Analyser Fukushima : pour poursuivre l’exploitation et le développement d’une filière nucléaire sûre

26/08/2017
OAI : oai:www.see.asso.fr:1301:2011-6:19584
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Résumé

Analyser Fukushima : pour poursuivre l’exploitation et le développement d’une filière nucléaire sûre

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	    <date dateType="Updated">Sat 26 Aug 2017</date>
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REE N°6/2011 ◗ 45 LE NUCLéAIRE APRèS FUKUSHIMA Hervé Machenaud Directeur exécutif du Groupe EDF Production Ingénierie L’enchaînement technique des événe- ments et ses conséquences Le séisme et le tsunami qui ont frappé le Nord-est du Japon le 11 mars 2011 ont été d’une violence et d’une brutalité historiques. Ils ont notamment été le déclencheur de l’accident de Fukushima, troisième ac- cident grave de l’histoire du nucléaire civil, après ceux de Three Mile Island (USA) en 1979 et Tchernobyl (Ukraine) en 1986. Les événements qui se sont produits dans la cen- trale nucléaire de Fukushima Daiichi doivent conduire les exploitants nucléaires dans le monde à regarder avec lucidité et sans concession ce qu’il en est de la sûreté de leurs centrales nucléaires, de leurs pratiques en matière d’exploitation et de maîtrise du risque. L’accident est d’abord l’une des conséquences du séisme et surtout du tsunami, qui a eu des effets bien plus dévastateurs sur les populations que l’accident nucléaire lui-même  : 22  000 personnes disparues, plus de 500 000 rescapés qui ont perdu leurs habita- tions et leur travail, une région durablement dévastée sur des centaines de kilomètres, des amas de détritus parfois toxiques et qui rendent les opérations de dé- blaiement complexes, longues, voire problématiques. Par contraste, à Fukushima, aucun décès par rayon- nement n’est à déplorer. Une personne est morte noyée par le tsunami et trois autres ont perdu la vie accidentellement sur le site au cours de l’année : une a fait une chute, deux autres ont fait des malaises vraisemblablement dus à la fatigue. Quatre victimes non radiologiques sont donc à déplorer en tout sur le site. Mais, du fait des mesures prises en matière d’organisation du travail et de protection des inter- venants, aucune des plus de 1  500 personnes qui Analyser Fukushima : pour poursuivre l’exploitation et le développement d’une filière nucléaire sûre The Fukushima accident was a major event of 2011. It must be put into perspective as part of the aftermaths of the historical earthquake and tsunami that devastated and soiled hundreds of km2 along the north-eastern shore of Japan. The natural disaster killed more than 20 000 people and left 500 000 more homeless and jobless. The subsequent accident in the Fukushima Daiichi nuclear power station fortunately made no radiation victim, but it clearly departed from the nuclear safety standards. It is the responsibility of the nuclear industry to learn from that experience, like it is used to doing from all operation events, specifically the most dramatic ones. Nuclear safety requires more than technology, it is above all a matter of industrial orga- nization, based on the capacity to use feedback, on strong operators that master their industrial tool, and on trustful national and international governance. Only then, can nuclear actors get the confidence of the public and other counterparts. To manage its responsibility as a nuclear operator, EDF has been the architect engineer of its own plants. It has got involved in their design and construction as well as operation. Therefore, EDF is in a position to continuously adapt its 58 units under ope- ration in France to the experience cumulated at home and globally, and to the evolutive environment. As a consequence, the oldest plants are arguably the most proven, thus among the safest. As an illustration of the relevance of in-house engineering, EDF performed, in a few months, a comprehensive safety review of each nuclear power station under operation and construc- tion. It showed no major departure from safety objectives and some potential improvements to meet standards set higher after the Fukushima accident in terms of prevention and robustness against severe accidents and natural aggressions. Eventually, although the actual physical consequences of the Fukushima accidents have been limited to Japan, and more specifically to the plant's surroundings, reactions have been global. It stresses the need to enhance international cooperation among States under the authority of the IAEA and between nuclear safety authorities towards homogeneous safety standards. As for the operators, improving cooperation relies on a higher cross-commitment among them as a community and on a better visibility of the World Association of Nuclear Operators (WANO) as a professional authority. abstract 46 ◗ REE N°6/2011 LE NUCLéAIRE APRèS FUKUSHIMA sont intervenues sur le site n’a atteint une dose de l’ordre de 1 Sv au-dessus de laquelle les spécialistes considèrent que la probabilité de risque de développer un cancer un jour commence à croître. Selon le suivi médical, sept personnes ont reçu une dose supérieure à la limite légale fixée pour la gestion de l’accident à 250 mSv (la plus forte estimée à 600 mSv). Par comparaison, à Tchernobyl, une centaine de personnes avaient péri dans les premiers jours, après avoir reçu des doses pouvant atteindre 16 Sv. Quant à l’extérieur de la centrale, 80 000 personnes ont été évacuées préventivement dans un rayon de 20 à 30 km pour éviter une exposition excessive à la contamination ou au rayonnement permanent. Les autorités ont engagé des actions de nettoyage de la contamination, qui visent à en rendre un maximum à nouveau habitable normalement. Elles ont enfin pris des mesures de contrôle des produits alimen- taires et procédé aux retraits nécessaires. Bref, les conséquences de l’accident de Fukushima doi- vent être regardées dans leur réalité et replacées dans le contexte de la catastrophe naturelle survenue le 11 mars qui laissera par ailleurs des cicatrices profondes dans les paysa- ges et dans la société japonaise. Ceci étant, il n’est pas question de minimiser l’accident de Fukushima non plus. Même s’il n’est pas du même ordre de grandeur que celui de Tchernobyl, il fait clairement partie des accidents les plus graves que l’industrie nucléaire ait connus. D’ailleurs, la fusion du cœur d’un réacteur, a fortiori de plu- sieurs sur un même site, l’échappement de matière radioactive dans l’environnement, la nécessité d’évacuer des populations ne sont pas acceptables au regard des standards de sûreté d’une industrie comme le nucléaire. Et c’est sans compter les conséquences psychologiques et économiques induites par la peur générée, à juste titre ou pas, par l’événement. Alors que s’est-il passé et quels enseignements en tirons- nous en tant que responsables industriels ? Le 11 mars à 2 h 46 (heure locale), un tremblement de terre de magnitude 9 au large des côtes de Sendai a provo- qué une perte du réseau de distribution d’électricité dans le nord du Japon. Même si le tremblement de terre était d’une magnitude supérieure aux valeurs prises en compte au moment de sa conception, les réacteurs de la centrale de Fukushima Daiichi sont restés dans un état stable, garan- tissant ainsi la sûreté de l’installation, du fait de la mise en œuvre immédiate des actions de sûreté : arrêt automatique du réacteur, isolement du confinement, démarrage des auxi- liaires de secours… A 3 h 41, une vague haute de 14 mètres, selon l’autorité de sûreté nucléaire japonaise (Nuclear and Industrial Safety Agency - NISA), a submergé le site de Fukushima Daiichi et les six réacteurs qu’il accueille. Cette vague a stoppé l’ali- mentation électrique et les systèmes de refroidissement. Les pompes de refroidissement se sont alors progressivement arrêtées sur les trois réacteurs en fonctionnement – les trois autres étaient à l’arrêt pour maintenance. Le 12 mars, le toit du réacteur n° 1 s’est effondré sous l’effet d’une explosion d’hydrogène dans la partie supérieure du bâtiment réacteur. Le 14 mars, le réacteur n° 3 a subi le même dommage. Le lendemain, un incendie a été rapidement maîtrisé sur le réac- teur n° 4. La puissance résiduelle du cœur des réacteurs atteignait plusieurs dizaines de MW juste après leur arrêt automatique et continuait de dégager plusieurs MW une semaine après l’accident. Du fait de cette chaleur, les piscines de stockage des combustibles usés des réacteurs 1 à 4 se sont asséchées en une dizaine de jours, et celles des autres réacteurs dans les semaines suivantes. Le découvrement du cœur dans l’enceinte de confine- ment et celui du combustible stocké dans les piscines a initié le processus d’endommagement des assemblages combusti- bles qui a abouti à des rejets de substances radioactives dans l’environnement, essentiellement de l’iode et du césium, pendant les premiers jours de l’accident. Ces rejets sont sans grande conséquence dans le milieu marin, compte tenu de l’effet de dilution. Par contre, la contamination surfacique en césium a touché environ 500 km² autour du site, essentielle- ment vers le nord-ouest, dans la direction du vent. Au cours des neuf mois qui ont suivi, la préoccupation principale de l’exploitant a été de maintenir une circulation d’eau dans le réacteur, pour assurer l’évacuation de la puis- sance résiduelle décroissante, ce qui a permis d’atteindre en fin d’année, sans dommage complémentaire, l’état d’arrêt à froid sur l’ensemble des réacteurs. Intégrer le retour d’expérience relève de la responsabilité de l’exploitant pour garantir la sûreté des installations L’accident de Fukushima est dû à une catastrophe natu- relle brutale, imprévisible, qui a entraîné la destruction des centres névralgiques de la centrale, du fait de la perte des systèmes de refroidissement et de la mise hors service de l’alimentation électrique sur le site, mais aussi de l’absence de certains dispositifs de sûreté dont les accidents de Tcher- nobyl ou Three Mile Island avaient montré la pertinence, et de l’incapacité des secours à acheminer du matériel de remplacement. Ainsi l’accident soulève des questions quant à l’intégration du retour d’expérience en matière de concep- tion, d’organisation de l’exploitation et de préparation à des situations de crise. REE N°6/2011 ◗ 47 Analyser Fukushima : pour poursuivre l’exploitation et le développement d’une filière nucléaire sûre L’industrie nucléaire a la responsabilité de tirer le retour d’expérience de ce type d’événement pour toujours amé- liorer le niveau de sûreté des installations. Des évaluations de sûreté ont donc été entreprises sur les réacteurs en fonc- tionnement ou en construction, comme c’est le cas, a mi- nima, des événements majeurs survenus dans le monde. Par exemple, les accidents de Three Mile Island et de Tchernobyl avaient démontré la nécessité de disposer de recombineurs d’hydrogène, de filtres à sable, de turbines auxiliaires à vapeur et de renforcer les dispositions de conduite et l’attention au facteur humain dans les organisations… Ces « stress-tests » vont également vérifier la formation et la capacité du person- nel à gérer des situations de crise, ainsi que l’organisation associée, car cela constitue un facteur de robustesse face au risque résiduel. On peut s’étonner qu’un tel accident soit survenu au Ja- pon, alors que le pays bénéfice d’un niveau technologique de tout premier rang. Mais, ne nous y trompons pas ; le sec- teur nucléaire japonais n’est pas l’industrie électronique ou automobile dont l’organisation et la performance ont inspiré le monde. Car tout n’est pas qu’affaire de technologie. L’orga- nisation industrielle est primordiale. Une chose est sûre : l’accident de Fukushima souligne la responsabilité première de l’exploitant de garantir la sûreté nucléaire, avec l’appui, certes, des solutions technologiques proposées par un tissu industriel performant. Il rappelle que le nucléaire est avant tout une industrie. Un parc de réacteurs nucléaires, c’est un ensemble d’usines ; ça ne se gère pas, ça s’exploite, au sens industriel du terme. Et la sûreté nucléaire suppose le respect d’une démarche industrielle reposant sur l’intégration du retour d’expérience, sur des opérateurs forts qui ont la maîtrise industrielle de leur outil, dans le cadre d’une gouvernance nationale et internationale crédible. EDF a pleinement conscience de cette responsabilité in- dustrielle, qui est d’ailleurs une condition majeure d’accep- tabilité. Le modèle nucléaire français : une organi- sation industrielle réussie Un modèle industriel approprié, il se trouve que la France s’en est dotée dans les années 1970, pour s’équiper d’un outil industriel de premier rang, efficace et sûr, destiné à ga- rantir l’indépendance énergétique nationale. Elle l’a fait en mettant en place une organisation cohérente, dans laquelle les rôles sont clairement définis et complémentaires. Sur le plan institutionnel, les pouvoirs publics ont la res- ponsabilité de définir la politique énergétique et de s’assurer du cadre industriel et économique permettant sa mise en œuvre. Une autorité de sûreté nucléaire indépendante et for- te définit les objectifs de sûreté et en contrôle l’application. L’exploitant a la responsabilité de concevoir et de mettre en œuvre des solutions permettant d’atteindre ces objectifs. Il lui revient donc de dire ce qui est possible industriellement, ce qui contribue en retour à éclairer la définition des objec- tifs dans le cadre économique donné, en vue de garantir la meilleure sûreté dans la durée. Sur le plan de l’organisation industrielle, la France a confié d’une part au CEA la R&D nucléaire – et à l’IRSN, son émana- Figure 1 : Centrale nucléaire de Dampierre – Crédit photo EDF. 48 ◗ REE N°6/2011 LE NUCLéAIRE APRèS FUKUSHIMA tion, celui d’appui technique de l’Autorité de Sûreté Nucléaire, l’ASN –, d’autre part à EDF le rôle de concepteur, constructeur et exploitant des centrales nucléaires, sur la base d’une tech- nologie de réacteurs à eau pressurisée héritée de la licence Westinghouse. EDF s’appuie sur des fournisseurs, quelques grands mais aussi tout un tissu de PME-PMI, dont certaines se sont justement développées grâce au programme nucléaire. Parmi les grands, figurait évidemment Framatome, le concepteur et fournisseur ensemblier de la partie centrale et complexe qu’est la chaudière nucléaire, elle-même héri- tée de la licence initiale de Westinghouse. Cogema s’était vu confier le cycle du combustible, de l’approvisionnement en uranium jusqu’au retraitement du combustible usé, en pas- sant par la fabrication des assemblages combustibles. Fra- matome et Cogema ont fusionné il y a quelques années en formant Areva qui couvre désormais les deux périmètres. Citons aussi Alstom, notamment pour les groupes turbo- alternateurs, ainsi que Bouygues, Vinci et Eiffage, pour le génie civil. Cette liste est loin d’être exhaustive. Dans le prin- cipe, pour assumer la mission essentielle de contribuer à l’in- dépendance technologique donc énergétique, EDF s’appuie sur des partenariats industriels sincères, fidèles et solidaires, mais aussi non exclusifs afin de stimuler la performance et d’éviter des faiblesses par dépendance technologique. Pour être complet, évoquons l’Agence nationale de ges- tion des déchets radioactifs, l’ANDRA. Seconde caractéristique essentielle, la France a poursuivi une politique énergétique cohérente et stable depuis 40 ans, qui a permis à chaque acteur de s’investir et de se dévelop- per dans son rôle. EDF a ainsi pu mener un programme de construction nucléaire bénéficiant d’un effet de série particu- lièrement efficace. Le résultat, c’est un parc homogène de 58 réacteurs, bientôt 59, répondant aux plus hautes exigences de sûreté et construit à un coût bien inférieur à celui des parcs américain, allemand ou japonais. Indice – pour ne pas dire preuve – de sûreté, c’est un parc qui, au cours de ses « 1 500 années x réacteurs » d’exploitation, n’a connu aucun incident de niveau supérieur à 2 sur l’échelle INES. C’est un parc qui présente un taux de disponibilité durablement supérieur à 90 % pendant les pics de consommation hivernaux. Le premier trimestre 2011 a même enregistré un record de production avec les 58 réacteurs produisant en même temps sur le réseau français. Cette organisation industrielle, cette claire répartition des rôles, rendent possible un facteur essentiel pour la sûreté nu- cléaire : la mise en œuvre de la boucle de retour d’expérien- ce entre l’exploitation, la conception et la construction des installations nucléaires d’une part, et l’interaction avec le tissu de fournisseurs d’autre part, garant de faisabilité industrielle et de performance. Cette démarche aboutit à l’amélioration continue et à la révision périodique des référentiels de sûreté qui permet à l’ensemble du parc de réacteurs de progresser de façon homogène. - La démarche de réévaluation de la sûreté des centrales françaises a été engagée dès les premiers jours de l’accident C’est dans cette logique de responsabilité qu’EDF a im- médiatement pris l’initiative de s’investir dans une action de retour d’expérience dès les premiers jours de l’accident, en parallèle de sa mobilisation, afin de comprendre le déroule- ment des événements et d’apporter le soutien nécessaire. EDF a ainsi engagé des revues de sûreté de tous ses réac- teurs nucléaires, sous le contrôle de l’ASN, à la demande du gouvernement et en cohérence avec le cadre européen. Cette démarche est relativement unique au monde par son ampleur et par son caractère systématique. Le modèle industriel d’architecte ensemblier d’EDF, repo- sant sur une ingénierie d’environ 5 000 personnes en appui à quelque 20 000 exploitants, a permis de mobiliser très vite plus de 300 personnes pendant plusieurs mois pour réaliser l’évaluation complémentaire de sûreté de chacune des cen- trales françaises en fonctionnement et en construction. Cette évaluation s’inscrit dans la démarche mise en œuvre dès le démarrage du programme nucléaire français, et qui consiste à identifier le risque puis à définir les dispositifs techniques ou organisationnels pour le maîtriser dès la conception ou en exploitation. Loin d’être le signe d’une vulnérabilité, une prise en compte du risque renforce la robustesse du système. Cette réévaluation approfondie de la conception des cen- trales françaises a été réalisée conformément à un cahier des charges défini par l’ASN en mai. Elle prend la forme de 19 rapports détaillés, 7 000 pages au total, remis à l’ASN et rendus publics en septembre ; elle consiste à vérifier la conformité des dispositifs mis en œuvre sur les installations au référentiel de sûreté et l’existence de marges face : • aux risques de séisme et d’inondation, • à la perte simultanée de la source de refroidissement et des alimentations électriques, • aux conséquences en cas d’accidents graves, • aux règles appliquées dans le domaine de la sous-traitance. Ces analyses témoignent en premier lieu d’un bon niveau de sûreté sur l’ensemble du parc nucléaire d’EDF. Des me- sures complémentaires post-Fukushima ont été proposées à l’ASN, poussant plus loin les hypothèses, et ce pour concourir à élever encore le niveau de sûreté des centrales. • Parmi ces propositions, et sans présupposer l’avis de l’ASN : REE N°6/2011 ◗ 49 Analyser Fukushima : pour poursuivre l’exploitation et le développement d’une filière nucléaire sûre - l’anticipation d’une prise en compte renforcée du risque d’agressions naturelles externes (séisme, inondation), déjà étudiée dans la perspective de porter la durée de fonctionnement du parc à 60 ans, - la mise en place de matériels complémentaires de secours pour l’alimentation en électricité et le refroidissement du réacteur, sur les sites et à proximité, - l’organisation d’équipes spécialisées de renfort (Force d’Action Rapide Nucléaire) capables de prendre le relais des équipes de conduite dans les 24 heures. L’ASN examine actuellement la pertinence de ces propo- sitions. - Cette initiative est l’illustration de la capacité du modèle industriel français à maîtriser la sûreté Une telle analyse rapide et approfondie de la sûreté des centrales nucléaires sur des thèmes mis en lumière par l’ac- cident de Fukushima n’est possible que grâce à une certaine maîtrise industrielle. Cette maîtrise repose sur un modèle où EDF, propriétaire-exploitant, est son propre architecte-en- semblier (AE). Un tel modèle contraste avec celui de la fourniture clef en main, en vigueur par exemple au Japon, où l’exploitant dé- pend d’un ou de quelques fournisseurs industriels. Ainsi, les électriciens japonais doivent se tourner vers les constructeurs MHI, Toshiba et Hitachi pour réaliser les évaluations de sûreté posées par les pouvoirs publics en préalable au redémarrage de leurs réacteurs. Malgré toutes leurs qualités, il reste que ces industriels ne portent évidemment pas l’enjeu du redé- marrage des réacteurs et qu’ils s’appuient sur un champ de technologie essentiellement limité au leur. A contrario, EDF assure par lui-même, la maîtrise indus- trielle de son outil et est à même de mettre en œuvre la boucle d’amélioration continue : • La connaissance du tissu industriel, l’identification et la qua- lification des fournisseurs potentiels ; • La spécification des équipements et leur qualification à par- tir du retour d’expérience et des besoins d’exploitation ; • Le contrôle de l’organisation qualité et la surveillance des fabrications chez les fournisseurs ; • La boucle de retour vers les fournisseurs pour améliorer avec eux les processus et les équipements. EDF peut alors, d’une part, assumer la responsabilité totale envers l’Autorité de sûreté nucléaire à chacune des étapes de la vie de la centrale et, d’autre part, avoir une connaissance et une maitrise précise de l’installation pour l’exploiter pendant plusieurs dizaines d’années, tout en la maintenant au niveau des dernières exigences de sûreté et de performance. Cette politique a permis la mise au point d’un corpus de normes et spécifications de rayonnement équivalent à celui initié par les Figure 2 : Chantier de la centrale nucléaire de Flamanville (EPR) – Crédit photo EDF. 50 ◗ REE N°6/2011 LE NUCLéAIRE APRèS FUKUSHIMA Américains au début de leur propre programme nucléaire, et auquel se réfèrent les exploitants japonais et coréens. Grâce à cette maîtrise, EDF procède à des révisions périodi- ques de sûreté de ses réacteurs nucléaires, avec notamment à chaque visite décennale, une intégration d’améliorations des équipements et des organisations. Avec l’expérience, le niveau de sûreté du parc augmente donc progressivement et de façon homogène. Cette efficacité a été d’autant plus forte que le développement du parc français s’est fait par paliers successifs standardisés. Ainsi, les réacteurs du palier 900 MW, qui sont les plus anciens, connaissent-ils actuel- lement l’intégration des modifications correspondant à leur 3ème visite décennale. Les premiers réacteurs de Tricastin, Bugey et Fessenheim ont déjà intégré les améliorations de sûreté correspondantes, de renforcement des matériaux, d’optimisation des procédures d’exploitation. La France n’est pas isolée dans l’application de ce modèle où l’exploitant porte les compétences qui lui permettent de maîtriser l’outil industriel dont il assume la sûreté. Les pays où l’industrie nucléaire est la plus dynamique, à commencer par la Russie et la Chine, ont ce modèle d’exploitant archi- tecte ensemblier de ses installations, qui permet le fonction- nement de la boucle du retour d’expérience. Les Etats-Unis, quant à eux, pour compenser la parcellisation de l’exploitation entre un grand nombre de petites compagnies électriques, ont créé dans les années 1990, l’Institute of Nuclear Power Generation (INPO). Cet institut est responsable de l’évalua- tion, de la formation et du partage du retour d’expérience pour tous les opérateurs nucléaires américains. - Ces évaluations complémentaires de sûreté ne remettent pas en cause le projet industriel du parc nucléaire, au contraire elles s’y inscri- vent. Les évaluations de sûreté menées sur les centrales nu- cléaires françaises sont dites complémentaires dans le sens où elles complètent le dispositif habituel de vérification pé- riodique de conformité au référentiel de sûreté, et qu’elles vont alimenter la réévaluation périodique de ce référentiel auquel EDF procède à chaque visite décennale. A ce titre, il est important de les situer dans le projet industriel que mène EDF pour le parc nucléaire français. Ce projet industriel s’inscrit dans une préoccupation de service public : garantir une infrastructure électrique sûre, fia- ble, propre et économique. C’est d’ailleurs sur ces mêmes valeurs de service public qu’EDF aborde ses activités partout dans le monde. Ce souci du service public porte d’abord sur une bonne gestion du patrimoine industriel dans la durée. EDF investit aujourd’hui environ 2 milliards d’euros cha- que année dans l’entretien et la modernisation de son parc nucléaire en fonctionnement en France. Convaincu de l’intérêt, tant pour le bon usage des res- sources financières que pour la sûreté, d’investir dans la du- rée de fonctionnement du parc existant, EDF avait ainsi, bien avant l’accident de Fukushima, déjà lancé un programme majeur de rénovation. Le parc en exploitation a 25 ans de moyenne d’âge. C’est peu pour un outil industriel. En même temps, cela signifie que les premières centrales atteignent la 3ème visite décennale, et que les autres l’atteindront dans les toutes prochaines années. Or 30 ans, c’est le moment de rénover l’usine, de remplacer des composants (générateurs de vapeur, alternateurs, transformateurs…), de moderniser certains équipements, pour ouvrir une nouvelle période d’ex- ploitation d’une trentaine d’années. L’objectif est donc claire- ment de porter la durée de fonctionnement de l’ensemble du parc à 60 ans. D’ailleurs, le réacteur ancien présente, sur un réacteur de plus récente facture, un avantage essentiel en matière de sû- reté : le caractère éprouvé, la démonstration par l’expérience de sa fiabilité, les années de mise au point et d’améliorations incrémentales, la maîtrise par les équipes exploitantes. A condition de l’entretenir et de l’améliorer selon une démar- che industrielle, le parc existant présente ainsi un avantage incontestable, non seulement en matière d’utilisation des ressources économiques, mais aussi de sûreté nucléaire. Au-delà des rénovations mentionnées, cette démarche suppose une nouvelle réévaluation du référentiel de sûreté, au regard des objectifs les plus ambitieux qui sont ceux fixés pour la construction de nouveaux réacteurs. Non seulement parce que c’est le principe de l’amélioration continue, mais aussi parce que c’est une attente sociétale légitime. A ce sujet, il semble d’ailleurs que l’accident de Fukushima ait pu induire un certain contre-sens. De fait, l’accident n’a pas grand-chose à voir avec l’âge des réacteurs. En tout cas, pas directement. Evidemment, si le réacteur reste dans l’état de sa conception initiale, son niveau relatif de sûreté devient très corrélé à son âge. Mais si, comme c’est le cas sur le parc français, il bénéficie du retour d’expérience et de réévalua- tions périodiques de son niveau de sûreté, alors au contraire, plus il vieillit et plus il devient sûr. Et comme ces réévaluations sont faites en cohérence avec les objectifs de sûreté les plus récents, le parc conserve un niveau de sûreté homogène et croissant. La rénovation du parc d’EDF a déjà commencé avec les 3èmes visites décennales du palier 900 MW. Ces investisse- ments vont croissant et connaîtront un pic vers 2020. Il s’agit là d’un programme d’ampleur comparable à la construction REE N°6/2011 ◗ 51 Analyser Fukushima : pour poursuivre l’exploitation et le développement d’une filière nucléaire sûre initiale. EDF s’attache à donner un maximum de visibilité afin de permettre à ses partenaires fournisseurs de proposer des solutions technologiques et organisationnelles et de préparer la capacité industrielle nécessaire pour relever ce défi techni- que, organisationnel et humain. - Développement nucléaire d’EDF dans le monde Une autre idée reçue qui circule depuis l’accident de Fukushima est que la renaissance du nucléaire se serait bru- talement arrêtée. On serait entré dans une vague massive de sortie du nucléaire. Cette vision est erronée. Ce que l’on désignait comme une renaissance du nucléaire il y a encore un an n’avait pas plus de réalité que le retournement dont il est question aujourd’hui. L’Allemagne a profité de l’accident de Fukushima pour revenir à la politique de renoncement à l’énergie nucléaire qu’elle avait adoptée il y a plusieurs années et en a accéléré la mise en œuvre par une décision prise dans l’émotion des premiers jours de l’accident. L’Italie a elle-aussi renoncé à un programme nucléaire qui avait des difficultés à voir le jour bien avant l’accident de Fukushima. D’autres pays européens comme la Belgique ou la Suisse, qui n’avaient pas de pers- pectives particulières de développement de nouvelles instal- lations nucléaires, ont confirmé un renoncement à l’énergie du nucléaire à une échéance assez lointaine. Aux Etats-Unis, les perspectives d’un programme de construction de centrales nucléaires sont assez limitées, mais cela n’a rien à voir avec l’accident de Fukushima, dont les Américains tirent d’ailleurs des enseignements particulière- ment pragmatiques et limités. Ces perspectives sont avant tout liées à l’affluence de gaz non conventionnels à bon mar- ché et au ralentissement économique. Quant au Japon, enfin, il est beaucoup trop tôt pour pro- nostiquer ce qu’y sera la politique énergétique d’ici deux ou trois ans, une fois passé le pic d’émotion lié naturellement à l’accident. Mais il s’agit là finalement d’exceptions face au nombre de pays qui ont annoncé ou confirmé leur programme nucléaire au cours des derniers mois ; parmi eux, la Russie, l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud, plusieurs pays d’Europe comme la Pologne, la Finlande, la république Tchèque. La Grande Bre- tagne, où le Groupe EDF assure un rôle de premier plan avec sa filiale EDF Energy, a continué en 2011 à mettre en place sa politique énergétique, visant à favoriser l’engagement de la construction de nouvelles centrales nucléaires. La Chine, enfin, a de loin le programme le plus ambitieux et le plus dynamique, avec environ dix réacteurs par an. Cette continuité n’est pas surprenante, car les enjeux fon- damentaux demeurent inchangés : un besoin croissant en électricité lié au rattrapage économique de pays très peuplés Figure 3 : Chantier de la centrale nucléaire de Taïshan en Chine (EPR) – Crédit photo EDF. 52 ◗ REE N°6/2011 LE NUCLéAIRE APRèS FUKUSHIMA qui dépassera de loin les meilleurs résultats en matière d’ef- ficacité énergétique (ex. : la Chine met en service 100 GW de nouveaux moyens de production électrique par an), l’accès à l’électricité de plus d’un milliard de personnes, la lutte contre le changement climatique, la raréfaction des ressources fossi- les seules à même, avec le nucléaire, d’assurer la production massive et continue d’électricité, et la nécessité d’une éner- gie abondante bon marché dans des pays développés en difficulté économique donc sociale. L’industrie nucléaire se développera dans les pays où les programmes sont les plus dynamiques, et particulièrement en Chine. Pour un exploitant comme EDF, il est indispensable d’être activement impliqué dans ces programmes et auprès de ces acteurs, afin d’entretenir et de continuer à développer les compétences et les capacités industrielles garantes de la maîtrise industrielle. C’est même une condition nécessaire à un renouvellement du parc nucléaire français le moment venu. Pour ce faire, EDF dispose d’atouts. Le principal d’entre eux est l’expérience de la conception, de la construction, et de l’exploitation du plus grand parc nucléaire au monde, constitué de 58, bientôt 59, réacteurs homogènes en France, auxquels il convient d’ajouter les 15 réacteurs britanniques (et quatre en projet) et cinq réacteurs aux Etats-Unis. A ce titre, EDF est un exploitant de référence mondiale. Cet atout a déjà permis à EDF d’accompagner dès la fin des années 1980 des exploitants sud-africains et chinois dans la construction de réacteurs de même technologie. Six réac- teurs supplémentaires sont ainsi encore exploités aujourd’hui en étroite collaboration avec les équipes françaises. Et pour cause ! La coopération avec l’ingénierie de conception, de construction et d’exploitation du parc français, et le tissu de fournisseurs industriels qu’elle tire avec elle, constitue pour ces exploitants l’assurance de pouvoir recourir à une compé- tence et à un retour d’expérience sans guère d’équivalent. En Chine, cette coopération de très longue date continue de se renforcer. A titre d’illustration, EDF participe, financiè- rement et industriellement à travers une co-entreprise avec son partenaire historique CGNPC, à la construction de deux réacteurs de type EPR. Au-delà, EDF est régulièrement sollicité dans l’optique d’accompagner le développement de programmes nucléai- res de pays « nouveaux entrants » ou non. Si l’accident de Fukushima a changé quelque chose à ce sujet, il a certaine- ment renforcé la prise de conscience de la responsabilité de l’exploitant et donc de l’utilité de s’appuyer sur l’expérience d’un opérateur comme EDF pour assurer la maîtrise indus- trielle requise. La coopération internationale est essen- tielle pour assurer cohérence et crédibilité à la filière nucléaire. Une caractéristique essentielle de l’industrie nucléaire ré- side dans la responsabilité partagée. Une défaillance chez n’importe lequel de ses membres peut remettre en cause l’ensemble de l’industrie. L’accident de Fukushima l’a montré. Ce n’est d’ailleurs pas nécessairement justifié car certaines transpositions sont hâtives. Mais c’est un fait que le maillon le plus faible met en risque l’ensemble de l’industrie. Une telle responsabilité solidaire oblige à une coopération globale. L’accident de Fukushima a montré la nécessité d’une cer- taine harmonisation des pratiques et des objectifs de sûreté, ainsi que la mise en place de dispositions de contrôle destinés à apporter des garanties à l’ensemble de la communauté. Cette coopération se décline aux trois niveaux du triptyque : pouvoirs publics, autorité de sûreté nucléaire et exploitants. - La coordination entre états La coopération entre états relève avant tout de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique, l’AIEA. L’accident de Fukushima a initié un processus de renforcement de ce niveau de coopération qui pourrait conduire à instaurer un nouveau cadre réglementaire. Des conventions bilatérales permettent également de fixer un premier cadre de coopération entre les différents acteurs de deux pays et de s’assurer de la complétude de l’organisa- tion industrielle et institutionnelle du pays partenaire. - La coordination entre autorités de sûreté Celle-ci suppose l’existence d’autorités de sûreté nationa- les fortes et indépendantes, soutenues par des organisations internationales structurées. Par exemple : • Le Multinational Design Evaluation Program (MDEP) a déjà pour objectif de mettre en commun les ressources des autorités de sûreté nationales afin de valider la conception des nouveaux réacteurs. • Au niveau européen, l’organisation WENRA (Western Eu- ropean Nuclear Regulators Association) a créé un groupe de travail qui évalue la manière dont ses membres mettent en œuvre les règles de sûreté définies par leurs autorités de sûreté. • Les autorités de sûreté rassemblées dans la Nuclear Energy Agency (NEA), émanation de l’OECD, sont invitées à accroî- tre leur coopération au travers du Committee on Nuclear Regulatory Activities (CNRA), afin d’améliorer le partage d’informations fiable au public et aux pouvoirs publics, au niveau national et international. REE N°6/2011 ◗ 53 Analyser Fukushima : pour poursuivre l’exploitation et le développement d’une filière nucléaire sûre - Une véritable refondation de l’association mondiale des électriciens nucléaires Créée en 1989 après l’accident de Tchernobyl pour pro- mouvoir les échanges et le partage de l’information entre opérateurs et pour améliorer la sûreté nucléaire, la World As- sociation of Nuclear Operators, WANO, était jusqu’à présent essentiellement tournée sur l’organisation de l’exploitation, dans une démarche d’échanges entre opérateurs. L’accident de Fukushima a montré la nécessité d’aller beaucoup plus loin au regard de la responsabilité partagée solidairement par l’ensemble des exploitants nucléaires. Tout d’abord, l’association doit s’impliquer dans la concep- tion des réacteurs. Ensuite, elle doit renforcer les dispositions de contrôles croisés, de partage et de transparence de l’information, d’obligation de ses membres vis-à-vis de la communauté qu’elle représente, dès lors que chacun engage l’avenir de tous. Ainsi, WANO a décidé lors de son congrès biannuel d’oc- tobre 2011, de se réformer en profondeur. L’association a vocation à devenir un véritable syndicat professionnel, ayant autorité sur la communauté des exploitants nucléaires qui la constituent, maniant soutien et contrôle, ainsi que des dis- positifs d’alerte, d’avertissement, voire d’exclusion dissuasifs du fait même de son autorité de compétence. ■ Hervé Machenaud. Diplômé de l’Ecole Polytechnique et de Scien- ces-Po, il rejoint le Groupe EDF en 1982 pour conduire la construc- tion de la centrale nucléaire de Paluel, en France, puis celle de Daya Bay, en Chine. Son parcours le conduit à piloter la conception, la construction et le démarrage du palier N4 à Chooz et Civaux, qui reste à ce jour l’un des plus avancés au monde et doté d’une conduite totalement informatisée innovante. A partir de 2002, il est, depuis Pékin, directeur de la Branche Asie-Pacifique, dont le rôle est de valoriser le savoir-faire industriel d’EDF, notamment nu- cléaire, et de lui assurer, par un rôle actif sur le marché chinois, l’accès à l’expérience et aux innovations technologiques de la zone. En 2010, il devient directeur éxécutif du Groupe EDF. l'auteur