L'avion solaire

31/08/2017
Auteurs : Denys Klein
Publication REE REE 2006-4
OAI : oai:www.see.asso.fr:1301:2006-4:19733
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L'avion solaire

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r > L'article invite Lavion solaire < L'avion solaire Denys KLEIN, Membre Senior de la SEE Membre du Comité de Publication de la REE Un événement aéronautique sans précédent s'est produit le 7 juillet 1981 : le premier raid Paris-Londres en avion solaire sans escale. Le Salon aéronautique du Bourget venait de fermer ses portes, et les médias n'ont alors prêté que peu d'attention à l'exploit de Paul MacCready (figure 1), l'avionneur qui avait conçu et fabriqué le Solar Challenger, premier avion véritable- ment " tout électrique ", et de Steve Ptacek, son pilote. Son premier raid fut aussi le dernier : dès le lende- main, le Solar Challenger regagnait les Etats-Unis (à bord d'un banal avion-cargo), pour figurer au Smithsonian's National Air ad Space Museum de Washington', juste en dessous d'un autre avion de légende, le Spirit of'Saint Louis de Charles Lindbergh. Un sommeil d'un quart de siècle a alors frappé d'hyp- nose l'aviation solaire, jusqu'à ce qu'un prince charmant, Bertrand Piccard, vienne enfin éveiller la belle endormie, et engendrer un nouveau-né prometteur, le Solai- Iinpiilse. Le Solar Challenger Le Solar Challenger s'inspirait de la libellule, de l'al- batros, de la pelure d'oignon, du fil de ver à soie, du nid d'abeille, du ptérodactyle et des planeurs de compétition. Cet objet volant non immatriculé, mais bien identifié, répondait au double souci de conjurer deux maléfices fatals : celui d'Antaios (ou Antée) et celui de Daidalos 'm u "m '0 m ! > m a : ,/ro ro lmro EE ro ' " '07 uf mo- - c o 2' Figii ; -e 1. Tel Robiti- le coiiqliéi-ant, héros de Jttles Vei-ne, Paul MacCi-eady a choisi des iiiatéi-iaïix synthétiqiie. pozir réaliser la strtrctzrre de son aéronef, dont il présente ici la iiiuqitette, et l'étecti-icité poii ; - le pi-optilsei-. Avioiiiietti- et avia- teiii ; il a ieiiil7orté en Fi-aiice le titre de chaiiipion du iiionde de 1101 à voile en 1956, et s'est adjîtgé en 1979 le prix Kreiizei- potii- avoir coii.triiit le Gosseiiiiei- Albatro.s, pi-etiiier avion à pi-opittsioiî hiiiiiaine à avoil-fi-aiichi la Mai7che. Le Solii- Challe2,cei f-igure inainteiiant au SÉietice Mitseli) i of Vii-giiiia de Richmond. 41umàlrmmmb SYNOPSIS Lidée d'un avion propulsé uniquement par l'énergie solaire revient à un vélivole américain, Paul MacCready, fidèle défenseur de l'en- vironnement et partisan des énergies renouvelables, qui a utilisé des photopiles issues de la conquête spatiale pour faire effectuer un raid Paris-Londres en 1981 à un avion de structure arach- néenne, le Solar Challenger. Resté longtemps sans lendemain, son exploit a inspiré à Bertrand Piccard l'idée d'un avion solaire capable de voler aussi de nuit, et d'affronter des vols de plusieurs jours sans escale et sans ravitail- lement. Mû par des préceptes éthiques, auréolé par son premier tour du monde sans escale en ballon non propulsé, ce petit-fils et fils d'illustres conquérants de cimes et d'abîmes a su fédérer un grand nombre de talents pour créer le Solar Impulse, dont le pre- mier vol est prévu en 2010. The idea of an aeroplane powered by solar energy alone dates back to an American glider pilot, Paul MacCready, an untiring guardian of the environment and renewable energy protagonist who exploited solar cells used for space travel to carry out a Paris- London flight in 1981 using an aeroplane with an arachnidan struc- ture, the Solar Challenger. This achievement, which for a long period went without any fol- low-up, insplred Bertrand Piccard with the idea of a solar aero- plane also capable of night-time navigation and flights lasting several days without stop-offs or supplies. Motivated for ethical reasons, and empowered by his first non-stop world tour in a non- motored balloon, this grand-son and son in a family of distingui- shed conquerors of the skies managed to bring together a large number of talented people in order to create the Solar Impulse, whose first flight is scheduled for 2010. REE N4 Avril 2006 > L'article in vité i ) L'avion solaire < (ou Dédale). Le premier, fils de Gaia (la terre), ne repre- nait de force qu'à condition de toucher terre ; le second avait voulu faire évader son fils Icare du labyrinthe en le dotant d'ailes faites de plumes collées à la cire. En faisant fondre cette cire, Phoihos (ou Phébus, le soleil) devait anéantir le rêve d'Icare, pionnier de la conquête de l'air. Paul MacCready, véritable magicien de l'aéronautique, de la résistance des matériaux, des photo- piles au silicium et des aimants à base de terres rares a su conjurer les maléfices et combler l'insuffisance technolo- gique des héros de la mythologie grecque, en décidant d'intercepter les rayons du soleil au lieu d'en subir l'effet thermique. Réconciliant Phébus et Icare, il a créé le pre- mier avion capable d'assurer son propre avitaillement au décollage et en vol. Caractéristiques du Solar Challenger Les membrures qui constituent l'ossature de l'appa- reil sont en nid d'abeille de papier aramide, mis au point pour l'isolation électrique des bobinages. Les haubans sont en fibres aramides à haute ténacité, développées pour le frettage des enroulements et des aimants tournants. Le fuselage et les ailes sont revêtus d'un film de téréph- talate de polyéthylène, matériau qui constitue habituelle- ment le diélectrique des condensateurs miniatures. Le pare-brise est en polymétacrylate de méthyle, et les roues du train d'atterrissage sont en résine acétal. La soli- dité de la structure est telle qu'elle peut supporter des accélérations positives de 6 G (soit six fois la pesanteur terrestre) et négatives de 1,5 G. Les 16 128 photopiles au silicium monocristallin qui couvrent les ailes et l'empennage horizontal, sur 22 mètres carrés, sont une retombée directe de la conquête spatiale. L'hélice a été déterminée sur l'ordinateur du ivassachitsetts Institzrte of Technology, programmé pour considérer l'air comme un fluide de basse viscosité. Elle pèse moins de 600 grammes, et achemine 2 kilowatts à 326 tours par minute, sous un couple de 58,6 newtonmètres. Les deux minuscules moteurs à collecteur, magnétisés par des aimants pennanents au samarium-cobalt, sont dis- posés en tandem, et entraînent l'hélice à pas variable grâce à un réducteur à courroie crantée de rapport 1/23. Ils ne consomment, malgré leur petite taille, que 40 ampères à eux deux sous 70 volts. Chacun d'eux est alimenté par une moi- tié des photopiles et fournit un kilowatt mécanique. Le vent de la vitesse suffit à assurer leur refroidissement. Le pilotage Avec une masse au décollage m - 133 kg, pilote et parachute compris, l'avion doit décoller vers le nord- ouest ; en période de solstice d'été, dans l'hémisphère nord, l'extrados des ailes (incliné vers l'arrière) reçoit du _______________________________________________________________________' " - "'___________t _ Q_//\ "'. ; :.''-4-''---'-- l " ' : -,' : --' v-="' :1' " -,.,t- " ,'. .' . cr ro ro = \,ilS,\'1 l'. \,'.'. 0 .,.\ CD o -o 1-'igiti- ( 2. Jai7ice Bi-owi7, iélivole électi-o-,ol (iii- ( soleil une puissance suffisante dès le milieu de la mati- née. Par vent nul, le décollage se fait à 27 kilomètres à l'heure, soit v - 7,5 mètres par seconde. La traînée f, vaut 0,5 p C\ S V2,où C, est le coetricient de traînée, p la masse volumique de l'air (qui vaut 1,18 kilogramme par mètre cube à la température de 25'C au niveau de la mer), et S le maître couple du fuselage et des ailes. Avec une envergure de 12 m, on estime le produit S C, à 3,3 mètres carrés. La traînée f, atteint 0,59 x 3,3 x 7,52 = 110 newtons. La puissance nécessaire à la propulsion horizontale vaut alors f, v = 825 watts. La portance f, est donnée par le produit 0,5 p C, S V2,où Ci est le coefficient de portance. L'avion décolle dès qu'elle égale le poids, produit de la masse m 133 kg par l'accé- lération de la pesanteur G - 9,81 mètres par seconde car- rée, soit 1305 newtons, ce qui suppose une finesse C/C, voisine de 12. Le premier vol du Solar Challef2ger a lieu en Californie sur quelques kilomètres le 20 novembre 1980, aux mains de Janice Brown, jeune institutrice éprise d'aéronautique (figure 2). Il est suivi d'une soixantaine de vols hivernaux probatoires, à altitude et à vitesse réduites, car les journées sont courtes, et le soleil très bas sur l'horizon. A l'approche de l'été, les pionniers s'enhardissent, et envisagent de plus hautes altitudes. Au cours de la mon- tée, la masse volumique de l'air diminue, ce qui impose à l'avion de voler plus vite, jusqu'à 56 km/h en vitesse de croisière. La puissance reçue des photopiles croît heureu- sement, puisque l'épaisseur de la couche d'atmosphère que doivent traverser les rayons du soleil va en dimi- nuant, et que l'assiette de l'avion permet aux ailes d'in- tercepter davantage de rayonnement solaire s'il va vers le nord. Le surcroît de puissance AP - 1175 watts ainsi obtenu permet une vitesse ascensionnelle v de 0,85 mis, donnée par le quotient AP/mG. Le raid Le décollage a lieu à Il h 28 le 7juillet 1981 au départ de Cormeilles-en-Vexin, l'aérodrome parisien le plus pro- REE N 4 Avrfl2006 iens ! on U \ \ \jHyperbo ! es i Hyperboles r*.'max !ma!e de puissance maxlmaleo 1 A B tnax ry) a e. -p ICC3 COLirait 1 -0 faibie moyen fort ensoleillement Figiii-e 3. Le cotti,aiil de cotii,t-cit-citit I,, d'iiiqe photopile ci-oîl linéairement avec l'ensoleillement ; sa tension à vide E ne ci-oît qtie li-è, peti avec cellii-ci. Si pui- e-iei7iple 017 pai'l dit point A, qtti est iiii optiiiiiiiii à etisoleilleiiient iiiolveii, et si le soleil.e Iiionti-e généi-eziy, ilfatit atiuj ; îeiiter le pas de l'hélice, donc le coiiple dcinaiidé ait ii7otelii- de pi-optilsioii, donc le coti- rant a6sor6é, pozn-gagner le point B, nouvel optimzrn à ensoleilleiiieiit foi-t. Pal-adoxaleinent, la e dit iiiotelir ne change pi-esqi (e pas, piti,qite sa ten.ioti d'aliiiiei7tatioli varie très peu. che de Londres. Le pilote ruse avec la caractéristique U f (I) des photopiles (figure 3) : tenant d'une main le man- che à balai, il actionne de l'autre le levier de variation du pas de l'hélice pour en tirer le maximum de puissance. L'oeil rivé sur le wattmètre, il corrige chaque diminution de puissance en diminuant le pas (si les volts font défaut), ou en l'augmentant (si les ampères font défaut). Il exploite cette puissance maximale pour accroître son alti- tude (et stocker davantage d'énergie potentielle), ou sa vitesse (pour arriver plus tôt). Ses pieds commandent le palonnier conventionnel qui lui permet de choisir son cap, le plus septentrional possible Une heure et demie est nécessaire pour atteindre l'altitude de régime, vers midi à l'heure solaire. Steve Ptacek a ordre de gagner au moins 3500 mètres d'altitude avant d'aborder la côte francaise de la Manche : si lesï nuages venaient à masquer le soleil, l'avion serait alors assez haut pour la franchir en vol plané. Une finesse de 12 permet en effet de parcourir sans l'aide du moteur une distance horizontale 12 x 3,5 km 42 km, suffisante pour traverser le Pas-de-Calais. A 16 h 53, heure anglaise, le Solar Challenger (figure 4) se pose dans le Kent à Manston, base aérienne qu'utilisait la Royal Air Force pendant la deuxième guerre mondiale. C'est l'aérodrome londonien le plus proche de Paris : on pourra donc homologuer comme un record ce premier vol solaire de capitale à capitale, long de 262 kilomètres, par- courus en 6 heures 25 minutes. Paul MacCready a le triomphe trop modeste : « Je ne pense pas que l'avion solaire ait un avenir quelconque, , >, . ro E E ...' ; ; ; : CU "''' ! -' - ° _________________________________________..: ;''''''''' ' :', 15 = 0.. O Figt (i-e 4. Le Solar Challenger en plein vol. On i- (iiiai-qite que 1'empennage ventical est disposé de fâçon à ne pas fâir-e d'ombre à l'empennage hor-izontal. 1 avait-il dit un an auparavant, à la suite du premier vol solaire de quelques kilomètres réalisé le 18 mai en Californie par son fils Marshall (un poids plume de 13 ans, 32 kilos) sur le Solar Penguin, un embryon d'avion solaire. Ce qzie,j'ai iloitlti, c'est déinontrer l'ficacité des photoliles, porii- qiie le pitblic soittienne leiir développe- meiit et leur utilisation dans la vie de toits les jotirs. » Le Solar Impulse Bertrand Piccard est devenu célèbre en réussissant le premier tour du monde en ballon sans escale le 21 mars 1999, après 19 jours, 21 heures et 55 minutes à bord de la rozière'Breitling Orbiter III, en compagnie de Brian Jones. Il se propose aujourd'hui, après vingt-quatre ans " d'éclipse ", de continuer l'oeuvre de Paul MacCready. Inspiré par le même esprit de parcimonie en matière d'énergie douce, il veut rendre possible le vol de nuit en avion solaire, ce qui suppose l'empor-t de batteries d'accumulateurs auxquelles Paul MacCready avait délibérément renoncé en 1981, pour ne pas alourdir son appareil. Bertrand Piccard explique lui-même « Le défi consiste à concevoir un avion capable de décoller de manière autonome, pins de monter jttsqti,à 12 000 mètres d'altitude, et de se maintenir en vol pendant plu- sieurs iolirs sans aucun carburant, en ne se propulsant qu'avec l'énergie captée par des cellules solaires mon- tées sur les ailes. De plus, il fatidra utiliser 1 1 énergie accumulée pendant la journée pour non seulement faire voler l'avion mais également recharger des batteries et assurer ainsi le vol de nuit. Le pilote aura donc la néces- sité absolue de se retrouver chaque soir avec des batteries 22 On appelle rozière le ballon mixte inventé par Pilâtre de Rozier, pionnier de l'aérostation (1754-1785), qui coi-nbine une enveloppe étanche conte- nant un gaz plus léger que l'air (de l'hydrogène autrefois, de l'hélium aujourd'hui) et une enveloppe ouverte contenant de l'air chaud. REE N4 Aviil 1006 > L'art ici e vité > L'avion solaire < ,Gr b Î' , /, y.rs" CD m i. a : . nv J k h,/éIro ro 0. .m = o o = 0. Figiii,e 5. Berti-ciiid Piec,ci-d est le petil-jil., d'Aiigtiste Piceai-d (1884-1962), piontiiei^ dit ol Ylralosihéi-iqiie en 1) illoii et ii7tciiielit- dit Batilyscaphe, et lefit. Éle Jacqiies Piccai- (I, qui a i-ézis.i en 1960 i (iie ploiigée de 10 916 iiièti-cs dtiii. la fosse des îles Mcii-iat7iies, à l'eài des Philipl) iiies- pleines et d'éconoiiiisei- ait iiiaxiiiiiiin l'énergie à dislosi- lion potir teiiir l'aii-ji (sqz t'ait leyei- dLy soleil scrivant. » Plusieurs impératifs technologiques s'imposent pour relever ce défi : donner aux ailes un grand allongement pour diminuer la puissance nécessaire au vol ; utiliser le maximum de surface d'extrados des ailes pour y disposer les photopiles, et les faire travailler à leur puissance maxi- male ; choisir pour celles-ci non seulement celles qui donnent la meilleure puissance surfacique, mais la meil- leure puissance massique ; adopter des batteries au lithium stockant la plus forte énergie massique, pour assurer la propulsion nocturne ; opter pour des moteurs synchrones magnétisés par des aimants tournants au néo- dyme-fer-bore, les plus performants en matière d'énergie magnétique volumique ; pressuriser et climatiser le cock- pit pour que le pilote supporte la raréfaction de l'air et le froid qui sévissent dans la stratosphère (figure 6). Une équipe pluridisciplinaire travaille avec l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne sur les domaines concernés : aérodynamique des ailes, des empennages, h' f .u.a. : ; '' : 1 ARIMPULSI r SOLVAY Fi,ui (i-e 6. Le coiifi) i-1 (,ffei-1 I) ai- la (-ibitie de pilotage est iiioiiciccil. D'iiii aéi-ocli,nciiiiisi7ie poii,y,é, elle doit abi-iiei- le lrain d'allei,rissage bic *vcle, et coiîteiiii- le., éqitipeiiieiii. très élaborés qiti.faciliteni la iqaigition, ilitot'iseiit le,%, vols nocturnes, rendent l'air respirable et la température supportable. des nacelles porte-hélice et du cockpit ; résistance des matériaux constituant les membrures et le revêtement du fuselage et des ailes ; tenue aux climats extrêmes (de - 50° C à + 70° C), à la condensation, à la pluie, à la neige, au givre, et à la grêle ; électronique et électrotech- nique ; instruments de localisation et de navigation, tableau de bord, aide au pilotage.c Quelques chiffres apparaissent : envergure de 70 à 80 mètres, masse 2 tonnes, puissance maximale totale dévo- lue à la propulsion 24 kilowatts, puissance maximale attendue des photopiles 35 kilowatts, énergie stockée dans les batteries 80 kilowattheures (qui s'ajoutent aux 50 kilowattheures emmagasinés sous forme potentielle par le gain diurne d'altitude de 3000 à 12 000 mètres). Avec une finesse C/C, attendue de 50, la traînée serait de 400 newtons, d'où une puissance de propulsion de Il kilowatts en vol horizontal à 12 000 mètres d'altitude et à 100 km/h, la vitesse de rotation des hélices étant de 800 tours par minute. Cette puissance serait réduite de moitié à 50 km/h au niveau de la mer, avec des hélices tournant deux fois moins vite. Une gestion rigoureuse de la puissance électrique fournie par les photopiles s'impose, par une recherche savante du point de fonctionnement où le produit de la tension par le courant délivré est maximal. C'est le rôle du MPPT (maximum power point tracker, figure 7), auto- mate qui se substitue à l'action manuelle qu'exerçait Steve Ptacek sur la commande du pas d'hélice du Solar Challenger ; il est vrai que ses photopiles n'avaient alors qu'un seul " abonné ", le moteur de propulsion, alors que celles du Solar Irnptrlse doivent desservir tout un réseau... REE No 4 Av ri I2006 > L'article învité > L'avion solaire < yL/ t ^ 1?Irtitie.inv.'·astc, " "., i 1 j j -4 M- J.tH'jLt-rt-t-' , 1 ! 'r - î ;;t ;, C j'c:, :",, : :s';<,,..' : , [%J: " " l,.,. :r::..<.., 1.. - -, ---. -..... : mH1Ilff -,. :.. -,.... -'-,'- 1 UII[m'.c,_.,,....t' .' :. {t.' n... " -- ";"'Y "'. 1 , ;.....,,'l -- " "'-r.-' -,.,--, t... :)-.,. _r-.+ ! C :,' i j l mm [%J'-, .... tonvt" l BU » PIY Iiut (riei ; Motor Moitt'enclSolr Mt'l "l' nnt.umo i wvcr au " 1 Cel.ls E f ! l Y propcllce (oonvcrtr). HtMiJt L'' << ij.m nr r Mt'i''t Bt'-s Mr ot [anf ! } nrmm'we : Bupp!y pfopcïïct : (ounvcfk) Figzrre( 7. A.fiii dc lie pei-di-e ciiicit ; i des Igi-é (-iei (x ",att, eligeii- cli-és pai- les photol) iles, oii les fait li-aviillei- ait poiiit de pt (is- sance ai-êice èi des c-oni,ei,tissei (i, c-oiifinif-coiitiiîzi MPPT programrrrés dans ce but. (Schéiîia de la i- « ëi-eii (,e biblioul-al ? hiclite [5]) Conclusion Il fut un temps où les poètes chantaient les exploits des pionniers de la conquête de l'air. Victor Hugo célé- brait l'accession des humains à la troisième dimension de l'espace en inventant le vocable de « voyage perpendicu- laire » [8], et Sully Prudhomme mesurait l'audacieux essor des aéronautes selon le " déclin du mercure " (du thermomètre, ou de l'alti-baromètre ?) [9]. Plus proches de nous, Ernest Pérochon, Joseph Kessel et Antoine de Saint-Exupéry enthousiasmaient leurs lec- teurs en donnant à leurs récits aéronautiques la saveur d'une épopée. Au XXI'siècle, pour traduire en un langage évocateur l'état d'esprit des chercheurs, ingénieurs, techniciens, étu- diants et mécènes qui contribuent à l'avènement prochain du Solar Iiiipiflse, il faudrait un poète qui sache faire rimer par- cimonie et autonomie, électronique et avionique, Antaios et Phoïbos, odyssée et épopée, héliotropes et nyctalopes, globe-trotters et supporters, esthètes et ascètes... Bibliographie [Il " Uavlon électro-solaire, " par Denys KLEIN, Revue Française de 'Electricité n'273, juin 1981, p 65-67 [21 " Traversée aérienne de la Manche " Revue Française de l'Electricité n'274, septembre 1981, p. 72. a E tL 0 - ro F 5 % 'x iY ir.., F. m . n iy,n ' F âHt : l'Aii-liijç, A Sf) 7tiialia- . -.'c om 'PiF..a.rae wfl t`,.,'Rt`, e Y Crp·'-¢.,q.,,a'59Fk'n"'.,d,V,`t SâY, 7 f. --5'ezP F 5 t.i a ';:' Fiomro R Io naôrno omvarortra nma 7'Airhac,4 7Rn nlmolla_ Figzrre 8. De iîîêi7ie eni) ei-giti-e qtie laii-biis- A 380, aciiielle- ment le plus gros avion de transport du mode, le Solar Impulse aiii-a des ailes de ti-ès gi-and alloiigeiiient, en vite de.làorisei- non seitleii7ent la.finesse C-IC,, iiiais le coflicieiii sans diiiien- sion CD,IC,2 qiti optiiiiise le qitotient dit poids par la puissance de propulsion. [31 [4] f5l 161 [7] 181 191 [10] "Le défi du petit-fils de Toumesol. un tour du monde en avion solaire ", La Nouvelle République, 26-27 février 2005. "Le Solar Impulse prend forme ", par Gil ROY,Air et Cosmos n'1988, 17 juin 2005. "Multi-Physic Model for Brushless DC Motor : Optimization Process ", par P RAGOT, M. MARKOVIC and Y PIERRARD, 6th International Symposium on Advanced Electromecha- nical Motion Systems, Lausanne, September 27-29, 2005. "Le tour du monde avec Apollon ;' par Alain WEY, Revue suisse n° 5, octobre 2005, p. 18 et 19. "Solar Impulse sera un ULM d'environ deux tonnes ", inter- view dAndré BORSCHBERG par Eric SAUDEMONT, Revue de l'Electricité et de 'Electronique n'9, octobre 2005, p. 13. Lettre de Victor HUGO à l'aéronaute Gaston Tissandier, le 9 mars 1869. "Le Zénith ;' poème de Sully PRUDHOMME en hommage aux deux aéronautes Crocé-Spinelli et Sivel, auteurs du pre- mier vol stratosphérique en 1875, avec Gaston Tissandier, à 8600 mètres d'altitude. "Renewable Solar Energy for Travelling : Air, Land, and Water ;'by Pau , MACCREADY, edited byYogi GOSWAMI, University of Florida, published by American Solar Energy Society, Boulder, Colorado, 2005. L'a u t e u r Ingénieur ESE,DenysKleina exercésacarrièreà laCompagniede signauxet entreprisesélectriques dansdifférents domaines ferro- vlaire, marine,aéronautique,spatial, éclalrage scénique, cmur arti- ficiel, etc II a participé en 1965au lancement du premier satellite français.Adhérant depuis 1951à la Sociétédes Radioélectriciens, devenueSEE, ilen est membre senior depuis2004.Ancienprofes- seurà l'ISEP à l'ENSTA, àIRIA,seurà l'ISEP à l'ENSTA, à l'IRIA, il a été nommé chevalier de l'Ordre des arts et des lettres en 2005. Il fait partie du Comité de publica- tion de la REEdepuis 1983,et a publiéunevingtained'articlestech- niques. REE NO 4 Avril 2006