Le Plan solaire méditerranéen : projet phare de l’Union pour la Méditerranée

Un facteur de co-développement et de transition économique et sociale 26/08/2017
OAI : oai:www.see.asso.fr:1301:2011-5:19571
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Résumé

Le Plan solaire méditerranéen : projet phare de l’Union  pour la Méditerranée

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24 ◗ REE N°5/2011 les grands projets solaires du pourtour méditerranéen Antoine-Tristan Mocilnikar Ingénieur en chef des mines Directeur Environnement & Développement durable Mission Union pour la Méditerranée Présidence de la République Le plan solaire Méditerranéen (PSM) a été lancé lors du Sommet de Paris pour la Méditerranée, le 13 juillet 2008 qui a vu la création de l’Union pour la Méditerranée. Le Sommet a orienté le PSM vers les énergies renouvelables, les interconnexions néces- saires à leur déploiement et l’efficacité énergétique. Il a chargé explicitement le futur secrétariat de sa coordination.LeSommetaétésuivid’unaccordfran- co-allemand en août 2008 qui a fixé un objectif de 20 GW. Les objectifs du PSM ont été progressi- vement partagés par l’ensemble des parties pre- nantes au projet, à l’occasion de la réunion des ministres des affaires étrangères du 4 novembre 2008, puis de la conférence organisée à Paris le 22 du même mois. Les réunions des hauts fonctionnaires du PSM (Bruxelles, 4 et 5 mai 2009 - Paris, 25 juin 2009 - Bruxelles, 10 février 2010, 9 et 10 février 2011 - Barcelone, 5 et 6 juillet 2011 - 27 et 28 octobre 2011) ont permis d’aboutir à une vision commune : 20 GW pour l’ensemble des énergies renouve- lables, principe de codéveloppement et de dé- veloppement de filières industrielles sur place, exportation d’électricité vers l’Europe dans des volumes limités. Par ailleurs, les changements historiques ac- tuellement à l’œuvre en Afrique du Nord et au Moyen-Orient peuvent ouvrir la voie à des trans- formations comparables à celles survenues en Europe centrale et orientale après la chute du mur de Berlin. Mus par leur aspiration à la liberté, aux droits de l’homme, à la démocratie, à l’em- ploi, à la participation des citoyens et à la dignité, les peuples ont pris en main leur destin dans un nombre croissant de pays de la région. Cette as- piration fait écho aux valeurs qui sont les nôtres et vient les renforcer. Le Plan solaire méditerranéen : projet phare de l’Union pour la Méditerranée Un facteur de co-développement et de transition économique et sociale summary The Mediterranean Solar Plan (MSP) was launched at the Paris Summit for the Mediterranean, on July 13 2008, which saw the creation of the Union for the Mediterranean. The Summit directed the MSP to all renewable energy, interconnections needed for their deployment and energy efficiency. It mandated the UfM Secretariat for its coor- dination. The summit was followed by a Franco-German agreement in August 2008 which set a target of 20 GW. MSP is already in deployment. In the field of wind energy, 1 700 MW are built and in the solar field, several projects are in advanced stages of preparation. It targets co-development. It can also be a project of the “Partnership of Deauville” set up at the G8 Summit on 26 and 27 May 2011 with the people of the region of North Africa and the Middle East that initiate a transition to a free, democratic and tolerant world, starting with Egypt, Tunisia, Jordan and Morocco, in partnership with countries wishing to support the transition in the region. REE N°5/2011 ◗ 25 Le Plan solaire méditerranéen : projet phare de l’Union pour la Méditerranée Le G8, depuis le sommet de Deauville des 26 et 27 mai 2011, soutient vigoureusement les aspirations des « printemps arabes ». Nous entendons la voix des citoyens, soutenons leur exigence d’égalité et appuyons leur appel légitime à la mise en place de sociétés démo- cratiques et ouvertes à une modernisation économique qui profite à tous. Lors du sommet, le G8 s’est engagé fortement et dans la durée, proposant 40 milliards de dollars à la Tunisie et à l’Égypte entre 2011 et 2013, ainsi que l’ouverture de la BERD et de son expertise unique. Depuis Deauville, trois autres pays ont rejoint ce partenariat, le Maroc, la Jordanie et la Libye nouvelle. Le plan solaire pourra faire partie de cette dynamique. Au-delà, qui ne voit la pertinence de l’Union pour la Méditerranée pour répondre aux attentes des peuples ? Le moment est venu de relancer et de refonder l’UPM ; la France présentera ses propositions à ses partenaires. L’impasse du processus de paix ne doit pas empêcher l’UPM d’être le moteur d’une véritable renaissance de la Méditerranée ! Et il faut bien reconnaître qu’avant les Printemps arabes, l’Union pour la Méditerranée s’orga- nisait comme un cadre où se rencontraient enfin Is- raéliens et Palestiniens. L’Union pour la Méditerranée aujourd’hui, sa priorité et son cadre, c’est l’aspiration à la démocratie et au progrès économique. Organisation du projet Au sein du « paquet énergie-climat » de l’Union euro- péenne acté en décembre 2008, un mécanisme de transfert d’obligations valide sur l’espace euro-méditer- ranéen a été mis en place (article 9 de la Directive 2009/28/CE). Ce mécanisme permet d’acheter des « électrons verts » produits dans des pays tiers et de les comptabiliser, sous certaines conditions, au titre des engagements des 27 relatifs à leurs objectifs d’utilisa- tion des énergies renouvelables à l’horizon 2020. Une première mise en œuvre, fondée sur des transferts en provenance du Maroc et arrivant en France, était prévue pour octobre 2011. Avant que le secrétariat de l’Union pour la Méditerra- née ne soit mis en place, la coordination était assurée par la coprésidence. Le secrétariat a pris en main cette coordination lors de la réunion d’organisation sur le PSM, à Bruxelles les 9 et 10 février 2011. Depuis, la réunion des hauts fonctionnaires du PSM des 5 et 6 juillet 2011 s’est transformée en Joint Committee. Les délégués ont retenu le plan d’action du secrétariat à savoir : identifica- tion de projets prioritaires pour un déploiement immé- diat, documents cadres, mise en place des structures (comité mixte d’experts nationaux, groupe de rédaction pour le plan maître et un réseau d’expertise technique), articulation avec la dynamique d’assistance technique de la commission appelée “Paving the Way to the Mediter- ranean Solar Plan”. Les délégués se sont accordés sur la première esquisse du plan maître (le “Master Plan”) pro- posée par le secrétariat. Deux documents cadres vont être produits, en étroite collaboration avec la Commis- sion européenne et les États Membres : un Plan d’action d’ici à 2011 et le “Master Plan” d’ici à 2012. De leur côté, les pays membres de l’UPM mettent en place des plans nationaux. Concernant la mobilisa- tion des acteurs privés, deux consortiums industriels ont été créés. Desertec industrial initiative (Dii), dédié à la construction de centrales solaires, a vu le jour le 31 octo- bre 2009 et Medgrid, centré sur le transport d’électricité verte au sein de l’UPM a été créé le 5 décembre 2010. D’après l’étude de la BEI d’octobre 2010, parmi les 90 projets recensés, qui représentent une capacité installée de 10 GW (sur l’objectif de 20 GW à horizon 2020 du PSM), le coût d’investissement des 25 pro- jets à un stade avancé de préparation (soit 2,2 GW) est d’environ 1,5 Md€. Dans le domaine de l’éolien, depuis 2008, on note la construction de 1 700 MW en Turquie, en Égypte, au Maroc et en Tunisie. Cela a permis de quadrupler le parc installé. Finalement, a été décidée la création des Amis du PSM permettant d’associer l’ensemble des acteurs par- tie prenante au PSM. Cette mission est inscrite dans le programme de travail du secrétariat. Financement Contexte général Les énergies renouvelables sont parfois immédia- tement rentables. C’est le cas de l’hydraulique ou de l’éolien et parfois du solaire intégré. Ce n’est presque jamais le cas aujourd’hui pour les grandes centrales so- laires. Le financement doit donc être adapté. Pour évaluer le prix auquel l’électricité d’origine so- laire peut normalement être rachetée sur le marché domestique, il convient de partir du coût de production moyen dans le pays, auquel on doit ajouter deux types de valorisation des externalités positives : la sécurité énergétique que procure la centrale au pays, en sa- chant que l’énergie produite par cette centrale ne dé- pendra pas de la fluctuation des marchés de l’énergie, et l’intérêt éventuel pour la couverture des besoins de 26 ◗ REE N°5/2011 les grands projets solaires du pourtour méditerranéen pointe si un stockage de l’énergie permet de répondre aux pics de consommation. Lorsque ces deux bonifications ne permettent pas de rendre rentable la centrale en revendant le productible au prix correctement évalué du marché domestique, il est nécessaire de faire appel à des aides au financement. Celles-ci peuvent prendre plusieurs formes ; des prêts concessionnels (environ 40 % du financement global), des subventions (environ 5 % des dépenses en capital), la valorisation sur les marchés européens de 30 % de l’électricité produite (en utilisant l’article 9 de la Directive 2009/28/CE), la valorisation des crédits carbone. Action du Secrétariat de l’Union pour la Méditerranée Le Secrétariat de l’Union pour la Méditerranée, la Banque européenne d’investissement (BEI) et l’Institut européen de la Méditerranée (IEMed) ont lancé conjoin- tement un groupe de travail traitant des questions finan- cières pertinentes pour l’élaboration et la mise en œuvre du PSM. La première réunion s’est tenue le 29 mars 2011 à Barcelone. Au total, 24 participants étaient à la réunion représentant les institutions financières interna- tionales et les banques de développement, les banques commerciales et les caisses d’épargne, les associations industrielles et des initiatives commerciales, les institu- tions du secteur public et organismes gouvernementaux des deux côtés de la Méditerranée. Les recommandations de ce groupe formeront un élément important du « Master Plan ». Les participants ont en outre convenu que l’adhésion au groupe de tra- vail devrait être élargi pour inclure des représentants de fonds d’investissement spécialisés et de fonds de pri- vate equity, ainsi que des grandes banques du secteur public et privé des pays de la zone. Action de la Commission européenne, des institutions financières internationales et des banques de développement La Commission européenne a mis en place un mé- canisme d’aide à la capacité administrative des pays : “Paving the way towards the mediterranean solar plan” pour un budget de 5 M€. De son côté, le Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM) a décidé de financer une étude afin de construire un logiciel permettant aux développeurs de disposer d’une simulation incluant tous les dispositifs existants. Le résultat sera disponible fin 2011. L’AFD pilote un groupe de travail international ayant pour objectif de rendre opérationnel l’article 9 de la Di- rective 2009/28/CE. A l’issue de ce travail, la France et le Maroc ont prévu de lancer dès l’automne 2011 une première expérience d’importation d’électricité d’origi- ne solaire du Sud vers le Nord de la Méditerranée. Des instruments ont été spécialement construits pour s’assurer de la présence effective du financement. C’est le cas avec la création en cours d’un Fonds Car- bone Méditerranéen par les Caisses des Dépôts fran- çaises et italiennes, AFD/Proparco, BEI, KfW, pour un montant de 200 M€. La BEI, l’AFD et la KfW se coordonnent pour mettre à disposition 5 Md€ de prêts bonifiés. InfraMed pourra investir en fonds propres dans le PSM. La mobilisation des actionnaires français, allemands, espagnols et égyptiens du Clean Technology Fund (CTF) géré par la Banque mondiale a permis la mise en place d’une ligne de crédit de 750 Md usd de qua- si-dons ciblant le thermosolaire (conditions de prêt très concessionnelles : maturité de 40 ans, 10 ans de grâce, commission annuelle de 0.25 %, taux d’intérêt nul). Dans un premier temps, cinq pays prioritaires en seront destinataires : Algérie, Égypte, Jordanie, Maroc et Tunisie. Le plan d’investissement pour le solaire à concentration dans la région MENA (Middle East and North Africa) a été approuvé en décembre 2009 par le comité du CTF pour une capacité de 1 GW et avec un coût de 5,6 Md USD (4 Md USD pour les centrales et 1.6 Md USD pour les lignes de transport) avec trois projets en Algérie, deux en Égypte, deux en Jordanie, trois en Tuni- sie et un au Maroc. Cependant, la Banque mondiale a fait savoir en mars 2011 que le financement du CTF pourrait être subordonné à une intervention plus forte de l’Union européenne pour équilibrer les comptes des projets solai- res en Méditerranée, par le mécanisme de rachat de l’élec- tricité produite (Article 9 du Paquet Énergie/Climat). Avancement des projets : 10 GW de projets  identifiés dont 2,1 GW à un stade de dévelop- pement avancé Des plans nationaux ont été mis en place : Program- mes Energies renouvelables du Maroc avec le Plan solaire marocain (42 % de la production d’électricité en 2020), Plan solaire tunisien (40 % de la produc- tion d’électricité en 2030), Programme national pour les énergies renouvelables algérien (37 % de la pro- duction d’électricité en 2030), lois en Égypte, en Jorda- REE N°5/2011 ◗ 27 Le Plan solaire méditerranéen : projet phare de l’Union pour la Méditerranée nie et en Turquie. Le Liban et la Syrie ont également des plans mais qui n’ont pas encore réellement démarré. Des accords bilatéraux ont été signés afin de ren- forcer la mise en place du plan solaire méditerranéen : • Accords entre la France et le Maroc sur les énergies renouvelables, signés le 26 avril 2010, • Accord entre le Maroc et l’Allemagne, signé le 27 jan- vier 2011, • Accord de coopération sur les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique entre la France et Israël, si- gné le 30 janvier 2011, • Accord franco-tunisien concernant le développement et l’utilisation des énergies renouvelables, signé le 24 mars 2011. Depuis l’adoption du PSM, de nombreux projets ont émergé. La co-présidence franco-égyptienne a eu connaissance de plus de cent cinquante projets, de ma- turité et ambition différentes. La BEI a fait un point d’étape sur l’avancement du Plan solaire méditerranéen. Selon son rapport d’octo- bre 2010, Étude sur le financement des investissements dans le domaine des énergies renouvelables dans les régions de la Méditerranée méridionale et orientale, la puissance électrique totale des projets d’énergie renouvelable à ce jour identifiés s’élèverait à 10 GW, dont 2,1 GW seraient à un stade de développe- ment avancé. S’agissant des projets correspondant aux 7,9 GW restants il apparaît, selon le rapport de la BEI, qu’ils sont à des niveaux de maturité divers (stade d’étude de préfaisabilité pour 4,9 GW et stade d’étude de faisabilité pour environ 3 GW). Les projets liés à l’énergie solaire représentent 56 % du total de 10 GW. Dans le domaine de l’éolien, on note depuis 2008 la construction de 1 700 MW en Turquie, en Égypte, au Maroc et en Tunisie. Cela a permis de quadrupler le parc installé. Dans l’éolien, aucun développement n’est à noter à ce stade en Algérie, en Syrie, en Jordanie et au Liban. Cependant, des travaux sont en cours actuellement pour lancer à court terme des parcs éoliens en Jordanie et aussi en Syrie. Israël se positionne sur les développements techno- logiques. Un partenariat entre le CEA et l’Université de Ben Gourion est en cours de finalisation pour accélérer le développement de technologies de photovoltaïque à concentration. Dans le domaine du solaire, deux approches sont poursuivies : celle des très grandes centrales solaires et celle des approches plus modestes d’unités d’une dizaine de MW (pilotes + démonstrateurs). En ce qui concerne les grandes centrales solaires, le cas le plus imposant est celui du Maroc. Dans le cadre du plan solaire marocain, lancé en décembre 2009, le gouvernement marocain a créé une agence dédiée, le MASEN (Moroccan Agency for Solar Energy), et a lancé un appel d’offres. 210 entreprises ont répondu à l’appel à manifestation d’intérêt du 30 mars 2010. 19 consortiums ont ensuite procédé à un dépôt pour la préqualification qui retenait des critères très stricts. Le 24 décembre 2010, le MASEN a sélectionné quatre consortiums1 pour la première phase de développe- ment du complexe solaire d’Ouarzazate qui sera dédiée aux technologies de capteurs cylindro-paraboliques. D’autres projets emblématiques voient le jour. Des entrepreneurs proposent des mécanismes de finance- 1 1) Abeinsa ICI, Abengoa Solar, Mitsui et Abu Dhabi NEC ; 2) ENEL et ACS SCE ; 3) International Company for Water and Power (ACWA), Aries IS et TSK EE ; 4) Orascom CI, Solar Millenium et Evonik Steag. Tableau 1 : Développement de l’énergie éolienne en zone méditerranéenne depuis 2008. Source : Global Wind Energy Council (GWEC) 28 ◗ REE N°5/2011 les grands projets solaires du pourtour méditerranéen ment innovant pour l’éolien en Turquie. D’autres propo- sent dans un cadre purement privé, le développement d’une ligne d’électrons verts entre la Tunisie et l’Italie. Le consortium industriel Medgrid centré sur le trans- port d’électricité verte pour l’UPM a été créé le 5 dé- cembre 2010, après que le consortium industriel centré sur la production d’électricité solaire Desertec industriel initiative (Dii) a été fondé en octobre 2009 à Munich. Emplois induits Pour évaluer l’apport local du développement de la filière à concentration (CSP) en zone MENA, la Banque mondiale a commandé une étude qui a été réalisée en 2010. Selon cette étude le total cumulé des emplois créés localement en 2020 pour la construction, la fabri- cation et l’entretien et la maintenance des centrales de type CSP pourrait atteindre plus de 180 000 emplois, pour une création de richesse profitant aux pays de la rive Sud de 14,3 Md USD (scénario dit transformation- nel, installation de centrales CSP pour une production de 5 GW à horizon 2020 + export de 2 GW, 60 % de la valeur ajoutée profitant à l’économie locale). Medgrid Medgrid, issu du projet initial Transgreen, a été for- mellement créée le 9 décembre 2010. Medgrid est présidé par André Merlin, Président de RTE et d’ERDF et dirigé par Georges de Montravel. Medgrid regroupe Abengoa, Alstom Grid, Areva Energies Renouvelables, Atos WorldGrid, CDC infrastructure, EDF, INEO Com (fi- liale de GDF Suez), Nemo, Nexans, Nur Énergie, ONE, Pan Med Trading and Investment, Prysmian, Red Elec- trica, RTE, Siemens, Soitec, Taqa Arabia, Terna, Walid Elias Establishment. L’Agence française de développe- ment (AFD) signera par ailleurs un partenariat stratégi- que et financier avec Medgrid. Medgrid a son siège social au 38 avenue Hoche, 75008 Paris. L’objet de la société est le conseil et l’étude de la faisabilité, sur les plans technique, économique et institutionnel, d’un réseau de transport, entre les rives Nord et Sud de la Méditerranée, de l’électricité prove- nant notamment de sources renouvelables. Medgrid dispose d’une équipe, d’un budget et d’un programme de travail. La création de cette société concrétise la déclara- tion d’intention du 5 juillet 2010 où 12 des partenaires avaient signé un protocole d’accord pour l’étude d’un grand réseau de transport d’électricité entre les deux rives de la Méditerranée. Ce protocole était l’aboutisse- ment d’une mission interministérielle portant sur l’op- portunité d’une initiative industrielle sur ce sujet. Medgrid et Desertec industrial initiative sont des initiatives complémentaires, et un accord sera prochai- nement signé entre les sociétés pour les coordonner. Cet accord participe àw la coopération entre la France et l’Allemagne pour mettre en place un cadre régle- mentaire en Europe qui soit incitatif au développement des énergies renouvelables dans les pays du Sud et Est méditerranéen. Est évoquée la possibilité de faire des propositions conjointes qui pourront être reprises au ni- veau de l’Union européenne. Des études pourront en outre être conduites au niveau communautaire. ■ Antoine-Tristan Mocilnikar, 45 ans, est ancien élève de l’École Polytechnique, ingénieur en chef des Mines et ti- tulaire d’un Doctorat de l’université Paris IX. Il a travaillé à la fois pour Vivendi Universal (dirigeant d’une filiale HiTech pendant près de cinq années), pour le gouvernement fran- çais et dans des centres de recherche appliquée en France et aux États-Unis (MIT). Actuellement, après avoir été le Conseiller expert dans l’économie des filières énergétiques auprès du Délégué Interministériel au Développement Durable, il est Responsable Environnement & Développe- ment durable à la Mission Union pour la Méditerranée dont le chef est actuellement le conseiller spécial du Président de la République. Dans le monde associatif, il développe des idées de politiques publiques en tant que Président d’Énergie Intelligence et que Vice-président de l’Atelier de la République. Il a coordonné, à la Documentation française, L'élargissement de l’Union européenne à l’Est de l’Europe : des gains à escompter à l’Est et à l’Ouest, en 1999, aux Éditions Alpharès, les Nouveaux Chemins de l’Énergie, en 2003, Charbon propre, Mythe ou Réalité ? en 2006 et avec Gilles Pannequin, aux Éditions Eyrolles, l’Atlas du Dé- veloppement durable en 2011. l' auteur