Un succès pour la constellation Galileo

06/03/2017
Publication REE REE 2017-1
OAI : oai:www.see.asso.fr:1301:2017-1:18862

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Un succès pour la constellation Galileo

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REE N°1/2017 Z 29 en chaîne conduisant à la destruction irréversible de toutes les lampes d’une cité (figure 6). Ils ont calculé en particulier que, dans le cas d’une ville comme Paris, la réaction s’éteindrait si le nombre de lampes était inférieur à une masse critique de 15 000 et, au-delà, se propagerait à toute la ville. Quels enseignements tirer ? Plusieurs enseignements peuvent être tirés de cette étude : sont à rechercher, non pas en régime stationnaire, mais dans toutes les procédures d’exception, telles que les re- mises à zéro, le commissioning de nouveaux équipements ou la mise à jour des logiciels. La réponse classique des fournisseurs selon laquelle « les communications sont chif- - ficile de l’ouverture et de l’interopérabilité dans l’Internet des objets. On voudrait en effet accueillir dans une même « tribu » des éléments d’origine diverse mais qui doivent en conséquence posséder un syndrome de reconnaissance sont également clairement mises en évidence, avec le risque patent de voir tôt ou tard les clés dévoilées. Mais les systèmes de chiffrement asymétriques sont-ils com- patibles avec la démocratisation souhaitée pour les objets communicants ? - coce de la contamination des objets connectés. Dans le cas des lampes, leur mauvais fonctionnement en est une mani- festation visible et tangible. Mais la contamination peut être subreptice et avoir des effets masqués. On pense en parti- culier aux attaques en “Denial to Sleep” qui se développe- ront et viseront à éviter que les objets connectés puissent se mettre au repos. Il s’ensuivra une usure prématurée des batteries alors que tous les efforts actuels visent à donner à ces objets une autonomie de plusieurs années. Ces questions sont aujourd’hui étudiées au sein du groupe de travail sur l’Internet des objets créé par le Cercle des en- treprises de la SEE dont les conclusions seront publiées dans le numéro REE 2017-3 de la revue. Q Jean-Pierre Hauet Figure 6 : Réaction en chaîne modélisée en utilisant la théorie de la percolation et en supposant qu’une lampe puisse contaminer ses voisines dans un rayon de 50 m – A gauche, la densité des lampes est insuffisante pour permettre la propagation de la réaction en chaîne – A droite : La réaction s’étend à tout le parc de lampes – Source : Op. Cit. Le 17 novembre 2016, le lanceur européen Ariane 5 a placé quatre satellites de la constellation européenne Galileo sur leur orbite nominale de 23 616 km. Le choix du lanceur Ariane 5, en remplacement des lanceurs précédents Soyouz, a permis de placer quatre satellites au lieu de deux, permet- tant ainsi une avancée plus rapide du projet (figure 1). Depuis le premier lancement en 2012, 14 satellites ont été lancés mais l’un d’entre eux n’est pas opérationnel en raison d’une panne d’antenne. Deux autres sont sur des or- bites trop basses, ce qui leur interdit de remplir la plupart des missions attendues de Galileo. Grâce au dernier lance- ment, le nombre de satellites pleinement opérationnels est à présent de 15, ce qui a permis le démarrage de l’exploitation le 15 décembre 2016. Il est prévu deux autres lancements de quatre satellites chacun en 2017 et en 2018. En 2020, avec 30 satellites en service opérationnels, la constellation pourra fournir un service complet. L’Europe disposera alors du ser- vice de positionnement le plus précis au monde. Le programme Galileo a été initié en 1999 par la Com- mission européenne pour doter l’Europe de son propre sys- ACTUALITÉS Un succès pour la constellation Galileo 30 Z REE N°1/2017 tème de positionnement et de datation et de garantir l’indé- pendance européenne face aux autres systèmes existants. L’américain GPS est le plus connu et est actuellement le plus utilisé en Europe. Le russe Glonass assure depuis 2011 une couverture mondiale et le chinois Beidou couvre actuelle- ment plutôt l’Extrême-Orient. Après que plusieurs pistes ont été abandonnées, la Commission européenne a alloué un budget initial de 3,5 MF pour la période 2008-2013. Cepen- dant, la Cour des comptes française a estimé, dans un rap- port publié en janvier 2016, que le programme, entièrement financé par la Commission européenne, coûtera 10,2 MdF 2014 soit trois fois le montant initialement prévu. Le système Galileo est prévu pour être composé de 30 satellites dont 27 opérationnels et 3 en réserve. Ils seront répartis en trois orbites circulaires à une altitude de 23 616 km avec un angle d’inclinaison des plans orbitaux de 56°. Les signaux de Galileo couvriront des latitudes allant jusqu’à 75° nord et sud. Grâce au nombre élevé de satellites, à l’optimi- sation de la constellation et à l’existence de trois satellites en réserve active, la perte éventuelle d’un satellite n’aura pas de conséquence notable pour l’utilisateur. Les satellites en orbite seront soutenus par un réseau mondial d’une vingtaine de stations terrestres. Les antennes au sol sont reliées à deux centres de contrôle implantés en Europe, l’un à Fucino en Italie, l’autre à Oberpfaffenhofen en Allemagne. Leur rôle est le contrôle et le pilotage des satellites. Les informations en provenance de la constellation de satellites sont envoyées vers ces deux centres par un réseau redondant. Une de leurs missions principales est la synchronisation des horloges avec une horloge terrestre de référence (figure 2). Le succès de Galileo constitue une concrétisation des ambitions affichées par l’Europe en matière de politique spatiale : renforcer son autonomie stratégique. L’Europe dé- Figure 1 : Arrimage des quatre satellites de la constellation Galileo sur le lanceur Ariane 5 pour le tir du 15 décembre 2016. Figure 2 : Architecture au sol Galileo – Source : ESA. ACTUALITÉS REE N°1/2017 Z 31 pend pour l’instant du GPS américain. Le développement de Galileo entraînera une plus grande implication du secteur privé pour rattraper le retard en matière d’innovation, vis-à-vis des Etats-Unis notamment. Le système européen, dont la pré- cision est d’un mètre en distance et de quelques milliar- dièmes de seconde en temps, sera bien plus précis que avec Galileo, on saura sur quelle voie il roule », nous dit Jean-Yves Le Gall, le président du CNES. Ce sera le seul système compatible avec la voiture autonome. Cette quali- té optimale ne sera toutefois atteinte qu’en 2020, une fois les 30 satellites déployés. Ce qui permettra à l’Europe de marquer des points importants sur le terrain économique. Malheureusement très peu d’appareils sont aujourd’hui compatibles avec le réseau Galileo. Mais les fabricants de puces sont prêts et Bruxelles mise sur des obligations régle- mentaires pour imposer rapidement la compatibilité dans de nombreux secteurs, télécoms et automobile en tête. Des fonds européens seront réservés aux start-ups pour déve- lopper des produits compatibles. Galileo va proposer divers services. Un service ouvert sera accessible gratuitement à tout le monde. Outre le ser- vice de positionnement et de datation, il offrira une authen- tification du signal utilisé. Cette authentification permettra d’avoir la garantie que le signal utilisé est bien un signal Galileo et non un leurre. Il est aujourd’hui le seul système à proposer ce service. Un service de recherche et sauvetage pour les navires et avions en détresse permettra une loca- lisation en temps réel et au centimètre près. Ce dispositif permettra non seulement d’alerter les services de secours locaux compétents, mais aussi de prévenir l’utilisateur du unique au monde. Le segment commercial sera payant : il permettra un positionnement avec une précision de quelques centimètres et une authentification encore plus robuste. La partie gouvernementale du système, disposera de signaux encore plus résistants aux perturbations électro- magnétiques. Elle sera rendue accessible uniquement aux Etats membres en fonction de la pertinence de la demande. Galileo est aussi un symbole politique : dans une période où l’Union est bousculée, elle peut brandir un succès bâti sur le pouvoir du collectif. Ce beau succès a cependant été quelque peu éclipsé par l’annonce faite un mois après le dernier lancement. Une panne a été découverte qui concerne 9 des 72 horloges embarquées sur les 18 satellites. L’ensemble des perfor- mances n’est pas remis en cause car chaque satellite com- porte quatre horloges dont une seule suffit pour assurer les services. « La situation doit être étudiée, mais n’est pas alarmante » précise Jean-Yves Le Gall, président du Cnes. Le problème qui se pose est assez complexe car les pannes affectent indifféremment les deux types d’horloges embar- quées : des masers à hydrogène et des horloges au ru- bidium. La question est actuellement à l’étude, avec pour option possible le report du prochain lancement de quatre satellites. Q André Deschamps Faut-il donner aux autorités chargées du respect de la loi l’accès aux données chiffrées ? La Chambre des représentants du Congrès américain se prononce pour l’instant contre mais invite à la réflexion La REE a rendu compte dans son numéro 2016-2 de la controverse née aux Etats-Unis sur l’opportunité de donner à la justice ou aux forces de l’ordre l’accès à des données chiffrées, sur un téléphone portable par exemple. Cette controverse était née à la suite de la requête émise par le FBI auprès de la société Apple afin d’avoir connaissance de la clé de chiffrement bloquant l’accès au téléphone portable retrouvé sur le corps d’un terroriste abattu à San Bernardino (Californie) en avril 2016. Apple s’y était opposée et le cas s’était trouvé réglé, le FBI faisant appel aux services de la so- ciété israélienne Cellbrite pour casser le code du téléphone. Mais la question rebondissait quelques semaines plus tard avec l’annonce de la messagerie Whatsapp – le système le plus populaire de messagerie sur mobile, promu par Yahoo – de la mise en service d’un système de chiffrement de bout en bout des communications assurant un niveau extrême- ment élevé de protection. Entre le souci de confidentialité des données privées et la nécessité de lutter efficacement contre le terrorisme et les trafics de tout genre, le débat s’est instauré et les deux commissions de la Chambre des Représentants aux Etats- Unis, le Judiciary Committee et l’Energy and Commerce ACTUALITÉS