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Le stockage des déchets nucléaires

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            <title>Le stockage des déchets nucléaires</title></titles>
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42 REE N°3/2016 Nous produisons indirectement des déchets radioactifs en bénéfi- ciant des activités qui utilisent la radioactivité pour leur fonctionne- ment : installations nucléaires de production d’électricité en premier lieu, mais aussi recherche, défense et encore médecine. Le dernier Inventaire national des matières et déchets radioactifs réalisé par l’Andra, l’Agence pour la gestion des déchets radioactifs, recensait au 31 décembre 2013 environ 1 460 000 m3 de déchets radioactifs produits sur le sol français. Ces déchets sont de natures très différentes, avec des niveaux de radioactivité plus ou moins élevés, pendant plus ou moins longtemps. Ils sont classés en différentes catégories, éla- borées selon leur niveau et durée d’activité radiologique : très faible activité (TFA), faible et moyenne activité à vie courte (FMA-VC), faible et moyenne activité à vie longue (FA-VL et MA-VL) et haute activité (HA). Dans tous les cas, ils ne peuvent pas être pris en charge par les filières conventionnelles des déchets et doivent faire l’objet de solutions adaptées à leur dangerosité. La mission de l’Andra est de concevoir, mettre en œuvre et exploiter des solutions de gestion afin de protéger l’homme et l’environnement de l’impact des déchets radioactifs sur le long terme. 90 % de ces déchets disposent aujourd’hui d’une solution de gestion définitive ; c’est leur stockage sur les centres de l’Andra dans l’Aube et la Manche. Les 10 % restants, ceux qui ont la durée de vie la plus longue, sont entreposés sur leurs lieux de production, en attendant la mise en œuvre de solutions de stockage actuellement étudiées par l’Andra (projets Cigéo et FA-VL). Le plus ancien centre de stockage dit « de surface » de l’Andra est situé dans la Manche, près de La Hague. Créé en 1969 par le CEA, exploité par l’Andra depuis 1991, il a accueilli jusqu’en 1994 un volume total de 527 225 m3 de dé- chets de faible et moyenne activité (FMA). Ce centre a reçu son dernier colis en 1994 et est officiellement passé en phase de surveillance de- puis 2003. La relève est assurée depuis 1992 par le centre de stockage de l’Aube (CSA), qui a été conçu pour accueillir environ 1 million de mètres cube de déchets FMA-VC, principalement produits par la filière électronucléaire. A proximité de ce centre a été implanté en 2003 un autre centre de stockage de surface, conçu pour accueillir les déchets de très faible activité (TFA), issus principalement du démantèlement des installations nucléaires ainsi que les déchets radioactifs qu’on appelle non-électronucléaires, issus de presque mille producteurs (hôpitaux, universités, centres de recherche…). L’Andra travaille sur deux projets pour le stoc- kage des déchets radioactifs qui ne disposent pas aujourd’hui de solutions définitives : - lation de stockage réversible en couche géo- logique profonde (à -500 m) pour les déchets radioactifs de haute activité et moyenne acti- vité à vie longue. Ces déchets sont issus du retraitement des combustibles utilisés dans les réacteurs nucléaires. Ils représentent un peu plus de 3 % du volume total des déchets radioactifs produits mais concentrent plus de 99 % de la radioactivité totale. solution spécifique pour des déchets issus notamment de l’exploitation et du démantè- lement de la première génération de centrales nucléaires françaises, dite UNGG (Uranium Naturel Graphite Gaz) ou de l’assainissement de certains sites historiquement pollués au radium ou au thorium. S’ils ne concentrent LE GRAND DOSSIER Introduction Le stockage des déchets nucléaires Pierre-Marie Abadie Directeur général de l’Andra REE N°3/2016 43 Introduction LE GRAND DOSSIER que 0,01 % de la radioactivité totale, leur longue durée de vie ne permet pas de les stocker dans les centres de surface, mais leur niveau de dangerosité ne justifie pas un stoc- kage en grande profondeur. L’Etat a également confié à l’Andra une mis- sion d’intérêt général pour : particuliers, produits le plus souvent lors des années phares de l’industrie du radium dans les années 1920-1940 (montres, réveils, miné- raux ou objets au radium à usage médical) ; la radioactivité lorsque leur propriétaire est défaillant. Ces sites sont pour la plupart d’an- ciennes usines d’extraction du radium ou de fabrication d’objets contenant du radium ; Inventaire national des matières et déchets radioac- tifs. Outil de référence, il permet de disposer d’une vision aussi complète et exhaustive que possible sur la nature des matières et dé- chets, leurs quantités et leur localisation sur le territoire. Il présente également une vision prospective des déchets qui seront produits à l’avenir par les installations nucléaires exis- tantes, y compris leur démantèlement. La dernière édition de l’Inventaire national est parue en juillet 2015 et pré- sente les stocks de matières et déchets radioactifs pré- sents sur le territoire fran- çais à fin 2013. Les centres de stockage sont des ressources rares qu’il faut préserver, ne se- rait-ce que par respect vis- à-vis des territoires qui les accueillent. C’est pourquoi l’enjeu pour l’Andra est de chercher constamment à diminuer les volumes et la dangerosité des déchets qui y sont destinés, et à en optimi- ser les capacités de stockage. Pour cela, elle dispose d’une R&D performante et travaille en étroite collaboration avec EDF, Areva, et le CEA, les principaux producteurs de déchets, pour les accompagner à en réduire le volume à la source et leur apporter des solutions tech- niques concrètes de prise en charge, en toute sûreté et au meilleur coût. Cette collabora- tion va devenir de plus en plus cruciale dans les années à venir, notamment au regard des volumes de déchets radioactifs générés par les futurs démantèlements de centrales nucléaires. Pour aller plus loin dans cette recherche d’innovation constante, l’Andra va également chercher les meilleures compétences auprès de la communauté scientifique et du tissu des PME françaises. C’est dans cette perspec- tive qu’elle a lancé en 2014, puis en 2015, en coordination avec l’Agence nationale pour la recherche (ANR) et le soutien du programme Investissements d'avenir, un appel à projets visant à transposer à la gestion des déchets ra- dioactifs certaines technologies ou savoir-faire existants ou en développement. La gestion des déchets radioactifs nécessite des solutions robustes et sûres. Nous le de- vons aux riverains des centres de stockage de l’Andra, mais aussi aux générations futures à qui nous les léguerons en héritage. Nous leur devons également une com- plète transparence sur nos ac- tivités et leur impact, et donc les moyens de s’informer et de s’impliquer dans les déci- sions qui sont prises. La ges- tion des déchets radioactifs n’est pas seulement un sujet scientifique et technique, c’est aussi un enjeu sociétal et éthique qui nécessite un dialogue constant et ouvert entre l’Andra et les citoyens. Le dossier qui vous est pro- posé a pour objectif de vous présenter un panorama de la gestion des déchets radioac- tifs en France aujourd’hui. Il est composé d’articles vous permettant de vous familiari- Pierre-Marie Abadie est ingé- nieur général des mines, ancien élève de l’école Polytechnique. Il est directeur général de l’Andra depuis octobre 2014. Il était pré- cédemment directeur de l’énergie à la direction générale Énergie et climat du ministère de l’écologie, du développement durable et de l’éner- gie depuis 2008. Il était à ce titre commissaire du gouvernement au sein du Conseil d’administration de l’Andra et de celui d’EDF et vice-pré- sident du conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie. Il est chevalier de l’ordre national du mérite et chevalier de la Légion d’honneur. 44 REE N°3/2016 ser avec les différents types de déchets et les pro- blématiques particulières liées à leur gestion. Ce panorama commence par une présen- tation de la problématique générale de la gestion des déchets radioactifs, par Michèle Tallec, chargée de mission PNGMDR et stra- tégie filières à l’Andra. Frédéric Légée, adjoint au directeur industriel de l’Andra, propose en- suite une description détaillée des stockages en cours d’exploitation dans l’Aube. L’article de Jean-Marie Krieguer, adjoint au directeur du projet Cigéo, établit un point d’étape complet sur le projet Cigéo, sur lequel l’Andra travaille en Meuse/Haute-Marne et qui pourrait devenir dans les prochaines années l’un des chantiers technologiques les plus importants de France. Enfin Frédéric Plas, directeur de la recherche et développement, dresse un bilan de l’effort d’innovation mené par l’Andra dans un large spectre de disciplines scientifiques et techno- logiques. Problématique générale de la gestion des déchets radioactifs Par Michèle Tallec ........................................................................................................................................................ p. 45 Les centres de stockage de l'Andra en exploitation en France Le centre de stockage de l’Aube (CSA) et le centre industriel de regroupement, entreposage et de stockage (Cires) Par Frédéric Legée .......................................................................................................................................................... p. 53 Le projet Cigéo Centre industriel de stockage de déchets radioactifs en formation géologique profonde Par Jean-Marie Krieguer ............................................................................................................................................. p. 62 De la R&D à l’innovation à l’Andra Par Frédéric Plas ........................................................................................................................................................... p. 72 LES ARTICLES LE GRAND DOSSIER Introduction