Êtes-vous un « maker » ?

17/07/2017
Publication REE REE 2017-3
OAI : oai:www.see.asso.fr:1301:2017-3:19450

Résumé

Êtes-vous un « maker » ?

Auteurs

Transition énergétique : il est temps de redonner la priorité à l’électricité
Comment décarboner les transports lourds de marchandises ?
La RATP se met au vert
Autoconsommation : le débat ne fait que commencer
Un mix gazier 100 % renouvelable en 2050 : peut-on y croire ?
La fiscalité du carbone se renforce
Stratégie nationale bas carbone : les premiers indicateurs de résultats interpellent
Eoliennes flottantes : deux inaugurations importantes mais beaucoup d’incertitudes demeurent
Vers un cluster de l’hydrogène dans la région de Liverpool-Manchester
Les batteries Li-ion pour l’automobile : un marché en pleine évolution
Mobileye et le Road Experience Management (REMTM)
La cyber-sécurité dans les systèmes d'automatisme et de contrôle de procédé
Les applications industrielles et scientifiques des logiciels libres : aperçu général
Les applications industrielles des logiciels. libres
Les applications industrielles des logiciels libres (2ème partie)
L'identification par radiofréquence (RFID) Techniques et perspectives
La cyber-sécurité des automatismes et des systèmes de contrôle de procédé. Le standard ISA-99
Êtes-vous un « maker » ?
Entretien avec Bernard Salha
- TensorFlow, un simple outil de plus ou une révolution pour l’intelligence artificielle ?
Donald Trump annonce que les Etats-Unis se retirent de le l’accord de Paris
L’énergie et les données
Consommer de l’électricité serait-il devenu un péché ?
Un nouveau regard sur la conjecture de Riemann – Philippe Riot, Alain Le Méhauté
Faut-il donner aux autorités chargées du respect de la loi l’accès aux données chiffrées ?
Cybersécurité de l’Internet des objets : même les ampoules connectées pourraient être attaquées
L’Internet des objets - Deux technologies clés : les réseaux de communication et les protocoles (Partie 2)
ISA L’évolution des normes et des modèles
FIEEC - SEE - Présentation SEE et REE - mars 2014
Les radiocommunications à ondes millimétriques arrivent à maturité
L’Internet des objets - Deux technologies clés : les réseaux de communication et les protocoles (Partie 1)
Internet des objets : l’ARCEP et l’ANFR mettent à la consultation l’utilisation de nouvelles bandes de fréquence autour de 900 MHz
L’énergie positive
Controverses sur le chiffrement : Shannon aurait eu son mot à dire
La cyberattaque contre les réseaux électriques ukrainiens du 23 décembre 2015
Le démantèlement des installations nucléaires
L’Accord de Paris
Les data centers
L’hydrogène
Le piégeage et la récolte de l’énergie. L’energy harvesting
Régalez-vous, c’est autant que les Prussiens n’auront pas...
Le kWh mal traité Deuxième partie : le contenu en CO2 du kWh
Le kWh mal traité
Enova2014 - Le technorama de la REE
Les grands projets solaires du pourtour méditerranéen
Après Fukushima, le nucléaire en question ?
On sait désormais stocker les photons pendant une minute
Identification d’objet par imagerie fantôme utilisant le moment orbital angulaire
La découverte du boson de Higgs, si elle est avérée, confirmera le modèle standard
Multiplexage par moment angulaire orbital : mythe ou réalité ?
Supercalculateur quantique: le choix de la supraconductivité
Photovoltaïque : la course au rendement se poursuit
Production d’hydrogène par photolyse de l’eau assistée par résonance plasmon
Vers une meilleure compréhension du bruit de scintillation
Les nombres premiers en première ligne
La nouvelle révolution des moteurs électriques
Les cyber-attaques, un risque pour nos grandes infrastructures ?
Le stockage de l’électricité
Le véhicule électrique (2) : comment donner corps à la transition énergétique ?
L'automatisation des transports publics
Les technologies nouvelles de l’éclairage : leur impact sur l'environnement et la santé
Les énergies marines renouvelables
Le véhicule électrique : une grande cause nationale
Médaille Ampère 2012
Berges2009_Hauet.pdf
Prix Bergès 2009

Métriques

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146 Z REE N°3/2017 V otre magasin de bricolage préféré vient d’ouvrir un « Techshop » et vous invite à devenir un « maker1 » en développant le « coworking ». Voilà donc de nouveaux anglicismes qui envahissent notre vie quotidienne. De quoi s’agit-il ? Un TechShop® (c’est en fait une marque commerciale) est un espace collaboratif où chacun peut accéder à des machines et à des équipements professionnels, répartis dans différents ateliers : bois, métal, textile, électro- nique, impression 3D... Vous pouvez y bénéficier – dit la notice – du support d'accompagnateurs projets, à l'expé- rience solide et à l’enthousiasme com- municatif. Bref, c’est l’endroit où vous pouvez, dans une ambiance conviviale faire vos premiers pas de « maker ». 1 Sur ce thème, le lecteur pourra consul- ter le petit guide intitulé "Devenez ma- ker" qui vient d'être édité chez Dunod et que la REE a recensé pour vous dans la rubrique "Vient de paraître" du pré- sent numéro. Mais qu’est-ce qu’un maker ? Un maker est au bricoleur ce que l’homme contemporain est à l’homme de Cro- magnon : c’est quelqu’un qui va fabri- quer lui-même des objets, matériels ou logiciels, en utilisant toutes les res- sources que la technologie moderne met à sa disposition : outils lasers, im- pression 3D, conception et simulation numérique, etc. Mais il va le faire de façon collaborative, dans un espace ou- vert, en bénéficiant d’outils modernes mais aussi du soutien d’instructeurs et de l’expérience partagée avec d’autres makers : artistes, entrepreneurs, ensei- gnants, étudiants, etc. De là est né le concept de « culture maker » qui met l’accent sur l’appren- tissage par la pratique dans un cadre social. La culture maker se concentre ainsi sur un apprentissage informel, communautaire, collaboratif et par- tagé via un patrimoine informationnel commun, motivé par l’amusement et l’accomplissement personnel. Le bri- coleur est un individu qui va généra- lement opérer seul alors que le maker chasse en meute. Les interactions communautaires et le partage de connaissances sont fondamentaux. L’atelier – j’aurais dû dire le « works- hop » ou mieux le « makerspace » – est le temple où la communauté va se réunir pour échanger, faire progresser son savoir-faire et réaliser. Pourquoi un tel engouement qui rejoint celui suscité par les « fab labs » promus initialement par le MIT pour développer de façon coopérative des logiciels qui sont ensuite distribués sous licence libre ? Certes, de tout temps, chacun a, avec ses moyens propres, cherché à compléter les fruits qu’il pouvait tirer de son travail en développant une activité spécifique dans laquelle il avait quelque talent : les ménagères fai- saient du tricot, élevaient des poules ou cultivaient un potager ; les hommes refaisaient les peintures ou réparaient leur voiture. L’objectif premier était éco- nomique : améliorer l’ordinaire en se débrouillant tout seul ; subsidiairement l’activité pouvait être perçue comme un Un Techshop aux Etats-Unis. CHRONIQUE Êtes-vous un « maker » ? REE N°3/2017 Z 147 loisir. Mais la composante sociale était absente sauf à se rendre service entre voisins lorsque cela était nécessaire. Avec le mouvement maker, on assiste à quelque chose qui va plus loin puisque les makers acceptent tout simplement d’aller au travail – adieu les 35 heures – dans un cadre qui n’est plus celui de l’entreprise mais qui y ressemble : un espace, des moyens partagés et des instructeurs qui servent de contremaîtres. Pourquoi un cadre souvent perçu comme une contrainte devient-il tout d’un coup une voie d’épanouissement ? Il y a probablement plusieurs rai- sons. La première est le mouvement général que nous constatons en direc- tion de la décentralisation et du « small is beautiful ». Les baisses de prix et la miniaturisation des outils, le dévelop- pement fantastique des technologies numériques rendent possibles des fabrications, matérielles aussi bien que logicielles, qui étaient jusqu’à présent l’apanage des grandes organisations fortement équipées en moyens hu- mains et matériels. Alors pourquoi ne pas en profiter et faire soi-même au lieu de faire faire, alors que l’on a du temps libre et que les loisirs coûtent plus cher que le travail librement consenti et exo- néré de charges sociales ? Mais la culture maker va encore plus loin : elle est incontestablement imprégnée d’une saveur libertaire tendant à remettre en cause les struc- tures en place, à se libérer des carcans et aller vers un monde où les connais- sances et les moyens sont partagés pour le plus grand bonheur de chacun. Ne voit-on pas ainsi se développer les productions autonomes d’électricité et des collectivités d’autoproducteurs qui, en utilisant les vertus de la block- chain, pensent pouvoir s’exonérer des grands opérateurs qui ont pourtant été à l’origine d’un fantastique progrès économique et social. Plus de liberté, plus de démocratie, halte aux rému- nérations indues du grand capital, le contrôle retrouvé de ses ressources et de son talent… autant de slogans qui font florès. Mais attention, le mouvement ma- ker n’est qu’une instanciation particu- lière de la civilisation du numérique, celle qui a donné naissance à Uber ou à Airbnb. S’il n’y a pas d’actionnaires vi- sibles dans les ateliers collaboratifs, il y en a dernière le rideau qui, en surfant sur les mouvements d’opinion et en mettant à la disposition des usagers des méthodes et des moyens, sont ceux qui en tirent le maximum de pro- fit. Il faut aussi penser aux effets dés- tructurants de ces circuits courts : un maker ayant acquis une réelle exper- tise sera souvent tenté d’en faire com- merce et d’en tirer profit, par exemple au travers d’allovoisins.com ou de le- boncoin.fr. Il ira passer son temps libre dans un atelier collaboratif sans s’alar- mer du fait que c’est son vrai travail qui assure sa couverture sociale et sa retraite. La plupart de ces activités ren- dues possibles par l’explosion des ser- vices numériques restent donc encore aujourd’hui les passagers clandestins des structures traditionnelles. C’est à la puissance publique de définir des règles qui, sans entraver le développe- ment de nouvelles formes de travail, permettent de préserver les équilibres sociaux et de ne pas créer de nou- velles formes d’assujettissement. Q JPH CHRONIQUE