Analyse du risque foudre. Etat de l’art et nouveautés

17/07/2017
Publication REE REE 2017-3 Dossier La foudre
OAI : oai:www.see.asso.fr:1301:2017-3:19458
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Analyse du risque foudre. Etat de l’art et nouveautés

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REE N°3/2017 Z 59 LA FOUDRE DOSSIER 1 Introduction Un coup de foudre sur un bâtiment ou à proximité de celui-ci peut avoir des conséquences sur sa structure et son contenu, sur les réseaux électriques et électroniques qui y sont connectés mais également sur des personnes se trou- vant à l’intérieur ou à proximité. Au lieu de protéger systématique- ment les structures contre la foudre, l’analyse du risque foudre (ARF) permet d’évaluer la nécessité ou non de mettre en place un système de protection foudre (SPF) sur une structure ou des parafoudres pour protéger des équipe- ments spécifiques. Contrairement à ce qui était supposé dans le passé, il n’est pas nécessaire de tout protéger dans une structure, voire même au niveau des équipements de toiture. En général, on ne protège pas non plus toute une installation électrique mais seulement certains équipements. En France et à l’international, cette évaluation des risques est réalisée dans le cadre de la norme IEC 62305-2 ba- sée sur le rapport technique IEC 61662 de 1995 qui était principalement utilisé en France pour des sites sensibles (cen- trales nucléaires, sites militaires…). L’évaluation du risque foudre selon la norme IEC 62305-2 (édition 1 de 2006) La norme IEC 62305-2 Edition 1 qui reste d’application obligatoire en France pour les ICPE (installations classées pour la protection de l’environnement) soumis à l’arrêté du 4 octobre 2010 (modifié par l’arrêté du 11 mai 2015) permet de réali- ser une analyse statistique du risque. Un risque est estimé par le calcul d’une perte annuelle moyenne pro- bable. L’analyse du risque foudre selon la norme IEC 62305-2 Edition 1 permet de calculer les risques suivants : 1 ) avec prise en compte du risque d’in- cendie et des dommages physiques à la structure. La perte associée est le nombre de personnes en danger (vic- times). L’estimation de ce risque est particulièrement utile pour les indus- triels qui doivent s’assurer de la sécu- rité des personnes présentes sur leur site tout en évitant une surprotection ou une minimisation du risque. Ce Analyse du risque foudre. Etat de l’art et nouveautés Anthony Bergot1 , Vincent Rogez2 Responsable pôle foudre - SEFTIM1 , Responsable du service ELEC&CC – DCNS2 Lightning risk assessment is an essential method for estimating whether a building requires light- ning protection system depending on the various risks pre- sent in the structure or not. The four risks addressed by this method are the risks of loss of human life, loss of service to the public, loss of cultural heritage and loss of econo- mic value. This method for calculating risks is defined in IEC 62305-2. This standard was first published in 2006 and was replaced by a second edition in 2010. In France, the first edi- tion is still widely used, in particular for certain well-defined industrial installations. The second edition presents some novelties, in particular on the estimation of losses, hazardous zoning and environmental risk. Following the manufacturers feedbacks, a new edition of this standard is in preparation. The future edition will make it possible, among other things, to determine a “social” risk integrating the loss of human life, damage to structures and environmental loss. The “Da- mage Frequency” corresponding to the loss of equipment in the structure will also make its appearance. This paper also discusses methods for further risk assessment, taking into account more stringent constraints than the standard, safety objectives and variation in storm activity. ABSTRACT L’analyse du risque foudre est une méthode essentielle pour estimer si un bâtiment doit être équipé ou non d’un système de protection contre la foudre en prenant en compte les risques variés que présente la structure. Les quatre types de risques traités par cette mé- thode sont les risques de perte de vie humaine, de perte relative au service au public, de perte d’héritage culturel et de perte de valeur économique. Cette méthode de calcul des risques est définie par la norme IEC 62305-2. Cette norme a d’abord été publiée en 2006, puis remplacée par une 2e édition en 2010. En France, la 1ère édition est encore largement utilisée, en particulier pour certaines installations industrielles bien définies. La 2e édition présente quelques nouveautés, relatives en particulier à l’estimation des pertes, la délimitation des zones à risques et les pertes environ- nementales. Suite aux retours des industriels, une nouvelle édition de cette norme est en préparation. Cette édition permettra, entre autres choses, de déterminer un « risque social » intégrant perte de vie humaine, dommages causés aux structures et pertes environnementales. La « fréquence de dommage » associée à la perte d’équipements de la structure fera également son apparition. Cet article traite également de méthodes pour approfondir l'évaluation des risques telles que la prise en compte de contraintes plus sévères que les normes actuelles, des objectifs de sûreté et la variation de l'activité orageuse. RÉSUMÉ 60 Z REE N°3/2017 LA FOUDREDOSSIER 1 risque prend également en compte les dangers pour l’environnement ou sa contamination ; 2 ) principalement calculé pour la produc- tion/distribution d’eau, de gaz, d’électri- cité ainsi que pour la radio, la télévision ou les télécom. La perte associée est un nombre d’usagers non desservis ; 3 ) principalement calculé pour les monu- ments historiques, les musées… La perte associée est liée à la valorisation économique de la structure et de son contenu ; 4 ). La perte associée est la valeur éco- nomique des animaux (par exemple pour de l’élevage hors sol), de la structure (y compris ses activités), de son contenu et des réseaux in- ternes. Chacun de ces risques est la somme de plusieurs composantes de risques en fonction du choc de foudre : - RA : composante liée aux blessures d’êtres vivants dues aux tensions de toucher et de pas dans les zones jusqu’à 3 m à l’extérieur de la structure ; - RB : composante liée aux dommages physiques d’un étincelage dange- reux dans la structure entraînant un incendie ou une explosion pouvant produire des dangers pour l’environ- nement ; - RC : composante liée aux défaillances des réseaux internes causées par l’Impulsion électromagnétique de la foudre (IEMF) lors d’un impact direct sur la structure. structure : - RM : composante liée aux défaillances des réseaux internes causes par l’IEMF lors d’un impact à proximité de la structure. - nètre dans la structure : - RU : composante liée aux blessures d’êtres vivants dues aux tensions de toucher à l’intérieur de la structure en raison du courant de foudre injecté dans une ligne entrante ; - RV : composante liée aux dommages physiques (incendie ou explosion dus à un étincelage dangereux entre une installation extérieure et les parties métalliques généralement situées au point de pénétration de la ligne dans la structure) provoqués par le courant de foudre transmis dans les lignes entrantes ; - RW : composante liée aux défaillances des réseaux internes en raison des surtensions induites sur les lignes entrantes et transmises à l’intérieur de la structure. pénétrant dans la structure : - RZ : composante liée aux défaillances des réseaux internes en raison des surtensions induites sur les lignes entrantes et transmises à l’intérieur de la structure. Ces composantes de risques sont donc associées à des sources de dom- mages causés par un choc de foudre : 1 ) ; 2 ) ; ou de données) (S3 ) ; 4 ). Les dommages suivants sont pris en compte : Chacune des composantes de risque peut être calculée avec la formule suivante : RX = NX x PX x LX Avec X = A, B, …, Z Avec NX est le nombre annuel d’événe- ments dangereux survenant sur la struc- ture ou les lignes qui y sont connectées, PX la probabilité que cet évènement dangereux se transforme en dommage pour la structure étudiée et LX la consé- quence des dommages. Le tableau 1 présente la synthèse des divers risques possibles associés aux diverses composantes du risque. Chacun des risques calculés (R1 , R2 et R3 ) à partir de ces composantes sera alors comparé à un risque tolérable. Le risque R4 quant à lui sera comparé au prix du SPF complet (donc y compris ses parafoudres) en tenant compte de l’amortissement, des taux d’intérêt et du taux de maintenance pour en estimer l’intérêt économique. De nombreux éléments ont une in- fluence sur le calcul du risque de perte de vie humaine dû à la foudre (risque R1 ). On peut citer en particulier : km2 /an) du site ; la structure étudiée ; au niveau de la structure ; la structure et leur temps de présence ; moyens mis en place pour réduire les conséquences d’un incendie. Si le risque calculé est supérieur au risque tolérable, il convient alors de mettre en place des mesures de pro- tection (contre les effets directs et/ou indirects de la foudre) qui sont définis suivant un niveau de protection allant de IV à I++. Le niveau de protection IV étant la protection contre la foudre la moins fine avec une probabilité de capter seulement 80 % des impacts sur le système de protection foudre (et donc une probabilité d’échec de 20 % qui peuvent encore dégrader la struc- ture) tandis qu’au niveau de protection I++, la probabilité de capter un impact sur le SPF est de 99,9 % (donc un taux d’échec de 0,1 % seulement). Il est à noter que cette probabilité ne concerne que les chocs de foudre qui devraient de toute façon frapper la structure, le SPF ne devant pas augmenter la proba- bilité de capture sur la structure. REE N°3/2017 Z 61 Analyse du risque foudre. Etat de l’art et nouveautés Certains des moyens qui peuvent être mis en place pour diminuer les risques sont les suivants : cage maillée, fil tendu…) ; système de parafoudres coordonnés [1] ; Une fois le niveau de protection déterminé, le choix et la mise en place du SPF seront basés sur les normes IEC 62305-3 et -4 Edition 1 de 2006. Les évolutions de la norme IEC 62305-2 : l’édition 2 et dans un futur proche, l’édition 3 Edition 2 de la norme IEC 62305-2 A l’international, c’est l’édition 2 de la norme IEC 62305-2, sortie en 2010 et en 2012 pour la version européenne CENELEC, qui est applicable. Cette norme s’applique en France pour toutes les structures à l’exception des ICPE pour lesquels l’édition 1 reste seule ap- plicable. Cette édition 2 s’applique donc par exemple aux établissement rece- vant du public, installations nucléaires de base, immeubles de grande hau- teur... D’après l’arrêté du 12 décembre 2014, les installations soumises à la rubrique 4210 (produits explosifs à l’ex- clusion de la fabrication industrielle par transformation chimique ou biologique) font exception parmi les ICPE et doivent également appliquer la 2e édition de cette norme. Les changements apportés par cette édition sont les suivants : choc électrique à l’intérieur de la struc- ture sont prises en compte (aupara- vant il était considéré qu’une personne se trouvant proche d’un conducteur d’un SPF mais à l’intérieur d’un bâti- ment, n’encourait aucun risque) ; minimale de 1 kV (alors qu’elle était auparavant de 1,5 kV, correspondant au niveau minimal de tenue de l’iso- lement de matériels sur le réseau 230/400 V) pour mieux tenir compte des matériels de communication et de l’immunité des matériels dans le cadre de la compatibilité électromagnétique qui correspondent à des niveaux de tension plus faibles ; réduit à un niveau tolérable en dépit du fait d’avoir appliqué les moyens de protection les plus efficaces pro- posés, il est possible d’utiliser un sys- tème d’avertissement d’orage (TWS en anglais) par exemple en utilisant les informations issues d’un réseau de détection de la foudre ; suite à un choc de foudre qui était nécessaire pour calculer le risque de perte de vie humaine (R1 ) dans Tableau 1 : Synthèse des divers risques possibles associés aux diverses composantes du risque selon la norme IEC 62305-2. 62 Z REE N°3/2017 LA FOUDREDOSSIER 1 la 1ère édition a été remplacée au profit de valeurs standard de pertes (déterminées suivant le type de structure) multipliées par le ratio du nombre de personnes dans la zone sur le nombre de personnes dans la structure et la durée de présence dans la zone. Des coefficients ont également été introduits pour faciliter l’estimation des pertes liées aux risques R2 , R3 et R4 . Ceci a notam- ment permis d’éviter une évaluation des victimes qui était très approxima- tive ; ATEX 0 (atmosphères explosives) étaient prises en compte pour le calcul du risque. Dans l’édition 2, un coeffi- cient est associé à la durée d’existence de chacune des zones ATEX ; économique (R4 ) a été simplifié avec l’ajout d’un risque tolérable pour ce risque. Obtenir toutes les informations pour calculer précisément ce risque était très difficile [2] ; environnemental était calculé sur la base d’un facteur multiplicatif sur les pertes de vie humaine ce qui intro- duisait un biais : une structure avec peu de personnes présentes condui- sait à une risque environnemen- tal modéré même si le risque réel était élevé alors qu’a contrario une structure avec du personnel présent 24h/24h conduisait à un risque envi- ronnemental élevé même si le risque réel était faible. C’est la raison pour laquelle l’application de l’édition 1 sur les ICPE ne fait plus vraiment de sens et il devient urgent d’autoriser l’appli- cation de l’édition 2 pour toutes les ICPE. Dans l’édition 2 de la norme, les pertes de vie humaine et les pertes environnementales sont bien sépa- rées et sont intégrées dans le calcul du risque R1 comme une somme et non plus un produit [3]. Edition 3 de la norme IEC 62305-2 La comparaison entre la méthode de la norme IEC/EN 62305-2 et le retour d’expérience (REX) chez les industriels a souvent été discutée [4]. En effet, cette méthode est souvent considérée comme étant trop sévère pour eux. A l’inverse, pour des bâtiments simples et ne présentant pas de risques particu- liers type habitation individuelle, le REX montre que la NF EN 62305-2 peut par- fois sous-estimer les conséquences dues à la foudre (pertes d’équipements télé- com/data en particulier) [5]. L’édition 3 de la norme devrait en partie y répondre. L’approche du calcul de risque dans la fu- ture édition de la norme 62305-2 devrait être grandement modifiée. Les quatre risques (risque de perte de vie humaine, risque de perte de service public, risque de perte d’héritage culturel et risque de perte de valeurs économiques) ne se- ront plus traités séparément. En contre- partie, le risque « social » et la fréquence de dommage seront introduits. Le risque « social » intégrera la perte de vie humaine, les dommages aux structures ainsi que la perte environ- nementale. La fréquence de dommage correspondra à la perte d’équipement dans la structure (perte de fonctionna- lité) : Fx = Nx x Px avec : x : fréquence de dommage suivant la source de dommage (S1 , S2 , S3 ou S4 , voir paragraphe précédent) ; x : nombre annuel d’événements dangereux ; x : probabilité de dommage sur la structure. Le principal intérêt de cette approche de la fréquence de dommage est qu’elle permet d’éviter le calcul des pertes, approche beaucoup moins scientifique que le calcul de N et de P et qui varie fortement d’une application à l’autre. La fréquence de dommage tolérable dépend de chaque besoin mais une valeur est proposée par défaut : FT = 0,1 (on tolère alors un dommage d’équipe- ment tous les 10 ans). Par ailleurs, dans les éditions précé- dentes, il était considéré qu’un coup de foudre avait un unique point de contact au niveau du sol. Or dans la réalité ce n’est pas forcément le cas, un éclair peut avoir plusieurs points d’impacts en même temps et en général deux. Cette édition prendra en compte cette caractéristique dans le calcul du nombre annuel d’événements dangereux. Dans cette troisième édition, le dom- mage concernant les blessures d’êtres vivants (D1 ) suite à un choc électrique sera décomposé en deux composantes : 1D qui est la conséquence d’un choc de foudre direct sur un être vivant (par exemple une personne se trouvant exposée sur une terrasse) ; 1T qui est la conséquence de la ten- sion de pas et de contact sur un être vivant (tension qui peut être présente lorsqu’un être vivant est en contact ou se trouve trop près d’un conducteur de descente foudre et de sa prise de terre). Les deux autres causes de dom- mages seront l’amorçage dangereux pouvant déclencher un incendie, une explosion ou un dommage mécanique ou chimique avec possible impact sur l’environnement (D2 ) ainsi que les sur- tensions (D3 ). Les pertes seront donc les suivantes : 1 : Dommage sur les êtres vivants. C’est la conséquence de D1D , D1T , D2 et même D3 dans les structures avec risque d’explosion, les hôpitaux et autres structures où la défaillance d’un système interne impacte direc- tement la vie humaine ou à cause de la dispersion de produit chimique, de fumées toxiques ou d’émissions radioactives ; 2 : dommage physique de la structure et son contenu. C’est la conséquence de D2 et même D3 dans les structures avec risque d’explosion ; REE N°3/2017 Z 63 Analyse du risque foudre. Etat de l’art et nouveautés 3 : dommage des circuits électriques et électroniques. C’est la conséquence de D3 . Il est à noter qu’une perte est consi- dérée comme sociale dès lors qu’elle implique une perte de vie humaine, une perte de service public, une perte cultu- relle et les coûts pour la société d’une manière générale (secours d’urgence, coûts de reconstruction, etc.). La deuxième modification impor- tante de la norme concerne le calcul des probabilités associées aux para- foudres : PSPD . Dans ce calcul et en fonction du niveau de protection, un système de parafoudres coordonnés doit : attendue au point d’installation ; l’équipement à une valeur plus petite que la tenue de cet équipement. Ainsi la probabilité PSDP associée à ce système de parafoudres dépend de : EB : probabilité que la valeur de cou- rant impulsionnel de foudre dépasse la tenue du parafoudre ; Up : probabilité que la valeur de la tension aux bornes du parafoudre dépasse le niveau Up du parafoudre. Pour un système à deux para- foudres, un parafoudre d’entrée d’ins- tallation SDP1 et un parafoudre devant un matériel sensible ou dans un ta- bleau divisionnaire SDP2 , la probabi- lité peut ainsi se calculer de la façon suivante : PSPD = 1 - (1 – PEB SPD1 ) · (1 – PUp SPD2 ) La présence d’un système de dé- tection d’orage et en particulier sa probabilité de non détection PTWS sera également directement prise en compte dans le calcul des probabilités. Cette probabilité est reliée au para- mètre FTWR (Failure To Warn Ratio en anglais) qui caractérise le fait qu’un événement avéré dans la zone de dé- tection n’a pas été détecté par le sys- tème de détection. Des pistes pour approfondir l’évaluation des risques De nouvelles approches de l’analyse de risque foudre peuvent compléter la méthode donnée dans la norme IEC/EN 62305-2. En effet depuis l’accident sur- venu le 11 mars 2011 dans la centrale électronucléaire civile de Fukushima Daïchi au Japon, il est apparu néces- saire d’étudier des scénarios allant au- delà des agressions externes prises en compte pour le dimensionnement des structures les plus sensibles (les noyaux durs par exemple constitués des élé- ments qui doivent impérativement être fonctionnels) [6]. Prise en compte de contraintes plus sévères que la norme Certaines installations, bien qu’étant protégées selon les normes en vigueur, subissent des dommages suite à des chocs de foudre. L’analyse de ces inci- dents, corroborée par des données des réseaux de détection foudre, montre des contraintes énergétiques bien plus grandes que la norme, avec des efforts électrodynamiques et des échauffe- ments importants. Le REX montre éga- lement que des parafoudres conformes aux normes sont détruits par des im- pulsions multiples pourtant bien plus faibles que leur courant maximal [7]. Ces exemples peuvent nous amener à considérer des paramètres du courant de foudre différents de ce que proposent les normes (de 3 kA à 200 kA). Les ins- tallations les plus sensibles peuvent donc être étudiées avec des courants de foudre allant de 2 kA à 300 kA, 300 kA étant la valeur maximale enregistrée pour un courant de foudre [8]. Le cou- rant de 2 kA peut poser problème car, même s’il est très petit, il peut influen- cer les équipements importants pour la sécurité qui se trouvent en toiture ou en façade et pourrait ne pas être intercepté par un SPF au niveau de protection I. Par ailleurs, les chocs de foudre sont consti- tués de courants persistants entre deux impulsions et ce type de courant n’est pris en compte que dans l’aviation et non pour les structures au sol (figure 1). Les impulsions qui suivent un choc de foudre multiple sont d’amplitudes souvent plus faibles que la première mais cependant beaucoup plus rapides et donc générant des surtensions élevées. Analyse de risque foudre et respect des objectifs de sûreté Cette approche se fait par l’étude de scénarios que la foudre pourrait déclen- cher et propose les meilleures solutions pour s’en protéger. Par exemple, elle Figure 1 : Impulsion de courant foudre pour tenir compte de contraintes supérieures à la norme. 64 Z REE N°3/2017 LA FOUDREDOSSIER 1 analysera précisément les risques d’un choc de foudre direct sur la structure, d’un choc de foudre direct ou induit sur les services entrant ou sortant, d’un choc de foudre sur une structure liée au bâtiment étudié ou encore d’un choc de foudre pendant une opération sensible (un dépotage par exemple). Cette méthode permet également d’analyser le risque foudre pour ré- pondre à des objectifs de sûreté. Cette méthode doit : les événements redoutés associés pour les systèmes (ou fonctions) étudiés qui participent aux objectifs de sûreté ; pour la sûreté ; dangereux (probabilité et gravité) ; et le respect des exigences de sûreté. En plus d’utiliser les différentes fré- quences et probabilités déterminées par la norme IEC/EN 62305, cette méthode prend en compte des paramètres addi- tionnels. Ces paramètres concernent entre autres : l’influence des surtensions de petite amplitude (qui sont très nom- breuses et souvent négligées) sur la tenue des systèmes ou la perturbation de la chaîne d’information, du taux de défaillance des parafoudres (dû entre autre à leur vieillissement ou à une suc- cession de petites surtensions), la mise en œuvre des moyens de protection (en cas de mauvais câblage des para- foudres par exemple) et la maintenance des moyens de protection. L’activité orageuse, paramètre important de l’analyse de risque foudre La norme IEC/EN 62305-2 est basée sur une valeur moyenne et annuelle de densité de foudroiement. Cependant de nombreuses structures ont une activité qui n’est pas permanente pendant 12 mois et qui peut être seulement ponc- tuelle ou saisonnière. Or, l’activité ora- geuse d’un endroit dépend beaucoup de la saison. En France, par exemple, elle est très intense en été et diminue fortement en hiver [9]. Ainsi, selon la période d’activité de la structure étu- diée, l’analyse de risque foudre peut être majorée ou minorée par rapport à la méthode considérant une activité foudre moyenne. Une nouvelle mé- thode d’analyse de risque foudre peut donc être proposée pour les structures ayant une activité temporaire [10] [11]. Dans ce cas-là, il convient de prendre en compte une densité de foudroie- ment correspondant à la période consi- dérée. Le nombre total d’heures pris en compte dans le calcul des pertes pour cette période sera également réduit pro- portionnellement à la période ainsi que la valeur du risque tolérable. En effet, si ce risque n’était pas réduit au même pourcentage que la période étudiée, le niveau de protection qui en découle ne serait pas compatible avec le risque tolérable pour une année entière. Cette méthode est applicable pour une pé- riode minimale d’un mois. Dans les normes internationales, la distribution du courant de foudre est fixée quel que soit le lieu ou la période auxquels se produit l’orage. Cependant, la fréquence et l’intensité des coups de foudre dépendent de la saison comme évoqué ci-dessus mais également du lieu étudié. La variation de cette distribu- tion du courant peut donc influer sur les résultats de l’analyse de risque foudre [12]. En effet, il est généralement admis qu’un courant de foudre plus petit que 10 kA peut s’écouler relativement faci- lement dans des structures métalliques ou en béton armé alors qu’un courant de foudre supérieur à 10 kA peut en- traîner de grands dommages. Ainsi un lieu qui est exposé principalement à des coups de foudre d’une intensité plus faible aura probablement moins de risque qu’un lieu exposé à des coups de LES AUTEURS Anthony Bergot est diplômé de l’Ecole nationale supérieure d’ingé- nieurs de Bourges (ENSIB), spé- cialisé dans la maîtrise des risques industriels. Il travaille depuis 2013 en qualité d’ingénieur d’études foudre chez SEFTIM – bureau d’étude foudre et compatibilité électroma- gnétique depuis 50 ans. Anthony Bergot est actuellement responsable du pôle foudre de cette société et membre du comité de normalisation international de protection contre la foudre. Vincent Rogez travaille depuis 2005 en tant qu’ingénieur en génie élec- trique chez DCNS – groupe spéciali- sé dans l’industrie navale de défense et acteur majeur dans l’énergie. Il est actuellement responsable du service électricité & contrôle-commande à l’ingénierie dans le domaine des infrastructures marines. REE N°3/2017 Z 65 Analyse du risque foudre. Etat de l’art et nouveautés foudre de forte intensité plus nombreux que les densités moyennes considérées par les normes (100 kA par exemple). L’analyse de risque foudre est donc une méthode qui peut être améliorée et affinée en fonction de l’avancée des recherches, des informations dispo- nibles (par exemple en provenance des réseaux de détection d’orage) et des be- soins des industriels. A contrario, pour de nombreuses applications comme la protection des particuliers ou des bâti- ments tertiaires, la méthode peut être considérablement simplifiée. L’analyse de risque statistique comme définie dans la norme IEC/EN 62305-2 peut aussi être complétée par une ana- lyse de risque déterministe qui peut, par exemple, demander de protéger systé- matiquement des équipements impor- tants pour la sécurité ou des mesures de maîtrise des risques. Cette analyse peut aussi exiger la mise en place de procédures telles que l’interdiction d’ac- cès en toiture ou de dépotage en cas d’alerte orage. Conclusion L’analyse de risque foudre est une étape essentielle pour choisir les me- sures de protection les plus appropriées en adéquation avec les besoins et les risques inhérents à une structure. Cette méthode peut être exigée (par un ar- rêté par exemple) mais elle présente également un grand intérêt pour qui- conque s’interroge sur la nécessité ou non de mettre en place un système de protection foudre ou tout simplement des parafoudres ou une alerte orage. Elle permet de s’assurer que les diffé- rents risques dus à un choc de foudre n’entraînent pas de conséquences irré- médiables sur les personnes, l’environ- nement ou encore sur l’économie d’une société. Une fois l’analyse de risque terminée, le niveau de protection obtenu servira de base et de donnée d’entrée pour la rédaction de l’étude technique de protection contre la foudre qui définira précisément le système de protection foudre à mettre en place. Remerciements Les auteurs remercient Nicolas Peyrus pour son soutien à la réalisation de cette publication. Références [1] Lo Piparo G.B., Kisielewicz T., Mazzeti C., Rousseau A. : “An approach to assess the probability of damage when a coordinated SPD system is installed”, International Conference on Lightning Protection (ICLP) 2014. [2] Rousseau A., Gruet P: “Practical approach for economic losses - light- ning risk evaluation”, International Conference on Lightning Protection (ICLP) 2008. [3] Rousseau A., Kern A.: “How to deal with environmental risk in IEC 62305- 2”, International Conference on Light- ning Protection (ICLP) 2014 [4] Rousseau A., Cruz F., Sarramegna S., Taofifenua S., Taine W.: “Lightning Risk Evaluation – Field experience”, International Conference on Light- ning Protection (ICLP), 2016. [5] Rousseau A., Cruz F.: “Analyse du risquefoudre:limitesetperspectives”, forum APF, 29 novembre 2016. 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