le terminal récupère le contexte existant dans le réseau cédant. En mode double enregistrement, le basculement d’un réseau à l’autre est déclenché par le terminal sans qu’une interconnexion des deux cœurs de réseau soit nécessaire. La figure 3 illustre les différentes confi- gurations d’interfonctionnement suivant les types de terminaux. Figure 3 : Migration du cœur 4G vers le cœur 5G – Source : EFORT. REE N°3/2018 Z 85 De la 4G à la 5G Expérimentations et pers- pectives de déploiement Les techniques nouvelles candidates à être mises en œuvre dans la 5G ont fait l’objet de nombreuses expérimen- tations de terrain avant même que les premières spécifications de la nouvelle radio aient été publiées. Elles portaient souvent sur la radio, plus particulière- ment, dans les bandes de fréquences non couramment utilisées dans les réseaux mobiles : pour la plupart, elles visaient la mise en œuvre du MIMO massif ou bien le beamforming. Un certain nombre d’entre elles visaient également à évaluer la réduction pos- sible de la latence en combinant parfois accès radio et une anticipation du cœur de réseau. Une vue mondiale des expéri- mentations L’association GSA11 qui regroupe les fournisseurs d’équipements pour le service mobile a fait une synthèse 11 GSA : Global mobile Suppliers Association. des expérimentations de terrain impli- quant des opérateurs de réseau. En avril 201812 , elle avait identifié 134 opérateurs menant ou ayant mené des tests de la 5G sur le terrain dans 62 pays : au total ces opérateurs avaient mené 326 opéra- tions de test ou expérimentations. Parmi elles, 61 portaient sur le MIMO massif et 19 sur le network slicing. Enfin, 15 tests 12 Pour les détails on peut se reporter à https:// gsacom.com/paper/5g-update-global-market- trials-2/ concernaient l’accès fixe radio (FWA13 ). La figure 4 montre la répartition des ex- périmentations sur la mappemonde. En ce qui concerne les fréquences utilisées dans les tests, seuls 172 de ces derniers les ont indiquées. La bande des 28 GHz est celle dans laquelle le plus grand nombre de tests sont conduits, suivie par la bande de 3,5 GHz. La fi- gure 5 donne une répartition des tests selon des groupes de bandes de fré- 13 FWA : Fixed Wireless Access Figure 4 : Carte des pays où des opérateurs mènent ou planifient de mener des tests 5G - Source : GSA. Figure 5 : Répartition des tests menés par segments du spectre – Source : GSA. 86 ZREE N°3/2018 LA 5G DOSSIER 1 quences. Elle montre que plus de la moitié des tests analysés font appel à des fréquences supérieures à 6 GHz. Les résultats publiés des expérimen- tations ne font pas toujours apparaître la largeur de bande utilisée mais leur grande majorité annonce des débits descendants dépassant significative- ment le Gbit/s et couramment des débits de quelques dizaines de Gbit/s sont rapportés. En termes de latence et sans que l’on puisse connaître exacte- ment les conditions d’expérimentation et en particulier la configuration de test, la plupart d’entre elles annoncent des latences comprises entre 1 et 2 ms. Les perspectives de la 5G aux Etats Unis14 Les deux plus grands opérateurs mo- biles nord-américains Verizon et AT&T ont été très impliqués dans la définition de la 5G : en particulier Verizon a piloté 14 On pourra trouver de nombreux éléments plus détaillés sur la 5G aux Etats-Unis dans l’étude de la GSMA “The 5G era in the US” sur laquelle on s’est appuyé pour cette synthèse : https://www.gsmaintelligence.com/research /?file=4cbbdb475f24b3c5f5a93a2796a4aa28 &download un forum qui a publié, en anticipation, des spécifications pour la nouvelle radio qui ont alimenté le processus de nor- malisation de la 5G mené par le 3GPP. Tous deux ont expérimenté, en antici- pation sur les normes, la nouvelle radio dans les bandes millimétriques pour raccorder des clients fixes à très haut débit à la place du raccordement par fibre optique. Ces expérimentations ont été positives au point qu’AT&T et Verizon ont annoncé le démarrage d’un service commercial d’accès fixe radio (FWA) basé sur la nouvelle radio, dans douze zones à la fin 2018 pour le premier et dans trois à cinq zones dans la deu- xième moitié de 2018 pour le second. FWA devrait leur permettre, moyennant des investissements limités, de faire des offres de raccordement fixe à très haut débit en dehors des zones où ils four- nissent traditionnellement le service fixe et de concurrencer les câblo-opérateurs. La couverture de ces offres devrait être amplifiée en 2019. Les analystes de la GSMA consi- dèrent que les Etats-Unis devraient être le premier marché pour l’adoption de la 5G par les utilisateurs (figure 6). Parallèlement les opérateurs mobiles prévoient de faire monter en débit leurs offres 4G en mettant en œuvre dès 2018 les évolutions de LTE Advanced Pro, comme le MIMO 4x4 et la modula- tion 256 QAM. Avant 2021, les déploie- ments de la 5G pour le service mobile devraient être faits en mode NSA (en s’appuyant sur la commande de réseau de LTE) pour renforcer les débits offerts par LTE Advanced Pro. La suite dépendra évidemment de la disponibilité d’équi- pements conformes à la norme et du succès des offres basées sur la 5G. Il est probable que le mode standalone de la 5G ne se développera qu’après 2025. Les perspectives de la 5G en Asie Les pays d’Asie ont des approches différenciées selon les échéances qu’ils se sont imposées pour le déploiement de la 5G. La Corée du Sud a organisé sur le site des jeux olympiques d’hiver en février 2018 des démonstrations de services utilisant la 5G : à cette période KT15 ne pouvait que s’appuyer sur une anticipation de la nouvelle radio en 15 KT : Korea Telecom. Figure 6 : Prévision d’adoption de la 5G par les utilisateurs aux Etats-Unis. Source : GSMA Intelligence. REE N°3/2018 Z 87 De la 4G à la 5G mode non standalone. Au Japon, le gou- vernement a produit des lignes direc- trices pour le développement de la 5G et a stimulé la mise en place d’un forum appelé 5GMF en charge de promouvoir la 5G : ce dernier a lancé des tests de services s’appuyant sur la 5G et rassem- blant les différentes industries qui pour- raient tirer profit des innovations qu’elle apporte comme l’automobile, les trans- ports, la logistique, les réseaux d’éner- gie, la santé, etc. L’objectif est de lancer des services commerciaux en 2020 qui pourraient d’abord être fournis en mode NSA puis en mode SA. En Chine, les opérateurs ont prévu une phase de test entre 2017 et 2019 et prévoient un lancement commer- cial en 2020. Selon les analystes de GSMA Intelligence16 , la croissance de la demande en débit devrait d’abord être largement satisfaite par les évolutions de LTE vers les très hauts débits comme le MIMO 4x4 ou le 256 QAM. La moti- vation pour le déploiement de la 5G serait donc plutôt les services à faible latence et haute fiabilité et la saturation de zones desservies avec LTE Advanced Pro. Les opérateurs privilégieraient en conséquence le mode SA. Ainsi la vi- tesse de déploiement de la 5G y serait notablement plus faible que celle qu’a connu la 4G en Chine avec, néanmoins, une prévision de 117 millions de clients en 2022 alors qu’il y avait 966 millions de clients 4G en 2017. Les perspectives en Europe Dans les différents pays d’Europe, un grand nombre d’essais17 des tech- nologies candidates à la 5G ont été menés par des opérateurs associés à des industriels ou des laboratoires de recherche universitaires. Plus de 80 16 https://www.gsmaintelligence.com/research /?file=67a750f6114580b86045a6a0f9587ea0 &download 17 On trouvera sur le site du 5g-ppp https://5g- ppp.eu/5g-trials-2/ une récapitulation des tests et expérimentations menées en Europe. actions de ce type ont été annoncées. Des premiers déploiements de réseaux expérimentaux sont maintenant lancés. Ainsi en Italie, Fastweb, TIM et Huaweï prévoient de couvrir les deux villes de Bari et Matera en 2019 : les premières installations doivent commencer mi- 2018 et des couvertures de 75 % et 100 % de ces deux villes devraient être atteintes respectivement fin 2018 et fin 2019. En Espagne, Telefonica a annoncé en janvier le lancement de « villes-labo- ratoires 5G » qui permettront de tester des usages de la 5G : cette opération sera menée à Ségovie avec Nokia et à Talavera de la Reina avec Ericsson. En France, pour faciliter le montage d’expérimentations, l’ARCEP, le régle- menteur français des télécommunica- tions, a ouvert, en janvier, à l’intention des différents « acteurs de la chaîne de valeur de la 5G », un guichet pour la réalisation de pilotes 5G. Ces pilotes peuvent avoir lieu dans neuf métropoles françaises où des fréquences sont dis- ponibles. L’ARCEP allouera aux candi- dats retenus un droit d’utilisation de fréquences 5G pour 18 à 24 mois en 2018 et 2019. Du côté des opérateurs, SFR a annon- cé, en mai 2018, avoir mené des tests de laboratoire avec Nokia dans la bande des 3,5 GHz avec des équipements conformes à la norme 3GPP. Orange a annoncé un réseau expérimental à Lille et Douai en collaboration avec Ericsson : des tests de bout en bout pourront y être menés. Ils devaient commencer dès mi-2018 (sous réserve de l’autori- sation de l’ARCEP) et s’achever mi-2019. A l’automne 2018, Orange devrait tester, avec Ericsson, les fonctions de la 5G nécessaires aux véhicules autonomes. Enfin, au deuxième semestre 2018, c’est en Roumanie qu’Orange, avec Samsung et Cisco, va tester en condi- tions réelles une solution 5G de rac- cordement résidentiel à très haut débit en complément au raccordement fibre. LES AUTEURS Patrice Collet est ancien élève de l’Ecole polytechnique et ingénieur général honoraire des télécommu- nications. Sa carrière l’a conduit de la recherche et développement au CNET qui était le centre de re- cherches de la Direction générale des télécommunications à la Direc- tion générale de France Télécom où il a eu la responsabilité de l’architec- ture du réseau fixe et de son évo- lution. Simon Znaty est docteur de l’ENST Paris. Il est formateur chez EFORT dans le domaine des réseaux et ser- vices de télécommunication pour des opérateurs et constructeurs de télécommunication. 88 ZREE N°3/2018 LA 5G DOSSIER 1 Bouygues Télécom a annoncé, au pre- mier trimestre 2018, vouloir lancer avec Huaweï un réseau expérimental à Bordeaux afin de mener des tests de bout en bout. L'Union européenne, soutient dans le cadre du 5G-PPP18 21 projets de test et validation et devrait lancer en juillet 2018 trois projets visant à fournir une infrastructure de réseau 5G pan-euro- péenne à des fins de validation ; elle couvrira environ 20 sites européens. 18 5G-PPP : 5G Infrastructure Private Public Par- tnership – Partenariat public privé sur l’infras- tructure 5G. Cette infrastructure doit accueillir des expérimentations de services propo- sées par différents secteurs industriels. De plus trois projets d’expérimentation de mobilité connectée et de conduite automatisée devraient commencer en utilisant des « corridors CAD19 » qui four- niront la connectivité 5G et seront mis en place avec les états membres : ces cor- ridors devraient être lancés en octobre. Conclusion Grâce aux évolutions de LTE vers LTE Advanced Pro, à la disponibilité antici- 19 CAD : Connected and Automated Driving. pée des spécifications de la Nouvelle Radio et aux possibilités offertes par le mode NSA, la transition de la 4G vers la 5G est bien préparée. Cependant, pour satisfaire les ambitions de la 5G en termes de services dépassant large- ment le simple prolongement de la LTE, l’appropriation de ses capacités par de très nombreux pans de l’industrie est essentielle à son succès. Les très nom- breux tests dits verticaux menés ou en préparation de par le monde sont de très bon augure quant à la réalisation de ces ambitions.