Panorama de la mobilité électrique : situation et perspective à moyen et long termes

21/10/2017
Auteurs : Marie Castelli
OAI : oai:www.see.asso.fr:1301:2017-4:20611
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Panorama de la mobilité électrique : situation et perspective à moyen et long termes

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REE N°4/2017 Z31 MOBILITÉ ÉLECTRIQUE DOSSIER 1 Introduction Le développement de la mobilité électrique fait couler beaucoup d’encre depuis le Grenelle de l’environnement. Longtemps considéré comme un mythe par certains, il s’avère être une réalité industrielle, commerciale et marketing incontestable. En effet, plusieurs faisceaux de preuves se conjuguent et permettent d’affirmer que le véhicule de demain sera largement électrifié. La feuille de route des constructeurs automobiles d’abord, qui démontre qu’ils propose- ront tous plusieurs modèles 100 % électriques ou hybrides rechargeables à horizon 2020. L’investissement de la filière électrique sur le sujet ensuite, qui se mobilise pour offrir toutes les solu- tions de recharge et de services ainsi que pour gérer l’impact de la recharge sur le réseau. L’engagement des pou- voirs publics partout dans le monde enfin, avec la mise en place de règle- mentations de plus en plus restrictives, et de mesures de soutien de plus en plus ambitieuses. En France, l’annonce du plan Climat, et les objectifs d’inter- diction de la vente des véhicules ther- miques en France envisagés à horizon 2040, viennent renforcer cette réalité. Bref, l’électrique va s’imposer. Mais à quelle vitesse et qu’en est-il réellement de cette filière, sur laquelle de nom- breux messages, parfois contradictoires, circulent ? Pour lever les doutes et souligner les challenges qui restent à relever, un tour d’horizon s’impose… La France parmi les leaders du marché Le véhicule électrique (VE) est aussi ancien que son homologue thermique. Dès la fin du 19e siècle, on pouvait se déplacer en tout électrique. En 1899, la « Jamais Contente » est même la pre- mière voiture à dépasser les 100 km/h. C’est le fordisme qui mettra fin à la compétition entre les motorisations thermiques et électriques en améliorant sensiblement le modèle économique du thermique. Depuis lors, on a observé des tentatives de retour régulières de la technologie, mais sans succès durable. Dès 2010, avec la nouvelle généra- tion de véhicules électriques propulsés Panorama de la mobilité électrique : situation et perspective à moyen et long termes Marie Castelli Secrétaire générale de l’Avere-France Long considered a myth, the development of electro mobility turns out to be an undeniable industrial, commercial and marketing reality in France and all over the world. Several sets of proofs converge toward the statement that the vehicle of tomorrow will be largely electrified. The road- map of the carmakers, the investment of the electrical in- dustry on the subject and the commitment of governments reinforce this reality. In short, electric will prevail. But how fast and what is really happening in this sector? ABSTRACT Longtemps considéré comme un mythe, le dé- veloppement de la mobilité électrique s’avère être une réalité industrielle, commerciale et marketing indé- niable en France et dans le monde entier. Plusieurs ensembles d’éléments convergents le prouvent et permettent d’affirmer que le véhicule de demain sera largement électrifié. La stratégie des constructeurs automo- biles, l’investissement de l’industrie électrique sur le sujet et l’engagement des gouvernements renforcent cette réalité. En bref, l’électricité s’imposera. Mais à quelle vitesse et que se passe-t-il réellement dans ce secteur? RÉSUMÉ Figure 1 : Ventes de véhicules électriques dans le monde (en milliers) – 2012 -2016. 32 ZREE N°4/2017 MOBILITÉ ÉLECTRIQUE DOSSIER 1 grâce à des batteries lithium-ion, on assiste enfin à une percée significative et durable de l’électrique. On observe en effet depuis sept ans une progres- sion impressionnante de ventes de VE (figure 1). Au premier rang de ce marché flo- rissant : la Chine, les Etats Unis et… la France ! L’hexagone est en effet le premier marché européen en volume (figure 2). Mais précisons qu’elle reste largement derrière la Norvège pour ce qui concerne les parts de marché (1,4 contre 15 % en 2016). Ainsi, depuis 2010, le marché des véhicules électriques, et plus particuliè- rement de la voiture particulière et de l’utilitaire léger sont particulièrement dynamiques (figure 3). En avril 2017, la France a même passé la barre symbolique des 100 000 véhicules 100 % électriques immatricu- lés ! Un moment fort pour les profes- sionnels de la filière qui ont pu affirmer la solidité du marché. Et cette tendance s’accroît d’année en année. En effet, l’offre de véhicules électriques s’étoffant et les performances techniques des véhicules allant crois- sant, le succès du marché ne fait que se confirmer. Alors certes, l’électrique ne représente aujourd’hui que 1,4 % du marché automobile français. Mais quand on regarde le rythme de croissance des ventes depuis le lancement des modèles actuels, on comprend aisément que la place du VE va être incontestablement de plus en plus importante. Cependant on constate encore de fortes disparités régionales dans le développement du VE. Celles-ci sont en général dues à l’inégale implication des collectivités territoriales dans le développement de l’électromobilité sur leur territoire. Elles ont en effet un rôle important à jouer, notamment dans le développement des infrastructures de recharge pour lequel elles ont la com- pétence. Figure 2 : Parc de véhicules électriques en Europe au 31 décembre 2016. Figure 3 : Marché des électriques et hybrides rechargeables 2010 – 2016. Figure 4 : Nombre de véhicules électriques par 1000 habitants au 31 décembre 2016. REE N°4/2017 Z 33 Panorama de la mobilité électrique : situation et perspective à moyen et long termes On le voit clairement, même si les choses sont bien engagées, pour atteindre les objectifs ambitieux fixés par le Gouvernement dans la loi pour la transition énergétique et dans le plan climat actuel, le soutien public à la fi- lière électrique doit encore se mainte- nir. Encore fragile face à un thermique produit à des millions d’exemplaires, les électriques ont besoin d‘un accompa- gnement à 360 degrés, que ce soit sur le prix d’achat et le coût de détention des véhicules, mais aussi sur l’accès à la prise. Des réseaux de recharge qui s’étoffent Sur le front de la recharge, il faut avoir conscience que les choses se passent plutôt bien dans l’hexagone. En tout cas pour ce qui est de la recharge accessible au public. Fin juillet 2017, ce sont près de 19 000 points de recharge acces- sibles au public qui sont répartis sur le territoire français, soit quasiment un point de recharge pour cinq véhicules en circulation, deux fois plus que les recommandations de la Commission européenne ! Le développement des réseaux est particulièrement actif depuis un an. C’est notamment dû au dynamisme des projets des collectivités locales, qui sont fortement engagées dans le dévelop- pement des bornes grâce aux aides de l’Etat. A l’été 2017, près de 50 % des points de charges appartiennent à des collectivités et permettent une recharge en voirie, dans les grandes villes comme dans les plus petits villages ruraux. Et l'on observe que le monde du pri- vé, en particulier les enseignes commer- ciales, s'impliquent de plus en plus En effet, des acteurs tels que les grands de la distribution (Ikea, Auchan, Lidl, etc.), les chaines hôtelières ou encore les conces- sions automobiles installent leurs propres réseaux qu’ils ouvrent à tous. Leurs sta- tions représentent aujourd’hui environ 20 % des réseaux publics. Figure 5 : Répartition des points de charge accessibles au public en France (31 décembre 2016). Source : Gireve. L'AUTEURE Marie Castelli est secrétaire géné- rale de l’Avere-France. Diplômée d’un deug d’histoire et d’un master affaires publiques et représentation des intérêts à Sciences Po Bordeaux, elle a précédemment assuré l’ac- compagnement d’entreprises et de syndicats professionnels dans leurs relations avec la sphère publique en tant que consultante pour le cabinet de lobbying Domaines publics. Du- rant ces années, elle s’est spécialisée dans les enjeux et les problématiques énergétiques et industrielles. Depuis avril 2013, elle met ses compétences au service de la stratégie de l’Avere- France dans ses nombreuses mis- sions en faveur du déploiement de la mobilité électrique en France. 34 ZREE N°4/2017 MOBILITÉ ÉLECTRIQUE DOSSIER 1 Le réseau ainsi développé, accessible à tous, offre des bornes de puissances variées : s NORMALEÌK7 QUIPERMETTENTDE récupérer 80 % de sa capacité en six à huit heures et correspondent donc aux moments de stationnement longs ; s ACCÏLÏRÏE  K7 QUI REPRÏSENTENT aujourd’hui 80 % des offres des col- lectivités et permettent de retrouver son autonomie lors d'un arrêt occa- sionnel d’une heure ; s RAPIDE 
 K7 QUI RÏPONDENT aux besoins de recharge en cours de parcours et permettent de récupérer l’énergie nécessaire à un long trajet en 20 à 40 minutes. Elles représentent aujourd’hui environ 8 % des réseaux et se trouvent principalement sur ou aux abords des autoroutes. Au premier abord, on peut se deman- der si cette infrastructure est suffisante. La réponse est oui. Le réseau public est assez varié et répond à tous les types de besoins de recharge. Il faut en effet rappeler qu’une voiture est stationnée 95 % de son temps, que la moyenne des déplacements des Français est de 34 km par jour et que 95 % des dépla- cements font moins de 100 km. Rares seront donc les moments où apparaît le besoin de recharger en urgence la tota- lité de la batterie. L’enjeu est donc plutôt que ce ré- seau maintienne son développement en suivant celui du marché du véhicule électrique, pour ne pas se voir déborder en nombre par celui-ci… et que tout le monde puisse avoir accès à une prise de recharge du quotidien, celle qui, dans 90 % des cas, est à domicile ou sur son lieu de travail. L’effort est donc à déployer également dans la sphère pu- blique, pour aider les entreprises et les immeubles et pavillons à s’équiper au moindre coût. Aujourd’hui, un droit à la prise et un crédit d’impôt existent pour les particuliers ainsi qu’un programme de subvention, Advenir, pour les im- meubles collectifs et les entreprises. Les pouvoirs publics ont compris que l’action sur la recharge devait se faire tant dans au niveau public que privé. Un bilan favorable, des défis à relever On l’a vu, toutes les conditions sont réunies pour un développement massif du véhicule électrique : les produits sont là et les pouvoirs publics sont motivés pour aider à la maturation du marché. Dans ce cadre, on peut s’attendre à ce que son développement permette d’avoir plusieurs millions de véhicules électriques et hybrides rechargeables à la route d’ici à une dizaine d’années. Dans ce cadre, un autre challenge sera donc à relever : le défi énergétique. Car en effet, bien que la consommation du véhicule électrique ne soit pas très élevée (elle correspond peu ou prou à celle d’un chauffe-eau), la question des appels de puissance potentielle- ment générés sur le réseau électrique se pose. Il ne faudrait pas que le déve- loppement de l’électromobilité entraine un nouvelle forme de pic et nuise aux objectifs nationaux et mondiaux en ma- tière de transition énergétique. Heureusement, les professionnels de l’électrique ont anticipé cet enjeu et réfléchi à des solutions. Grâce au développement des smartgrids, qui permettent un pilotage intelligent des appels de puissance et la charge bidirec- tionnelle, il sera en effet possible non seulement d’éviter que le VE n’ait un impact négatif sur le réseau, mais aussi de lui permettre de rendre des services pour gérer l’équilibre offre-demande, réinjecter de l’électricité dans le réseau et représenter une solution de stockage qui accompagnera le développement des énergies renouvelables. En bref, le véhicule électrique, bien plus qu’une simple solution de mobi- lité, a le potentiel pour devenir une des briques de la transition énergétique.