L'impact de la HD sur le cinéma

La haute définition et le cinéma, un mariage d'avenir ? 04/09/2017
Auteurs : Lionel Bertinet
OAI : oai:www.see.asso.fr:1301:2005-11:19809
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L'impact de la HD sur le cinéma

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ENJEUX STRATÉGIQUES ET ÉCONOMIQUES DE LA HAUTE DÉFINITION a a Limpact de la HD sur le cinéma U La haute définition et le cinéma, un mariage d'avenir ? Par Lionel BERTINET CNC Mots clés Cinéma, 2K, Tournage, Post-Production, Patrimoine L'appréhension de la haute définition par e secteur cinématographique se fait e plan technique. Cette approche ne doit cependant pas faire oubliercertes sur le plan technique. Cette que, sur cette question également, e cinéma est un art mais aussi une industrie la haute définition recouvre, en effet, des enjeux esthétiques, culturels et économiques. 1. La haute définition dans le domaine cinématographique, une ambiguïté à lever : HD vs 2K Force est de reconnaître qu'une grande confusion règne dans les esprits entre la haute définition, la HD, et les formats de post-production et de projection numé- rique dans le domaine cinématographique : 2K et 4K. En effet, si les résolutions respectives des formats HD et 2K sont sensiblement analogues (HD = 1920 x 1080 pixels/2K = 2048 x 1080 pixels), la gestion des couleurs employée dans ces deux cas est, quant à elle, fondamen- talement différente. En fait, la HD est une norme fixée au départ pour les domaines de la télévision et de la vidéo, et non pour le domaine cinématographique. Cependant, cette différence est structurante pour l'or- ganisation de la numérisation de la filière technique du cinéma et de l'audiovisuel, tant en termes de captation que de post-production. Domaine de la captation Les caméras numériques utilisées depuis quelques années dans le cadre d'un tournage cinéma sont d'une grande variété : du DV à la HD. Leurs choix reposent sur de nombreux critères, tant esthétiques qu'économiques. D'une manière schématique, il n'est pas faux de dire que plus la définition de la camé- ra est élevée, plus son coût le sera également. Cependant, au-delà des contraintes budgétaires quelquefois très fortes, certains cinéastes ont marqué, depuis quelques années, leur volonté d'utiliser de petites caméras légères SSENTIEL SYNOPSIS Sur le plantechnique, il est importantd'appréhenderladifférence fondamentaleentre la HD- issuedu domainede latélévision- et le format 2K conçu pour le cinéma. Cette distinction concernetant lacaptationque la post-production des films et renforce d'autant le coût important des investisse- ments consentis par les industries techniques du cinéma et de l'audiovisuel. Au-delàdes risqueséconomiquesprisparces entreprises,tourner en HD est aussi un pari pour les cinéastes et un enjeu pour la sauvegardedu patrimoine. Quant à la télévision en haute définition, nul doute qu'elle offre des opportunités au cinéma, mais à condition de s'assurer du respect de la diversité. On a technical level,it is important to grasp the fundamentaldif- ference between HD - a format coming from TV broadcasting, and 2K - a format designedfor cinema. Thisdistinction impactsboth the captationand post-productionof films, thus increasingthe alreadyimportant investment made by the cinemaand audio-videotechnicalindustries. Beyondthe economic risks taken by those companies,shooting in HD is alsoa bet for directors and a major stake for the preser- vation of the cinematographicheritage. In the caseof High DefinitionTV,it undoubtedlyopens opportuni- ties for cinema,providedthat diversity is respected. REE HORSSÉRIENT Septembre2005 Impact de la HD sur le cinéma de type DV-Cam, leur permettant une souplesse, une rapidité et une fluidité de tournage inégalées. Ce fut le cas notamment de Lars Von Trier ou encore, en France, de Claude Miller. Les caméras HD, quant à elles, ont fait leur apparition sur les plateaux de cinéma lors du tournage de Vidocq de Pitof en 2001 puis, en 2002, pour le tournage de Star Wars : Episode II. Lors de ces deux tournages, les réali- sateurs ont utilisé la Sony HDW-F900. Les premières caméras de ce type sont issues de caméras de reportage utilisées pour la TVHD, notamment aux Etats-Unis. Aujourd'hui l'offre de caméras numériques pour des tournages cinéma s'est largement étoffée puisque six caméras différentes sont aujourd'hui disponibles. Comme le soulignent Sophie Bosquillon et Jacques Pigeon (Sonovision Digital Film n'489, novembre 2004), la pre- mière génération de caméras numériques utilisées dans le cinéma avait pour caractéristiques principales une forma- tion de l'image sur trois capteurs CCD de format 2/3 de pouce, un traitement composantes 4 :2:2 et une ergonomie vidéo (en particulier une visée électronique). Il est à noter que le traitement de l'échantillonnage 4:2:2 provoque de facto une diminution des informations de couleur. Plus récemment, les acteurs traditionnels de la conception de caméras pour le cinéma proposent une nouvelle génération de caméras numériques : Arri avec la D20 et Panavision avec la Genesis. Ces caméras sont conçues autour d'un unique capteur de dimensions homothétiques à celles du film 35 mm. Elles sont, par ailleurs, équipées d'un viseur optique et le traitement de l'image se fait en RVB 4 :4:4. Ajoutons que la dernière version de la caméra Viper de Thomson a, elle aussi, été véritablement étudiée pour le cinéma. Elle propose en plus des modes RVB 4:4 :4 et HD 4:2:2, le mode " Filmstream " qui permet un enregis- trement du signal sans aucun traitement interne à la caméra. Enfin, la caméra Origin, proposée par le fabricant canadien de capteurs CCD Dalsa, est (ou plutôt sera car les premiers exemplaires disponibles à la location ne le seront que dans quelques mois sur le continent nord-amé- ricain) la première caméra à disposer d'un capteur 4K. Elle est elle aussi munie d'un viseur optique et permet outre l'enregistrement classique en HD 4:2:2, un enregis- trement en 2K ou 4K 4 :4 :4. Domaine de la post-production Dans le domaine de la post-production, deux filières distinctes se mettent aujourd'hui en place : une filière 2K et une filière HD. Tout comme dans le domaine de la captation, la distinction fondamentale entre les deux filières a trait essentiellement à la gestion de l'espace colorimétrique : échantillonnage en 4 :4 :4 10 bits log dans le cas de la filière 2K, en 4 :2:2 dans le cas de la filière HD. Cette distinction concerne quasiment toutes les opérations de post-production : scan des rushes dans le cas d'un tournage en 35 mm, conformation et effets spéciaux sans oublier l'étalonnage. Cependant, comme l'ont illustré les rencontres de la CST de mars et juin derniers, la post-production de cer- tains films destinés pour autant à une exploitation en salles de cinéma s'appuie sur la filière HD. Ainsi, les films "Massai ; les guerriers de la pluie " de Pascal Plisson et " Sur la route " de Philippe Corroyer, tous deux tournés en 35 mm et destinés à être projetés sur grand écran, ont fait appel à une post-production en HD, confiée à la société Digimage. Par ailleurs, "Deux frères " de Jean-Jacques Annaud (qui a connu un tournage mixte 35 mm et HD) ainsi que " Les Fils du vent " de Julien Seri (tourné en 35 mm) ont tous deux été post-produits en 2K au sein des laboratoires Eclair. Pour le prestataire Digimage, « la haute définition est également de plus en plus utilisée en post-production en remplacement du 2K, car elle permet un accès à l'en- semble des possibilités d'étalonnage et de trucages numériques, pour un coût nettement plus raisonnable que le traitement 2K. Le scan, par exemple, se fait en temps réel en HD alors qu'il demande plusieurs secondes par image en 2K, engendrant de fait un temps de calcul à chaque étape de travail en proportion du poids des fichiers. Dans la plupart des cas la différence de résolu- tion n'est détectable que par une poignée de spécialistes ». Le débat est ainsi lancé entre les partisans d'une filière HD économique et rapide et ceux d'une filière 2K " haut de gamme ", plus coûteuse. Cependant, il est très généralement admis qu'un éta- lonnage pour une projection en salles ne peut en aucun cas être le même qu'un étalonnage pour une sortie en DVD ou une diffusion télévisée. Il est donc illusoire de croire en une filière unique cinéma/DVD/broadcast. 2. Impact du développement de la HD sur les industries techniques du cinéma et de l'audiovisuel : risques accrus ou opportu- nités de croissance Dans son acception habituelle, le terme "'industries techniques du cinéma et de l'audiovisuel " désigne les constructeurs de matériel, les loueurs, les plateaux de tournage, le secteur de la post-production sans oublier les laboratoires photochimiques. Dans le rapport remis par Pierre Couveinhes, alors président de la Commission d'aide aux industries techniques du CNC, au ministre de la culture et de la communication, en octobre 2002, REE HORSSÉRfEN Septembre2005 M Partie 111 ENJEUX STRATÉGIQUES ET ÉCONOMIQUES DE LA HAUTE DÉFINITION celui-ci souligne les graves difficultés économiques et financières des entreprises de ce secteur qui, même si elles se sont depuis lors atténuées, demeurent malgré tout très fortes. Ces difficultés sont notamment liées à l'évolution technique profonde et accélérée, l'entrée dans l'ère numérique, depuis une dizaine d'années, exigeant un renouvellement des matériels avant qu'ils ne soient convenablement amortis. Cela a conduit à un surendet- tement quasi général des entreprises. En outre, au cours des années récentes, les marchés de la télévision et de la publicité ont connu une baisse qui a été amplifiée par la reprise de certaines prestations par les donneurs d'ordres, du fait de la forte réduction du prix des équipements nécessaires aujourd'hui, nombre de prestations pouvant être assurées avec de simples micro- ordinateurs vendus dans le commerce. Dans ce contexte, fémergence de la HD et de la filière cinématographique 2K semble présenter autant de risques que d'opportunités pour le secteur des industries techniques. Malgré un risque réel, les industries techniques ont fait le pari de la HD Les risques sont évidemment liés aux investissements très lourds qui sont menés depuis plusieurs mois par les entreprises du secteur. Il s'agit non seulement de renou- veler le matériel, mais à un coût largement plus élevé que celui de la SD, dans un contexte normatif qui n'est pas totalement stabilisé. Quelle sera par exemple la norme de livraison des PAD aux chaînes de télévision ? En outre, ces investissements, comme évoqué plus haut, peuvent porter sur deux chaînes distinctes. Par ailleurs, des interrogations subsistent sur la rapidité de l'obsolescence de ces nouveaux matériels et sur la durée réelle de leur amortissement. De plus, ces nouveaux outils posent des problèmes spécifiques de formation. Pour autant et sans attendre, nombreuses sont les industries techniques qui aujourd'hui font le pari de la HD, alors que les commandes dans ce nouveau format ne sont que balbutiantes. Les loueurs ont d'ores et déjà acquis des caméras numériques haute définition, se sont équipés de cars-régie HD, les entreprises du secteur de la post-production ont bâti des chaînes complètes (scan, éta- lonnage, montage et effets spéciaux) en HD et en 2K... Quelles sont les opportunités ? Comme dans tout marché naissant ou soumis à une forte mutation technologique, il est évident que les premières entreprises à sauter le pas se retrouvent de fait confrontées aux risques évoqués. Cependant, des opportunités de croissance peuvent également s'offrir à ces entreprises. Cette croissance repose sur trois hypothèses : 'La première est que les surcoûts de production liés à la HD soit effectivement pris en charge par les donneurs d'ordre . La deuxième est que l'émergence de la HD limite la concurrence entre les entreprises installées et les nouveaux entrants (contrairement à ce qui s'est produit lors de l'arrivée du numérique), du fait du coûtimportant des investissements nécessairescou . La troisième est que les prestations en HD ne puissent plus, du moins dans un premier temps, être assurées en interne au sein des clients habi- tuels des prestataires techniques. Quoi qu'il en soit, le CNC, dans le cadre des aides qu'il accorde aux investissements des industries techniques, soutient fortement, depuis plus d'un an, ces nombreux investissements et encourage ainsi les efforts entrepris par ce secteur. 3. Enjeux esthétiques, artistiques et patri- moniaux Après les premiers débats esthétiques qui sont apparus avec l'utilisation cinématographique des mini-caméras DV, qu'en est-il aujourd'hui de ces questions avec l'érner- gence des caméras HD ? Pourquoi tourner en HD ? Les fictions et les documentaires produits pour une diffusion à la télévision, traditionnellement tournés en format 16 mm ou en vidéo analogique ou numérique, sont de plus en plus nombreux à migrer vers la HD. Les raisons reposent tant sur les facilités accrues de tournage et de post-production que sur le souci d'assurer une pérennité aux ventes futures de ces programmes. Cependant, dans le domaine cinématographique, la question est tout autre. En effet, il faut en premier lieu convenir que le tour- nage avec ces nouvelles caméras numériques modifie considérablement les habitudes des chefs opérateurs. Un apprentissage est d'autant plus nécessaire qu'à entendre les témoignages de ceux qui les utilisent, seule la nouvel- le génération de ces caméras est dotée d'une ergonomie (par la présence d'un viseur optique notamment) sensi- blement proche de celle des caméras traditionnelles. De même, seules ces caméras récentes peuvent utiliser les optiques habituelles du cinéma. Mais aussi brutale qu'elle puisse paraître, une question lancinante vient à l'esprit : pourquoi tourner en HD ? Aujourd'hui force est de reconnaître que la réponse à cette question est loin d'être évidente. REE HORS SÉRIE N° Septembre2005 Impact de la HD sur le cinéma En premier lieu, et contrairement à certaines idées reçues, un tournage en HD n'est ni plus léger ni moins onéreux qu'un tournage en 35 mm, pour une qualité finale équivalente. En effet, si les caméras numériques utilisées dans le domaine du reportage, et a fortiori les petites caméras DV, sont appréciées par certains réalisateurs pour la proximité qu'elles leur offrent avec leur sujet ou leurs acteurs, une caméra numérique de cinéma présente un encombrement et un poids équivalents à ceux d'une caméra 35 mm. En outre, comme le rappelle le chef-opérateur, par ailleurs président de la CST (Commission supérieure technique de l'image et du son) Pierre-William Glenn (Sonovision Digital Film n'489, novembre 2004) : « un poncij'consiste à dire que l'on éclaire moins en HD. Cela est faux : ceux qui utilisent la HD et éclairent moins ne font que supprimer de la dynamique et éloigner le rendu de l'image de celui de la perception de I'oeil avec de dix à cent fois moins de demi-teintes... ». Cependant, certains réalisateurs, à l'instar de Michael Mann pour " Collatéral ", choisissent la HD justement pour le rendu particulier qu'elle donne à l'image. Ainsi comme l'évoque l'un des deux chefs-opérateurs de " Collatéral ", Paul Cameron : " le but était de faire en sorte que la nuit de L.A. soit un personnage à part entière, comme Vincent et Max. Il devint rapidement évi- dent que le seul moyen d'obtenir le rendu que cherchait Michael était de tourner en HD et d'augmenter le gain des caméras " (Sonovision Digital Film n'489, novembre 2004). De fait, deux caméras numériques différentes furent utilisées sur ce tournage : une Sony/Panavision HDW-F900 et une Viper de Thomson essentiellement pour les exté- rieurs nuits, les autres scènes ayant été tournées en 35 mm. Enfin, s'il existe un avantage incontestable à l'utilisation de caméras HD, c'est l'autonomie qu'elle offre au réalisateur. Ce fut la raison essentielle, si ce n'est unique, du choix d'un tournage mixte, 35 mm/HD, par Jean-Jacques Annaud pour le film " Deux frères ". Comme l'a expliqué le réalisateur, les tigres peuvent être des acteurs quelque peu capricieux. Il était donc important de pouvoir tourner le plus longtemps possible une même scène sans s'inter- rompre et seules les caméras HD (en l'occurrence une Sony HDW-F900) pouvaient offrir une autonomie de 40 minutes sans devoir recharger la caméra en pellicule. Cette souplesse de tournage est également évoquée par Patrice Leconte (pour le tournage de " Dogora ") et par Cédric Klapisch (pour la suite de "L'Auberge espagnole intitulée " Les Poupées russes "). En conclusion, des raisons objectives d'utiliser la HD pour le tournage d'un film de cinéma commencent à émerger. Cependant, il n'est pas faux de reconnaître que le désir des réalisateurs et surtout des chefs-opérateurs, de s'approprier dès maintenant ce nouvel outil et de prendre, sans attendre, le train en marche est une motiva- tion importante dans le choix de la HD. Mais sans doute en va-t-il de même pour toute innovation technologique ? Enjeux patrimoniaux La question de la conservation des films tournés en HD se pose avec légitimité et en recouvre, en fait, deux. La première a trait à la pérennité du support de tournage (voire de diffusion lorsque la projection numérique en salles de cinéma sera généralisée). Comment s'assurer que pourront être relus dans des dizaines d'années les teraoctets de données que constituent les films tournés en HD ? Les formats d'aujourd'hui seront-ils lisibles demain ? En outre, pourra-t-on réellement, d'un point de vue strictement économique conserver les rushes des films (et ce d'autant plus que l'autonomie des caméras HD évoquée plus haut conduit naturellement les réalisa- teurs à tourner davantage qu'en pellicule) ? La seconde question a trait à la restauration numé- rique des films. En effet, si l'outil numérique offre de nouvelles pers- pectives à la restauration des films, il faut garder en mémoire une donnée fondamentale : il est nécessaire, si l'on veut conserver toute l'information contenue dans un négatif, de scanner celui-ci au moins en 4K, voire en 6K dans certains cas particuliers (présence d'effets spéciaux par exemple). Nous sommes ainsi loin de la faible diffé- rence entre la HD et le 2K en termes de résolution ! Inutile de préciser que ces opérations sont aujourd'hui extrêmement coûteuses en mémoire et onéreuses. Mais est-il nécessaire de passer par ces opérations pour permettre la diffusion de films sur les futurs canaux de la TVHD ? 4. La TVHD : une meilleure fenêtre pour le cinéma ? Comme le souligne l'étude réalisée par NPA Conseil, il est probable que parmi les premiers programmes diffusés en HD, les films de cinéma figurent en bonne place. En effet, cela semble, toujours d'après cette étude, répondre aux attentes des téléspectateurs. A mon sens, rien de sur- prenant à cela : le succès des écrans plats, des systèmes 5.1, du home cinéma en un mot, et du DVD leur ont donné des exigences importantes en termes de qualité d'image et de son. La disponibilité des catalogues de films est un argu- ment qui est, en outre, souvent avancé et qui s'appuie sur l'idée que « la conversion en HD d'un film dont le master est en 35 mm est techniquement simple et relativement REE HORS SÉRIE Nol Septembre2005 M Partie 111 ENJEUX STRATÉGIQUES ET ÉCONOMIQUES DE LA HAUTE DÉFINITION peu coûteuse », comme l'affirme également l'étude menée par NPA Conseil. Cet argument mériterait toutefois d'être nuancé. S'il est incontestable dans le cas des films récents, surtout si ceux-ci ont disposé de moyens de production importants, il l'est sans doute moins dans le cas des films de patri- moine (voir plus haut) qui nécessiteront souvent une restauration. Il faut par ailleurs rappeler qu'un film éta- lonné pour le cinéma doit être de nouveau étalonné pour une diffusion télévisée ou une édition en DVD. Enfin, le coût " relativement " faible, évoqué par l'étude citée ci- dessus, le sera-t-il suffisamment pour permettre au cinéma indépendant d'avoir accès à la télévision haute définition ? Cependant, il faut reconnaître que l'attractivité du cinéma sur les chaînes de télévision mise à mal ces der- nières années pourrait, grâce à la HD, reprendre de la vigueur. C'est une donnée fondamentale pour le cinéma qui est, comme chacun sait, extrêmement dépendant de la télévision dans son mode de financement. La probléma- tique se résume une fois de plus à deux termes : le respect de la diversité et la viabilité économique. a u e u LionelBertinetestdiplômédesMinesde Nancyainsiquetitu- laire d'une Licenced'études cinématographiqueset audiovi- suelles (Paris 1). Ila commencésacarrièreen tantquedélégué àl'information d'Admical/Associationpourle développementdu mécénatindustrielet commercial).AyantrejointleCNCen2000 commeresponsablede lacommunicationinterne,puiscomme chargéde missionauprèsde la direction du multimédiaet en étroitcontactavecle réseauRIAM(Rechercheet innovationen audiovisuelet multimédia), iloccupedepuisjuillet2003leposte dechefdeservicedesindustriestechniqueset de innovation. REE HORSSÉRIE WI Septembre2005