Le coeur de réseau 5G

15/07/2018
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Le coeur de réseau 5G

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74 ZREE N°3/2018 LA 5G DOSSIER 1 Introduction Les réseaux cellulaires numériques apparus au début des années 1990 avec les systèmes dits de 2e généra- tion comme le GSM en Europe, essen- tiellement dédiés à la voix, ont évolué au rythme d’une génération tous les 10 ans, avec la 3G au début des années 2000 visant les communications vidéo et les premiers accès à l’internet, et la 4G vers 2010 fournissant une nouvelle génération d’accès large bande. La 5G est la nouvelle étape dans cette évo- lution décennale, avec de nombreuses innovations technologiques destinées à répondre aux nouveaux défis que pose l’accroissement très important de la demande de capacité d’accès large bande du service traditionnel des opé- rateurs, mais également pour satisfaire aux besoins de nouveaux marchés dits verticaux, comme le trafic en très forte croissance de l’Internet des objets, et des « communications critiques », pour des applications ayant des exigences de timing et de résilience spécifiques. Jusqu’alors, les générations précédentes concentraient leurs principales évolu- tions sur de nouvelles technologies d’ac- cès radio, et le cœur de réseau n’a subi depuis la 2G que des évolutions fonc- tionnelles sans rupture franche d’archi- tecture. Le cœur de réseau 5G (5GC1 ) représente pour la première fois une rup- ture, avec une architecture qui prend en compte les évolutions technologiques 1 5GC : 5G Core Network-Cœur de réseau 5G. de virtualisation, de « cloudification », et remplace un réseau de nœuds fonction- nels déployés aujourd’hui sous forme d’entités physiques indépendantes par une architecture de fonctions logicielles déployées sur des centres de données (data centers), reliées entre elles par une interconnexion de transport très haut débit. Cette nouvelle architecture entraîne une transformation profonde du cycle de vie du réseau et un chan- gement de rôle des différents acteurs, les opérateurs de télécommunications, devenant des intégrateurs de fonctions logicielles de différents fournisseurs sur les centres de données du réseau. Principes d’architecture du réseau cœur 5G Exigences et principes de base Le cœur du réseau 5G (5GC) est fondé sur une architecture modulaire, commune à tous les accès qu’il peut desservir, y compris les accès non-3GPP comme l’accès fixe xDSL, GPON, Wi-Fi, etc. Il est fonctionnellement segmenté en domaines indépendants, permettant une évolution séparée de chacun d’entre eux ; parmi eux, la gestion de l’accès, le plan de commande du 5GC et le plan de transfert de données du 5GC. Fonctionnellement, le réseau est découpé en entités fonctionnelles indé- pendantes, de façon que chaque action élémentaire soit assurée par une seule entité fonctionnelle, par opposition à ce qui est fait en 4G où, par exemple, le contrôle d’accès est assuré par de mul- tiples entités fonctionnelles différentes comme MME2 , ePDG3 , TWAG4 , etc. Le but est d’éviter de modifier plusieurs entités fonctionnelles quand une fonc- tionnalité réseau est améliorée. Le cœur de réseau 5G permet au ter- minal utilisateur de se connecter à diffé- rents services en parallèle, et peut allouer des chemins de données (user plane data pathes) optimisés pour chaque ser- vice. Une connectivité totalement flexible entre les entités fonctionnelles du réseau autorise une introduction modulaire et plug and play de nouvelles fonctions. En pratique, cette exigence correspond à une évolution vers une architecture orientée services. Les fonctions réseau doivent également utiliser les technolo- gies du cloud, en particulier les solutions de scalabilité et de résilience du cloud. L’architecture permet de faire coexis- ter différents usages du réseau (network slicing) grâce à la création de plusieurs réseaux virtuels (tranches de réseau) utilisant le même accès. Par exemple, la gestion de la connectivité peut obéir à 2 MME : Mobility Management Entity – En 4G- LTE, entité de gestion de la mobilité, une des entités contituant l’ePC. 3 ePDG : Evolved Packet Data Gateway – En 4G-LTE, passerelle permettant de raccorder au cœur de réseau des réseaux d’accès non 3GPP non contrôlés par l’opérateur 4G-LTE. 4 TWAG : Trusted WLAN access gateway – En 4G-LTE, passerelle permettant de raccorder au cœur de réseau des réseaux Wi-Fi contrôlés par l’opérateur 4G-LTE. Le cœur de réseau 5G Didier Berthoumieux, Laurent Thiebaut NOKIA Bell Labs The 5G Core Network, as defined by 3GPP stan- dards, represents the target evolution for future converged fixe-mobile telecom networks. It is defined by its functional requirements (network slicing, edge computing, reduced latency, massive IoT traffic), and by some architec- ture choices based on cloud technologies and service-based architecture. ABSTRACT Le cœur de réseau 5G défini par les normes du 3GPP représente la cible des réseaux de télécoms convergés fixes et mobiles. Il est défini par cer- tains objectifs fonctionnels nouveaux (network slicing, faible latence, edge computing, déploiement massif de l’Internet des objets) et par des choix d’architecture basée sur les technologies du cloud et d’une architecture basée services. RÉSUMÉ REE N°3/2018 Z 75 Le cœur de réseau 5G des exigences de résilience, de sécurité, de scalabilité très différentes selon qu’on vise un service de sécurité publique, l’accès à Internet pour smartphone, ou la desserte d’un réseau de capteurs IoT d’entrée de gamme. Des interfaces de programmation réseau permettent à des applications éventuellement externes d’influencer les fonctions réseau (par exemple mo- difier les temps de veille d’un terminal). Le réseau doit également exposer de façon simple divers évènements (enre- gistrements d’un utilisateur, connexion à de nouveaux services, mobilité, réveil…) à des applications externes utilisant ces éléments de supervision. L’architecture du cœur de réseau per- met également de déployer des applica- tions sur des infrastructures de centres de données proches de l’utilisateur (edge computing), avec, par exemple, l’objectif de réduire le temps de latence, ou de traiter localement des flux vidéo. Ce mode de déploiement doit être transparent pour l’utilisateur. De nouveaux services de connec- tivité sont possibles dans le 5GC : ils correspondent à des applications verti- cales comme du contrôle industriel de machines ayant des contraintes de délai très exigeantes, ou nécessitant des ser- vices de connexion non IP, par exemple Ethernet. Enfin, le cœur 5G offre aussi des fonctions de sécurité améliorées per- mettant de renforcer la confidentialité des actions des utilisateurs : l’identité d’un utilisateur n’est jamais envoyée en clair sur la radio et seul le réseau d’ori- gine de l’abonné peut déterminer la véritable identité d’un utilisateur et ne l’envoie que vers un réseau visité en qui il a confiance. Le réseau 5G doit également per- mettre aux opérateurs de télécom- munications de multiples options de déploiement, correspondant à des ob- jectifs très divers de la part des opéra- teurs des différentes régions du monde. Citons à titre d’exemples, différentes motivations aujourd’hui pour le déploie- ment de la 5G : s LACCROISSEMENTDELABANDEPASSANTE des services à large bande offerts au- jourd’hui avec LTE et EPC5 ; s LES NOUVEAUX SERVICES Ì LARGE BANDE offerts par 5G NR et 5GC, par exemple accès fixe à très large bande utilisant le spectre millimétrique, les possibilités de network slicing ou de edge com- puting ; s BÏNÏlCIER DES TECHNOLOGIES cloud et de l’architecture basée services qui doivent permettre de simplifier et d’automatiser une gestion du réseau plus simplement. Des modèles de connectivité flexibles Le modèle de connectivité des géné- rations précédentes était principalement une connexion de données d’un termi- nal utilisateur à un point de présence centralisé (GGSN6 puis PGW7 ), utilisé comme point d’ancrage pour la mobilité. La 5G prend en compte le besoin de connecter le terminal à différents points de présence, centralisés pour certains services, répartis sur le réseau pour d’autres. La présence de serveurs de cache vidéo répartis, proches des utili- sateurs, le besoin de se connecter à des réseaux d’entreprises ou à des réseaux locaux (dans le cas par exemple des smart cities), le besoin de se connec- ter à des serveurs d’applications situés près de l’accès (edge computing), re- quièrent de pouvoir définir des chemins de données spécifiques pour différents services fournis par un même réseau de données. La 5G normalise ici une solu- 5 EPC : Evolved Packet Core – Nom du cœur de réseau de 4G-LTE. 6 GGSN : Gateway GPRS Support Node- en 3G, nœud d’interface du réseau mobile avec le réseau public de données. 7 PGW : PDN Gateway – en 4G, nœud d’inter- face avec le réseau public de données (PDN). tion remplaçant des solutions proprié- taires apparues en 4G. La 5G apporte également un chan- gement important dans la gestion de mobilité. Les générations précédentes ont conservé un point d’ancrage unique (GGSN, PGW) pour toute la durée d’une connexion. Ceci était justifié pour une application de type voix interactive, mais la plupart des applications du Web sont aujourd’hui capables de supporter une interruption courte et un change- ment d’adresse IP en cours de session. La 5G permet de choisir, pour chaque connexion de données entre la mobilité traditionnelle avec un point d’ancrage centralisé permanent qui typiquement est utilisée pour les application IMS8 , ou une mobilité « locale » avec un changement d’adresse IP en cas de dé- placement en dehors d’une zone géo- graphique (la plupart des applications du Web). En 5G, le service de télépho- nie est fourni en mode voix sur IP en s’appuyant sur une plate-forme IMS. L’architecture basée sur les services (Service Based Architecture) Il s’agit probablement de la princi- pale rupture avec les générations pré- cédentes qui étaient basées sur des interfaces point-à-point entre éléments de réseau correspondant à des nœuds physiques. Cette méthode a conduit aux architectures actuelles, qui sont com- plexes, et à des difficultés à faire évoluer les fonctions du réseau ; elle ne facilite pas la réutilisation de blocs fonctionnels. Dans l’architecture basée sur les services, les entités fonctionnelles du réseau s’interconnectent à travers un cadre de protocoles standard (HTTP 2.0, REST) et sont définies de manière à pouvoir évoluer de façon indépendante. 8 IMS : IP Multimedia System – Sous-système défini par le 3GPP permettant la gestion de sessions multimédia en s’appuyant sur le pro- tocole SIP. 76 ZREE N°3/2018 LA 5G DOSSIER 1 NG-RAN : Radio Access Network AF : Application Function AMF : Access and Mobility Management AUSF : Authentication Server Function DN : Data Network NEF : Network Exposure Function NRF : NF Repository Function NSSF : Network Slice Selection Function PCF : Policy Control Function SEPP : Security Edge Protection Proxy SMF : Session Management Function UDM-UDR : Unified Data Management/Repository UPF : User Plane Function UDSF : Unstructured Data Storage Function Chacune d’elles fournit ses services aux autres entités que l’opérateur autorise au travers d’APIs définies dans la norme. Chaque instance d’entité fonctionnelle déclare ses capacités et s’enregistre dans un serveur de référence (reposi- tory NRF) qui permet aux autres entités de découvrir les services disponibles et de communiquer entre elles. Ce méca- nisme permet également une gestion du cycle de vie des instances d’enti- tés fonctionnelles indépendantes, par exemple introduire une nouvelle version fonctionnelle tout en conservant la ver- sion précédente pour les transactions en cours. Architecture du système Modèle de référence L’architecture est construite autour d’entités fonctionnelles du réseau (NF : Network Function), qui représentent des groupes de fonctionnalités pouvant provenir de fournisseurs différents, la norme garantissant l’interopérabilité. Les fonctions du plan de commande et celles du plan de données (au sens des réseaux SDN) sont groupées dans des entités séparées, de façon à pouvoir dé- ployer et faire évoluer indépendamment ces deux plans. Les NF sont supposées « sans mémoire d’état » (stateless), signi- fiant que les ressources de traitement et de stockage de données de contexte – par exemple les données associées à une session de données – sont sépa- rées. Les schémas de résilience et de scalabilité du cloud sont utilisés, mais la norme ne définit pas le détail des don- nées de contexte des NF et leur implé- mentation reste propriétaire. Un schéma simplifié du système 5G est donné dans la figure 1. Le cœur de réseau 5G peut raccorder différents ré- seaux d’accès, accès 5G-NR, accès Wi-Fi et également accès LTE via trois points de référence, N1 qui définit l’interaction entre le réseau et les terminaux via des protocoles dits NAS, N2 qui regroupe Figure 1 : Architecture globale et principales fonctions du cœur de réseau 5G – Source : Nokia. REE N°3/2018 Z 77 Le cœur de réseau 5G les flux de commande nécessaires à l’interaction entre réseau d’accès et ré- seau cœur et enfin N3 qui est le point de référence pour les échanges de don- nées utilisateur entre accès et cœur de réseau. Ces trois points de référence sont identiques pour tous les réseaux d’accès raccordés. Description fonctionnelle Les entités fonctionnelles du 5GC sont nombreuses mais quatre d’entre elles jouent un rôle central. La fonction AMF9 fournit les fonc- tions de contrôle d’accès et de gestion de la sécurité (en interrogeant l’AUSF et l’UDM), gère l’authentification, contrôle les droits d’itinérance, assure le routage à destination d’autres NF des messages de signalisation NAS échangés avec les terminaux et gère la mobilité du termi- nal. Un terminal utilisateur ne peut être connecté qu’à une seule instance d’AMF, y compris dans le cas où il fait appel à plusieurs « tranches de réseau ». L’AMF fournit également ces fonctions pour le cas d’accès au Cœur 5GC via un réseau non 3GPP (WLAN). En cas d’itinérance, l’AMF appartient au réseau visité. La fonction SMF10 commande l’éta- blissement des sessions de connexion à un réseau de données, l’allocation d’adresse IP au terminal utilisateur pour ce réseau, et sélectionne et commande les fonctions du plan utilisateur (UPF11 ) traitant les données échangées dans le cadre de ces sessions. Le SMF prend en compte les règles (les politiques) re- çues du PCF, assure l’interface avec les fonctions de collecte de données pour taxation et applique les mécanismes 9 AMF : Access and Mobility management Func- tion – Fonction de gestion de l’accès et de la mobilité. 10 SMF : Session Management Function – Fonc- tion de gestion des sessions. 11 UPF : User Plane Function : Fonction du plan utilisateur ou fonction du plan de transfert de données utilisateurs. d’interception légale aux sessions des utilisateurs. Le SMF correspond aux fonctions de commande des SGW12 et PGW en 4G mais inclut aussi la gestion de la signalisation avec le terminal pour la gestion des sessions de connexion à un réseau de données. Un terminal peut établir plusieurs ses- sions de connexion à un même réseau de données ou à plusieurs réseaux. L’établissement de session définit pour chacune le mode de mobilité utilisé, les politiques à appliquer, l’UPF à utiliser (par exemple routage via le réseau de don- nées ou vers une machine d’edge), le besoin optionnel d’authentification com- plémentaire par une entité externe. Dans le cas d’itinérance dans un ré- seau visité, une session peut être contrô- lée seulement par un SMF du réseau visité, ou par deux SMF, un dans le réseau visité et un autre dans le réseau d’origine. Un terminal utilisateur peut être connecté à plusieurs SMF en parallèle pour des sessions différentes. La fonction PCF13 fournit les diffé- rentes « politiques » appliquées aux diffé- rentes entités fonctionnelles en fonction des profils des utilisateurs et des règles définies par l’opérateur de réseau. Elle utilise des profils stockés dans la base de données UDR. Ces « politiques » peuvent concerner, par exemple, la col- lecte de données de taxation de chaque session, la qualité de service à appliquer aux différents flux de données, ou des règles de choix d’UPF (par exemple le routage à appliquer quand il est fait ap- pel à l’edge computing) La fonction UPF correspond à l’en- semble des fonctions du plan de trans- port de données du cœur de réseau. Elle est typiquement déployée sur des machines de type routeur de paquets, mais peut également être déployée comme une fonction logicielle dans 12 SGW ; Serving Gateway en 4G. 13 PCF : Policy Control Function – Fonction d’ap- plication des politiques. un centre de données. La fonction UPF inclut les fonctionnalités du plan de données qui étaient assurées par des nœuds physiques spécialisés des générations précédentes (SGW, PGW, TDF, TWAG, ePDG…). Elle porte, sous le contrôle du SMF, la connexion à un réseau de données (DN) et assure dif- férentes fonctionnalités d’analyse et de détection du flux de données : ces der- nières permettent d’appliquer des règles de transfert de données et de qualité de service et de superviser les flux de don- nées échangées pour les mesurer en vue notamment de la gestion du réseau et du paiement du service si les règles de tarification l’imposent. D’autres entités fonctionnelles du cœur de réseau sont orientées vers la gestion de données : s ,ES FONCTIONS DE GESTION DES PROlLS d’utilisateurs : l’UDM14 est la partie « commande » de la fonction tradition- nelle d’enregistreur de localisation des réseaux de générations précédentes (HLR15 ou HSS16 ), une fonction « sans mémoire d’état », qui accède aux pro- fils des utilisateurs stockés dans la base de données UDR17 , et l’AUSF18 qui gère l’authentification des termi- naux. L’UDM et l’AUSF sont toujours situés dans le réseau d’origine (ou réseau nominal). s Les bases de données : l’UDR est la base de données contenant les profils des utilisateurs incluant les politiques qui leur sont applicables, leur localisa- tion, ainsi que les données définies par la norme et exposées en externe par l’opérateur au travers de la fonction 14 UDM : Unified Data Management – Gestion- naire de données unifié. 15 HLR : Home Location Register – Enregistreur de localisation du réseau nominal en 2G et 3G. 16 HSS : Home Subscriber Server - Equivalent du HLR en 4G. 17 UDR : Unified Data Repository : Base de don- nées des utilisateurs. 18 AUSF : Authentication Server Function – Fonc- tion de serveur d’authentification. 78 ZREE N°3/2018 LA 5G DOSSIER 1 NEF19 . C’est la base de données entre autres des fonctions UDM, PCF, et NEF. L’UDSF20 est la base de données utilisée par les entités fonctionnelles pour stocker leurs contextes internes et permettre à celles-ci d’être « sans mémoire d’état ». Ces données non structurées ne sont pas spécifiées par la norme et le déploiement de l’UDSF se fera probablement de façon pro- priétaire. Les autres fonctions annexes sont : s LAFONCTIONNRF21 qui est le registre de l’architecture basée services. Elle per- met aux différentes instances d’entités fonctionnelles de s’enregistrer avec leur localisation dans le réseau et de découvrir les autres entités du réseau. Elle maintient à jour la liste des ins- tances fonctionnelles, avec leur profils (adresse, capacités, services supportés, paramètres de tranches de réseau ...) ; s LAFONCTIONNEF permet à des applica- tions éventuellement externes d’accé- der à des données ou des fonctions du réseau via des APIs. Network slicing ou sous-réseaux virtuels Le network slicing est l’extension aux réseaux mobiles de la notion de sous- réseaux virtuels existant dans le réseau fixe. Les applications visées, multiples et très variées, concernent principalement les services verticaux spécialisés comme l’Internet des objets, les services d’assis- tance aux véhicules, les applications professionnelles spécialisées autour de l’automatisation industrielle, les applica- tions de réalité virtuelle, et de manière générale les applications qui demandent des performances ou des caractéris- tiques du réseau très spécifiques. 19 NEF : Network Exposure Function : Fonction d’exposition des données du réseau. 20 UDSF : Unstructured Data Storage Function – Fonction de stockage de données non struc- turées. 21 NRF : Network Repository Function : Fonction de répertoire des fonctions du réseau. La configuration de ces différents sous-réseaux consiste à créer dans le réseau, pour chacune des entités fonc- tionnelles présentées ci-dessus, une instance dédiée à la tranche de réseau ou slice. Certaines entités fonction- nelles peuvent être communes et sont alors capables de gérer les différents sous-réseaux, comme par exemple l’ac- cès radio ou la fonction NEF d’exposition des capacités du réseau. Les différentes instances des fonctions AMF (contrôle d’accès et gestion de la mobilité), SMF (établissement de session de données), PCF (Policy Control), par exemple, peuvent avoir des paramétrages très différents entre sous-réseaux, ou avoir des cycles de vie (évolution logicielle) indépendants. Par exemple les tranches peuvent avoir des schémas de résilience aux pannes très différents, avec des re- dondances fortes pour des applications très sécurisées et des redondances plus faibles pour un simple accès au Web. Un terminal utilisateur peut avoir ac- cès simultanément à plusieurs tranches. Dans ce cas, l’indépendance entre tranches a quelques limitations, en par- ticulier la fonction AMF, qui gère la mobi- lité, est commune à toutes les tranches auxquelles le terminal est connecté. Une des fonctionnalités importantes du réseau 5G est que le réseau d’accès connaît les tranches autorisées pour un terminal et peut utiliser cette informa- tion dans ses décisions. La figure 2 représente le cas de deux utilisateurs : le premier est celui d’un smartphone ayant accès au service d’ac- cès à Internet large bande (en mode dit best effort) et un accès à une tranche de réseau d’un service de distribution Figure 2 : Exemple de « network slicing ». REE N°3/2018 Z 79 Le cœur de réseau 5G vidéo utilisant des caches CDN22 dédiés. Le deuxième est celui du terminal d’un agent de sécurité publique connecté au service d’accès à Internet large bande (best effort) et à une tranche de réseau portant une application professionnelle à faible latence. Ils sont chacun connec- tés à deux SMF et deux UPF et un seul AMF, au travers des fonctions de l’accès radio (RAN), dont certaines sont spéci- fiques à la tranche de réseau et d’autres communes (par exemple les antennes, la gestion des ressources radio). Ainsi les réseaux virtuels créés avec le network slicing permettent de faire coexister sur la même infrastructure de réseau des services dont les caractéristiques ne leur auraient pas toujours permis de coexister dans des réseaux fondés sur des archi- tectures de générations précédentes. Schémas de déploiement Le déploiement de la 5G à partir des réseaux existants est possible selon les configurations présentées dans la fi- gure 3, avec une relative indépendance du déploiement du cœur de réseau 5G 22 CDN ; Content Delivery Network – Réseau de fourniture de contenus. Les contenus (audio vidéo ou autre) sont répliqués dans plusieurs serveurs de cache réduisant l’usage des res- sources du réseau par rapport à un système centralisé de fourniture de contenus. dit « 5GC » et de l’accès radio 5G, à partir des réseaux 4G constitués du cœur EPC et de la radio LTE. s ,E DÏPLOIEMENT stand alone est le cas d’un déploiement d’un réseau 5G incluant l’accès radio et le cœur de réseau en parallèle des réseaux exis- tants. C’est la configuration n°2, utili- sée par exemple dans les premiers déploiements utilisant le spectre radio d’ondes millimétriques non utilisé par les réseaux 4G, pour des applications d’accès fixes sans fil ou de hot spot haute capacité. s ,APLUPARTDESPREMIERSDÏPLOIEMENTS ont lieu en mode non stand alone, c’est-à-dire en complément des ré- seaux 4G existants. Les fréquences utilisées pour LTE et NR varient consi- dérablement entre opérateurs et correspondent à des couvertures géo- graphiques très diverses, et donc à des options de déploiement différentes : - le déploiement initial le plus répan- du est le mode n°3, pour lequel l’accès radio NR est utilisé comme complément de capacité radio à l’accès 4G. Le terminal utilisateur n’a pas accès aux services fournis par le cœur de réseau 5G, est connecté en 4G, avec une bande passante élar- Figure 3 : Les différentes options de déploiement de la 5G selon le 3GPP – Source : NOKIA. LES AUTEURS Didier Berthoumieux, après avoir exercé diverses fonctions de mana- gement technique dans les do- maines des réseaux sans fil, est en charge, au sein de NOKIA Bell Labs, des stratégies de NOKIA en norma- lisation et de l’IoT. Didier Berthou- mieux est Bell Labs Fellow, ancien élève de l’Ecole polytechnique (75) et ENST (80). Laurent Thiebaut est responsable, au sein de NOKIA Bell Labs, de la délégation Nokia dans le groupe de définition de l’architecture système du 3GPP. Ancien élève de l’ENST Paris (83), il a dirigé une équipe logicielle chez Thalès, puis a été responsable des spécifications logi- cielles et système (de bout en bout) chez Alcatel et Alcatel-Lucent dans les domaines ATM, réseaux d’accès, réseau mobile, avant de représenter sa société dans divers organismes de normalisation (3GPP, OMA, GSMA). 80 ZREE N°3/2018 LA 5G DOSSIER 1 gie. C’est la première étape la plus courante ; - les options 4 et 7 permettent la pleine introduction des nouveaux services 5G par le déploiement du cœur de réseau 5GC, avec dif- férentes options de l’accès radio liées aux spectres utilisés pour NR et LTE. Evolutions du réseau 5GC La version 15 des spécifications du 3GPP en cours de finalisation a jeté les fondations d’une nouvelle génération mais, faute de temps, il n’a pas été pos- sible d’y inclure toutes les améliorations prévues pour la 5e génération. Le travail a démarré sur la version 16 qui devrait offrir entre autres : s LA CONVERGENCE lXE
MOBILE  CELLE
CI permettra de connecter une passerelle résidentielle RGW23 (les box que nous avons chez nous) à un réseau cœur convergent supportant à la fois des ac- cès cellulaires et des accès fixes. Outre l’harmonisation des déploiements pour les réseaux fixes et cellulaires, cette convergence facilitera la mise en place d’accès hybrides dans la RGW qui pourra ainsi utiliser un accès au réseau cellulaire en plus de leur accès filaire ; s LE RACCORDEMENT DES TERMINAUX )O4 (Internet des objets) par un cœur 5G : les améliorations étudiées visent à op- timiser les transferts de données très sporadiques ; s DESAMÏLIORATIONSPOURLAFOURNITUREDE réseaux privés ; s LESCOMMUNICATIONS68 ENTREVÏHICULES entre véhicules et infrastructure, pour l’assistance à la conduite des véhicules. 23 RGW : Residential Gateway – Passerelle rési- dentielle ou Box. Conclusion Le cœur de réseau 5G correspond à l’introduction dans la norme de toutes les évolutions technologiques récentes de virtualisation, d’orchestration dans les centres de données, de déploie- ment de l’edge computing distribué dans les réseaux, de network slicing automatisé permettant aux opérateurs de fournir à des utilisateurs profession- nels des réseaux spécialisés à hautes performances, de l’introduction massive d’applications liées à l’internet des ob- jets et d’applications exigeant un réseau spécialisé ultra-fiable, avec des temps de latence de quelques millisecondes. C’est également la première généra- tion qui permet de déployer un réseau unique fixe et mobile, qui va profondé- ment modifier l’architecture des réseaux de télécommunications.