Le modèle économique du logiciel libre

05/09/2017
Publication REE REE 2005-11
OAI : oai:www.see.asso.fr:1301:2005-11:19820
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Le modèle économique du logiciel libre

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MMFRepêres LES APPLICATIONS INDUSTRIELLES DES LOGICIELS LIBRES Ir m Le modèle économique du logiciel libre Par FrançoisBANCILHON Mandriva Mots clés Logiciels libres, Linux, DistributionLinux, GPL,Communauté Les Distributions Linux, dont Mandriva est 'un des acteurs principaux, ont atteint un degré de maturité et de professionnalisme qui permet de faire pleinement confiance aux logiciels ibres les plus connus. 1. Introduction L'industrie du logiciel libre a atteint un premier degré de maturité : la technologie couvre l'ensemble du domaine informatique ; elle est globalement compétitive face à l'offre propriétaire ; un écosystème complet fonctionne pour fournir aux utilisateurs les produits et services nécessaires ; enfin cette économie est globale et s'adres- se au marché mondial. 2. La GPL, licence du logiciel libre La « General Public License » ou « GNU Public License » régit la majorité des logiciels libres. Elle établitc que le logiciel doit être livré avec son code source, ce qui permet notamment de le modifier et de l'améliorer, mais aussi de s'assurer de son intégrité et de développer des applications compatibles. Toute personne qui reçoit le logiciel sous licence GPL, peut le diffuser sans demande préalable, mais doit le faire sous la même licence, donc la GPL est « contagieuse »'. Cela signifie que si vous faites des modifications aux logiciels, et que vous les diffusez, l'ensemble de la communauté en bénéficiera. En revanche, la GPL ne dit rien du prix ou de la gratuité des logiciels distribués et chaque diffuseur est libre de faire ce qu'il veut en la matière. 3. Les distributions Linux C'est un ensemble de programmes permettant de faire fonctionner un ordinateur (portable, station de travail et serveur). Cet ensemble inclut : . le système d'exploitation Linux, équivalent de MicroSoft Windows ou d'Unix . des outils de productivité pour le bureau (OpenOffice, un équivalent de MicroSoft Office, navigateur Web, gestionnaire de courrier etc.) . des outils informatiques de base (bases de données, serveur Web, serveur d'applications) . des outils de développement pour programmeurs (lan- gages de programmation, compilateur, éditeurs, etc.) Une distribution Linux classique peut contenir jusqu'à 3 000 programmes. Il en existe des centaines, il en naît et il en meurt tous les jours de nouvelles. Elles se présentent physiquement sous forme de CD (2 à 9 suivant la taille) ou de versions téléchargeables sur Internet. 1 La notion decontagionici évoquées'appliquedansle casde la licenceGPL àtousleslogicielsdiffusésqui modifient ou intègrentle logiciel ini- tialementdistribuésouslicenceGPL.La licenceLGPL, égalementreconnueparPOSF,estbeaucoupmoinsexigeantepourleslogicielsintégrantc c c c le logiciel initial entantquemodule. L'ESSENTIEL Cet article décrit l'écosystèmedu logiciel libre. Il définit leconcept de distribution Linuxaprèsavoirrappelé lesprincipesde laGPL.Il décrit les divers acteurs de la chaînede valeur du logiciel libre : fondeurs, fabricants de matériel, communautés, éditeurs de dis- tributions, éditeursd'applicationset sociétésde services. Il donne ensuite un bref panoramades diverses zones géographiqueset de leur marché libreaprèsavoir insisté sur la dimension politique du phénomène. YNOPSIS This article deals with the « eco-system)) of free software. It defines the concept of Linux Distribution after havingrecalled the GPL principles. It describes the various players of the free soft- ware value chain: chip manufacturers, hardware vendors, com- munities, distribution editors, applications editors and software houses. Then it providesa brief overview of the variousgeogra- phicalzonesand of their open markets and underlines the politi- cal dimensionof the phenomenon. REE NO Il Décembre2005 Le modèle économique du oglcle, ibre 4. Les acteurs du logiciel libre De nombreux acteurs interagissent pour développer etZD fournir une offre complète de produits et de services. La Cotiiiiiunatité Chaque programme individuel de la Distribution Linux est développé par la communauté du logiciel libre, en bref : la Communauté. Cette Communauté consiste en un ensemble de programmeurs, répartis dans le monde entier et qui développent des programmes particuliers. Ces programmeurs peuvent être des passionnés, des chercheurs universitaires ou simplement des employés d'entreprises privées (de la petite entreprise informatique à IBM). Ils développent des applications et les mettent à la disposition du public gratuitement. Ces programmes sont utilisables directement mais leur utilisation nécessite une grande expertise technique. Les éditeurs de distributions Interviennent donc les éditeurs de distributions : ils réunissent un grand nombre de logiciels libres, les compilent, les testent, les intègrent dans une solution complète avec un système d'installation et des outils d'administration. L'éditeur de distributions est le lien entre la Communauté qui développe les applications, les fondeurs et les constructeurs informatiques. Il existe de nombreux éditeurs de distributions, mais le marché a tendance à se consolider. Mandriva est l'un des trois éditeurs commerciaux à diffusion mondiale (avec les Américains Red Hat et Suse/Novell). Les éditeurs d'applications De nombreux éditeurs développent et distribuent des logiciels fonctionnant dans les environnements Linux. Certains diffusent des logiciels libres, d'autres des logiciels propriétaires. On trouve donc une gamme très riche d'outils disponibles, incluant des applications horizontales, par exemple des gestionnaires de messagerie ou des applications verticales, des outils de comptabilité ou de gestion de contact clients. Les éditeurs d'applications de logiciels libres diffusent leur logiciel suivant un modèle différent des éditeurs propriétaires. Ce modèle varie suivant les éditeurs. . Par exemple, Jboss, un éditeur de serveurs d'applica- tions, contrôle complètement le développement de sa technologie, n'acceptant qu'à titre exceptionnel des contributions de la Communauté, et génère ses reve- nus essentiellement en fournissant le support de troi- sième niveau aux partenaires qui diffusent le produit. . MySQL, un éditeur de systèmes de gestion de bases de données relationnelles, diffuse son logiciel sous « double licence », en GPL gratuitement pour les utilisateurs individuels, et en licences commer- ciales pour les VAR ( ?) qui incorporent le produit dans leur offre. . D'autres éditeurs vivent essentiellement de prestations de service fournies autour de leur offre. . Certains logiciels sont développés et diffusés par des associations à but non lucratif, comme le serveur Web Apache, l'un des plus grands succès de cette technologie. . Enfin celiains sont développés par des communautés fortement soutenues par des entreprises privées pour des raisons stratégiques, par exemple Open Office, soutenu par Sun. Les SSLL ou les Pôles Open Source des SSII Le logiciel libre se présente pour un utilisateur comme un ensemble d'outils spécifiques (système d'exploitation, système de gestion de bases de données, outils de développement, etc...). Ces outils nécessitent donc une expertise particulière. Un certain nombre de sociétés ont développé cette expertise : ce sont soit de petites structures spécialisées sur ces technologies, baptisées Sociétés de Services en Logiciel Libre (SSLL), soit des SSII généralistes qui ont mis en place des pôles d'expertise sur ces sujets. Les constructeurs de matériel L'ensemble des constructeurs de matériels a maintenant une offre Linux. Il s'agit la plupart du temps de machines standard qui sont soit certifiées pour tourner sous Linux, soit de machines livrées avec un système d'exploitation Linux pré-installé. Ces offres sont disponibles tant chez les grands constructeurs comme IBM, Dell ou HP, soit chez de plus petits intégrateurs locaux. Tant HP qu'IBM affichent des chiffres d'affaires Linux de l'ordre de plusieurs milliards de dollars. Les fôr2deurs et,fàbricants de cartes Les producteurs d'unités centrales, comme Intel et AMD, ont aussi pris clairement position sur ce marché. Les éditeurs de distributions doivent travailler étroitement avec eux, les constructeurs de matériel (marques ou marques blanches) pour qualifier les logiciels. En résumé, un écosystème riche et foisonnant ouvre de nouvelles opportunités aux utilisateurs, il les affranchit d'un monopole de fait en lui offrant une véritable alternative et en lui permettant de réduire ses coûts. 5. La dimension politique du logiciel libre L'écosystème du logiciel libre basé sur la notion de partage, d'ouverture et de mise à disposition libre et gratuite de produits au public, relève par certains côtés d'un socialisme utopique, même si de nombreux acteurs sont des sociétés capitalistes ayant pour objectif le profit financier. Il y a donc une dimension qui n'a pas laissé indifférent le monde politique et particulièrement dans les pays REE No Il Déeembre2005 M Rep %eres LES APPLICATIONS INDUSTRIELLES DES LOGICIELS LIBRES émergeant. Pour ces pays, le logiciel libre est apparu, à tort ou à raison comme une opportunité claire de réduire ses coûts d'informatisation, de s'informatiser de façon plus efficace, de réduire sa dépendance à l'égard des nations industrialisées et de développer une industrie du logiciel local. Donc de nombreux pays ont pris position en faveur de cette technologie. Se rajoute à ceci le problème du piratage. Certains de ces pays, comme la Chine et l'Inde par exemple, sont le lieu d'un piratage intensif des logiciels, tant par les uti- lisateurs individuels, que par les sociétés et les organismes publics. La SBA (Software Business Alliance), une orga- nisation regroupant des fournisseurs de logiciels proprié- taires, dont Microsoft, a été mise en place pour lutter contre ces pratiques. Elle milite donc fortement, et agit parfois comme une police du logiciel, pour la conformité des licences de logiciels. Ceci constitue une première pression pour mettre en conformité les pays « pirates ». Les fournisseurs de logiciels propriétaires ont aussi fait pression auprès de l'OMC (l'Organisation Mondiale du Commerce) pour que les pays qui rejoignent cette organisation s'engagent à des actions claires en la matière. C'est le cas par exemple de la Chine qui vient de rejoindre l'OMC ou du Vietnam qui s'apprête à le faire. Dans ces pays, peu d'observateurs espèrent une modification du comportement des individus ou même des entreprises, surtout les PME, mais les organismes publics, gouverne- ments et collectivités locales, ont du s'engager à des efforts sérieux en la matière. Le choix est alors simple pour eux : soit une mise en conformité de l'ensemble de leur parc Windows en payant un chèque de quelques centaines de millions de dollars à Microsoft, soit un passage accéléré au logiciel libre. L'avenir verra proba- blement un mélange des deux, surtout que Microsoft n'entend pas rester inactif, ni voir un marché prometteur lui échapper sans réagir. 6. Le marché mondial Le phénomène du logiciel libre est maintenant mon- dial et propagé dans l'ensemble des pays de la planète. Amérique de Nord L'idée du logiciel libre vient des Etats-Unis (Richard Stallman au MIT), mais le système Linux est né en Europe (Linus Torvals, Finlande). Si une majorité des développeurs de la Communauté est en Europe, le mar- ché, dont celui des entreprises est encore en majorité aux États-Unis où Red Hat fait la majorité de son chiffre d'affaires, auprès des grands comptes, en concurrence avec Novell/SuSE. Europe Les deux pays les plus actifs sont la France et l'Allemagne, certainement suite à l'existence de champions nationaux, Mandriva en France et SuSE en Allemagne (récemment rachetée par l'Américain Novell). On y trouve à la fois de nombreux acteurs économiques (SSLL, SSII et éditeurs) et de nombreux grands projets : par exemple la migration de la ville de Munich vers l'Open Source et les projets avancés du Ministère des Finances en France. L'Angleterre est très en retard avec un marché plus réduit. L'Espagne est assez active et reste terre d'élection de Debian, une distribution purement communautaire. Amérique du Sud Le Brésil reste l'économie dominante du continent, et donc le leader du marché Linux. Conectiva (maintenant partie de Mandriva) y représente une des plus importantes filières de déploiement du logiciel libre. De nombreux pays ont des projets en cours, soutenus par les gouvernements locaux, par exemple au Venezuela. Chine La Chine a de nombreux acteurs dans le domaine des Distributions Linux : on y compte pas moins de 7 acteurs se réclamant du titre d'éditeur de distributions. Trois ont été créés à l'initiative du gouvernement chinois (Red Flag, CS2C et Co-Create), trois ont été créés par des initiatives privées à Hong Kong (Xteam, Thys et Sun Wha) et le sep- tième est le Japonais, Turbolinux, via une co-entreprise. Seules les entreprises étatiques ont une réelle activité d'édi- teur. Le marché n'est pas encore très gros (de l'ordre de la dizaine de millions de dollars), mais chacun est convaincu que la Chine est un marché stratégique et qu'une adoption massive de Linux est à prévoir dans les années qui viennent. Japon Le champion local, Turbolinux, qui était à l'origine une société américaine dont il ne reste plus que la composante asiatique, domine le marché local, au moins sur le poste de travail. La société a été rachetée par Livedoor, un « Yahoo japonais », dirigé par le flamboyant Takafumi Horie, le tru- blion de la classe financière japonaise. Turbolinux vient d'être introduite sur le marché Hercules de la bourse de Tokyo et, avec un chiffre d'affaires d'à peine $IOM, a atteint en quelques jours une capitalisation de $400M, digne des plus beaux moments de la bulle Internet ! 7. Conclusion L'écosystème du logiciel libre s'est structuré au cours des dernières années. Les acteurs ont en tiré avantage de modèles économiques fiables. Le phénomène est planétaire et la technologie continue à se diffuser. L'auteur FrançoisBancilhonestDirecteurGénéraldeMandrivadepuis2002.Il apassélapremièremoitiédesacarrièredanslarechercheet l'université, etladeuxièmemoitiédansl'entreprise,ilaétéfondateurouco-fondateur de plusieurssociétés(02 Technology, Xylème, Ariosoet Ucopia)en Franceet auxÉtats-Unis. REE NO il Décembre2005