L’électromobilité : un accélérateur d’innovations

21/10/2017
Auteurs : Francis Vuibert
Publication REE REE 2017-4
OAI : oai:www.see.asso.fr:1301:2017-4:20595
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L’électromobilité : un accélérateur d’innovations

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	    <date dateType="Updated">Sat 21 Oct 2017</date>
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REE N°4/2017 Z 1 L ’idée de relancer la production de véhi- cules électriques et d’en encourager l’usage fut en son temps – il y a moins de 10 ans – considérée avec circonspec- tion comme une singularité hexagonale. Aujourd’hui, l’électromobilité représente un marché planétaire dans lequel tous les constructeurs automobiles mon- diaux développent des stratégies de conquête. Au- delà de son indéniable contribution à la diminution de la pollution de l’air et des émissions de gaz à effet de serre, l’électromobilité emporte également d’indu- bitables enjeux industriels et économiques. Depuis le début de la décennie, la France conçoit et met en œuvre une politique publique en faveur de la mobilité électrique, avec le concours des col- lectivités territoriales et de leurs instances repré- sentatives. Aux côtés des services ministériels en charge, une équipe pluridisciplinaire que j’anime et rassemblant des représentants de l’ensemble des métiers de la filière est mobilisée depuis bientôt quatre ans pour assurer une veille technologique, anticiper les évolutions matérielles et d’usage, ap- porter une contribution à la préparation des textes officiels et fournir au Gouvernement des analyses prospectives. L’électromobilité est un écosystème émergeant dont les paramètres évoluent constamment. Son déve- loppement est certes tributaire des progrès techno- logiques, souvent beaucoup plus rapides que prévu, mais également de la perception du public, condi- tionné par un siècle d’usage du véhicule thermique. Ainsi en est-il notamment des critères d'appréciation relatifs à l'autonomie, même s'ils sont en net décalage avec la réalité des usages ; il n’est pas inutile de rap- peler à cet égard que 77 % de nos concitoyens par- courent en moyenne 31 km par jour1 . Notre pays dispose du premier parc de véhicules électriques, particuliers et utilitaires légers, en Eu- rope et de l’un des réseaux d’infrastructures de recharge ouvertes au public les plus denses du continent. Ce maillage territorial s’étoffe chaque semaine davantage. Il résulte de l’initiative de cer- tains concessionnaires automobiles, de grandes en- seignes de distribution, des opérateurs d’un projet reconnu de dimension nationale mais surtout des collectivités territoriales qui ont répondu aux appels à projet de l’ADEME, cofinancés par l’Etat à hauteur de 50 %. Le réseau national d’infrastructures de recharge est néanmoins encore perfectible : il reste des territoires où le nombre de stations publiques de recharge est insuffisant au regard du volume des véhicules électriques qui y circulent ou y transitent. Il s’avère en outre nécessaire d’offrir davantage de solutions de recharge de proximité, associées à du stationnement résidentiel ou dans les zones d’activi- tés, pour permettre à celles et ceux qui ne disposent pas d’une possibilité de stationnement à domicile de se tourner vers l’électromobilité. Sur le plan technique, des progrès considérables ont été réalisés. En moins de quatre ans, la question de la standardisation des prises de recharge a été réglée, alors qu’elle ne l’est toujours pas pour les ordiphones utilisés depuis 2007 ! Depuis la fin de l’année der- nière, les nouveaux véhicules électriques arrivant sur le marché ont ou auront une autonomie d’au moins 300 km. Grâce à la mobilisation de tous les opéra- 1 Enquête Ipsos pour Mobivia Groupe & Avere-France de septembre 2016. L’électromobilité : un accélérateur d’innovations EDITORIAL Francis Vuibert 2 ZREE N°4/2017 teurs et à la mise en place de moyens appropriés, l’itinérance de la recharge, c’est à dire ce qui permet à un automobiliste d’utiliser les services d’un réseau de bornes sans être nécessairement abonné à son opérateur, est entrée dans une phase opérationnelle. Par ailleurs, le nombre croissant de véhicules élec- triques en circulation, associé à l’augmentation de la capacité des batteries, a favorisé l’accélération de la recherche et de l’innovation pour une utilisation raisonnée de l’énergie. Les travaux en cours sur la recharge « intelligente », les expérimentations sur l’échange d’énergie entre un véhicule électrique et le réseau ou un bâtiment ainsi que l’utilisation des batteries en seconde vie pour créer des dispositifs de stockage stationnaire afin de soulager la sollicita- tion du réseau aux heures de pointe, sont autant de domaines où notre pays est en pointe. Le propre d’un écosystème émergeant c’est d’être rythmé par des postulats que l’usage rend obsolètes et des paramètres encore inconnus qu’il convient d’anticiper. C’est le défi auquel est confronté l’en- semble de la filière de la mobilité électrique. L’inno- vation n’est plus uniquement dans l’évolution ou la rupture technologique. Elle impacte aussi les pro- cessus d’élaboration des programmes industriels dès lors que des véhicules électriques n’émanent plus uniquement des constructeurs historiques ; elle repose sur l’avènement et l’accompagnement de nouveaux métiers ; elle implique l’intégration de savoir-faire ou de procédés inédits mis au point, par- fois à d’autres fins, par des start-up ; elle engendre la création de nouveaux services, avec des modèles économiques novateurs, qui ne visent plus néces- sairement à faciliter l’usage ou la conduite d’un véhi- cule mais à simplifier la mobilité de tous. L’électromobilité est aussi un accélérateur d’innova- tions. Q Francis Vuibert, préfet, conseiller du Gouvernement, délégué ministériel au développement territorial de l’électromobilité. EDITORIAL