Passage de l'analogique au numérique

01/09/2017
Publication REE REE 2006-3
OAI : oai:www.see.asso.fr:1301:2006-3:19741
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Passage de l'analogique au numérique

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Repères 1) LA TELEVISION NUMERIQUE m Passage de l'analogique ,. au numérique Jean-FrançoisJÉZÉQUEL,Michel BOUKHOBZA C2M Consulting Mots clés Numérique, Analogique, Tripleplay, TVHD. Supportet distribution, Arrêtde l'analogique, Radionumérique, Codeevideoetaudio, Convergence Le numérique a révolutionné les habitudes de consommation du contenu (audio, vidéo). Les différents acteurs de la chaîne de valeurs ont participé à cette révolution. Pour la télévision, le dernier maillon de cette numérisation, après la distribution et le contenu lui-même, concerne les récepteurs de TV. Larrivée des écrans plasma et LCD était une première étape, mais la télévision haute définition est vraiment une avancée spectaculaire dans ce sens. 1. Introduction La numérisation des signaux a débuté en réalité dans les années 1980, pour les contenus audio (CD). Au milieu des années 1990, c'est la télévision qui a commencé à utiliser le numérique, essentiellement dans un premier temps pour améliorer le transport du signal et la qualité de réception, et surtout pour compresser les signaux et augmenter de façon significative le nombre de program- mes. En parallèle de la numérisation du " transport " sont arrivés les supports DVD, qui ont permis d'améliorer notablement la qualité de la vidéo personnelle. Les ven- tes de lecteurs DVD, associés souvent à des ensembles home-cinéma (écrans 16/9è "'u,qui n'avaient jamais avant cela véritablement percé, et amplificateurs audio permet- tant de restituer un son surround, puis 5.1) ont alors explosé, montrant l'intérêt des consommateurs pour la qualité de l'image et du son. Plus récemment, la convergence entre les différents modes de réception de contenus, diffusion classique, Internet (accentuée par la multiplication des offres d'Internet à haut débit), ainsi que la mobilité (terrain qui reste encore à explorer), ont contribué à un nouveau mode de vie autour du tout numérique. La télévision haute définition, dernier maillon de la chaîne, va permettre de compléter une chaîne de valeur toute numérique, en appuyant davantage sur la qualité de l'image et du son. ESSENTIEL SYNOPSIS La numérisationa commencédepuisde nombreusesannées,en changeant radicalement les habitudesdes consommateurs face au contenu (audioet vidéo). Toutd'abords'attaquantautransportet à ladistribution(permettant de multiplier le nombre de programmes diffusés, grâce à une compression des signaux),lanumérisationa ensuite affecté direc- tement le contenu lui-même(production,post production, régies, stockage). La télévision haute définition permet d'ajouter le dernier maillon impactant l'ensemble des acteurs de a chaîne, mais en lui permettant de devenir numérique de bout en bout, offrant ainsi une améliorationincomparablede la qualité de l'image. Digitalizationstarted some years ago, affecting globally theway consumersuse and store the content (e ! theraudioor video). Firstfocusedon transport and distribution of the signais(allowing the multiplexof more programsin a givenfrequencyband,due to the MPEG2 compression), digitalization has then impacted the content itself, (production,PostProduction,content management, storage). High Definition Televisionadds the last link affectingall the actors ln the value chain, allowing this chain to become Digital end-to- end,thus, offeringan important improvementof the imagequality. REE Ne 3 Mars2006 Repères 1 LA TELEVISION NUMERIQUE 2. Un peu d'histoire sur la numérisation des signaux et du contenu La première révolution numérique qui a eu un impact extrêmement important dans le grand public date des années 1980, avec la numérisation de la musique, sur un nouveau support : le CD. Dans les années qui ont suivi, cette révolution a rendu obsolescents les lecteurs de dis- ques vinyles et les disques eux-mêmes, et plus tard, les lecteurs et enregistreurs de cassettes. La qualité de restitution musicale des supports numé- riques de ce type était, à l'origine, moins élevée que celle des disques vinyles analogiques, la technologie des convertisseurs numérique/analogique n'en étant alors qu'à ses débuts. Mais l'ampleur du phénomène a permis très rapidement de diminuer les coûts de ces convertisseurs, et d'en améliorer la qualité, ce qui a évidemment amélioré de façon très importante la qualité musicale du support. Il a fallu attendre un peu plus tard une pénétration importante des graveurs de CD sur ordinateur (les graveurs de CD pour salon n'ont pas connu un succès si important que cela), pour que les équipements d'enregis- trement analogiques sur cassette, eux très présents dans les équipements hi-fi de salon, soient dépassés à leur tour. Il est assez intéressant de constater que les avantages apportés par le support numérique (ici le CD) par rapport au support analogique précédent (disque vinyle) sont assez voisins des avantages apportés par la transmission numérique dans le transport des signaux, que ce soit pour la télévision ou la radio : ainsi, sur les disques vinyle, le bruit et les craquements sont inhérents au support. Et ils n'existent plus sur les CDs. Pour la transmission analogique (radio ou télévision), les parasites et échos diminuent notablement la qualité de réception et donc la qualité du son ou de l'image restitués (des échos apparaissent sur l'image vidéo, un effet de flou peut également être visible, etc.). La numérisation des signaux vidéo a donc permis d'améliorer avant toute chose la qualité du transport et de la distribution. 3. L'arrivée des technologies de compression vidéo Rappelons-nous qu'à la fin des années 1980, il était totalement inenvisageable pour le grand public de stocker de la vidéo de manière numérique : les moyens de stockage n'étaient pas adaptés (à la fin des années 1980, les disques durs des ordinateurs atteignaient quel- ques dizaines de Megaoctets). De même les capacités des processeurs ne permettaient pas d'envisager un codage/décodage de ces données. Par contre, le stockage numérique professionnel a commencé à apparaître, sous forme de cassettes (Beta Numérique). Les technologies de codage et de décodage ont permis de faire un bond en avant fantastique, au début des années 1990, puis se sont encore améliorées au cours des années 1990. Pour mémoire, un signal numérique pour une vidéo de bonne qualité, sans aucune compression, nécessite un débit de 270 Mbits par seconde ! Ce qui fait, pour une heure de programme, un volume d'informa- tion d'environ 120 Gigaoctets (270 * 3600/8/1024) ! Sans les normes de compression MPEGI, puis MPEG2, et maintenant MPEG4, il n'aurait jamais été possible de transporter ou de stocker de telles quantités d'informations autrement que sur des cassettes numériques, non adaptées à la distribution grand public. Le développement et l'amélioration progressive des codecs (MPEG2 dans un premier temps) a donc permis d'imaginer, au milieu des années 90, de distribuer un signal numérisé dans une bande passante nettement plus réduite que la bande passante nécessaire au même signal analogique. En analogique, une bande de fréquence de 5 MHz permet de faire passer un seul signal vidéo (et l'audio associé). En numérique, (avec une compression MPEG2) la même bande de fréquence permet le multi- plexage de 6 à 12 programmes vidéo suivant le type de diffusion (terrestre, satellite, câble), ainsi que les pistes audio et les données associées. De plus, cette même évolution (apparition de la com- pression MPEG2) a permis de remplacer progressive- ment, de la même manière que ce qui s'était produit pour la musique dans les années 80, les cassettes vidéo analo- giques par le DVD, format à la fois pratique et robuste, offrant une qualité de restitution sans commune mesure avec celle des magnétoscopes analogiques. L'aveuir appartenait donc, dans le courant des années 1990, à la numérisation du transport et du stockage de l'information, de la vidéo et de l'atidio. Les opérateurs satellite ou câble (puis plus récemment les opérateurs téléphoniques grâce à l'ADSL) ont utilisé en effet les progrès réguliers des normes de compression pour proposer toujours plus de services vidéo ou audio. Les consommateurs sont donc passés d'une époque où, sur leur téléviseur, ils avaient dans le meilleur des cas 6 chaînes, à une profusion de contenus qui n'a cessé de croître ces dernières années. Au début des lancements de bouquets numériques, en France, une soixantaine de services audio ou vidéo étaient proposés. Aujourd'hui, plus de deux cents programmes sont présents dans les différentes offres concurrentes. 4. La numérisation du contenu lui-même Avec l'avènement des moyens numériques, la production du contenu est devenue également en partie numérique. Au départ de la distribution du numérique, le contenu analogique était numérisé au moment où il devait être REE NQ 3 Mars2006 Passage de analogique au numérique distribué, lors de sa diffusion (que ce soit par satellite, câble, hertzien terrestre ou ADSL), lors de sa distribution grand public (DVD). Depuis de nombreuses années, l'avantage du tout- numérique, ne serait ce que pour les aspects liés au stockage de l'information a fait que les régies ont en par- tie réalisé cette transition. Un des avantages non négligeables de la numérisation des contenus est de permettre une distribution multi-sup- ports beaucoup plus aisée : support DVD, évidemment, mais également diffusion par les moyens numériques classiques (satellite, câble, terrestre), diffusion sous IP (pour les fournisseurs Internet), et enfin, la distribution de ces contenus pour la mobilité, en utilisant des formats de compression différents, et plus adaptés à des équipe- ments portables (téléphone mobile, PDA, etc.). 5. L'émergence d'un nouveau mode de vie " tout numérique " La distribution de contenus numériques (vidéo, musi- que, audio) connaît un succès d'autant plus grand que ce contenu est disponible de façon très simple sur Internet. Cela pose évidemment des problèmes très sérieux pour les ayants-droits, mais d'une certaine façon, Internet, et notamment avec les possibilités du haut-débit, offertes par le câble ou ADSL, pousse à la consommation de contenus numériques. Internet joue donc un rôle très important aujourd'hui pour la mise à disposition de contenus. D'ailleurs, les fournisseurs d'accès ADSL ne s'y trompent pas, et, la technologie évoluant favorablement, se positionnent comme fournisseurs de contenus de télévision numéri- que, couplant leurs offres sur du Triple Play (téléphonie, Internet haut débit, télévision). Ces offres « Triple Play », qui peuvent être fournies par les opérateurs ADSL ou les câblo-opérateurs sont véritablement au coeur de la convergence : le contenu vidéo et audio, l'accès Internet et la voix sur IP. Reste la téléphonie mobile et les possibilités offertes par la distri- bution de contenus, sur les équipements portables, tant en mode point à point qu'en mode diffusion. Les nouvelles normes de compression pour l'audio, largement disponibles sur Internet depuis plusieurs années (MP3) ont ainsi fait exploser un nouveau marché qui a rapidement pris le pas sur les appareils mobiles d'hier : les walkman, invention révolutionnaire de Sony qui permettaient d'emporter quelques morceaux de musi- que sur une cassette, ont été remplacés rapidement par les discman (cd), et aujourd'hui, par les lecteurs MP3. Au fur et à mesure de l'avancée des technologies, les composants permettant des stockages de plus en plus importants, il devient possible de transporter toute une discothèque dans un appareil pas tellement plus gros qu'un téléphone portable. L'iPod, lancé par Apple, qui a eu la vision de mettre un disque dur dans un lecteur MP3, connaît un succès phénoménal dans le monde entier, et détrône complète- ment les lecteurs MP3 à mémoire. Les nouvelles générations d'appareils mobiles per- mettent maintenant de stocker également de la vidéo, en MPEG4 cette fois (Archos, Thomson, Rio, etc.). Des PVR portables existent maintenant, avec des capacités de l'ordre de 80 Gigaoctets, et offrent des fonctionnalités équivalentes à celles d'un PVR de salon ! La convergence entre les différents acteurs (télépho- nie, Internet, télévision) annoncée prématurément au début des années 2000, est en marche, la technologie le permet en effet maintenant. Les offres de « home gate- way » apparaissent, véritables serveurs de contenu numé- rique et offrant des interfaces interopérables entre : . Les contenus (vidéo, audio) fournis par les opérateurs de bouquets . Et l'ensemble des équipements du foyer (téléviseurs, ordinateur connecté sur Internet, console de jeux, équipements mobiles, PDAs, téléphone, ou lecteurs portables vidéo ou audio). Les démonstrations récentes faites autour des systèmes offrant une réelle connectivité et poussés par les fournisseurs de technologie (Microsoft) ou les constructeurs (Philips, ou encore les opérateurs de bouquet eux-mêmes (DirecTV aux Etats-Unis) montrent claire- ment les tendances de ce marché : un mode de vie " tout- numenque. La mobilité et la mise à disposition de contenus numériques sur des téléphones portables ou sur des PDAs, utilisant soit le point à point, en mode UMTS, soit les modes de diffusion (DVB-T ou DAB) sont des grands enjeux de demain et participent à la volonté du tout- numérique. 6. Le dernier maillon de la chaîne Assez curieusement, le seul maillon de la chaîne qui reste à rendre numérique est le récepteur de télévision lui- même. En effet, dans toute la chaîne décrite ici, ce récep- teur reste analogique, recevant un signal analogique trans- féré par un décodeur numérique, ou un lecteur de DVD, équipements qui possèdent donc un codeur numérique/ana- logique... L'essor des écrans plats, LCD et plasma contribue à lever cette dernière barrière. Ces écrans ont en effet une entrée numérique, mais les terminaux numériques et les lecteurs de DVD ne possèdent pas encore de sortie numéri- que ! La mise à disposition du contenu en numérique depuis ces équipements (terminaux, lecteurs de DVD) vers les TVHD va poser des problèmes de protection du contenu que les différents acteurs doivent résoudre rapidement. REE No 3 Mars2006 Repères 1 LA TELEVISION NUMERIQUE Les impacts du piratage ou de la copie de contenu sont en effet très importants, à la fois pour les ayants droits ou pour les distributeurs... Il n'y a qu'à voir les difficultés rencontréespar l'industrie de la musique pour comprendre les enjeux des mécanismesde protection. Mais une fois levée cette dernière barrière, la chaîne de valeur seracomplètement numérique, de la production au récepteur de télévision. Et il est évident que la télévision haute définition va contribuer de façon signi- ficative à cette demande de contenu numérique à forte valeur ajoutée. 7 Les enjeux du numérique pour les différents acteurs Comme évoqué précédemment, la numérisation des signaux, jusqu'à présent, a bénéficié de façon importante à tous les acteursde la chaîne de valeur : . Les fournisseurs de contenu . Les opérateurset distributeurs de contenu . Les constructeurs qui ont vu un marché nouveau exploser en quelques années . Les consommateurs,bien sûr, qui ont vu une amé- lioration sensible de la qualité de réception, et une multiplication deschaîneset services de TV ou des services de radio. Jusqu'à présent, la numérisation a eu pour principal déclencheur la volonté d'améliorer la qualité du transport et de la distribution, et de réduire les coûts de distribu- tion. Bien sûr la qualité de restitution du contenu s'est accrueégalementaumêmemoment (les DVDs notamment f représentent un gain de qualité extrêmement important, par rapport aux contenus analogiques qui existaient jusqu'alors, et dans les deux segments: vidéo et audio). Mais la résolution de l'image elle-même n'a pas changé depuis des années. La TVHD s'attaque non seulementau dernier maillon non encorenumérique de la chaîne,mais égalementà une amélioration radicale de la qualité de l'image. La taille desécransdevenant de plus en plus importante, la défini- tion actuelle du contenu laisse un sentiment mitigé de qualité. La HD va révolutionner tout cela en offrant une sensationde qualité jamais égalée,y compris sur de très grands écrans. Il existe en effet un véritable engouement pour une meilleure qualité (il suffit d'observer le boom desventes de lecteurs de DVD, et des home cinéma pour s'en ren- dre compte). Mais la TVHD nécessitede revoir les autreséléments de la chaîne,dela production descontenusà la compression de ces contenus, à leur distribution et à leur exploitation par les terminaux numériques, ou par l'utilisation des futures normes de DVD nouvelle génération (Blu-ray ou DVD HD ?). Et là encore, grâce aux évolutions technologiques importantes de cesdernièresannées,les nouveaux codecs de compression, les nouveaux supports et technologies laser, il est possible de distribuer ce type de signal de facon efficace. Les lancements réussis aux Etats-Unis deschaînesde TVHD, sur le satellite ou sur le numérique terrestre, offrant du contenu cinématographique mais également sportif de haute qualité, montrent qu'il existe une vraie demande des spectateurs, axée davantage sur la qualité que sur la quantité. Et la radio ? Curieusement, cette envie de numériser les signaux ne s'est pas manifestée de la même façon dans le domaine de la radio. Les bouquets satellites proposent certes de la radio numérique, mais l'essentiel de la démarche d'abonnement est lié au contenu vidéo. La technologie DAB (Digital Audio Broadcast) existe pourtant depuis de nombreuses années mais sans succès réel commercial. II est d'ailleurs intéressant de constater que cette technologie commence à ren- contrer maintenant un certain succès de déploie- ment, au moment où, d'une certaine façon, le numé- rique est partout et les consommateurs veulent du numérique. Il est à noter que cette technologie connaît aujourd'hui ce succès notamment parce qu'elle est une alternative très crédible au transport de vidéo dans le cadre d'équipements mobiles. Il est vrai également que des réseaux de radio satellites ont un succès intéressant, et notamment aux Etats-Unis. Mais si la numérisation des signaux de radio ne s'est pas faite avec le même type de révolution que nous avons connu pour les services vidéo, c'est en fait pour des raisons assez simples à com- prendre : 'D'une part la qualité du transport du signal (grâce aux types de modulation utilisés, et notamment la FM) est tout à fait suffisante pour recevoir de façon très correcte les signaux . D'autre part la bande passante offerte par les fréquences radio était suffisante pour distri- buer un grand nombre de programmes de radio. Les enjeux n'étaient donc pas comparables aux enjeux qui ont incité les opérateurs de bouquet de TV à numériser, compresser et diminuer la bande passante de façon très importante (diminuer les coûts,augmenter le nombre de services et l'attrac-ouc tivité des bouquets). 74 REE N,i Mars2006 Passage de l'analogique au numérique Le numérique et la protection du contenu Une des difficultés posées par la mise à disposition de contenus en numérique est liée directement à leur qualité : en analogique, une copie à partir d'une source donnée est toujours de moins bonne qualité que la source elle-même. De proche en proche, la duplication sur cassettes de musique, ou sur VHS de vidéo donne des résultats assez médiocres. Au contraire, un contenu numérique peut être copié, et la copie a les mêmes caractéristiques que l'original. De ce fait, il est facile de dupliquer et dif- fuser le contenu sans perte de qualité. C'est ainsi que l'arrivée des graveurs de CD a fait un tort important à l'industrie de la musique. Plus encore, la disponibilité de plus en plus forte d'Internet à haut débit permet de mettre en place des réseaux de distribution parallèle, extrême- ment préjudiciables aux majors de l'industrie musicale. Depuis quelques années, outre les messages d'éducation des consommateurs sur le danger (pour l'industrie, pour la musique elle-même, et à terme pour le consommateur) à copier des conte- nus musicaux, et en parallèle d'actions policières ou judiciaires pour sanctionner de tels agissements, l'industrie de la musique et les fournisseurs de technologie ont mis en place des technologies de protection du contenu : la DRM (Data Right Management). Ces technologies, pas encore tout à fait mûres, et notamment pas tout à fait inter-opérables entre elles, commencent cependant à apparaître dans le monde de la musique, pour permettre de protéger les contenus, permettre également de télécharger en toute légalité cette fois des morceaux musicaux en MP3 pour les utiliser ensuite sur des équipe- ments variés. Ces mêmes technologies devront être mises en place pour la distribution des contenus vidéo numérique, et notamment dès que les équipe- ments de salon fourniront des sorties numériques (ce n'est pas le cas aujourd'hui, ces équipements, terminaux numériques, lecteurs de DVD, PVR, ont des sorties analogiques adaptées aux téléviseurs actuels). Pour ce qui est des opérateurs de télévision payante, qui distribuent des contenus numériques en mode diffusion, les technologies mises en place sont assez différentes des technologies de DRM. Les systèmes d'accès conditionnel utilisés par ces opérateurs permettent de donner des droits à des abonnés, pour des types d'événements particu- liers, et ainsi de contrôler l'accès à des program- mes diffusés en temps réel. Mais évidemment, une convergence sera néces- saire entre ces deux types de technologies (DRM et Accès Conditionnel). En effet, les opérateurs de télévision payante commencent à mettre en oeuvre des terminaux à valeur ajoutée de type PVR (Personal Video Recorder). Ces équipements per- mettent d'enregistrer sur disque dur des contenus que l'abonné visualisera plus tard. Nous sommes donc dans le même cas que pour la distribution " classique " : des solutions de DRM sont mises en place pour permettre ou interdire la copie du contenu, et contrôler le nombre d'utilisations de ce contenu, par exemple. A partir du moment où la chaîne complète sera numérique, et notamment à partir de l'arrivée de laTVHD, les industriels, les fournisseurs de tech- nologie et l'industrie du contenu (majors et opéra- teurs de télévision) doivent s'entendre sur les moyens de protéger le contenu, de manière que cette industrie s'affranchisse du risque de piratage massif, au détriment de l'ensemble des acteurs, et en final du consommateur lui-même. La mobilité Le mode de vie numérique séduit de plus en plus les consommateurs. Ils emportent déjà avec eux une partie des contenus dont ils disposent sur des équipements portables (lecteurs MP3, PDAs, lec- teurs MPEG-4 pour la vidéo, etc.). Le dernier saut technologique sera lié à l'obtention du contenu au moment où on le souhaite, sur des équipements portables (téléphone portable, PDAs, ou autres). Les opérateurs de téléphonie mobile ne s'y trompent pas, et commencent à pousser ce type de services. Des services 3G (UMTS) sont actuellement propo- Il 1- ses par quelques opérateurs en France et dans le monde. Ils permettent d'obtenir des contenus en mode connecté (mode point à point, entre le mobile et le serveur, à travers le réseau mobile, la vidéo et l'audio sont transmises sur IP). Les opéra- teurs pourront ainsi offrir des contenus en mode "à la demande " à leurs abonnés. Mais ce n'est pas suffisant, et c'est probablement limité (si ce mode de distribution avait un réel suc- cès, les réseaux mobiles seraient trop encombrés pour servir la demande d'une part, et les coûts associés sont trop importants pour permettre une économie d'échelle intéressante). REE NI, Mars2006 Repères 1 LA TELEVISION NUMERIQUE Lidée est donc de proposer également des contenus en mode diffusion, sur des normes de diffusion adaptées à cette problématique. Ainsi, DVB a défini une norme spécifique, compatible avec DVB-T (norme de diffusion des contenus numériques pour le réseau terrestre) : le DVB-H. Cette norme permet de diffuser des contenus spécifiquement pour les appareils mobiles (équipements de voiture, PDAs, téléphone mobile). De plus, la norme DAB (mise en place pour numé- riser les radios) offre également des possibilités de diffuser des contenus vidéo. Dans quelques années, le consommateur aura donc, dans son environnement numérique, la possibilité de voir des contenus vidéo et audio en direct (en mode diffusion), dans sa voiture, sur un PDA ou un téléphone mobile), mais également en mode à la demande (VOD), en utilisant comme un complément les technologies 3G, pour obtenir par exemple les dernières informations, les meilleurs moments d'un match de football, etc. Les différents acteurs de cette chaîne (opérateurs telco, opérateurs mobiles, et fournisseurs d'équi- pements mobiles) réfléchissent à la meilleure stratégie pour développer ces services. La relative fragilité des supports numériques Le contenu numérique est globalement de meilleure qualité que le contenu analogique lui-même. De plus, il est possible de copier ce contenu, sans aucune perte entre la copie et la source. Mais il reste un problème important, et sur lequel nous ne possédons pas encore suffisamment de recul : la pérennité des supports. Les supports CD et DVD, par exemple, ont une pérennité moyenne, et les informations stockées ont des risques importants de se détériorer au fil du temps. Le fait donc de stocker du contenu numérique personnel sur de tels supports est un risque pour le consommateur non averti. II est indispensable de réaliser de nouvelles sauvegardes des contenus et cela de façon régulière . (lesdurées de vie ne sont cependant pas encore connues,). Les supports de type magnétique offrent en général une pérennité meilleure (disques durs, stockage par bande magnétique quelconque). Mais là encore, des défauts peuvent intervenir qui mettent en péril le stockage d'informations, la taille des supports ne cesse d'augmenter, le risque augmente en parallèle. Qui n'a pas subi un défaut majeur sur un ordinateur, obligeant à réinstaller et reformater totalement le fameux disque dur sur lequel des données (photos, vidéo, musique, documents) étaient stockées, données perdues à jamais ? Cette problématique importante n'est à ce jour pas résolue. Certes, on peut imaginer que la technologie évoluera favorablement et proposera des supports de plus en plus fiables dans le temps. Mais de toute façon, il sera indispensable de proposer aux consommateurs des produits leur permettant de réaliser facilement des sauvegardes régulières de leurs contenus. Il en est de même à une plus grande échelle encore pour les fournisseurs de contenus. Et cette indus- trie a pris ces contraintes en compte pour avoir des copies et des duplications du contenu dans des endroits différents. Ei Ed e u r s JeanFrançoisJézéquelet MichelBoukhobzaont activement participédepuis1993auseindu GroupeCanal+,à la naissance delatélévision numériqueet à l'avènementdestechnologiesliées àcemétier.Entre1993et 2001,ilsoccupenttouràtourdespostes dedirectiontantauniveautechniquequecommercialet marketing auseindeCanai+fechnobgies,participantainsiàlacréationetàla commercialisationdestechnologies liéesàlatélévision numérique. Ils rejoignentle GroupeCANAL+entre2001et 2003,où Jean- FrançoisJézéquelprendenchargeladirectiontechniqueduGroupe Canal+,avecpourmissionsdedéfiniret d'orienter leschoixstraté- giqueset technologiquespour l'ensembledes opérateursdu GroupeenEurope,et de mettreen place lessynergiesnécessai- resentrecesdifférentsopérateurs En début 2003 ils créent ChallengeMedia Management, Sociétéde conseilenstratégieet technologies,dansle domaine des médias,et particulièrementdansle domainede la conver- gencenumérique,autourde latélévisionnumérique.C2Mbase son savoir-fairesur l'expertisede sesfondateurset desexperts seniors quiinterviennentdanslecadredesesdifférentesmis- sions:forteexpertisetechnologique,marketingdestechnologies,sup- portà lacommercialisationet cesurunezoneeuropéenne. Challenge MediaManagement www.challengemedia.com info@challengemedia.com REE No' Mars2006