Conditions viables de migration d'une chaîne de télévision vers la TVHD

04/09/2017
Auteurs : Benoit Renaud
OAI : oai:www.see.asso.fr:1301:2005-11:19797
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Conditions viables de migration d'une chaîne de télévision vers la TVHD

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ENJEUX TECHNIQUES DE LA HAUTE DÉFINITION Conditions viables de migration m m d'une chaîne de télévision vers la TVHD Par Benoît RENAUD M6 Comment passer à la HD pour une chaîne de télévision ? Mots clés TVHD, 16/9, Récepteurs, Décodeurs,4/3, Cadrage Post-production,Habillage, SD,Analogique hertzien, Bandepassante,ADSL, TNT, MPEG2, MPEG4, Simulcast, News, Magazines,Télécinéma, Letterbox, Cropper, Graticulé, Logo, Signalétique CSA, Down Conversion,Dolby 5,1, Stéréo. Mono, Gaffer Contribuer à produire et à diffuser l'image la plus parfaite possible est bien sûr un objectif qui ne peut que réjouir toute direction technique d'une chaîne de télévision. Surtout lorsque la technologie à mettre en oeuvre ne s'apparente pas à un saut dans l'inconnu. C'est le cas de la TVHD, dont « le cahier des charges » technique est connu. Les outils sont disponibles. Dès lors, la viabilité de la TVHD au sein d'une chaîne de télévision passe par l'adaptation aux deux contraintes principales de cette technologie : sa nécessaire diffusion numérique et son format natif 16/9. Cinq fois plus fine que l'image standard SD, l'image HD est aussi 5 fois plus volumineuse, plus « lourde » à transporter. De ce fait, sa diffusion en analogique hertzien, bien que techniquement possible, nécessite trop de bande passante pour être envisageable. Le développe- ment de la TVHD dépend donc de celui des différentes formes de diffusion numérique : câble, satellite, ADSL et TNT. Concernant la France, l'analogique est encore aujourd'hui très majoritaire (près de 90 %). Sa disparition totale est pourtant programmée : théoriquement cinq ans après le lancement de la TNT. L'échéance sera peut-être repoussée, mais cela ne changera rien à l'avènement de la diffusion numérique : aujourd'hui en SD avec compression MPEG2, demain en SD ou HD MPEG4 (cette dernière norme s'avérant plus adaptée, compte tenu du volume de l'image HD précédemment évoqué). Le rythme d'équipement E S S NT/EL SYNOPSIS La migration vers la technologie TVHD suppose une diffusion numérique ainsi qu'un format d'image 16/9. Il faudra quelques années pour que ce mode de diffusion et ce type de format se généralisent en France, où ils restent aujourd'hui nettement minoritaires. L'évolution se fera en biseau, au rythme du renou- vellement du parc de récepteurs et de l'équipement en déco- deurs. Les chaînes de télévision vont donc, provisoirement, devoir gérer une double exigence : produire les programmes HD 16/9 de demain tout en veillant à leur compatibilité de diffusion sur le parc 4/3 actuel, et assurer une double diffusion analogique et numérique. L'intérêt d'une chaîne est de réduire au minimum cette période transitoire. Or, pour cela, il faut convaincre le public de s'équiper au plus vite... en lui fournissant une offre TVHD séduisante. Aujourd'hui essentiellement composée de films de cinéma, cette offre doit s'étendre à tous es types de pro- grammes. Certaines obligations de la HD (cadrage, post-produc- tion, habillage...) pourront être perçues ou appréhendées diffé- remment par un réalisateur de divertissement ou par un reporter news. Le rôle de la direction technique sera de sensibiliser les responsables éditoriaux aux nouvelles nécessités, de les accom- pagner et de les orienter dans la recherche de solutions spéci- fiques, et enfin de mettre en oeuvre les outils nécessaires. The transfer towards the HDTV technology requires two condi- tions to be met : . a digital broadcasting . a size of TV format " 16/9 " Some years will be needed until this mode of broadcasting and this type of TV format become widespread in France, whereas they remain a small minority today. The evolution will then depend of equipment renewal rate as regards receivers and decoders. Television channels will thus have, temporarily to satisfy a double requirement : . Produce the future programs in HD "16/9' while checking their compatibility with the existing 4/3 customer equipments · Provide simultaneous analog and digital broadcasting. The interest of broadcasters is to reduce as much as possible this transition period. The major stake is to convince the public to equip itself as quickly as possible by providing an attractive HDTV offer. Today essentially composed of cinema films, this offer has to be extended to ail types of programs. Certain constraints of HD (framing, post-production, look) can be perceived differently by an entertainment programs director or a news reporter. The main function of the technical department will be to make the edi- torial people sensitive to the new requirements, to help them in the research for specific solutions, and finally to set up the appro- priate tools. REE HORS SÉRIE N° I Septembre2005 Conditions viables de migration d'une chaîne de télévision vers la TVHD des foyers en décodeurs numériques reste difficile à évaluer. Les événements sportifs majeurs se sont toujours révélés moteurs dans l'équipement des ménages. Aussi, 2008 pourrait être une année charnière, la télévision chi- noise ayant annoncé son intention de diffuser les Jeux Olympiques de Pékin en HD MPEG4. De plus, la taille du marché chinois (plus de 300 millions de foyers) promet une production en masse, donc à bas prix, de décodeurs compatibles HD. En attendant la généralisa- tion de ces décodeurs, et l'abandon de la diffusion analo- gique, les chaînes devront assurer une double diffusion (simulcast) analogique/numérique. La contrainte existe, mais ne pose pas de problème technologique majeur.CD La diffusion redeviendra unique lors du tout-numé- rique, SD ou HD. D'une part, il serait anti-économique d'envisager un canal pour chaque standard. D'autre part, les décodeurs compatibles HD permettront aux chaînes d'appliquer le principe « qui peut le plus peut le moins ». A l'image des décodeurs actuels de dernière génération, le décodeur HD saura reconnaître à quel type de télévi- seur il est raccordé : compatible HD ou non, écran large ou 4/3... La chaîne n'aura donc qu'à émettre un signal de qualité maximale, le décodeur se chargeant d'adapter au cas par cas ce signal aux capacités du téléviseur. Le standard HD ayant la particularité d'améliorer dans tous les cas la qualité d'image reçue, y compris sur un télévi- seur non compatible, son développement ne dépend pas stricto sensu d'un renouvellement du parc de récepteurs. Toutefois, la mode actuelle des écrans larges ne peut que favoriser la TVHD en optimisant sa deuxième caractéris- tique fondamentale : son format natif 16/9. La quadrature du cadre Le téléviseur 4/3, aujourd'hui majoritaire, est ainsi nommé car sa largeur d'écran est 1,33 (4/3) fois supérieure à sa hauteur. Le même calcul appliqué au 16/9 montre un ratio de 1,77 entre largeur et hauteur d'écran. Autrement dit, l'image HD est trop large pour l'écran SD. Inversement, l'image SD est trop « courte » pour l'écran HD. Avant de voir comment faire face à cet ennuyeux constat, il faut d'abord s'en convaincre. Toute la techno- logie TVHD est en effet fondée sur l'utilisation de cette image 16/9 dont le format présente l'avantage d'être phy- siologiquement le plus proche de celle du champ de vision humain. La HD en 4/3 n'existe donc pas et n'exis- tera certainement jamais. Elle reviendrait à « brider » la performance de cette technologie. Et surtout, elle irait à l'encontre du marché de l'écran large, aujourd'hui en plein essor grâce à l'engouement pour le DVD et le home-cinema. En décembre 2004, une étude de la Commission européenne estime à 20 % le taux de péné- tration de l'écran large (compatible HD ou non) en Europe, avec de fortes disparités selon les pays, la France se situant dans la moyenne. Cette étude prévoit 50 % à l'horizon 2008. Et c'est vers 2013 (alors que la diffusion numérique se sera déjà généralisée en France) que l'écran 4/3 rejoindra définitivement le rayon des antiquités. 2008, c'est demain. Les chaînes doivent passer rapi- dement au format 16/9 (si possible HD) sous peine de frustrer un nombre sans cesse croissant de téléspectateurs qui auront investi dans un écran 16/9 et qui souhaiteront qu'on le leur remplisse. Une petite dizaine d'années de cohabitation s'annonce donc, pendant laquelle il faudra faire entrer du 16/9 dans des écrans 4/3. Et « occuper le vide » laissé par l'image 4/3 dans des écrans 16/9. Cette nécessaire compatibilité concerne en premier lieu la pro- duction et l'habillage des programmes. Les images 4/3 « trop courtes » pour le 16/9 sont le quotidien actuel des possesseurs d'écrans larges. Cette situation se réduira avec l'accroissement de l'offre de programmes HD. Mais elle ne disparaîtra jamais, tout comme l'image noir et blanc n'a pas disparu avec la télé- vision couleur. Qu'il s'agisse d'un divertissement com- portant des extraits d'émissions anciennes ou de clips musicaux, qu'il s'agisse d'une série ou d'une fiction tournée en vidéo car exclusivement destinée à la télévision... Potentiellement, tout programme souhaitant utiliser une séquence tournée en vidéo depuis une bonne trentaine d'années sera confronté à ce fameux « manque de largeur ». C'est toutefois l'information, news ou magazines, qui est évidemment la plus concernée en tant que forte consommatrice d'archives, de documents amateurs ou d'images en provenance de correspondants ou d'échanges internationaux. Il est crucial de prendre conscience que telle image tournée ce matin, diffusée ce soir, se transformera ipso facto en archive demain matin, destinée à alimenter les éditions de la semaine prochaine... ou de l'an 2015. Et cette image toute fraîche, qui deviendra peut-être un document historique, rejoindra pourtant la masse des images « à problème », au simple motif qu'elle a été tournée en 4/3. Par nature, la TVHD va accélérer l'obso- lescence de tous les programmes qui n'auront pas été pré- vus pour elle. C'est pourquoi le tournage natif en HD, ou du moins en 16/9, apparaît comme la priorité des priorités. Notamment en matière d'information, mais aussi pour tous les autres genres de programmes, y compris... les spots de publicité. Fut-ce-t-elle appliquée demain matin, cette préconisation ne supprimera jamais l'inévitable uti- lisation d'images 4/3. Elle permettra toutefois de la rédui- re, avantage non négligeable compte tenu de la difficulté d'intégrer une image 4/3 dans un programme 16/9.c La transformation strictement optique de l'image SD pour remplir le cadre HD est en effet rarement envisa- geable. Un zoom dans l'image SD entraîne une déperdition de qualité choquante dans un contexte HD. Surtout, il fait souvent disparaître une bonne partie du contenu informatif de l'image, soit lors du zoom proprement dit, soit lors de la réduction de cette « fausse » image 16/9 lors du REE HORS SÉRIE Nol Septembre2005 Partiet M'& t C L ENJEUX TECHNIQUES DE LA HAUTE DÉFINITION nécessaire simulcast SD. Ecartons également tout « élar- gissement » de l'image SD qui induit une anamorphose inacceptable. L'utilisation d'images SD en HD devra donc, le plus souvent, s'accommoder de l'utilisation de bandes noires latérales, qui pourront éventuellement faire l'objet d'un habillage spécifique à la diffusion HD. Un tel habillage devra toutefois être réparti de manière égale de chaque côté de l'image centrale, de façon à ce que le pro- gramme reste compatible avec une diffusion SD. On retrouve ces bandes noires, cette fois horizontalement, lorsque l'on aborde la question de la diffusion de pro- grammes 16/9, HD ou non, sur les écrans 4/3 aujourd'hui encore majoritaires. Il s'agit d'une variante des fameuses bandes « scope » utilisées depuis toujours pour régler le problème bien connu de la diffusion de fictions, films ou téléfilms, tournées sur support film, plus large que le 4/3. Comme une sorte d'hommage de la télévision à son ancêtre cinématographique, la TVHD et son écran large permettront facilement à ces films de retrouver leur taille plein écran par un simple passage en télécinéma HD. Un choix éditorial La solution alternative aux bandes scope (letterbox) consiste à couper ( « croper ») l'image dans sa largeur pour lui permettre d' « entrer dans le poste ». Ce choix, qui se fait traditionnellement au cas par cas, ne concernait jusqu'alors que les fictions. Il concernera désormais tout programme tourné en 16/9. La nécessaire diffusion 4/3 pose donc cet enjeu éditorial majeur : est-il préférable de remplir l'écran 4/3 par des images tronquées ou de mul- tiplier les bandes « scope » (pas forcément noires) ? C'est bien sûr le téléspectateur qui donnera la réponse. Sera-t-il irrité par ces bandes « scope » ? Si oui, réagira-t-il en privilégiant les programmes « cropés » ? Ou ira-t-il s'équiper au plus vite d'un écran large ?... Questions commerciales, mais aussi question de fond : Les bandes « scope » sont depuis toujours symboles de fiction. Peut-on les utiliser sur du réel, notamment sur des magazines ou des journaux d'information sans provoquer une certaine confusion ? Il est intéressant de constater que nombre de publicitaires utilisent d'ores et déjà volontairement les bandes « scope », de manière plus ou moins dérivée, dans la réalisation ou l'habillage de leurs spots télévisés. C'est peut-être un indicateur de tendance. Les réponses aux questions précédentes sont bien sûr lourdes de conséquence pour la production, notamment lors du tournage. Si la chaîne privilégie les bandes « scopes » pour la diffusion 4/3, le réalisateur ou le cadreur pourra placer son action sur toute la largeur de l'image 16/9. Si la chaîne choisit de « croper », elle devra centrer l'action dans un cadre 4/3, à l'intérieur d'une image 16/9 dont les bords deviendront de fait des « oreillettes » sans contenu informatif majeur. Les cinéastes ont l'habitude de cette nécessité de double cadre. Il n'en va pas de même des réalisateurs vidéo ou des journalistes reporters d'images. Dans des conditions souvent difficiles (direct, « hot » news), ces derniers devront donc veiller à ce que l'action principa- le se déroule dans un cadre traditionnel 4/3, tout en évi- tant la présence d'éléments perturbateurs ou disgracieux dans le reste de l'image 16/9. Dans ces conditions, un dispositif de type viseur « graticulé » (cadre guide 4/3 ajouté au viseur 16/9) semble indispensable à tout tour- nage HD. Post-production et habillage Ces questions de cadrage concernent également au plus haut point les responsables de l'habillage. Comment faire pour que tel élément graphique, prévu pour être « bord cadre » s'y retrouve effectivement simultanément en diffusion 4/3 et 16/9 ? La solution diffère selon que l'habillage est réalisé de façon « dynamique », c'est-à- dire insérer en direct en sortie de régie de diffusion (logo de chaîne, signalétique CSA, score d'un match de football, crédits sur un clip musical...) ou en post production. Dans le premier cas, cette solution passera par la fabrication de deux habillages (l'un SD, l'autre HD) qui seront insérés séparément sur des images non habillées. Bonne nouvelle : des équipements existent, qui permettent de générer simultanément les deux habillages à partir d'une même console, avec un seul opérateur. Source d'économie et garantie... d'orthographe unique ! Dans le second cas, la solution précédente ne fonctionne pas. Le programme est livré avec son habillage, unique, qui doit être compatible SD et HD. Dans la mesure où elle ne modifie pas l'image source 16/9, le choix d'une diffusion SD 4/3 avec bandes « scope » facilitera grandement la tâche des habilleurs. Une diffusion « crop- pée » nécessitera, comme lors du tournage, un habillage où l'information devra figurer à l'intérieur d'un sous-cadre 4/3. Typiquement, le synthé actuellement placé « fer à gauche » se retrouvera centré. Il conviendra donc de mettre à disposition des stations graphiques ou des moni- teurs 16/9 « graticulés », selon le dispositif déjà envisagé au niveau du tournage. De tels moniteurs seront également nécessaires pour l'ensemble des étapes de montage et de post-production que nous allons maintenant brièvement aborder. Même si la priorité principale nous semble le tournage HD, il apparaît bien sûr cohérent - bien que non obligatoire dans l'immé- diat - que le montage et la post-production permettent d'aboutir à des masters de diffusion SD et/ou HD. Lors de ces étapes, deux options sont possibles : un traitement de l'image HD tout au long du process, le master SD étant obtenu par simple copie (down conversion). Ou bien un montage et une post production SD (mode « dégradé » ou offline) nécessitant ensuite une conforma- REE HORS SÉRIE WI Septembre2005 Conditions viables de migration d'une chaîne de télévision vers la TVHD tion HD à partir des éléments originaux. Bien entendu, quel que soit le choix retenu, la post-production se fera obligatoirement en 16/9. Ce n'est qu'au moment de la sortie du master de diffusion SD que l'image sera retrans- formée en 4/3. Parce que plus rapide et plus intégré, le traitement HD continu s'imposera vraisemblablement à terme. Il peut d'ores et déjà être retenu pour des programmes où une qualité optimale d'image s'impose tout au long du processus de montage et de post-production, par exemple des fictions, ou pour des programmes urgents qui ne peu- vent supporter le temps, certes limité, nécessaire à la conformation finale d'un montage SD offline. Pour autant, ce traitement SD sera certainement souvent préféré dans un premier temps. D'abord parce qu'il reste à ce jour moins coûteux, ensuite à cause du « poids » déjà évoqué de l'image HD, qui rend le traitement HD continu gourmand en termes de volume de stockage et de débit de transport. Il va de soi que la TVHD s'accompagnera d'une migration simultanée vers une qualité de son en rapport avec la qualité d'image, c'est-à-dire multicanal (type Dolby 5.1). Le téléspectateur ne comprendrait pas qu'il en soit autrement. Parce qu'il nécessite un long travail de mixage, ce son multicanal ne pourra toutefois pas être utilisé sur des programmes aux délais de post-production très courts, tels que l'information. En revanche, l'engouement pour les DVD aura pour effet de multiplier les programmes livrés avec un tel son. Les spots de publicité utiliseront certainement aussi abondamment ce son multicanal que les productions internes pourront privilégier pour la captation de spectacles vivants ou le tournage d'émissions de divertissements. Quoi qu'il en soit, tout comme l'ima- ge HD devra rester compatible avec l'image SD, ce son multicanal devra également pouvoir être diffusé en mono (télévision hertzienne) ou en stéréo (diffusions numé- riques). La principale condition de passage d'une chaîne de télévision à la TVHD est de développer l'offre, aujourd'hui r réduite, de programmes compatibles. L'acquisition dese t> images destinées à ces programmes constitue dès lors la plus grande priorité. Car même si la TVHD ne connaissait pas le développement annoncé (ce qui paraît hautement improbable), ces images auront ce format 16/9 destiné à se généraliser. Comme cela apparaît dans cet article, il est en effet impossible de dissocier HD et 16/9, bien que celui-ci puisse continuer à se développer sans celui-là. Sans doute provisoire mais dans un premier temps inévi- table, la cohabitation SD4/3 et de HD16/9 demandera créativité, réactivité et complémentarité entre la technique et l'éditorial, chaque programme représentant un cas particulier. En quelque sorte, c'est en fabriquant de la HD que l'on apprendra à fabriquer de la HD... La TVHD s'inscrit dans l'histoire des bouleversements technologiques que la télévision a toujours connu. La TV couleur ou la multiplication de l'offre grâce au câble et au satellite furent de véritables révolutions pour le téléspec- tateur, alors qu'elles n'eurent qu'un effet limité sur les process de fabrication. A l'inverse, l'abandon du support argentique au profit du support magnétique, puis numé- rique, a transformé radicalement les méthodes de travail sans avoir d'impact majeur sur le public. De ce point de vue, la TVHD se situe à mi-chemin. Elle impose quelques contraintes spécifiques aux opérateurs, tout en présentant un confort accru de réception, gage d'un suc- cès qui pourrait fort ressembler à celui de la télévision couleur. Souvenons-nous qu'à l'époque, la chaîne de production s'était aussitôt convertie à la couleur. Même si pendant des années, la majorité des foyers a continué de se contenter d'une image noir et blanc, parfois agrémentée d'une feuille de plastique colorée placée devant l'écran pour faire comme si... Le revers de la médaille C'est tellement évident que l'on risque parfois de l'oublier : avec sa finesse d'image cinq fois supérieure, la HDrend les moindres détails visibles... y compris le rasage approximatif ou les éventuels problèmes dermatologiques des intervenants. Entournage HD, plus question de dissi- muler grossièrement un câble sous un morceau de gaffer. Plus question de retoucher avec un fond de peinture mate l'élément de décor initialement peint en brillant. L'image HD s'accompagne d'une exigence de qualité accrue en matière de maquillage, de câblage, de construction, de transport et d'entretien des éléments de décor. En revanche, les essais réalisés à ce jour ne montrent pas la nécessité d'une évolution substantielle des éclairages de studio, déjà suffisamment puissants et précis pour une utilisation en HD. Concernant l'image de reportage, prise sur le vif sans possibilité d'influer sur les conditions de tournage, il faudra s'y faire : s'il fait froid lors de l'interview, Monsieur le ministre risque fort d'avoir le nez rouge... Conclusion Le passage à la TVHD pour une chaîne de télévision n'est donc pas exclusivement une question technique. Anticiper la production en HD est nécessaire. Cette anti- cipation permet la constitution d'un fond d'archive vital à une diffusion HD. Elle permet aussi la préparation et la sensibilisation des acteurs aux exigences de la HD en assurant leur apprentissage par la pratique. Plus cette préparation est efficace, mieux seront appréhendés les impératifs de conversion nécessaire à la reprise d'images d'archives allant du noir & blanc à la SD. L'auteur 1 BenoîtRENAUD,45 ans,après5 ansen tant qu'ingénieurdu sonchezVCF,participeà lamiseà lamiseenplacedesinstalla- tionstechniquesde M6 en 1987et intègrelachaînedontil est aujourd'hui ledirecteurtechnique. REE HORS SÉRIE WI Septembre2005