Le niveau baisse mais la science et la technique progressent !

21/10/2017
Auteurs : Bernard Ayrault
Publication REE REE 2017-4
OAI : oai:www.see.asso.fr:1301:2017-4:20605
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Le niveau baisse mais la science et la technique progressent !

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REE N°4/2017 Z 99 E n cette période de ren- trée universitaire, les sou- cis réels de la ministre de l’ESRI sont largement com- mentés : le chroniqueur de la REE ne se range spontanément ni dans la confrérie journalistique, ni dans le clan des déclinistes qui semblent fort bavards en ce moment ! Et pourtant, comment l’auteur de ces lignes ne reconnaitrait-il pas que le niveau baisse puisqu’il a connu le naguère célèbre « Cours de mathé- matiques élémentaires » de Commis- saire et Cagnac : cet ouvrage, hérité de son père, était fort classique dans l’entre deux-guerres dans la classe de terminale éponyme. Le chroni- queur peut témoigner qu’à la fin des années 1950, à programmes prati- quement inchangés, il dépassait de fort loin ses compétences d’élève de « math’élem » comme celles de ses condisciples. Quant aux lauréats de la dernière session du bac S (91,8 % des candidats) on peut sans crainte affirmer qu’ils considéreraient l’essen- tiel de ce manuel des années 1930 avec l’incrédulité étonnée qui était celle d’Un Indien à Paris débarquant dans la capitale ! Si seulement l’orthographe était respectée, les scientifiques auraient une bribe de consolation, mais là aussi c’est la Bérézina, dont per- sonne ne sait plus ni l’époque, ni le lieu car, voyez-vous, l’histoire et la géographie sont bien, comme tou- jours, le parent pauvre de l’enseigne- ment secondaire… Comment pen- ser que ce bac, qu’on donne à tout le monde (75 % d’une classe d’âge dit le ministère) puisse garantir l’ac- cès aux études universitaires, sans sélection, ni orientation, ni même vérification des connaissances re- quises pour tel ou tel cursus ? L’Uni- versité n’est-elle pas encombrée d’étudiants fantômes ou de bache- liers fourvoyés, au hasard d’un tirage au sort, vers des disciplines dont ils ne connaissent rien ? Bref tout va fort mal et le nou- veau président de la République risque fort de ne pas tenir, aux yeux des électeurs, toutes ses récentes promesses ! Après le naufrage du dispositif APB on va devoir cesser de se voiler la face : déjà la moitié des bacheliers sont confrontés à une forme de sélection ; on refuse beaucoup de monde dans quelques secteurs alors qu’ici ou là il reste des places disponibles, notamment dans les formations scientifiques ! Simul- tanément, selon un sondage récent cité par la conférence des grandes écoles (CGE), 60 % des français considèrent que l’insertion profes- sionnelle devrait être la priorité des formations universitaires et 70 % que la sélection devrait conduire à des diplômes mieux reconnus… Pour en revenir à la baisse du niveau des bacheliers scientifiques, comparaison n’est pas raison : nul ne peut penser que le recrutement du lycée Louis le Grand ou celui de Normale Sup aient beaucoup baissé et les plus récentes médailles Fields appartiennent aux générations post- soixante-huitardes ! Dans les années 30, les bacheliers de math’élem représentaient moins de 1 % d’une classe d’âge alors que le bac S est obtenu par plus de 20 %, ce qui suffit à fausser largement bien des compa- raisons ; ne parlons pas des contenus qui évoluent désormais sérieuse- ment : les coniques et la géométrie ont certes disparu avec l’arithmé- tique, mais probabilités et statistiques relèvent désormais des programmes, avec les nombres complexes et les primitives de base, après les tenta- tives – infructueuses et largement décriées – d’introduction de mathé- matiques dites modernes ! Le niveau requis pour une insertion professionnelle réussie a beaucoup augmenté : le CAP et même le BAC ne vaccinent plus contre le chômage, mais depuis 50 ans et pour une popu- lation en augmentation de 50 %, on a créé BTS et IUT et multiplié le nombre d’ingénieurs diplômés par environ 5, même si certains déplorent le malthu- sianisme des recrutements condui- sant à ces qualifications. Dans les domaines de la SEE, qui ne constate combien les choses devenues complexes exigent des compétences inédites, ce qui confère d’ailleurs au monde universitaire des missions de formation continue s’ajou- tant à celle d’une formation initiale, lar- gement perfectible ? Le monde dans lequel nous vivons est empreint de savoir technique sophistiqué et inédit, fruit d’un progrès scientifique souvent récent : les brevets de base concer- nant le transistor sont postérieurs à 1945 et le smartphone n’existait pas il y a 10 ans alors qu’il s’en produit annuellement plus de 200 millions d’exemplaires ! La complexité, va bou- leverser encore nos modes de vie : en voyant que 30 ans ont suffi pour gé- néraliser le numérique avec le PC et le portable, qui peut imaginer comment d’ici une génération l’intelligence arti- ficielle aura transformé les modes de vie en matière de santé, de transports ou de loisirs ? Et qui peut croire que l’on y parviendra sans de profondes transformations de l’enseignement supérieur, dans ses modes de forma- tion (pensons aux MOOC !) comme de ses contenus ? Méfions-nous du déclinisme am- biant : au train où les choses, ceux qui pensent qu’hier tout était mieux qu’aujourd’hui vont bientôt regret- ter que la République fut bien plus belle naguère… du temps de la Monarchie, sans doute ? Q B.Ay. CHRONIQUE Le niveau baisse mais la science et la technique progressent !