Les centres de stockage de l'Andra en exploitation en France

Le centre de stockage de l’Aube (CSA) et le centre industriel de regroupement, entreposage et de stockage (Cires) 17/07/2016
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Les centres de stockage de l'Andra en exploitation en France

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REE N°3/2016 53 LE STOCKAGE DES DÉCHETS RADIOACTIFS DOSSIER Le centre de stockage de l’Aube (CSA) Le Centre de stockage de l’Aube (CSA) est implanté au Nord-Est du département de l’Aube, sur le terri- toire des communes de Soulaines- Dhuys, La Ville-aux-Bois et Epothémont (figure 1). Mis en service en 1992, il est dédié au stockage des déchets radioac- tifs de faible et moyenne activité à vie courte (FMA-VC) et a pris le relais du centre de stockage de la Manche dont il a tiré parti du retour d’expérience lors de sa conception. Le centre de stockage Le CSA est une installation nucléaire de base (INB n° 149), exploitée par Les centres de stockage de l'Andra en exploitation en France Le centre de stockage de l’Aube (CSA) et le centre industriel de regroupement, entreposage et de stockage (Cires) Par Frédéric Legée Adjoint au directeur industriel de l’Andra Long-term management solutions exist in France (repositories) for the categories of radioactive waste which represent the most important volumes (90 %): the short-lived low- and intermediate-level waste (LIL-SL waste) and the very-low-level waste (VLL waste). Two sites are under operation: CIRES for very-low-level waste repository (located at Morvilliers in the Aube district) which has been commissioned in August 2003. Its overall capacity is 650,000 m3 ; CSFMA waste disposal facility, for low- and intermediate-level short-lived waste. Operating since 1992, situated in the Aube district, it was designed to accommodate 1,000,000 m3 of waste. Waste is disposed in surface reinforced concrete cells, 25 m2 and 8 m high. With increasing dismantling operations, waste management conditions will have to be revised and new options should be developed. The main options are new disposals, extension of volume capacities, recycling and waste packages densification. All different way of optimization will have to be supported by R&D effort. In 2015, Andra has launched highly collaborative projects with the French National Agency for Research (ANR). The goal is to transpose existing and emerging technologies and know-how from other areas of application into radioactive waste management. ABSTRACT Figure 1 : Le Centre de stockage de l’Aube – Crédit photo : Ph. Masson. 54 REE N°3/2016 LE STOCKAGE DES DÉCHETS RADIOACTIFSDOSSIER l’Andra. D’une superficie totale de 95 hectares, ce centre est autorisé à accueillir 1 million de m3 de colis de déchets radioactifs FMA-VC. A fin 2015, 31 % de cette capacité totale de stoc- kage autorisée étaient atteints. Le centre de stockage de l’Aube comprend principalement : surlaquellesontconstruitsdesouvrages de stockage accueillant les colis de déchets radioactifs. Les colis sont stoc- kés en surface, dans des ouvrages en béton armé de 25 mètres de côté et de 8 mètres de hauteur (figure 2) ; , situé sous la zone de stockage, permet- tant la surveillance des éventuelles eaux d’infiltration provenant des ouvrages de stockage et susceptibles d’avoir été en contact avec les colis de déchets ; destinée à compresser des fûts métalliques de 205 litres contenant des déchets com- pactables (plastiques, chiffons…) afin de réduire leur volume (figure 3) ; permettant de bloquer dans un mortier des déchets volumineux et lourds (tubes, fer- railles…) présents dans des caissons de 5 m3 et 10 m3 , afin de garantir la résistance mécanique des colis ; permettant le pilotage de l’unité de compactage et la supervision des installations ; réalisant la quasi-totalité des analyses radiolo- giques définies dans le plan de surveil- lance du CSA ; assurant l’entre- posage temporaire de colis de déchets afin de : - réguler les flux de colis à traiter ou à stocker ; - mettre en attente des colis sélection- nés pour des contrôles complémen- taires aux contrôles systématiques effectués à leur livraison ; - mettre en attente des colis pour lesquels des compléments d’infor- mation sont attendus de la part du producteur. pour étudier un concept de couverture qui sera installée au- dessus des ouvrages de stockage après leur exploitation et devra assurer l’étanchéité de la zone de stockage à long terme ; recueillant toutes les eaux pluviales tombant sur le site. Il sert également de réserve d’eau en cas d’incendie. Les déchets FMA-VC Les déchets FMA-VC sont majoritai- rement des petits équipements conta- minés lors de la maintenance (gants, vêtements, outils…) et l’exploitation d’installations nucléaires françaises (trai- tement d’effluents liquides ou gazeux). Certains déchets proviennent égale- ment de laboratoires de recherche, d’hôpitaux, d’universités… ou d’opéra- tions d’assainissement et de démantè- lement. Les principaux producteurs de déchets FMA-VC sont EDF, AREVA et le CEA. Figure 2 : Les ouvrages de stockage – Crédit photo : DR. Figure3:Presseàcompacter-Créditphoto:Ph.Demail. REE N°3/2016 55 Les centres de stockage en exploitation en France Les colis de déchets radioactifs sont acheminés jusqu’au CSA directement par camions depuis les sites produc- teurs. - . Il existe deux grandes catégories de colis pour les déchets FMA-VC : (exemple : fût métallique) : le confi- nement de la radioactivité ainsi que la stabilité de la structure, qui doit être ga- rantie pendant 300 ans, ne peuvent être assurés par le colis lui-même. L’ouvrage de stockage est donc progressivement rempli par un liant hydraulique, par couches successives (figure 4). (exemple : coques en béton) : le colis peut assurer la fonction de confine- ment, mais aussi la stabilité à long terme de la structure. Les ouvrages, une fois pleins, sont remplis de gra- villons venant combler les interstices (figure 5). A ces colis standards viennent s’ajouter des autorisations particulières visant à prendre en charge des colis particuliè- rement volumineux, c’est le cas en par- ticulier : EDF. Ils mesurent environ 5 m de dia- mètre et pèsent plus de 100 tonnes. 53 ont été stockés au CSA, depuis 2004, dans des ouvrages qui leur sont spécifiquement dédiés. - . Ce sont des pièces en forme de tube en inox creux d’environ 4 m de long, 17 cm de diamètre et 420 kg. Elles avaient pour fonction de réduire le flux neutronique à l’extérieur du cœur du réacteur et de limiter ainsi l’activation du sodium dans le circuit secondaire. Les quantités stockées La figure 6 montre l’évolution du stockage des déchets FMA-VC. La pre- mière partie concerne les volumes stoc- Figure 4 : Ouvrage béton – Crédit photo : D. Mer. Figure 5 : Ouvrage gravillonné – Crédit photo : D. Mer. Figure 6 : Stockage annuel des colis de déchets sur le centre de stockage de la Manche (CSM) puis sur le centre de stockage de l’Aube (CSA). 56 REE N°3/2016 LE STOCKAGE DES DÉCHETS RADIOACTIFSDOSSIER kés au centre de stockage de la Manche (CSM), aujourd’hui fermé. La deuxième partie indique les volumes stockés au CSA, à partir de 1992. Cette courbe met en évidence plu- sieurs tendances : - sons (au CSM) lié à la montée en puis- sance du parc électronucléaire et des installations du cycle du combustible ; liée à des optimisations, dans les ins- tallations nucléaires françaises, limitant la production de déchets ; déchets FMA-VC produits à partir de 1998, qui a été en partie permis par la mise en place de la filière TFA (dé- chets de très faible activité), à compter de 2003. Depuis la mise en service du centre de stockage de l’Aube en 1992, plus de 600 000 colis de déchets ont été livrés soit 330 000 m3 , dont une partie a pu être compactée dans l’unité dédiée. Environ 15 000 fûts métalliques de 205 litres sont compactés chaque année et sont placés dans 4 000 nou- veaux emballages de 450 litres. Les enjeux de la filière FMA Les enjeux radiologiques Le CSA est autorisé à stocker des déchets contenant des radioéléments à vie courte et restera surveillé pendant au moins 300 ans après la fermeture, jusqu’à ce que sa sûreté ne nécessite plus aucune intervention humaine. Après une telle durée, la radioactivité résiduelle deviendra négligeable. Néanmoins, le stockage de certains colis de déchets à vie courte, bien qu’autorisé par rapport aux objectifs de sûreté long terme, peut être limité par les contraintes d’exploitation. Par exemple, les niveaux d’irradiation au contact des colis doivent rester infé- rieurs à 2 mSv/h car les opérations logistiques nécessitent des opérateurs à proximité. Des scénarios d’incident (par exemple chute d’un colis) sont également pris en compte pour évaluer les activités maximales admissibles, indépendamment des impacts radiolo- giques à long terme. Par ailleurs, dans l’autorisation de création du CSA, il était précisé que le centre pourrait recevoir, dans des quan- tités limitées, des colis contenant des radionucléides à vie longue. En effet, les déchets radioactifs contiennent en général un mélange de radionucléides à vie longue et à vie courte, sans qu’il soit possible de les séparer. On peut ainsi trouver, sur les mêmes déchets des contaminations au césium 137 (30 ans de période) mais aussi au plutonium 239 (période 24 000 ans). Le centre a été conçu et est exploité en prenant cette information en consi- dération. Le centre de stockage peut donc accueillir une certaine quantité de radionucléides à vie longue, sans que cela ne remette en cause la sûreté du stockage. Une limite d’acceptation est fixée par colis, par ouvrage puis pour l’intégralité du Centre, pour permettre une répartition dans le stockage, garan- tissant ainsi une sûreté maximale. Les bilans, effectués, en temps réel, montrent que la capacité radiologique est largement suffisante pour permettre le stockage des déchets issus des instal- lations nucléaires, pour la quasi-totalité des radioéléments, tout en respectant les impacts à long terme. Les enjeux volumiques La capacité du CSA est de 1 million de m3 . 300 000 m3 environ y ont déjà été stockés. Compte tenu des volumes annuels reçus actuellement (15 000 m3 /an), le CSA pourrait poursuivre son exploitation pendant une cinquantaine d’année, même si les démantèlements devraient augmenter les flux. Ainsi il n’y a pas à ce jour d’études visant à créer un nouveau centre de stockage pour les FMA-VC, ou même étendre le site actuel. Les évolutions du CSA Au fil des années, le CSA a adapté ses équipements pour répondre à de nouveaux besoins ou améliorer la qua- lité du stockage. Parmi ces évolutions notables figurent : . A partir de 1994, EDF a procédé au rempla- cement des couvercles de cuves des 35 réacteurs de type 900 MWe et des 20 réacteurs de type 1300 MWe. Afin de simplifier les opérations de stoc- kage et d’optimiser la prise en charge de ces déchets, il a été décidé que ces pièces massives (une centaine de tonnes en comptant les enveloppes de confinement et de transport) seraient stockées en l’état. Ceci per- met d’éviter les nombreuses découpes qui auraient été nécessaires s’il avait fallu utiliser des conditionnements standards (10 m3 au maximum). Ces ouvrages diffèrent des ouvrages stan- dards par leurs dimensions (longueur 19 m x largeur 12 m x hauteur 7 m). Cinq ouvrages ont été ainsi construits et remplis, entre 2004 et 2015. . Démarrés en octobre 2013, les travaux se sont poursuivis en 2014 et 2015 ; l’installation devrait être mise en ser- vice en 2016. Construite dans un hall de l’atelier de conditionnement des déchets, cette unité de contrôle des colis permettra de réaliser, sur site, des contrôles destructifs et non destruc- tifs sur les colis de déchets radioactifs qui sont aujourd’hui effectués dans des installations extérieures au site et n’appartenant pas à l’Andra. Cette évo- lution permettra de gagner en réacti- vité en évitant des allers-retours entre les laboratoires de contrôles externes et le CSA et d’augmenter le nombre d’investigations. REE N°3/2016 57 Les centres de stockage en exploitation en France Au-delà des constructions nou- velles, les équipes d’exploitation en lien avec la R&D étudient au fil des années l'optimisation des procédés actuels (logistique, formulation des matrices cimentaires, contrôle commande, tra- çabilité.) La surveillance radiologique du CSA Afin de vérifier que l’impact du centre reste le plus faible possible, l’Andra assure une surveillance régulière et assi- due et mesure les niveaux de radioactivi- té dans l’environnement, dans l’enceinte du site, mais aussi en dehors. Ainsi, le CSA procède à plus de 14 000 mesures par an : contrôles radiologiques, physi- co-chimiques et écologiques. En 2015, l’impact radiologique calculé était de 0,01 microsievert par an, soit plus de 100 000 fois inférieur à l’impact de la radioactivité naturelle. La gestion des eaux fait notamment l’objet d’une surveillance particulière. Toutes les eaux du site sont recueillies, via différents réseaux identifiés, et font l’objet d’un contrôle avant d’être dirigées vers un exutoire déterminé. Les princi- paux réseaux des effluents liquides du centre sont : - susceptibles d’être contami- nés, appelés effluents « A » : il s’agit de la quasi-totalité des eaux pro- duites en zone réglementée (atelier de conditionnement des déchets, bâtiment des services, bâtiment mécanique, bâtiment de transit) et collectées dans des cuves distinctes. Un contrôle radiologique est effec- tué sur ces eaux avant rejet dans le bassin d’orage via le réseau spéci- fique des effluents A ; - qui permet de collecter les eaux éventuellement infiltrées au travers des ouvrages de stockage en exploitation ou fermés, et susceptibles d’avoir été en contact avec les colis de déchets radioactifs ; qui ache- mine les eaux résiduaires domestiques issues du restaurant et des sanitaires des différents bâtiments du Centre, vers la station d’épuration. Après trai- tement biologique, les effluents de la station sont déversés dans le bassin d’orage ; - aboutissant au bassin d’orage ; , appelés déchets liquides ra- dioactifs « B », éventuellement présents dans les fûts de déchets au moment de leur compactage. Ces déchets ne sont pas rejetés dans l’environnement mais font l’objet d’une collecte en vue d’une élimination dans une installation autorisée extérieure. Le CSA ne dis- pose pas d’installation pour traiter les déchets liquides. Les résultats montrent que les eaux souterraines sous le centre et à l’exté- rieur du centre, dans les ruisseaux et les sédiments, ne présentent pas de trace de radioactivité artificielle. Le centre industriel de re- groupement, d'entreposage et de stockage (Cires) Le centre industriel de regroupement, d’entreposage et de stockage (Cires) est implanté au Nord-Est du département de l’Aube, sur le territoire des communes de Morvilliers et de La Chaise (figure 7). Mis en service en 2003, le Cires est une installation classée pour l’environnement (ICPE). Cette installation est autorisée à stocker des déchets de très faible activité (TFA). Depuis 2012, elle accueille deux autres activités : le regroupement de dé- Figure 7 : Le centre industriel de regroupement, entreposage et stockage de l’Aube. Crédit photo : Ph. Masson. 58 REE N°3/2016 LE STOCKAGE DES DÉCHETS RADIOACTIFSDOSSIER chets radioactifs non électronucléaires et l’entreposage de certains de ces déchets qui n’ont pas encore de solution de ges- tion définitive. En 2016, une nouvelle ins- tallation a egalement été mise en service pour le tri et le traitement de déchets issus d'activités non électronucléaires. D’une superficie totale d’environ 46 hectares, le Cires se compose es- sentiellement des zones suivantes : des déchets de très faible activité (TFA), d’une surface d’environ 18 hectares. Actuellement, seule la partie la plus au sud (appe- lée tranche 1) de cette aire accueille des déchets. Elle était composée, à fin 2014, de 14 alvéoles de stockage fermées – c’est-à-dire contenant des déchets radioactifs et recouvertes par différents matériaux – et d’une alvéole en cours d’exploitation ; , dédiée aux différents bâtiments du centre, d’environ neuf hectares. Elle regroupe : déchargement des déchets et leur en- treposage avant transfert en alvéoles de stockage ; le compactage des déchets métal- liques ou plastiques de faible den- sité, la solidification, la stabilisation et l’inertage des déchets dangereux avec un liant hydraulique ; le contrôle non destructif (pesées, mesures de débits de dose…) et destructif (in- ventaire physique, prélèvements de déchets pour analyse…) des colis de déchets ; 2 000 à 3 000 m3 de dé- chets plastiques sont annuellement compactés par la presse à balles. Un taux de réduction de 3 est obtenu. De l’ordre de 1 000 m3 de ferrailles lé- gères sont annuellement compactées avec un taux de réduction allant de 3 à 5 (figure 8). et une aire de lavage pour l’entretien courant des engins et véhicules d’exploitation du centre ; - ; à l’intérieur de ce bâtiment, les déchets sont répartis dans différents locaux en fonction de leurs caractéris- tiques physico-chimiques. Dès que leur volume est suffisant, ils sont orientés vers d’autres installations pour traite- ment, conditionnement (incinération à Socodéi à Marcoule par exemple), stockage (au Cires ou au CSA) ou entre- posage en attendant la création d’une filière de stockage dédiée. Environ 3000 colis par an sont réceptionnés au bâti- ment de regroupement. Cela représente au total un volume d’environ 300 m3 . qui per- met d’accueillir temporairement les déchets radioactifs non électronu- cléaires ne disposant pas aujourd’hui de solutions de stockage ; issues des travaux de creusement des al- véoles ; , d’environ trois hectares, comprenant : - deux bassins de décantation par lesquels transitent les eaux de ruis- sellement des deux zones de dépôt des terres ; - un bassin d’orage recueillant les eaux pluviales et les eaux usées du site non contaminées radiologiquement avant que ces eaux soient rejetées dans l’environnement. Au départ, une activité concen- trée sur le stockage des déchets TFA Le Cires est autorisé à stocker 650 000 m3 de déchets TFA. A fin 2015, 46 % de cette capacité totale de stoc- kage autorisée étaient atteints. Figure 8 : Déchets compactés – Crédit photo : DR. Figure 9 : Coupe schématique d’une alvéole de stockage. REE N°3/2016 59 Les centres de stockage en exploitation en France Les déchets TFA sont aujourd’hui stockés dans des alvéoles de 176 mètres de long et 26 mètres de large environ, creusées à environ huit mètres de pro- fondeur dans une couche argileuse. La conception de ces ouvrages est proche de celle des installations de stockage de déchets conventionnels (figure 9). Les déchets stockés sont exclusive- ment produits sur le territoire français et se composent essentiellement de gravats, terres, ferrailles très faiblement contaminés. Ils sont issus du démantèle- ment ou de l’exploitation d’installations nucléaires ou d’industries classiques utilisant des matériaux naturellement radioactifs. Les déchets TFA peuvent aussi provenir de l’assainissement et de la réhabilitation d’anciens sites pollués Les flux de déchets stockés au Cires L’histogramme de la figure 10 pré- sente l’évolution des volumes stockés au Cires. 25 à 30 000 m3 par an de dé- chets TFA y sont stockés chaque année. A ce rythme, et malgré les efforts pour utiliser au mieux l’espace de stockage (adaptation du design des alvéoles, ajustement du mode de remplissage, effort de densification, extension poten- tielle de l’emprise de stockage...), le Cires aura atteint sa capacité maximale de stockage (650 000 m3 ) en 2025- 2030. Par ailleurs, selon l’inventaire natio- nal des matières et déchets radioactifs, publié par l’Andra en juillet 2015, le démantèlement des installations nu- cléaires va générer un volume croissant de déchets radioactifs TFA dans les an- nées à venir. A terminaison, on estime que ces déchets représenteront plus de deux millions de m3 . Ainsi, même si un deuxième centre de stockage pour les déchets TFA devait être créé, la question de la gestion globale de ces déchets mérite d’être examinée ; en effet, cer- tains de ces déchets n’étant que peu voire pas radioactifs, le stockage n’est pas nécessairement la solution la plus adaptée ; d’autres alternatives pour- raient permettre une utilisation des res- sources mieux proportionnée vis-à-vis du risque que présentent réellement ces déchets. Les enjeux à venir de la filière TFA Les enjeux volumiques Les quantités importantes de déchets TFA proviennent notamment de l’ab- sence de seuil de libération en France. Par exemple, il n’existe pas de seuil (en Bq/g) en deçà duquel on peut considé- rer l’assainissement d’un site nucléaire comme achevé. Il faut, pour un déman- tèlement, supprimer toute trace déce- lable de radioactivité artificielle. Cette règle, spécifique à l’industrie nucléaire, peut engendrer de grandes quantités de déchets TFA à gérer. Des alternatives ou optimisations sont à l’étude pour limiter les quantités à stocker au Cires, notamment : l’industrie nucléaire. Par exemple les métaux pourraient constituer des colis de déchets radioactifs ; Figure 10 : Evolution des volumes stockés au Cires. 60 REE N°3/2016 LE STOCKAGE DES DÉCHETS RADIOACTIFSDOSSIER l’industrie nucléaire. Même si ceci s’ap- parenterait à une dérogation au prin- cipe de « non libération » de déchets radioactifs, la réglementation peut permettre dans certains cas une telle pratique, dès lors que les mesures et procédés de décontamination per- mettent de garantir l’absence d’impact. C’est par exemple l’objectif du projet Profusion, porté par Areva, et qui vise à traiter les aciers de l’ancienne usine d’enrichissement Eurodif ; - ment « de type conventionnel ». Sans être une alternative au stockage TFA, ceci permettrait un stockage, à coût moindre, et dans des conditions de sûreté adaptées, des déchets ne pré- sentant quasiment aucune trace de radioactivité ; presses permettant de réduire les volumes. Toutefois des presses plus puissantes ou même la fonte de mé- taux pour créer des lingots, réduiraient encore les volumes à stocker. Les enjeux radiologiques Les quantités totales de radioactivité autorisée au Cires sont moindres que celles autorisées au Centre CSA. En pratique, des limites totales sont fixées pour les radionucléides à période longue (> 30 ans). Par exemple, cette limite est de 1,2.1012 Bq pour le plutonium 239 ou encore de 6,4.1010 Bq pour le chlore 36. Pour les radionucléides à période courte, c’est leur concentration qui est limitée (par exemple, en moyenne 10 Bq/g pour le cobalt 60). Pour le tritium (3H), mobile dans l’environnement, une activité totale maximale de 15 TBq est fixée, liée à l’objectif de ne pas marquer radiologi- quement l’environnement. A ce jour, ces limites ne contraignent pas l’exploitation ou le démantèlement des installations nucléaires. Toutefois, les modes de déclaration des produc- teurs surestiment fortement les niveaux d’activité réels stockés. Ces modes d’évaluation, majorants, sont dus à une accumulation de marges de sûreté, mais aussi à la difficulté de mesurer l’activité radiologique à ces niveaux extrême- ment faibles. Les enjeux physico chimiques Au-delà de la radioactivité, extrê- mement faible, dans les déchets, la maîtrise des compositions physico- chimiques est à surveiller. Cet impact, non radiologique, est potentiellement l’impact principal à long terme sur l’en- vironnement. Par conséquent, les impacts dus à la composition chimique des déchets sont évalués. Par exemple, il faut ga- rantir que les métaux lourds ne vien- dront pas polluer l’environnement du site. C’est l’objet de tests de lixiviation1 qui peuvent être faits avant la mise en stockage. La dégradation, au fil des années, des déchets doit également être estimée. Ainsi, certains métaux seront rapide- ment corrodés, produisant de l’hydro- gène. Il faut s’assurer que cet hydrogène sera bien évacué par les ouvrages de stockage. De même il faut limiter les quantités de matières organiques, dont la dégra- dation peut produire des molécules favorisant la mobilité des éléments ra- dioactifs. Ces paramètres font ainsi l’objet d’un suivi environnemental précis. Les activités pour les produc- teurs non électronucléaires Au-delà du stockage des déchets TFA, le Cires prend en charge les déchets des producteurs non électronucléaires 1 En science des sols, la lixiviation désigne toutes les techniques d'extraction de pro- duits solubles par un solvant dans un substrat contenant des produits toxiques. L'AUTEUR Frédéric Legée est adjoint au direc- teur Industriel de l’Andra. Il est en particulier en charge des études et évaluations de nouveaux procédés de traitement. Il a également travail- lé au CEA, dans les installations nu- cléaires en démantèlement, et pour la gestion des déchets radioactifs. REE N°3/2016 61 Les centres de stockage en exploitation en France (hôpitaux, laboratoires, universités…). Ces producteurs, qui très souvent ne sont pas spécialistes de la radioacti- vité, ont besoin d’un accompagnement spécifique pour la gestion de leurs dé- chets radioactifs. La majeure partie de ces déchets, issus de diverses activités utilisant les propriétés de la radioacti- vité ou ayant concentré de la radioacti- vité naturelle, sont de très faible activité ou de faible ou moyenne activité à vie courte pour lesquels des filières de stoc- kage existent. Une petite quantité de ces déchets est de faible ou moyenne activité à vie longue et ne dispose pas encore de solutions de stockage. Une fois collectés, au fur et à mesure des besoins, ces déchets doivent être regroupés dans une installation spé- cifique avant d’être orientés vers des filières permettant soit leur traitement, soit leur conditionnement, soit leur stoc- kage sur des centres de stockage dédiés lorsqu’ils existent (au CSA ou au Cires) ou soit leur entreposage si aucune filière de gestion n’existe. Jusqu’en 2012, le regroupement et l’entreposage de ces déchets étaient sous-traités à des entreprises ex- ternes notamment au CEA (Saclay et Cadarache) et Areva (Socatri). En 2012, afin d’accroître son indépendance et de pallier la fermeture programmée d’ins- tallations qu’elle utilisait sans en être propriétaire, l’Andra a construit deux nouveaux bâtiments sur le Cires, l’un pour l’entreposage, l’autre pour le re- groupement de ces déchets. A partir de mi-2016 entrera en service un nouveau bâtiment permettant de trier et de trai- ter certains de ces déchets. Cette activité était jusqu’alors réa- lisée par la société Socatri, qui a fait savoir son intention d’arrêter. Afin de permettre la complémentarité avec les activités de regroupement/entreposage déjà existantes dans l’Aube et de mutua- liser les équipes et les moyens, l’Andra a décidé de prendre en charge les opéra- tions de tri et de traitement directement au Cires. Avec la mise en service de la nouvelle installation de tri et de traite- ment, l’Andra centralisera, sur le Cires, les principales opérations relatives à la prise en charge des déchets non élec- tronucléaires. Le suivi environnemental du Cires Plus de 1 500 analyses radiologiques sont effectuées, chaque année. Les ni- veaux d’activité des eaux des ruisseaux en amont comme en aval du Cires, ainsi que dans la nappe et les sédiments sont tous inférieurs ou proches des seuils de décision en tritium, alpha glo- bal et bêta global. Ils montrent l’absence d’influence significative du Cires sur les eaux des ruisseaux. Conclusion La France dispose de deux centres de stockage opérationnels, qui per- mettent de gérer 90 % des déchets radioactifs produits. Ces deux filières permettront également de gérer les démantèlements à venir (réacteurs de première, puis deuxième génération, anciens laboratoires et usines du cycle du combustible). C’est le seul pays au monde disposant, de façon centralisée, de solutions durables pour les déchets technologiques. Néanmoins il est indispensable de poursuivre les optimisations engagées, notamment en termes de réduction de volumes à stocker, mais aussi de qualité et durabilité du confinement des colis. Ainsi l’innovation stimulée par les appels à projet de R&D Andra, en col- laboration avec l’Agence nationale de recherche, en 2014 et 2015 donnera un nouvel élan en ce sens. C’est au total 45 millions d’euros, via les Investissements d’avenir, qui permettront de lancer de nouveaux procédés, dans les domaines du recyclage, de la métrologie, ou en- core de valider de nouvelles matrices de stabilisation des déchets.