L’Institut franco-chinois de l’énergie nucléaire (IFCEN)

une “success story” qui valorise l’enseignement supérieur français en Chine 06/10/2016
Publication REE REE 2016-4
OAI : oai:www.see.asso.fr:1301:2016-4:17366
contenu protégé  Document accessible aux visiteurs enregistrés - vous devez vous connecter ou vous enregistrer pour accéder à ce ce document
 

Résumé

L’Institut franco-chinois de l’énergie nucléaire (IFCEN)

Métriques

0
0
1.1 Mo
 application/pdf
bitcache://19920201c18ae13235f1c5e784e8289cd53349e9

Licence

Creative Commons Aucune (Tous droits réservés)
<resource  xmlns:xsi="http://www.w3.org/2001/XMLSchema-instance"
                xmlns="http://datacite.org/schema/kernel-4"
                xsi:schemaLocation="http://datacite.org/schema/kernel-4 http://schema.datacite.org/meta/kernel-4/metadata.xsd">
        <identifier identifierType="DOI">10.23723/1301:2016-4/17366</identifier><creators><creator><creatorName>Jean-Marie Bourgeois-Demersay</creatorName></creator></creators><titles>
            <title>L’Institut franco-chinois de l’énergie nucléaire (IFCEN)</title><title>une “success story” qui valorise l’enseignement supérieur français en Chine</title></titles>
        <publisher>SEE</publisher>
        <publicationYear>2016</publicationYear>
        <resourceType resourceTypeGeneral="Text">Text</resourceType><dates>
	    <date dateType="Created">Thu 6 Oct 2016</date>
	    <date dateType="Updated">Thu 26 Jan 2017</date>
            <date dateType="Submitted">Fri 20 Apr 2018</date>
	</dates>
        <alternateIdentifiers>
	    <alternateIdentifier alternateIdentifierType="bitstream">19920201c18ae13235f1c5e784e8289cd53349e9</alternateIdentifier>
	</alternateIdentifiers>
        <formats>
	    <format>application/pdf</format>
	</formats>
	<version>29446</version>
        <descriptions>
            <description descriptionType="Abstract"></description>
        </descriptions>
    </resource>
.

136 REE N°4/2016 ENSEIGNEMENT & RECHERCHE REE : M. Bourgeois Demersay, vous dirigez depuis sa création l’Institut franco-chinois de l’énergie nucléaire à Zhuhaï, près de Canton. Pouvez-vous nous retracer l’historique de cet Institut, original à bien des égards? J-M Bourgeois-Demersay : L’idée de créer un institut franco- chinois de l’énergie nucléaire (IFCEN) a émergé dans les années 2000 pendant les échanges entre Français et Chinois sur les projets d’EPR à Taishan. La filiale commune de la CGN (China General Nu- clear Power Corporation) et d’EDF à Taishan s’appelle TNPJVC : créée pour des décennies, elle est détenue à 51 % par la CGN et à 30 % par EDF. Dans cet horizon temporel, le recrutement de jeunes ingé- nieurs d’excellence chinois qui comprennent parfaitement la culture française est une nécessité. S’agissant d’enseignement supérieur, qui s’inscrit aussi dans des temps longs, la formation à la française d’une élite chinoise prend beaucoup de sens. Une genèse et une mise en route rapide basées sur un consensus La conclusion d’un accord sur l’IFCEN a été grandement facilitée par le fait que de nombreux ingénieurs chinois, formés en France dans les années 1980, ont par la suite effectué de brillantes carrières en Chine et occupent aujourd’hui des postes stratégiques, notam- ment dans la filière nucléaire chinoise. C’est ainsi par exemple que M. He Yu, président de la CGN, a passé plusieurs années en France chez EDF et parle très bien notre langue. Il a ainsi pu se forger une opinion sur les systèmes de formation supérieure dans les deux pays et ceci l’a convaincu de l’excellence du système français. La CGN, aux côtés d’EDF et d’AREVA, est un partenaire industriel majeur de l’IFCEN. Fin 2008, le CEA a recherché un établissement d’enseignement supérieur français pour mener le montage de l’IFCEN et la décision a été prise de confier à l’Institut polytechnique de Grenoble le pilotage du projet. Les choses sont ensuite allées très vite. L’accord de coo- pération a été négocié en 2009, des locaux temporaires ont été mis à disposition dès l’été 2010 sur le campus de Zhuhai et la première promotion a intégré l’IFCEN en septembre 2010. Cent dix élèves ont été sélectionnés à l’issue du gaokao, qui est le baccalauréat chinois. Les effectifs se sont maintenus pour les promotions suivantes. Parmi les élèves de la promotion 2010, 88 ont obtenu le bachelor en 2014 et 79 viennent de recevoir le diplôme de master en 2016. REE : quels sont les acteurs français parties prenantes dans le fonctionnement de l’Institut ? J-M B-D : Un premier accord de coopération a été signé en 2009 entre l’université Sun Yat-sen et un consortium français constitué de cinq entités : (CEA) ; Nous avons constitué un consortium car aucun établissement français n’avait à lui seul la taille suffisante pour assumer les obli- gations découlant de l’accord de coopération. La présence de deux écoles de chimie s’explique aussi par l’importance de cette discipline et la rareté des compétences en chimie séparative. REE : comment s’effectue le recrutement des étudiants? J-M B-D : Le recrutement des élèves est du ressort de l’université chinoise. Il se fait sur le quota national de l’université Sun Yat-sen, qui recrute chaque année plus de dix mille étudiants. Les candidats expriment leurs vœux sur des fiches qui comportent six choix pos- sibles, plus une case ouverte à la discrétion de l’université. Le classe- ment de l’étudiant joue bien sûr un rôle essentiel dans la satisfaction de ses demandes. L’université Sun Yat-sen ayant très bonne réputa- tion – elle se classe suivant les années entre la 8e et la 12e place des universités chinoises – nous sommes assurés de nous voir confier de bons élèves à l’entrée de l’Institut. En 2010, les vœux des élèves qui ont intégré l’IFCEN comportaient beaucoup de premiers ou de deuxièmes choix et aucun non-choix. A partir de 2011, la situation s’est quelque peu inversée à la suite de l’accident de Fukushima, avec une explosion des «non-choix». Depuis 2014, la situation s’est rétablie. Cette question n’est d’ailleurs pas décisive car nous n’avons pas décelé de corrélation entre le pourcentage de choix délibérés en faveur de l’Institut et les résultats scolaires ultérieurs. L’Institut franco-chinois de l’énergie nucléaire (IFCEN) : une “success story” qui valorise l’enseignement supérieur français en Chine Entretien avec Jean-Marie Bourgeois-Demersay Directeur, Institut franco-chinois de l’énergie nucléaire Université Sun Yat-sen REE N°4/2016 137 ENSEIGNEMENT & RECHERCHE En ce qui concerne l’origine géographique de nos élèves, la moitié provient de la province de Canton en vertu d’une obligation contractuelle de recrutement, et le reste se répartit équitablement entre les autres provinces de Chine, à raison de 1 à 5 élèves par province, sauf exception. Un recrutement effectué principalement à partir des vœux des étudiants REE : Quelle est la motivation des étudiants chinois pour étu- dier dans un cadre «à la française»? J-M B-D : Les étudiants chinois sont très bien renseignés et les atouts des formations à forte composante internationale, comme c’est le cas de l’IFCEN, sont bien connus d’eux. Les universités chinoises sont en compétition entre elles et cherchent à se diffé- rencier en développant des cursus d’excellence. Comme le gou- vernement chinois est intéressé par le système d’éducation qui a donné naissance aux grandes écoles françaises d’ingénieurs, les universités chinoises sont prêtes à expérimenter des systèmes de formation différents du leur, grâce aux gros moyens dont elles dis- posent désormais. REE : Que pouvez-vous dire des différences de pédagogie entre les modèles chinois et français ? Quel type de cursus et quel modèle pédagogique avez-vous adopté à l’IFCEN? J-M B-D : Nous avons mis au point à l’IFCEN un cursus qui s’étend sur six ans. Il est original dans la mesure où les six années corres- pondent à la fois au modèle chinois (quatre ans de bachelor, suivis de deux ans de master) et au modèle français (classes prépara- toires, suivies d’un cycle d’ingénieur). Le cursus est lisible dans les deux modèles pédagogiques (figure 1). Le curriculum se divise en deux cycles de trois ans chacun et débouche sur l’obtention d’un master d’ingénierie en sciences et techniques nucléaires : approfondie du socle scientifique nécessaire aux futurs ingénieurs. On peut dire en ce sens que le cycle préparatoire est fondamen- tal dans le modèle pédagogique. Il commence d’ailleurs par un enseignement intensif du français (au 1er semestre). En cinq mois, les élèves doivent être capables de suivre des cours magistraux de mathématiques et de sciences physiques en français. Et ils y parviennent ! La place des mathématiques demeure considérable pendant tout le cycle préparatoire, de manière à développer chez les élèves une grande faculté d’abstraction ; spécialisées proprement dites : les contenus y sont résolument orientés vers le nucléaire. Pour chacun de ces cycles, une organisation spécifique a été mise en place dans le cadre de la coopération entre professeurs chinois et français (figure 2) : Un modèle pédagogique « à la française » adapté à l’environnement universitaire chinois En ce qui concerne la pédagogie, il faut savoir que le critère pri- mordial pour faire une carrière académique en Chine est fondé sur le volume et la qualité des publications. Dans l’enseignement supé- rieur chinois, les professeurs donnent la priorité à leurs activités de recherche, ce qui peut conduire à des cours assez stéréotypés (le professeur rédige rarement lui-même ses cours, mais s’appuie sur les manuels d’autrui). Du fait notamment de la taille des classes, où les amphis regroupent des centaines d’élèves, les interactions Figure 1 : Comparaison entre les systèmes d’enseignement (a) en France, (b) en université chinoise et (c) à l’IFCEN. 138 REE N°4/2016 ENSEIGNEMENT & RECHERCHE entre enseignants et étudiants sont réduites à la portion congrue. En outre, la culture chinoise incite peu les élèves à poser des ques- tions, soumis qu’ils sont au risque de « perdre la face » ou de la faire perdre au professeur…, ce qui conduit à un enseignement particu- lièrement descendant ou hiérarchique. Par ailleurs, le taux d’enca- drement est faible en travaux dirigés ou en travaux pratiques, ce qui ne favorise pas l’assimilation des connaissances ou le « rattrapage » des contenus mal compris. Une coopération quotidienne entre enseignants français et chinois C’est pourquoi nous avons choisi à l’IFCEN de privilégier une pédagogie interactive en petits groupes. Les cours magistraux ne dépassent guère la centaine d’étudiants, les travaux dirigés se font en classes de 20 à 25 élèves et les travaux pratiques sont organisés sur la base de binômes. Nous avons aussi développé un système efficace de tutorat qui permet de reprendre en chinois le contenu des cours en français, par groupes de huit à dix élèves. L’assimilation des contenus est ainsi garantie dans les deux langues. Des « colles » de type CPGE sont également pratiquées en 3e année, avec beaucoup de succès, bien que l’exercice soit culturellement difficile pour les élèves. En cycle préparatoire, le corps professoral comprend des ensei- gnants français permanents qui font office de professeurs référents dans leur discipline : deux en physique et deux en mathématiques, auxquels sont adjoints de jeunes professeurs agrégés en prove- nance de France, qui restent un ou deux ans à l’IFCEN en début de carrière. La majorité des enseignants sont bien évidemment chinois. Le niveau des élèves de l’IFCEN correspond à celui d’une bonne CPGE en France. Les têtes de classe sont du niveau des meilleures écoles. Pour preuve, sur les deux élèves de l’IFCEN qui ont été can- didats aux concours français, l’un a été reçu à l’Ecole polytechnique, l’autre à l’ENS de Paris. La Commission française des titres d’ingénieur (CTI) a accrédité en novembre 2015 le diplôme de master de l’IFCEN pour six an- nées. C’est la durée maximale d’accréditation possible. Il faut noter que les deux diplômes de l’IFCEN, que ce soit le bachelor en quatre ans ou le master en deux ans, sont 100 % chinois. C’est l’obtention du master qui permet aux élèves de porter en France et en Europe le titre d’ingénieur diplômé. Nous ne pratiquons pas la délivrance de doubles diplômes. Mais à partir de l’année 2016-2017 entreront en vigueur des accords d’échanges avec nos partenaires académiques français de Gre- noble, Nantes et Montpellier. La remise des diplômes constitue un événement qui se fait « à la chinoise », avec un cérémonial très réglé. C’est l’occasion de réunir dans une atmosphère à la fois festive et officielle les autorités politiques, universitaires et industrielles des deux pays. C’est aussi le moment de rendre hommage à l’ensemble du corps professoral, qui inclut nos partenaires français, et de saluer les mérites de nos meilleurs étudiants (figure 3). REE : Que peut-on dire des débouchés pour vos étudiants ? Certains s’orientent-ils vers la recherche ? J-M B-D : Les débouchés à la sortie de l’IFCEN ne posent aucun problème. Tous nos élèves ont la possibilité, mais pas l’obliga- tion, d’être pré-embauchés une année avant l’obtention de leur diplôme. La CGN serait même prête à les recruter tous ! EDF pour sa part a embauché des ingénieurs de la promotion 2010, qui passeront deux années dans les équipes d’EDF en Chine (par exemple à Taishan et à Shenzhen), puis trois années en France, avant de faire carrière vraisemblablement en Chine, ou pourquoi pas en Angleterre si les projets d’EPR s’y concrétisent. Areva et Engie ont également recruté plusieurs diplômés. 100% des élèves de la promotion 2010 avaient trouvé un emploi avant même leur diplomation. L’insertion professionnelle des élèves est donc garantie. Des débouchés garantis pour les étudiants Pour répondre à votre question sur la recherche, je préciserai que nous avons mis en place un parcours de recherche intégré au curriculum, qui prépare ceux des élèves qui le souhaitent à pour- suivre en thèse. C’est ainsi que 12 élèves de la première promotion Figure 2 : Coopération entre les professeurs chinois et français à l’IFCEN. REE N°4/2016 139 ENSEIGNEMENT & RECHERCHE vont démarrer un doctorat en France à l’automne 2016, dans les laboratoires de nos partenaires académiques et d’EDF. REE : Comment sont gérées les connaissances « propriétaires » du côté français? N’y a-t-il pas un risque de « fuite » du savoir, voire des technologies françaises, dans un secteur sensible vers la Chine ? J-M B-D : Les problèmes de PI ou de transferts de technologie ne se posent pas du tout à l’IFCEN car la formation que nous y dispensons est de niveau master. Tous les contenus relèvent du domaine public et sont déjà disponibles en bibliothèque ou sur internet, tout est accessible et largement publié. La marque de fabrique de l’IFCEN porte sur la pédagogie, pas sur les conte- nus. La question de la propriété intellectuelle peut toutefois devenir plus sensible au niveau du doctorat, notamment dans le choix des thèses qui se déroulent en laboratoire. Les besoins sont tels que les laboratoires savent très bien confier des sujets porteurs à nos anciens élèves. REE : Pouvez-vous nous donner une idée du coût de fonction- nement de l’Institut ? J-M B-D : La réponse n’est pas facile à donner car les cultures comptables sont très différentes entre la France et la Chine. La comptabilité chinoise ne relève pas de nos catégories habituelles. La gestion financière est du ressort de l’université chinoise et l’enca- drement français focalise son effort sur la qualité de l’enseignement délivré aux élèves. Je peux toutefois vous indiquer que les frais de scolarité s’élèvent annuellement à 5 500 yuans (soit environ 730 ) en bachelor et 15 000 yuans (environ 2 000 ) en master. Nous sélectionnons les élèves sur leurs performances académiques, pas sur leurs moyens financiers. Nous avons un système de bourses pour les élèves dont les familles ont des revenus modestes. Vers une croissance et une internationalisation renforcée ? Jean-Marie Bourgeois-Demersay est actuellement le directeur français de l’IFCEN, une des composantes de l’université Sun Yat-sen en République populaire de Chine. Depuis 2010, date de création du département, il a conçu et déployé l’inté- gralité du curriculum avec le concours d’une équipe de projet et dirigé l’Institut avec son homologue chinois, amenant des centaines d’étudiants à poursuivre avec succès un programme trilingue et très sélectif de master d’ingénierie en sciences et techniques nucléaires. Avant son poste actuel en Chine, Jean-Marie était vice-président de l’Institut polytechnique de Grenoble, où il a enseigné les sciences du management comme professeur associé entre 2008 et 2010. Jean-Marie a développé une expertise importante dans le management, l’industrie des télécoms et les câbles sous-marins, domaines dans lesquels il a occupé divers postes à responsabilité de 1993 à 2007 au sein du groupe Orange. Jean-Marie Bourgeois-Demersay est ingénieur général des mines, ancien élève de l’Ecole normale supérieure et diplômé de HEC Paris. Figure 3 : Remise du diplôme aux meilleurs élèves de la promotion 2010 en présence de Son Excellence M. Maurice Gourdault-Montagne, ambassadeur de France en Chine (au centre). A sa droite, le professeur Luo Jun, président de l’université Sun Yat-sen, le professeur Brigitte Plateau, administrateur général de Grenoble INP et M. He Yu, président de la CGN. 140 REE N°4/2016 ENSEIGNEMENT & RECHERCHE REE : Pour conclure, avec le recul et l’expérience de la colla- boration franco-chinoise que vous avez acquise, si le projet démarrait aujourd’hui, procéderiez-vous de la même façon? Avez-vous été gênés par les différences culturelles entre les deux pays ? J-M B-D : Dans l’ensemble, le juge-arbitre qu’est la CTI a été très satisfait de la genèse, du déroulement et des résultats de cette opération. La stratégie était la bonne et nous avons eu la chance de bénéficier de l’aide précieuse de nos partenaires académiques et industriels, ainsi que de l’ambassade de France à Pékin. Nous avons capitalisé sur l’expérience de nos prédécesseurs (je pense par exemple à l’Ecole centrale de Pékin et à l’Institut d’aéronautique de Tianjin) et mis en place, dès le début du projet et à tous les niveaux, des équipes franco-chinoises qui ont permis de traiter et d’aplanir les différences culturelles. Nous sommes désormais en ordre de marche avec la toute ré- cente diplomation de notre première promotion d’ingénieurs. Notre ambition est d’internationaliser encore davantage le cursus et d’aug- menter les effectifs – on pourrait aller sans difficultés jusqu’à des promotions de 150 élèves. Mais ce type de décision, qui engage les finances et l’immobilier, est du ressort du Conseil d’administra- tion conjoint : je ne puis que suggérer une évolution qui servirait la cause d’une coopération franco-chinoise dont nous n’avons qu’à nous louer. Propos recueillis pour la REE par Alain Brenac et Jean-Pierre Hauet Figure 4 : La traditionnelle festivité du « lancer de chapeau » qui célèbre l’obtention du diplôme de master de l’IFCEN. REE N°4/2016 141 ENSEIGNEMENT & RECHERCHE Une rentrée universitaire sous tension : le nombre d’étudiants continue à croître L’augmentation des effectifs se poursuit au sein des établissements d’enseignement supérieur. À la rentrée 2016, 40 000 étu- diants supplémentaires sont attendus sur les bancs des amphis portant à plus 2,5 millions le nombre total d’étudiants sur le territoire na- tional. Cette évolution continue n’est pas sans poser des problèmes d’accueil dans des struc- tures pas toujours adaptées et avec des res- sources en enseignants limitées. Ces derniers se sentent souvent submergés par cet afflux, surtout en 1ère année d’études, notamment dans les filières PACES (études de santé) et STAPS (éducation physique), ce qui les amène à recourir à des solutions innovantes pour faire face (retransmission des cours en amphis parallèles, développement des MOOC). Quoi qu’il en soit la surpopulation étudiante n’a pas fini de poser problème, le Ministère prévoyant un effectif de 2,81 millions en 2024 ! Les rai- sons de cet accroissement régulier (+ 2 à 3 % par an) tiennent non seulement aux pics de natalité des années 2000, 2001 et 2006 mais aussi à l’allongement des études, aux dys- fonctionnements de l’orientation1 ainsi qu’au nombre d’étudiants étrangers dont on prévoit le doublement d’ici 10 ans. La lutte contre la fraude scientifique Depuis quelques années, la fraude scienti- fique, l’inexactitude des données (volontaire ou de bonne foi) et le plagiat dans la recherche font régulièrement l’actualité. La course aux publications – le fameux publish or perish – contribue fortement à ce phénomène partout dans le monde, ce qui se traduit par une dimi- nution inexorable de la qualité scientifique de la chose publiée. A la demande du secrétaire d’Etat à l’enseignement supérieur et de la recherche, inquiet de la dimension prise par ces dérapages dans nos milieux scientifiques, Pierre Corvol, professeur honoraire au Collège de France, a remis un rapport le 29 juin au 1 Sur ces questions, le lecteur pourra se référer à l’entretien avec M. Jouanjean, délégué général de la conférence des grandes écoles, paru dans le numéro REE-3 p. 101. ministre dans un document intitulé : “Bilan et propositions de mise en œuvre de la charte nationale d’intégrité scientifique”. Après avoir fait le constat préoccupant du retard des ins- titutions françaises sur le sujet par rapport à leurs homologues européens et américains, M. Corvol dresse une liste de recommanda- tions visant à harmoniser la politique de lutte pour l’intégrité scientifique et préconise d’éta- blir une “nomenclature nationale des incon- duites et un vade-mecum juridique national des typologies de sanctions”. Toutefois la re- commandation essentielle consiste à sensibi- liser, voire former, les étudiants et chercheurs débutants aux questions d’éthique touchant à la publication des travaux de recherche, en vue d’un retour aux bonnes pratiques. Sinon il ne restera plus que la peur du gendarme pour ramener dans le droit chemin les auteurs usant de procédés déloyaux! Dans certains cas flagrants, certes encore peu nombreux, des sanctions lourdes ont déjà frappé des auteurs indélicats tel ce biologiste suspendu deux ans du CNRS pour fraude manifeste ! L’admission post-bac (APB) critiquée pour son manque de transparence En plus du feuilleton juridico-politique de la sélection en filière master (voir ci-dessous), une autre pomme de discorde est en train supérieur, relative à la procédure d’admission dans les universités, connue sous l’acronyme d’APB (admission post bac). De plus en plus d’étudiants déboutés des choix préféren- tiels qu’ils avaient formulés en ligne avant le baccalauréat pour entrer à l’Université se tournent vers la justice pour obtenir répara- tion d’une décision qu’ils jugent infondée et pour le moins opaque. L’association “Droits des lycéens” réclame pour sa part depuis longtemps plus de transparence sur les cri- tères utilisés par l’algorithme qui permet de répartir les admissions dans les différentes rebondissement important suite à une ré- cente décision du tribunal administratif de Nantes contraignant l’université à inscrire en Paces un étudiant en réorientation qui avait pourtant obtenu une place dans cette filière à l’université des Antilles. Le juge a argué qu’il existait “un doute sérieux quant à la légalité de la décision” de non admission à Nantes, premier choix du bachelier. On peut donc s’at- tendre à une multiplication des recours, no- tamment de la part d’étudiants en année de réorientation qui s’estiment, à tort ou à raison, particulièrement visés par des décisions n’al- lant pas dans le sens de leurs choix. Il faudra finalement que le Conseil d’Etat tranche sur la légalité des procédures APB car les décisions des tribunaux saisis n’iront pas nécessaire- ment toutes dans le même sens. Arts et Métiers : les statuts qui fâchent Depuislaréformedesstatutsopéréeen2012 visant à donner plus de pouvoir au directeur gé- néral face au poids, jugé excessif, de la Société des anciens élèves (Soce), le ton n’a cessé de monter entre les “Anciens” garants d’un certain respect des traditions chères aux “gadzarts” et la direction de l’école soutenue par la ministre de l’Education dans sa tentative de moderniser son fonctionnement. La pomme de discorde a pris pour prétexte la réforme de la “période de transmission des valeurs“ (PTV), euphémisme technocratique qui cache une pratique initia- tique des élèves de première année qui relevait plus du bizutage que de la transmission des valeurs. Dans un rapport rendu au ministère fin janvier 2016, l’Inspection générale (IGAENR) faisait le bilan des efforts entrepris depuis un an par la direction de l’école pour mieux enca- drer la PTV mais insistait principalement sur le “poids hégémonique de la société des anciens dans la gouvernance de l’établissement”. La ministre de l’Education qui n’attendait que ce signal pour agir, annonce un nouveau projet de décret, actuellement à l’examen en Conseil d’Etat, qui modifie à nouveau les statuts afin de limiter les pouvoirs des anciens élèves au sein du CA. Depuis le torchon brûle publique- ment entre la direction de l’école et les anciens élèves qui n’échangent plus que par courriers incendiaires. Dernier épisode en date, un appel solennel du président de la Société des anciens au Président de la République. Mais il semble bien que dans ce remake local de la guerre des Anciens et des Modernes, les premiers soient en passe de perdre la partie. E C H O S D E L ' E N S E I G N E M E N T S U P É R I E U RE C H O S D E L ' E N S E I G N E M E N T S U P É R I E U R 142 REE N°4/2016 ENSEIGNEMENT & RECHERCHE La sélection autorisée pour certains masters Comme la REE s’en est déjà fait l’écho, le feuilleton sur la sélection éventuelle à l’entrée dans la filière master (M1) ou lors du passage M1-M2 n’a pas fini d’alimenter la polémique au sein de la communauté de l’enseignement supérieur (Cf. Les Echos de l’ES du numéro REE 2016-4). Pour calmer les esprits, le secrétaire d’Etat, Thierry Mandon, a publié comme il l’avait promis un décret (pro- visoire ?) listant les 1 300 masters, issus de 80 établissements, autorisés pour la rentrée 2016 à effectuer une sélection au passage M1-M2. On trouve en particulier dans la liste 370 autorisations concernant le secteur des technologies et de la santé. La répartition est très inégale sur le territoire et certaines uni- versités comme Paris Saclay ou Lyon II voient plus de 90 % de leurs masters autorisés à opérer une sélection via un examen complé- mentaire pour passer en M2, si les capacités d’accueil fixées par l’établissement l’imposent. Pour autant ce décret ne règle pas le cas des masters hors liste. Le président de la CPU es- time que ces derniers continueront à procé- der comme précédemment, au mépris de la réglementation. Le problème de la sélection au sein de ces filières n’est donc pas réglé et il est urgent qu’une loi précise un fonction- nement pérenne des pratiques en la matière qui concilient des principes reconnus par tous avec la réalité du terrain. Mais le ministre au- ra-t-il le temps d’ici la fin du quinquennat de mener ce chantier à bien ? Il faut le souhaiter. La réforme du doctorat Cette réforme débattue de longue date a fait l’objet d’un arrêté en date du 27 mai 2016 applicable dès la rentrée 2016. Il comprend un certain nombre de dispositions nouvelles dont la principale est la limitation de la durée de toutes les thèses à six ans maximum, avec une durée indicative de trois ans, étant précisé que ce temps est mesuré en équiva- lent temps plein et hors congés exception- nels. Cet arrêté met donc un terme à une pratique des “thèses longues” que l’on ren- contrait principalement dans le domaine des sciences humaines et sociales. Autre innova- tion : l’année de césure, pendant laquelle le doctorant sera autorisé à titre exceptionnel à exercer une activité différente de sa thèse. Le ministère a voulu aussi profiter de ce texte pour préciser le rôle des écoles doc- torales dans l’encadrement des doctorants. Ces structures agissent maintenant officiel- lement sous la responsabilité des Etablisse- ments, la représentation de ces derniers au sein des conseils d’école doctorale étant sta- tutairement supérieure à 60 %. En plus de leur rôle de formation habituel, l’arrêté met l’accent sur l’importance d’une formation à l’éthique de la recherche et à l’intégrité scien- tifique (Cf. la première rubrique des présents échos). Enfin une autre nouveauté a trait à la mise en place d’un “portfolio du doctorant” censé rassembler les activités du doctorant durant sa formation. Un dernier point impor- tant concerne l’instauration d’un comité de suivi individuel qui aura pour rôle de veiller au bon déroulement de la thèse, de contribuer à résoudre certains conflits, voire de signaler d’éventuels harcèlements ou discriminations. Classements internationaux : les universités françaises en perte de vitesse Dans la nouvelle édition du classement de Shanghai 2016, publiée en août 2016, les uni- versités françaises peinent à tenir un rang tout juste honorable. Sixième pays par le nombre d’établissements classés, la France n’en place que trois dans les cent premiers (université Pierre et Marie Curie : 39e , Paris XI : 46e et l’ENS 87e ) et 22 dans les 500 premiers classés. Par comparaison l’Allemagne et le Royaume-Uni en recensent respectivement 37 et 38 et ce dernier compte des leaders incontestés en tête de liste (Cambridge 4e et Oxford 8e ). Plus récemment c’est au tour du classe- ment QS World University Rankings de venir confirmer la place insuffisante qu’occupe l’enseignement supérieur français dans le concert mondial avec des résultats plus que modestes. Ce classement, contrairement à celui de Shanghai, est fondé sur l’opinion, analysée après enquête, que se font les étu- diants des universités du monde entier. Dans celui-ci, la France, qui comptait l’an passé 20 établissements classés parmi les 400 pre- miers, n’en compte plus que 17. On note en outre le recul sensible de l’École Polytech- nique, désormais classée 53e , et une perte de 10 places de la 23e à la 33e position pour l’ENS, pourtant créditée d’une excellente 6e place sur le seul critère de la qualité de la recherche. Plus grave encore, 74 % des 39 universités françaises examinées connaissent une baisse de leur réputation académique. Parmi les handicaps de la France, les res- ponsables de l’enquête mettent notamment en avant les difficultés rencontrées par les universitaires étrangers désireux de venir tra- vailler dans une université française. Le secré- taire d’Etat en est conscient et admet qu’il faut “fluidifier” les règles de recrutement pour faci- liter la venue d’étrangers mais aussi renforcer la communication extérieure des universités dont beaucoup sont maintenant recompo- sées et dotées de nouveaux moyens d’action. Vers une fusion des écoles Telecom Paristech et TelecomSud Paris Deux grandes écoles d’ingénieurs Tele- com relevant toutes deux de l’Institut Mines Telecom avaient-elles vocation à coexister de façon distincte alors qu’elles sont toutes deux destinées à se rassembler sur le plateau de Saclay en même temps que d’autres éta- blissements prestigieux ? Poser la question c’est y répondre par la négative et envisager à terme une fusion des deux établissements est une idée naturelle. C’est en tout cas ce qu’ont dû conclure, après quelques mois de réflexion, les directions des deux écoles qui ont annoncé simultanément à leurs person- nels lors de leur amphi de rentrée, le 8 sep- tembre dernier, réfléchir à un projet de fusion pour 2019. Si l’idée était dans l’air, personne ne s’attendait à une annonce aussi rapide. Il faut en fait y voir une politique réfléchie et sur le long terme de la tutelle exercée par le ministère de l’Economie par le biais du Conseil général de l’économie (CGE, ex-CGIET). Après les deux fusions déjà actées et en cours de mise en place de Mines Nantes et Télécom Bretagne d’une part, et de Mines Douai et Télé- com Lille d’autre part, le CGE entend continuer la rationalisation des outils de formation dont il dispose afin de donner une dimension critique et un rayonnement accru à deux pôles d’ensei- gnement majeurs et bientôt trois avec l’implan- tation à Saclay, dont il a la responsabilité. En tout état de cause, la convergence thématique des deux écoles franciliennes de Télécom et leur implantation commune sur un site d’avenir devraient faciliter la fusion envisagée. REE N°4/2016 143 LIBRES PROPOS Pr William Dab Chaire d’Hygiène et sécurité, Cnam S ocrate, comment vas-tu t’y prendre pour chercher une chose dont tu ne sais absolu- ment pas ce qu’elle est ? Quel point particu- lier entre tant d’inconnus proposeras-tu à ta recherche ? Et à supposer que tu tombes par hasard sur le bon à quoi le reconnaîtras-tu puisque tu ne le connais pas ? [Platon, Ménon]. Je plaide coupable : en 2005, alors que j’exerçais les fonctions de directeur général de la santé, j’ai eu à prendre position sur le projet de Charte de l’Environne- ment aujourd’hui adossée à la Constitution. L’article 5 de cette Charte stipule : « Lorsque la réalisation d’un dom- mage, bien qu’incertaine en l’état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et ir- réversible l’environnement, les autorités publiques veil- lent, par application du principe de précaution et dans leurs domaines d’attributions, à la mise en œuvre de procédures d’évaluation des risques et à l’adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage ». J’ai soutenu cette rédaction et je ne le regrette pas. Notre pays a plus souffert d’un déficit de précaution que de ses excès. Pour dire le vrai, cette formulation qui était le fruit d’un laborieux compromis politique sans lequel elle n’aurait pas pu être adoptée, ne m’apparaissait pas idéale pour trois raisons. La première est qu’à y regarder de près, ce principe n’est pas réellement défini. La deuxième est que le texte parle de mesures « proportionnées » alors même que l’idée de précaution concerne l’action sous incertitude, d’où la question évidente : proportionnée à quoi ? Et la troisième raison est que les modalités d’ap- plication de ce principe ne sont pas définies. Cependant, deux arguments ont prévalu dans ma prise de position. Le premier est que le principe s’adres- se aux autorités publiques. C’est un principe de politique publique, alors même que les grandes crises de sécu- rité sanitaire des 30 dernières années montraient que le ministère de la santé n’était doté ni d’une doctrine claire d’action ni de moyens suffisants pour prendre à temps les décisions permettant de limiter les risques sanitaires. Mais contrairement à ce que l’on lit ici ou là, ce principe ne change pas directement les responsabilités civiles et pénales des acteurs économiques et des entreprises. Le deuxième argument décisif est qu’en situation d’incerti- tude, la Charte de l’environnement prescrit d’évaluer les risques. Non seulement, il ne s’agit donc pas comme l’af- firment certains d’un principe antiscientifique, mais c’est au contraire un appel à la science pour réduire le plus possible l’incertitude sur l’existence ou la gravité des ris- ques. Sachant qu’effectivement, si on exige d’avoir toutes les preuves disponibles avant d’agir, nous pouvons mettre en péril l’existence même de la vie sur Terre. Au demeurant, la nécessité d’agir avant qu’il ne soit trop tard n’est pas une nouveauté et elle existe dans de nombreux textes internationaux depuis le principe 15 de la Déclaration de Rio en 1992, suivi du traité d’Amster- dam (article 174) de l’Union européenne. Mais en France, la question a pris une ampleur particulière à la suite du triple choc qu’ont été la transmission transfusionnelle du sida, Tchernobyl et la vache folle. C’est-à-dire trois affaires de sécurité sanitaire dans lesquelles il y a eu au départ une dénégation du risque et par conséquent, dans un mouvement de balancier dont notre pays est coutumier, cette situation a créé un excès d’alarmisme. Convoquer un principe sans le définir précisément et sans que son application opérationnelle ne soit pré- cisée, s’apparente plus à une pétition de principe, voire à une illusion politique, plutôt qu’à une réelle volonté de protéger la santé et l’environnement. La France ex- celle dans la rédaction de principes comme si leur seul énoncé suffisait à changer la réalité. Et inévitablement, puisque l’on reste dans l’abstrait et dans le théorique, les passions se déchaînent. On ne réfléchit pas à la manière d’appliquer ce principe le plus intelligemment possible. On est pour, on est contre et on s’invective dans un affrontement binaire qui laisse l’opinion incrédule ce qui accroît sa méfiance dans le fait que lorsque la protection de la santé met en cause des intérêts économiques, Le principe de précaution : une passion française 144 REE N°4/2016 LIBRES PROPOS celle-ci sera sacrifiée. Or, l’objectif du président Chirac était de favoriser le retour de la confiance en matière de sécurité sanitaire et de ce point de vue, c’est un échec. Il faut donc reconnaître que le principe de précau- tion crée actuellement une incertitude juridique sans que cela corresponde à des bénéfices tangibles pour la population. Certaines associations écologistes en font un usage radical qui prône la suspension ou l’arrêt d’une activité en cas de doute, définition éloignée d’un prin- cipe d’action publique, cadre unique auquel le principe de précaution est destiné. Pour elles, le principe de pré- caution est un principe d’interdiction. Les entrepreneurs, eux, considèrent que la précaution freine l’innovation indispensable à la santé de l’économie et réclament son abolition en le diabolisant sans même réaliser que la mise sur le marché d’une activité ou d’un produit dont les risques sont mal cernés n’est pas dans leur intérêt. La mauvaise gestion des incertitudes relatives aux OGM par les grands groupes qui les produisent a sa part de responsabilité dans cette situation de blocage. Il est clair qu’un principe aussi vague ne peut que don- ner lieu à des interprétations divergentes et au total, à pro- duire plus de tensions que de solutions. Dans le livre que j’ai écrit avec une sociologue, Danielle Salomon (Agir face aux risques. PUF, 2013), je donne de nombreux exemples qui permettent de comprendre qu’il ne suffit pas de scan- der le principe de précaution pour croire que les risques sanitaires seront maîtrisés au mieux des connaissances et des moyens disponibles. De même est-il inacceptable d’affirmer que la précaution nous ruine. Ces exemples permettent de comprendre que le cœur du problème est qu’il existe des visions différentes du risque. C’est cela qu’il faut commencer à clarifier. Le risque traduit une opportunité éventuellement as- sociée à des conséquences que l’on souhaite minimiser sur un plan sanitaire et pour lesquelles existent des possi- bilités d’action. Mais comment cette éventualité qui incite à l’action est-elle construite : est-ce une hypothèse, la reconnaissance d’un doute, ou bien découle-t-elle d’une connaissance établie démontrant un lien entre un état de l’environnement et un état de santé ? C’est cette distinc- tion qui permet de séparer les situations de précaution des situations de prévention. Mais au-delà des questions sémantiques, il y a des conceptions différentes de ce qui « motive l’action » pour reprendre la célèbre définition du risque donnée par Ulrich Beck. Car, ce qui fait véritable- ment débat, c’est que pour les uns, il y a risque quand le danger est démontré alors que pour les autres, la seule éventualité d’une atteinte à la santé ou à la qualité de l’environnement suffit pour définir le risque. Dès lors, comment trouver collectivement la voie d’une précaution démocratique conciliant l’innovation et la protection. Peu de personnes revendiquent un risque nul, mais beaucoup demandent que les risques soient réfléchis, débattus et pris en charge. Il est temps de se réconcilier avec la précaution. Et c’est possible. Avec le recul, la façon dont a été gé- rée l’hypothèse que les champs électromagnétiques de basse fréquence soient cancérigènes fournit des pistes pour opérationnaliser le principe de précaution. J’ai eu à connaître ce dossier alors que j’étais chercheur dans le service des études médicales d’EDF-GDF. Dans les années 80, plusieurs études épidémiologiques avaient observé une relation entre l’exposition aux champs élec- tromagnétiques générés par la production, le transport et l’usage de l’électricité et le risque de cancers chez les adultes et les enfants. Aucune équipe n’a conclu à la causalité de cette relation, cependant plusieurs études l’ont observée. Bien que les lignes à haute tension ne soient pas la seule source d’exposition, c’est la plus vi- sible. Au nom du principe de précaution, fallait-il évacuer les centaines de milliers de personnes vivant à proximité d’une ligne ? Pour éviter de se laisser enfermer dans une solution de type tout ou rien, on peut résumer l’attitude qui a été adoptée par les pouvoirs publics avec la colla- boration d’EDF en quatre points. Le premier était de se doter d’un dispositif de veille d’une part, pour recenser les études épidémiologiques et toxicologiques disponibles, les soumettre à une ex- pertise contradictoire. Il s’agissait aussi de soutenir des registres de cancers afin de savoir si les cancers suspec- tés, notamment les leucémies chez l’enfant, étaient de nature épidémique. Le deuxième était de contribuer à la production des connaissances. Un important programme d’études épidémiologiques et toxicologiques a été lancé, en particulier une vaste étude épidémiologique réalisée REE N°4/2016 145 LIBRES PROPOS conjointement en France, au Québec et en Ontario chez les travailleurs de l’électricité. Le troisième point était d’accepter un dialogue avec les parties prenantes pour permettre un débat ouvert en mettant sur la table les arguments pour et contre l’existence d’une relation causale. Il faut reconnaître la légitimité du débat sur les critères de choix relatifs aux risques. Vouloir s’en affranchir produit souvent un blocage social. Et le dernier point élaboré dans un cadre international était de proposer un dispositif de valeur limite d’exposi- tion provisoire et révisable. Aujourd’hui, si la relation épidé- miologique n’a pas fait ses preuves chez l’adulte, il reste un doute chez l’enfant. L’OMS a ainsi classé cette exposition comme étant un cancéri- gène « possible » (groupe 2B du centre international de recherche sur le cancer). Malgré cette incertitude per- sistante, le débat et l’inquiétude restent bien moins vifs qu’il y a 15 ans. Cela montre qu’il est possible de ne pas se laisser enfermer dans de fausses solutions et de trouver un moyen terme entre un alarmisme excessif et un négationnisme absolu. Le point crucial dans les situa- tions d’incertitude est celui de la confiance. Pour conclure, on peut se demander si le problème de la précaution n’est pas qu’on a voulu en faire un principe sans s’attacher à son opérationnalisation. Et si on parlait plutôt d’une procédure plutôt que d’un principe ? Une procédure scientifique prenant en compte les craintes de la population qui appel- lerait à prendre des mesures dans la double acception de cette expres- sion : mesurer et agir. William Dab est médecin, épi- démiologiste et spécialiste qualifié en santé publique. Il a été directeur général de la santé (2002-2005), membre du comité exécutif de l’OMS et président du comité européen environnement et santé pour la ré- gion Europe de l’OMS. Titulaire de la chaire Hygiène et Sécurité du Cnam, il dirige la chaire Entreprises et Santé créée en partenariat avec Malakoff Médéric et le laboratoire Modélisa- tion, Épidémiologie et Surveillance des Risques Sanitaires (MESuRS). Il a publié Santé et Environnement (Que sais-je n° 3771, 2012), Santé et travail (Arnaud Franel, 2015) et Agir face aux risques (PUF, 2013) 146 REE N°4/2016 SEE EN DIRECT INFORMATIONS Conférence Confrège 27, 28 et 29 juin 2016 - Genève Après Toulouse en 2010, Montréal en 2012 et Albi en 2014, la quatrième édition de la conférence CONFREGE a été organisée en Suisse par le Groupe Midi-Pyrénées de la SEE. Elle s’est tenue les 27, 28 et 29 juin 2016 au sein de l’HEPIA (Haute Ecole du Paysage, d’Ingénierie et d’Architecture de Genève), école membre de l’HES-SO (Haute Ecole Spécialisée de Suisse Occidentale). 129 participants de 10 nationalités différentes (11 % de participants français) et d’ori- gines diverses : 30 % issus du monde industriel, 30 % du monde académique, 30 % d’étudiants et 10 % d’agences et organismes spécialisés ont assisté à cet événement consacré à l’Eco-conception et au Développement durable dans le Génie Electrique. CONFREGE a également été parrainée par les sociétés savantes SRBE (Société Royale Belge des Electriciens) et l’IEEE (sections francophones de Montréal et de Québec), l’association Electro Suisse (Association pro- fessionnelle dans le domaine de l’électrotechnique et des techno- logies de l’énergie et de l’information) et le cluster Cleantech ALPS (technologies, industries et services qui contribuent à la protection et à la conservation des ressources naturelles). Un soutien a également été apporté par l’Ambassade de France en Suisse. Lors du 1er jour, 11 exposés invités d’experts du domaine se sont succédés de manière à proposer un état des lieux : du législatif aux pratiques industrielles. Antonio Hodgers, Conseiller d’Etat chargé du Département de l’Aménagement, du Logement et de l’Énergie, a dressé un bilan de la politique énergétique suisse au service de la qualité de vie. Marie Chantal Vincent (EcosystèmeIE) a ensuite abordé le concept d’éco- logie industrielle. Marc Jobin (HEPIA- HES.SO) a traité des nouvelles opportunités relatives au photovoltaïque intégré aux bâtiments. Eric Plan (Cleantech ALPS) a ensuite défini le Smartgrid comme un potentiel d’innovation pour l’éco-conception. Christophe Garnier (Schneider Electric) et Maud Jacquot (b4green-consulting.com) ont décrit le programme européen dédié à l’empreinte environne- mentale des onduleurs. Damien Prunel (Bureau Véritas CODDE) a quant à lui rappelé la législation environnementale européenne relative aux équipements électriques et électroniques. La notion de développement durable et d’éco-conception dans le domaine aéronautique a été abordée par Miguel Garcia Claro (Bombardier Aéronautique). Toufann Chaudhuri (ABB) a consacré son exposé à la mobilité durable et à l’efficacité énergétique dans le domaine ferroviaire. Le domaine des machines outils intelligentes et éco- efficientes a été également au cœur de la présentation de Roberto Perez (GF Machining Solutions). Olivier Eichwald (Université de Toulouse) a expliqué comment les décharges électriques pouvaient être mises à profit pour le développement durable. Enfin, Jean Michel Deswert (Laborelec) a clôturé cette première journée sur la théma- tique « Eclairage et développement durable ». La seconde journée a été organisée autour de 20 exposés clas- sés en 2 sessions : Eco-conception et Développement durable. Ces sessions ont été entrecoupées de 6 exposés invités : Rôle de l’éco-concep- tion dans la stratégie énergétique suisse 2050 ; François Affolter (HEIG-VD/HES.SO) : Les développements de la pile à hydrogène pour la mobilité et application à la navigation ; Evaluation de l’im- pact environnemental du cycle de vie de systèmes d’éclairage ; La petite hydro-électricité est ses voies de développement ; La pensée cycle de vie au service d’Hydro Québec. De nombreux échanges fructueux ont eu lieu lors de ces diffé- rentes sessions. CONFREGE a été l’occasion de diffuser des informations concer- nant la législation, les outils associés ainsi que les pratiques industrielles dans ce domaine vers la communauté du Génie électrique. Elle a éga- lement fourni l’opportunité d’échanges entre industrie et recherche sur les défis qui se présentent aux concepteurs des futurs systèmes du Génie électrique et sur les capacités de la recherche à apporter REE N°4/2016 147 SEE EN DIRECT des solutions réfléchies et pérennes. Une part des discussions qui ont animé cette conférence a également été tournée vers l’enseignement de l’éco-conception au sein de nos Universités et Grandes Ecoles et notamment sur la manière de préparer au mieux nos futurs diplômés à développer un Génie électrique plus éco-responsable. Des visites techniques ont été organisées le 29 juin respective- ment chez GF Machining solutions (Machines outils – sponsor de la conférence) et ABB (Transformateurs de traction) le matin et au CERN l’après-midi. Nous tenons encore une fois à remercier toutes les personnes qui, par leurs conseils, leurs encouragements, leur aide, leur dévoue- ment, ont fait en sorte que cette quatrième édition de CONFREGE fût un succès ! La conférence a été clôturée par l’annonce de la cin- quième édition qui se tiendra en 2018 au Canada dans la province du Québec. David Malec et Dominique Mary Membres senior de la SEE et co-présidents fondateurs de CONFREGE. 46e session du Cigré 22 au 26 août 2016 - Paris Le Cigré (Conseil international des grands réseaux électriques) tient traditionnellement sa grande conférence tous les deux ans pendant l’été au Palais des Congrès de la porte Maillot à Paris. La 46e session de cet évènement majeur s’est déroulée cette année du 22 au 26 août 2016. Comme les précédentes éditions, elle a connu un grand succès malgré un contexte difficile sur le plan de la sécurité dans la capitale. Cet évènement a rassemblé pas moins de 3200 délégués provenant de 89 pays et la grande exposition qui occupait les 3 niveaux du Palais a rassemblé devant les stands tenus par 249 exposants, quelque 8500 décideurs et experts ve- nus s’informer des derniers développements techniques de leur profession. Comme les années précédentes, une semaine entière de discus- sions techniques a permis de nombreux échanges sur les grandes problématiques du moment : HVDC, microgrids, différences régio- nales, marchés de l’électricité, substitution du SF6 dans les postes blindés, pour n’en citer que quelques unes. Dans les faits marquants de cette session, on aura noté en par- ticulier : thèmes déjà cités et faisant une large place aux débats ; Facchini, président de la division Power Grids chez ABB ; - tèmes que sur les marchés ; Puis, à partir du Mardi, de façon classique et organisés en sessions parallèles : Au cours de l’assemblée générale du Cigré, le Président Klaus Froehlich1 qui arrivait en fin de mandat passa le relais à son successeur Robert Stephen, directeur général de la compagnie Eskom, principal fournisseur d’électricité en Afrique du Sud. A noter que le nouveau trésorier élu est Michel Augonnet, personnalité bien connue de la communauté électrique française, à qui la REE est heureuse d’adres- ser ses félicitations à cette occasion. Comme c’est l’usage depuis plu- sieurs sessions, la SEE tenait un stand au niveau 1 de l’exposition, stand mis à sa disposition par le Cigré dans le cadre d’un échange Presse. Ce fut l’occasion de nombreux contacts contribuant à ac- centuer le rayonnement de notre association au sein d’une com- munauté d’importance majeure, à un moment où la SEE renforce ses interactions avec le Cigré et son comité national français (Cf. le compte rendu du Conseil d’administration SEE ci-dessous). En conclusion la 46e session du Cigré a relevé cette fois encore le défi de réunir en France au cours d’une manifestation très réussie et capitale pour les professionnels du monde des réseaux élec- triques, les meilleurs spécialistes venus du monde entier confronter leurs expériences respectives dans la gestion et l’optimisation des réseaux électriques. 1 Rappelons que M. Froehlich a donné une interview exclusive à la REE que nous invitons le lecteur à relire dans le précédent numéro de la revue (2016-3 pp. 19-21). Le stand de la SEE à l'exposition du Cigré 148 REE N°4/2016 SEE EN DIRECT Conseil d’administration de la SEE 1er septembre 2016 - Paris Le Président François Gerin ouvre la séance à 9 h 05. 13 membres du Conseil sont présents dans la salle et 4 autres membres participent par téléphone. 9 pouvoirs ont été reçus, le quorum est donc atteint. 1- Approbation du compte rendu du CA du 24 juin 2016 : adopté à l’unanimité 2- Liste du CA et cooptation d’administrateurs Le Conseil comporte à ce jour 31 membres, suite à la démission de Christian Aucourt, dont le mandat se terminait en 2017. Il est pro- posé au Conseil de coopter sur le poste libéré, M. David de Almeida, Chef du département « Modélisation et Expérience Voyageur » à SNCF Innovation & Recherche. Cette désignation permettrait de conserver au Conseil un représen- tant de la SNCF, Entreprise partenaire, après le départ de Patrice Aknin. Le mandat de M. de Almeida se terminerait en 2017, mais il pourra se présenter à l’élection 2017 pour un mandat normal de trois ans. Cette cooptation est adoptée à l’unanimité. Il pourra être proposé ultérieurement, selon les disponibilités, les cooptations de Philippe Gaucher et Jean-Claude Vannier (tous deux de Centrale-Supélec) qui souhaitent poursuivre les actions vers les jeunes, entamées lors de leur précédente participation au Conseil. 3- Organisation du bureau et élection des membres complétant le bureau La proposition de composition du Bureau est la suivante : - Président : François Gerin - Secrétaire : Catherine Mancini1 - Trésorier : Michel Dupire - Vice-président, animateur des Clubs Techniques : Jean-Luc Leray - Vice-président , animateur des Groupes Régionaux : Patrick Leclerc - Vice-président, Président du Conseil Scientifique et Technique : Bruno Meyer - Président du Comité des Conférences et Congrès : Florent Christophe - Président du Comité de Rédaction REE : Jean-Pierre Hauet - Responsable des actions « jeunes et écoles » : Pierre Rolin - Animatrice du Cercle des Entreprises : Suzanne Debaille Invités : - Secrétaire général : Jacques Horvilleur (invité permanent) - Président du Comité Distinctions et Grades : François Le Chevalier - Président du Comité Web : Patrice Collet François Gerin en tant que Président et Patrick Leclerc en tant que Vice-président des Groupes Régionaux ont déjà été élus lors du Conseil du 24 juin 2016. 1 Coopérant avec Pierre Rolin pour les actions « jeunes et écoles ». Les autres personnes sont proposées pour élection selon la liste ci-dessus. Cette élection est adoptée à l’unanimité. 4. Tableau de bord de la SEE Michel Dupire présente le tableau de bord. La situation financière est difficile, toujours très dépendante du calendrier des congrès, avec une diminution des rentrées en 2016. Le plan d’actions destiné à améliorer le résultat net est piloté par Michel Dupire avec Jacques Horvilleur. Il est nécessaire de réduire les charges externes, avec notam- ment un meilleur travail préparatoire sur le coût des congrès. Il faut reprendre la bonne pratique de l’examen des budgets prévi- sionnels. Nécessaire également de renforcer les manifestations des GR et CT et de renverser la tendance à la baisse des adhésions (hors gratuites) : c’est la base de l’action d’animation de la communauté scientifique et des groupes régionaux. Michel Dupire rappelle l’inté- ressement des GR à ces deux actions, associé à un dispositif de soutien en trésorerie par le Siège. L’évolution du nombre des adhésions individuelles montre une croissance soudaine mi-2016 qui correspond à l’inscription de 200 adhésions d’étudiants à titre gratuit suite à l’action particulière en- treprise en direction des jeunes au printemps via les écoles et la CNJE. Cette évolution doit être poursuivie dès cette nouvelle année universitaire, tout en visant à transformer un maximum d’adhésions d’étudiants de l’année écoulée en adhésions « jeunes actifs » lors de leur entrée dans la vie professionnelle. 5. Plan de développement de la SEE ; mesures de redressement économique à court terme. Augmentation des recettes. Adhésions : relances jeunes ; actions des GR Catherine Mancini présente une proposition de signature de convention avec les écoles, pour mieux faire connaître la SEE et intéresser tant les enseignants que les élèves de dernière année ou des cycles Master et Master Pro avant qu’ils entrent dans la vie professionnelle. C’est également une opportunité de recettes à court et moyen terme. Cette convention est inspirée de celle que la SEE a signée avec l’école ECAM-EPMI (basée à Cergy-Pontoise) en avril dernier. Le rôle clé des GR, grâce à leurs contacts avec écoles et entre- prises, est réaffirmé. Une liste des écoles à prospecter et d’administrateurs volontaires pour les démarcher en s’appuyant sur une convention-type, est éta- blie en séance. Il serait souhaitable d’organiser à l’occasion de ces démarches une intervention en amphi. Il pourrait être intéressant d’organiser en complément un chal- lenge sur un thème donné, en association avec des entreprises, qui permettrait de détecter des talents (challenge ouvert ou restreint aux écoles ayant signé une convention). REE N°4/2016 149 SEE EN DIRECT Il est suggéré de se rapprocher des associations d’anciens élèves qui sont demandeurs pour des sujets d’animation (prêts de salles possibles). Il est important de mettre en place un système d’adhésion avec suivi des étudiants à l’entrée dans la vie active. Attention au taux d’at- trition constaté à la fin des études. Pour en limiter l’effet, proposer une adhésion gratuite aux élèves de cycle ingénieur/Master /Master Pro pour le reste de l’année 2016 dans le cadre de cette convention. Publications Une action est menée en vue du déstockage des numéros anciens. La REE est de plus en plus visitée sur le web. En revanche la publici- té est très insuffisante en volume. Des compétences sont recherchées pour recueillir des pages de publicité liées aux dossiers prévus, en par- ticulier des publi-rédactionnels et pour poster de la publicité sur le site SEE. Un partenariat avec une Junior Entreprise est une piste à explorer. On pourrait envisager enfin de créer une rubrique permanente dans la REE sur la sortie de nouveaux produits, comme cela se pra- tique souvent dans des revues comparables. Partenaires entreprises : adhésions SEE et/ou Cercle des entreprises ; cas des PME-PMI - Adhésions entreprises De nouvelles adhésions ont été enregistrées représentant près de 900 salariés mais cela ne compense pas la défection (totale ou partielle) de certaines entreprises associées traditionnelles ; Le président insiste sur l’importance d’un lien direct entre les ad- ministrateurs et les entreprises partenaires, acteurs clé de la SEE. Afin de fidéliser ces dernières, il est nécessaire de disposer d’un kit sur les droits d’accès des salariés bénéficiant d’une adhésion entreprises : tarifs privilégiés sur certaines manifestations, revue en ligne, réduc- tion sur le coût de la publicité, soirées d’études y compris en régions. L’objectif affiché par le président est de doubler le montant des recettes annuelles. Une première liste d’entreprises ou institutions à prospecter et de volontaires associés pour cette démarche est établie en séance. Elle sera à compléter. Une suggestion est faite de faire souscrire des adhérents “per- sonnes morales”, possibilité prévue aux statuts mais non exploitée, à la place de la procédure actuelle des conventions avec les entre- prises partenaires, ce qui donnerait plus de souplesse et de conti- nuité à la coopération. - Cercle des Entreprises La proposition tarifaire 2017 pour être membre du CdE est ac- ceptée. Le lancement d’un 3e GT prévu sur les véhicules connectés, voire autonomes, est toujours à l’ordre du jour. L’intérêt d’un des participants est confirmé en séance et Christel Seguin est mandatée pour lancer ce nouveau GT. C3 : Congrès, Conférences et autres manifestations Florent Christophe présente la vue pluriannuelle de ce chapitre important des activités. Christel Seguin témoigne de la démarche complémentaire de vul- garisation (soirées) et de formation grâce à EuroSAE, sur des thèmes d’actualité, de manière identique au fonctionnement d’un CT. L’approche régionale est essentielle, combinée avec celle des CT : Florent Christophe rappelle la nécessité que tous les CT et le GR contribuent en 2017 à l’organisation de manifestations, comme indiqué dans les transparents présentés. Le contact a été repris avec l’IEEE pour définir un programme de manifestations communes. Une présentation des nouveaux CT sera programmée lors d’un CA fin d’année. De même il est prévu une présentation réciproque des CT de la SEE et des comités du Cigré, le 22 novembre prochain. Opérations avec Grandes écoles et universités (incluant des synergies avec CNF Cigré) Patrick Leclerc présente les exemples de coopération avec cer- taines grandes écoles et le CNF Cigré. A titre d’exemple, l’organisation d’une journée d’études à Lyon sur les « Réseaux Electriques et Super- grid » le 12 octobre 2016 est mentionnée. Un projet similaire est pré- vu en novembre 2016 sur Grenoble avec ENSE3 (INPG) et SIEMENS. La déclinaison de cette démarche est envisagée dans les autres GR, dans les sièges de grandes villes. La valorisation de ces mani- festations devra trouver sa place dans les publications du Cigré et de la SEE. Le principe d’un échange mensuel avec le CNF Cigré a été re- tenu en vue de partager le plan de manifestations à 6 mois et les possibilités d’événements communs. Réduction des dépenses : optimisation des m² Le déplacement des bureaux de la SEE au sein de l’Espace Hamelin est en cours de préparation. Il devrait s’accompagner d’un déménagement des archives actuellement stockées à Asnières vers les sous-sols de l’Espace Hamelin ce qui permettra de réaliser une économie annuelle significative. 6. Aspects stratégiques Le rapprochement avec le CNF Cigré prévoit un scénario en 3 phases. La phase 1 de collaboration est déjà lancée. Les phases 2 de mutualisation et 3 d’hébergement sont actuellement en cours de définition avec le CNF du Cigré. Un audit a été lancé pour pré- parer l’évolution éventuelle des statuts dans le contexte du rappro- chement avec le CNF Cigré et de renforcement de l’organisation des partenaires de Jicable. L’audit analysera finement la distinction entre services vers les membres ou des tiers et actions d’intérêt général, aux plans juridique et fiscal. La Vision SEE 2020 est à construire pour planifier les années 2018 et au-delà. L’implication des administrateurs sera décisive pour ce développement. Conclusion Le Président remercie les administrateurs pour leur participa- tion active et compte sur leur engagement pour mener à bien les actions décidées, avec le soutien actif et attentif du Bureau et une démarche PDCA rendue plus efficace grâce au nouveau tableau de bord. François Gerin clôture la réunion du Conseil à 12 h 35. 150 REE N°4/2016 SEE EN DIRECT Prop’élec 2016 Date : 23-24 novembre 2016 - ECAM-EPMI Cergy Pontoise (France) Renouant avec une initiative antérieure, l’ECAM-EPMI orga- nise en partenariat avec la SEE un colloque de deux jours dans les locaux de l’Ecole à Cergy-Pontoise centrée sur les techno- logies de la propulsion électrique. Cette manifestation se veut également un rendez-vous et un forum de rencontres entre responsables de la recherche, de l’exploitation et des industries du secteur. Thèmes traités : A l’occasion du colloque, deux plates formes techniques déve- loppées sur place par l’ECAM-EPMI seront ouvertes aux participants. Conférence > La cybersécurité des réseaux électriques intelligents (REI) Date : 25 novembre 2016 - Rennes (France) Cette conférence entre dans le cadre plus général de la semaine de la cybersécurité (21-25 novembre). Organisée à l’initiative de la SEE, cette Journée REI s’attachera à faire le point des derniers développements dans le domaine de la cybersé- curité des réseaux électriques intelligents, notamment à partir des premiers retours d’expérience du terrain, en France et à l’étranger, des évolutions de la technique, des normes et des certifications de matériels. Un accent particulier sera mis sur la résilience des REI. Demi-journée d’études > Claude Elwood Shannon : le jongleur de l’électronique et des mathématiques Date : 14 décembre 2016 (après-midi) - Paris, Espace Hamelin Dans le cadre du Cercle histoire, la SEE organise une demi- journée consacrée à Claude Shannon à l’occasion du centième anniversaire de sa nais- sance. A la fois mathéma- ticien et ingénieur, Claude Shannon a formalisé de manière rigoureuse et générique la transmission d’ informations. Ses articles sur le cryptage et l’échantillonnage ont marqué des générations de mathématiciens et ingénieurs et ont eu une profonde in- fluence sur l’ensemble des techniques numériques qui se sont développées à partir des années 60. La demi-journée mettra en perspective sa vie et ses travaux au MIT et aux Bell Labs et l’importance historique que son œuvre a représentée dans l’histoire de l’informatique, de l’électronique et des communica- tions, sans oublier son incursion pertinente dans la génétique. Shannon a aussi marqué les sciences humaines et l’épistémolo- gie par son interprétation de la notion d’entropie. La demi-journée sera organisée autour de quatre présenta- tions et une table ronde. Conférence > MEA’17 - More Electric Aircraft Date : 1-2 février 2017 - Bordeaux (France) The aviation industry has seen a trend for greater electri- cal power requirements for aircraft systems. However, tech- nology has progressed to the point where some light piloted aircrafts are already battery powered, and it is envisioned that future larger aircraft will, to various degrees, be electri- cally powered. Following the successful European conference held in Toulouse in February 2015 with more than 100 focused pre- sentations, the organisers of MEA2017 invite industry and re- search representatives to contribute to this new exciting edi- tion in Bordeaux, and prepare to share ideas, lessons learnt and solutions relating to technological developments as well as future concepts associated to more/all electrical aircraft. Main themes: than air, either for commercial, military or private use; - craft dismantling; - tive and incremental improvements of related technolo- gies. MANIFESTATIONS SCIENTIFIQUES PROCHAINEMENT ORGANISÉES PAR OU EN PARTENARIAT AVEC LA SEE Pour toute information concernant l'une de ces manifestations prière de vous adresser à : congres@see.asso.fr REE N°4/2016 151 SEE EN DIRECT Conférence > ICOLIM - International Conference on Live Maintenance Date : 26-28 avril 2017 - Strasbourg (France) From 1992, the Live Working Association (LWA) has organized conferences for experts dealing with the development and imple- mentation of live work technology. At the ICOLIM 2014 conference (Budapest, Hungary), the French representation made a commit- ment to organize the 12th ICOLIM conference with the following partners: TSO (RTE), DSO (ERDF, ES) and the Electricity and Elec- tronics Society (SEE). The 12th conference will be held on 26-28 April, 2017 in Strasbourg at the Convention and Exhibition Center. Topics: Deadlines: Full paper submission: Friday, 28 October, 2016 Notification of acceptance: Friday, 13 January, 2017 Opening registration: Friday, 2 September 2016 Early bird registration: Friday, 17 February, 2017 Pour en savoir plus : www.icolim2017.org Adresse : info@icolim2017.org Conférence > European Test and Telemetry Conference (ETTC 2017) Date : 13-15 juin 2017 - Toulouse (France) La 31e édition d’ETTC fournira l’occasion aux ingénieurs et scientifiques de présenter et discuter les derniers développe- ments dans les méthodes de test et équipements pour les sys- tèmes de transport aéronautique, spatial et terrestre. Thèmes : Exposition : En appui de la Conférence, une exposition sera organisée pendant cet évènement. Elle permettra aux participants de faire des contacts utiles et illustrera la grande variété des dévelop- pements techniques intervenus dans les méthodes de tests et de mesures. Plus en savoir plus : www.ettc2017.org Être membre de la SEE c’est : Elargir votre réseau professionnel par la participation à des structures de réflexion adaptées (clubs techniques, groupes régionaux) Consulter et télécharger gratuitement les articles, dossiers ou numéros complets de la REE sur le site SEE, (rubrique e-REE) Tarifs préférentiels pour les Conférences et Journées d’études SEE : une ou deux inscriptions vous remboursent le prix de l’adhésion ! Réduction fiscale avec tarification attrayante pour les enseignants, les actifs de moins de 35 ans et les étudiants Adhérer en ligne : Renseignements sur le site www.see.asso.fr à la rubrique : adhérez à la SEE Pour plus d’informations, vous pouvez nous appeler au 01 5690 3717 ou 3709 ou 3704, nous serons heureux de vous présenter l’Association. Cher lecteur de la REE, avez-vous pensé à adhérer à la SEE ? Vous aimez notre Revue, vous allez adorer notre Association ! SEE - 17, rue de l’Amiral Hamelin - 75783 Paris cedex 16 - Fax : 01 5690 3719 www.see.asso.fr 152 REE N°4/2016 Impression : Jouve - 53100 Mayenne Dépôt légal : octobre 2016 Edition/Administration : SEE - 17, rue de l’Amiral Hamelin - 75783 Paris cedex 16 Tél. : 01 5690 3709 - Fax : 01 5690 3719 Site Web : www.see.asso.fr Directeur de la publication : François Gerin Comité de rédaction : Bernard Ayrault, Alain Brenac, Patrice Collet, André Deschamps, Jean-Pierre Hauet, Jacques Horvilleur, Marc Leconte, Bruno Meyer Secrétariat de rédaction : Alain Brenac, Aurélie Bazot-Courtoisier Tél. : 01 5690 3717 Partenariats Presse & Annonces : Mellyha Bahous - Tél. : 01 5690 3711 Régie publicitaire : FFE - Cyril Monod - Tél. : 01 5336 3787 cyril.monod@revue-ree.fr Promotion et abonnements : 5 numéros : mars, mai, juillet, octobre, décembre. Aurélie Bazot-Courtoisier - Tél. : 01 5690 3717 - www.see.asso.fr/ree Prix de l’abonnement 2016 : France & UE : 120 - Etranger (hors UE) : 140 Tarif spécial adhérent SEE : France & UE : 60 - Etranger : 70 Vente au numéro : France & UE : 28 - Etranger : 30 Conception & réalisation graphique JC. Malaterre - Tél. : 09 8326 0343 Impression : Jouve - 53100 Mayenne. Siège social : 11 Bd de Sébastopol - 75027 Paris cedex 1 Tél. : 01 4476 5440 CPPAP : 1017 G 82069 Copyright : Toute reproduction ou représentation intégrale ou partielle, par quelque procédé que ce soit, des présentes pages publiées faite sans l’autori- sation de l’éditeur, est illicite et constitue une contrefaçon. Toutefois les copies peuvent être utilisées après autorisation obtenue auprès du CFC - 20 rue des Grands Augustins, 75006 Paris (Tél. : 01 4404 4770) auquel la SEE a donné mandat pour la représenter auprès des utilisateurs (loi du 11 mars 1957, art. 40 & 41 et Code Pénal art. 425). La revue REE est lue par plus de 10 000 ingénieurs et cadres de l’industrie, dirigeants d’entreprises, directeurs des ressources humaines, formateurs... Profitez de ce lectorat ciblé et de qualité pour publier vos annonces. Répertoire des annonceurs Schneider Electric ............................................................................. C 2 LEM ................................................................................................... p. 3 SES Europe ................................................................................ p. 18-19 IFTEC ............................................................................................... p. 25 Prix Jean Jerphagnon ............................................................... ... p. 116 Smart City ........................................................................................... C3 GENERAL CABLE ............................................................................... C4 Prochains Grands Dossiers Dossier 1 : Enjeux d’un développement massif des EnR dans le système électrique européen du futur Dossier 2 : URSI France 2016 Une publication de la Entre science et vie sociétale, les éléments du futur 6 CLUBS TECHNIQUES Automatique, Informatique et Systèmes Ingénierie des Systèmes d’Information et de Communication Cybersécurité et Réseaux intelligents Radar, Sonar et Systèmes Radioélectriques Stockage et Production de l’Energie Systèmes Electriques 12 GROUPES RÉGIONAUX Conférences nationales et internationales Journées d’études thématiques Conférences-Débat Congrès internationaux, en partenariat ou non, avec d’autres sociétés scientifiques La SEE contribue à l’organisation et ses Groupes régionaux Grades Senior et Emérite SEE Prix : Brillouin-Glavieux, Général Ferrié, André Blanc-Lapierre, Thévenin Médailles : Ampère, Blondel La SEE récompense les contributeurs éminents au progrès des sciences et technologies dans ses domaines Revue de l’Électricité et de l’Électronique (REE) Revue 3EI Monographies Publications électroniques : SEE Actualités La SEE favorise le partage du savoir, et contribue aux débats sur des problèmes de société en éditant des revues La SEE fédère un vaste réseau d’experts universitaires et industriels en faveur des La SEE, société savante française fondée en 1883, forte de 2 000 membres, couvre les secteurs de l’Électricité, de l’Électronique et des Technologies de l’Information et de la Communication. Elle a pour vocation de favoriser et de promouvoir le pro- grès dans les domaines : Énergie, Télécom, Signal, Composants, Automatique, Informatique. SOCIÉTÉ DE L’ÉLECTRICITÉ, DE L’ÉLECTRONIQUE ET DES TECHNOLOGIES DE L’INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION 17, rue de l’Amiral Hamelin - 75783 Paris cedex 16 Tél. : 01 56 90 37 09/17 - Fax : 01 56 90 37 19 www.see.asso.fr SALON DE LA VILLE ET DES TERRITOIRES INTELLIGENTS,DURABLESETCONNECTES Exposition – Conférences – Ateliers Smart networks for smart cities En parallèle de PARIS EXPO PORTE DE VERSAILLES PAVILLON 2.2 8 & 9 NOVEMBRE 2016 2 JOURS 15 CONFERENCES 10 ATELIERS 80 EXPOSANTS 4000 VISITEURS www.smartgrid-smartcity.com @salonsmartgrid Réservezdèsmaintenant votrebadgegratuitsur: www.smartgrid-smartcity.com GENERAL CABLE PROPOSE UNE GAMME DE PRODUITS VARIÉS Nous avons la capacité de fournir des produits et solutions pour des applications très diverses allant de l’éolien au photovoltaïque, en passant par la marine, l’industrie et le nucléaire, etc... Nous mettons notre savoir-faire au service de vos besoins car notre mission est de faciliter votre travail. www.generalcable.com/eu GENERAL CABLE, LA DIVERSITÉ AU SERVICE DE VOS APPLICATIONS INFRASTRUCTURE TRANSPORT INDUSTRIEL