Electrifier l’Afrique - Les investissements financiers et humains nécessaires

06/05/2016
OAI : oai:www.see.asso.fr:1301:2016-2:16494
contenu protégé  Document accessible sous conditions - vous devez vous connecter ou vous enregistrer pour accéder à ou acquérir ce document.
Prix : 10,00 € TVA 20,0% comprise (8,33 € hors TVA) - Accès libre pour les ayants-droit
 

Résumé

Electrifier l’Afrique - Les investissements financiers et humains nécessaires

Métriques

7
4
663.66 Ko
 application/pdf
bitcache://cc72d622e20624c79a7f37c8bbeff9f497c645eb

Licence

Creative Commons Aucune (Tous droits réservés)
<resource  xmlns:xsi="http://www.w3.org/2001/XMLSchema-instance"
                xmlns="http://datacite.org/schema/kernel-4"
                xsi:schemaLocation="http://datacite.org/schema/kernel-4 http://schema.datacite.org/meta/kernel-4/metadata.xsd">
        <identifier identifierType="DOI">10.23723/1301:2016-2/16494</identifier><creators><creator><creatorName>Henri Boye</creatorName></creator><creator><creatorName>Jean-Pierre Favennec</creatorName></creator><creator><creatorName>Henri Beaussant</creatorName></creator><creator><creatorName>Bernard Duhamel</creatorName></creator><creator><creatorName>Gérard Malengé</creatorName></creator><creator><creatorName>Albert Mbafumoya Tchomba</creatorName></creator></creators><titles>
            <title>Electrifier l’Afrique - Les investissements financiers et humains nécessaires</title></titles>
        <publisher>SEE</publisher>
        <publicationYear>2016</publicationYear>
        <resourceType resourceTypeGeneral="Text">Text</resourceType><dates>
	    <date dateType="Created">Fri 6 May 2016</date>
	    <date dateType="Updated">Thu 26 Jan 2017</date>
            <date dateType="Submitted">Fri 20 Jul 2018</date>
	</dates>
        <alternateIdentifiers>
	    <alternateIdentifier alternateIdentifierType="bitstream">cc72d622e20624c79a7f37c8bbeff9f497c645eb</alternateIdentifier>
	</alternateIdentifiers>
        <formats>
	    <format>application/pdf</format>
	</formats>
	<version>27613</version>
        <descriptions>
            <description descriptionType="Abstract"></description>
        </descriptions>
    </resource>
.

REE N°2/2016 33 L’AFRIQUE ET L’ÉLECTRICITÉ DOSSIER 1 Introduction Seuls 32 % de la population d’Afrique subsaharienne ont accès à l’électri- cité alors que l’Afrique du Nord et la République d’Afrique du Sud sont prati- quement entièrement électrifiées. Une part très importante de la population sans accès à l’électricité se situe dans des zones rurales. L’électrification y est infé- rieure à 5 % dans plus d’une vingtaine de pays d’Afrique subsaharienne. Ainsi, actuellement 620 millions d’afri- cains n’ont pas accès à l’électricité. Dans la projection financière qui est faite dans cet article, ce chiffre sera encore de 530 mil- lions en 2040 malgré le fait que plus d’un milliard de personnes auront enfin accès à cette énergie. Mais la population aura aug- menté d’environ un milliard de personnes entre 2015 et 2040. L’objectif de cet article est de chiffrer les investissements nécessaires pour ac- croître très sensiblement les taux d’accès à l’électricité, à près de 90 % dans les villes et à près de 60 % dans les campagnes. Un tel objectif est réaliste : dans des pays émergents, le taux d’accès à l’électricité est passé de 20 à 80 % en 20 à 30 ans. Cependant, il convient de souligner que l’électrification de l’Afrique ne se réduit pas à un problème de moyens financiers. C’est aussi un problème d’or- ganisation, de gouvernance et de for- mation. Une évaluation des dépenses à prévoir est donnée en fin d’article. Les investissements à horizon 2040 Evolution de la puissance installée Le volume des investissements a été calculé pour les deux périodes rete- nues pour l’étude : 2015-2025 et 2025- 2040. Les besoins en investissements sont basés sur l’évolution attendue de la puissance installée au cours de ces deux périodes, égale à la demande de pointe plus une marge de réserve de puissance de 20 %. L’estimation de l’évolution de la de- mande de pointe provient de l’étude réalisée par EDF dans le cadre du pro- jet Inga réalisé pour la Banque africaine de développement en 20121 . Les pré- visions elles-mêmes font référence aux différentes études de la demande élec- trique des pays membres de chacun des quatre pools électriques africains, réalisées par plusieurs consultants entre 2010 et 2011. Le tableau 1 présente l’évolution de la demande en puissance installée dans chacune des cinq régions. Pour l’ensemble de l’Afrique subsa- harienne (ASS), la puissance installée augmente de 50 % entre 2015 et 2025, soit 4,2 % en moyenne par an. Entre 2025 et 2040, elle s’accroit légèrement à 4,6 % par an, soit une croissance glo- 1 Etude du développement du site hydro-élec- trique d’Inga. EDF-AECOM, pour la Banque Africaine de Développement, avril 2012. Par Jean-Pierre Favennec, Henri Beaussant. Avec la collaboration de Bernard Duhamel et Gérard Malengé Association pour le développement de l’énergie en Afrique Only 32 % of the population of sub-Saharan Africa has access to electricity (while North Africa and the Republic of South Africa are almost fully electrified). A major part of the population without access to electricity lives in rural areas. Electrification is less than 5 % in more than a dozen sub-Saharan countries. Currently 620 million Africans have no access to electricity. According to the projection made in this article, this figure will still amount 530 million in 2040, despite the fact that over a billion people will progressively have access to this energy. But meanwhile the population will have increased about one billion people between 2015 and 2040. The purpose of this paper is to quantify the investment necessary to increase significantly the access to electricity, with a target of circa 90 % in cities and 60 % in the countryside. Such a goal is realistic: in emerging countries, access to electricity has increased from 20 to 80 % in 20-30 years. An evaluation of the training expenses requested by such a strategy is also given. ABSTRACT Puissance installée (GW) Accroissement (GW) % annuel 2015 2025 2040 2015-25 2025-40 2015-40 2015-2040 Occidentale 15,8 33,9 102,9 18,1 69,0 87,1 7,8 % Centrale 3,6 6,9 16,5 3,3 9,6 12,9 6,3 % Orientale 9,3 20,3 54,8 11,1 34,5 45,6 7,4 % Australe 66,5 80,7 106,1 14,2 25,4 39,7 1,9 % Océan Indien 1,1 1,5 2,6 0,5 1,1 1,5 3,7 % Total Afrique sub-saharienne 96,2 143,3 282,9 47,1 139,6 186,7 4,4 % Tableau 1 : Evolution de la puissance installée, 2015-2040. 34 REE N°2/2016 L’AFRIQUE ET L’ÉLECTRICITÉDOSSIER 1 bale de 4,4 % par an sur l’ensemble de la période 2015-2025. Les variations entre régions sont sensibles : sans surprise, les plus forts accroissements proviennent des régions actuellement le plus démunies, Afrique occidentale en tête, tandis que l’Afrique australe, tirée par le taux d’équipement déjà élevé de l’Afrique du Sud (58 % du total de l’ASS en 2015), connaît une croissance beaucoup plus faible. L’accroissement de la demande des pays de l’océan Indien est essentiel- lement le fait de Madagascar : les îles « riches » de Maurice et des Seychelles, où le taux d’électrification avoisine les 100 %, ne devraient connaître qu’une croissance très faible. Le mix énergétique Pour évaluer l’évolution du mix éner- gétique, c’est-à-dire la part de chaque source d’énergie dans la puissance ins- tallée, nous avons retenu les prévisions établies par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) dans le rapport Africa Energy Outlook de 20142 . Le parc de production est actuelle- ment dominé, et de manière écrasante, par le poids des combustibles fossiles. Près de la moitié de la puissance ins- tallée disponible est fournie par le seul charbon, suivi des produits pétroliers (fuel lourd et gasoil) et le gaz naturel (pour un tiers). L’hydraulique représente un cinquième de la puissance, tandis que le nucléaire, présent seulement en Afrique du Sud, est négligeable à l’échelle du continent, de même que les autres renouvelables hors hydraulique (solaire, éolien, géothermie, biomasse). Là encore les différences entre les régions peuvent être considérables. Le charbon est présent uniquement en Afrique australe, où il répond à près de 70 % des besoins ; le gaz naturel se 2 Africa Energy Outlook : A Focus On Energy Prospects In Sub-Saharan Africa. IEA, 2014. concentre dans les pays riverains du Golfe de Guinée, en Afrique centrale et occidentale ; l’hydraulique domine en Afrique centrale et orientale, tandis que le pétrole comble les déficits et se retrouve, dans des proportions variables (de 10 % en Afrique Australe à 70 % dans l’Océan Indien) dans toutes les régions. Les prochaines décennies vont ame- ner un bouleversement du mix énergé- tique. Si toutes les sources primaires vont connaître un accroissement en volume, la part globale des combustibles fossiles (charbon, pétrole et gaz) devrait très sen- siblement baisser entre 2015 et 2040 (de 78 % à 55 %), malgré le fort déve- loppement du gaz naturel (de 10 % à 26 %), en particulier en Afrique occiden- tale (de 11 % à 50 %) avec le Nigeria, la Côte d’Ivoire et le Ghana, et en Afrique australe (de 1 % à 26 %). La part de l’hydraulique restera relativement stable (de 21 % à 24 %) tandis que les renou- velables, hors hydraulique, décolleront pour atteindre 21 % en 2040. Coût des différentes technologies Les coûts unitaires (en USD par kW de puissance installée) ont été établis à partir d’une liste de 125 projets de pro- duction électrique récents ou en cours d’instruction ou de développement en Afrique subsaharienne, relevés dans la revue professionnelle African Energy. Les coûts de ces projets tiennent ainsi compte de certaines conditions parti- culières à l’Afrique (tels les éventuels Figure 1 : Satisfaction de la demande de pointe par source d’énergie en Afrique subsaharienne en 2025 (gauche) et 2040 (droite). Figure 2 : Coûts unitaires des installations de production électrique ($/kW). REE N°2/2016 35 Électrifier l’Afrique - Les investissements financiers et humains nécessaires surcoûts liés au transport et à l’accessibi- lité des sites) ainsi que de la tendance à la baisse du coût des technologies nou- velles utilisées dans le solaire et l’éolien. Ils sont sensiblement plus élevés que les coûts des seuls équipements car ils prennent en compte les coûts de trans- port et d’installation sur site ainsi que, généralement, les coûts de test et de démarrage de l’infrastructure. Les coûts évoluent entre 1 350 USD/ kW pour une turbine à cycle simple et 5 600 USD/kW pour le solaire en tech- nologie CSP (Concentrating Solar Power). La valeur moyenne est proche de 2 000 USD/kW. Investissements en réseaux (transport et distribution) Les réseaux sont le deuxième volet des infrastructures électriques. Bien que leur importance dans la qualité du ser- vice électrique rendu soit équivalente à celle de la production, les réseaux sont souvent négligés dans les projets de dé- veloppement électriques. Or la néces- sité de disposer de réseaux performants et efficaces est particulièrement cruciale en Afrique où les taux de pertes en ré- seaux sont généralement considérables – il n’est pas rare que les pertes des seuls réseaux de distribution atteignent entre 20 et 30 % de l’énergie produite. Il n’était pas possible, dans le cadre de cet article d’évaluer de manière ana- lytique les besoins en réseaux du conti- nent, ce qui aurait nécessité une analyse spécifique de la situation actuelle et des besoins en infrastructures de chacun des 49 pays. Les besoins en investisse- ments de réseaux ont été estimés à par- tir des ratios entre coût de production et coût des réseaux déterminés par l’AIE dans chacune des grandes régions3 . Le tableau 2 montre que les besoins en réseaux sont, au niveau du conti- nent, légèrement supérieurs aux inves- tissements de production. Là encore les variations sont sensibles entre les ré- gions. C’est en Afrique occidentale que les besoins sont les plus importants, en partie à cause de la faible densité de nombreux pays et de la proportion encore importante de population rurale, notamment dans la partie sahélienne de la région. En revanche, les investisse- ments en réseaux de l’Afrique australe ne représentent qu’un peu plus de la moitié de ceux de l’Afrique occidentale, du fait de la densité déjà élevée du sys- tème électrique de l’Afrique du Sud. Montant des investissements Globalement, les besoins en investis- sements se montent à 884 Mds USD sur l’ensemble de la période (2015-2040), soit environ 35 Mds en moyenne par 3 Ainsi, un investissement de 1 000 USD en production en Afrique occidentale induit 340 USD d’investissement en réseaux de transport et 1 140 USD en réseaux de distri- bution pour évacuer et distribuer l’énergie produite. Tableau 2 : Investissements en transport et distribution en fonction des investissements en production – Source : AIE, Africa Energy Outlook (2014). 2015-2025 2025-2040 2015-2040 Produc. Réseaux Total Produc. Réseaux Total Produc. Réseaux Total Occidentale 37 54 91 132 196 328 169 250 419 Centrale 41 8 49 19 22 41 26 30 56 Orientale 25 29 55 74 86 160 99 115 214 Australe 7 33 40 63 51 115 104 85 189 Océan Indien 1 1 2 2 2 4 3 3 6 Afrique sub- saharienne 110 125 236 291 358 649 401 483 884 Tableau 3 : Investissements requis pour assurer l’accès à l’électricité en Afrique subsaharienne 2015-2040 (en Mds USD de 2015). Figure 3 : Répartition des investissements (à gauche). Montant des investissements par région (à droite, milliards $). Régions Transport Distribution TOTAL Occidentale 34 % 114 % 148 % Centrale 27 % 88 % 115 % Orientale 27 % 89 % 116 % Australe 19 % 62 % 81 % 36 REE N°2/2016 L’AFRIQUE ET L’ÉLECTRICITÉDOSSIER 1 année (tableau 3). 236 Mds sont requis sur la prochaine décennie (2015-2025), et 649 sur les 15 années suivantes (2025-2040). Les investissements de production représentent 45 % du total de la période (401 Mds) et les réseaux le solde (483 Mds), dont 112 Mds pour le transport et 362 Mds pour la distribution (figure 3). Au plan régional, l’Afrique occiden- tale représente à elle seule 46 % des besoins, suivie par l’Afrique orientale (24 %), l’Afrique australe (21 %) et l’Afrique centrale (6 %). Les quatre pays de l’Océan Indien, faiblement peuplés, représentent moins de 1 %. Etat actuel du secteur électrique de l’Afrique subsaharienne Contrairement à l’Afrique du Nord, ou méditerranéenne, électrifiée en quasi- totalité (98 %), l’Afrique subsaharienne (ASS) est celle qui doit retenir l’attention pour promouvoir une électrification ra- pide dont elle a un urgent besoin pour accompagner son dynamisme écono- mique et sortir du sous-développement. C’est d’ailleurs en partie le cas pour la république d’Afrique du Sud. L’Afrique subsaharienne continentale est constituée de quatre pools électriques qui sont, actuellement, soit interconnec- tés entre les pays membres (SAPP et WAPP), soit non ou faiblement intercon- nectés (PEAC et EAPP). Plusieurs pays appartiennent à plusieurs pools comme la RD Congo, la Tanzanie et l’Angola. Le découpage en quatre sous-régions (orientale, occidentale, centrale et australe) retenu dans les figures 4 et 5, coïncide pratiquement avec les pools électriques et récapitule les principales données dis- ponibles (plans directeurs des pools, FMI, ONU, IEA, Mackinsey, etc.) en 2010 et les projections faites en 2015 concernant les productions d’électricité, les puissances ap- pelées à la pointe, les populations totales et urbaines et les PIB nationaux. Les îles-états (Madagascar, Maurice, etc.) ne sont pas pris en compte car il est difficilement envisageable à long terme de réaliser économiquement des inter- connexions avec le continent africain. Il est important de rappeler que pour un système électrique : inférieure à la capacité installée ; - trale) est égale à la consommation d’électricité plus les pertes techniques et non techniques sur le réseau de transport et de distribution. A long terme, la marge requise entre la puissance de pointe et la capacité installée devrait être, selon les carac- téristiques du parc de moyens de pro- duction électrique (hydroélectrique ou thermique, interconnecté ou non), com- prise entre 15 et 25 % pour l’Afrique. En 2015, cette marge est suivant les sys- tèmes soit importante (100 %), lorsque de nombreuses unités de production Figure 4 : Pools électriques en Afrique. Figure 5 : Pertes sur les réseau électriques en Afrique. REE N°2/2016 37 Population (millions) PIB (Mds USD PIB/hab (USD) Product. (TWh) Puiss. pointe (MW) kWh/ habTotale Urbaine Occidentale 305,1 137,9 493,6 1618 46,6 7 937 153 Australe 140,5 61,9 523,2 3723 317,4 47 510 2259 Centrale 105,4 44 95,2 903 18,2 2 991 173 Orientale 283 63,2 190,1 672 27,4 5 185 97 Total Afrique 834 307,1 1302,2 1561 409,6 63 623 491 Électrifier l’Afrique - Les investissements financiers et humains nécessaires sont hors service par manque d’entre- tien (Nigéria et RD Congo), soit faible ou nulle lorsque le parc est sous-dimen- sionné ; ce qui serait le cas de la majo- rité des systèmes électriques d’Afrique subsaharienne. Les pertes techniques et non tech- niques sont, en Afrique australe, de l’ordre de 15 % et dans les autres pays comprises entre 20 % et 50 %. Les pertes observées en Afrique occiden- tale sont en moyenne de 20 % avec des taux allant de 17 % à 50 % (pour le Togo) (figure 5). Entre 2010 et 2015, la production en électricité de l’Afrique subsaharienne a augmenté fortement en passant de 410 TWh à 515 TWh avec une croissance de 4,7 % par an. Cet accroissement s’explique en partie par l’augmentation générale de la population (2,8 % par an), du taux de la population urbaine (1,8 %), de la desserte de la population non électrifiée, du PIB (7,5 % par habi- tant) – augmentation plus ou moins forte selon les pays – et de l’existence ou non d’une activité industrielle et/ou minière. C’est l’Afrique occidentale qui a obtenu la plus forte croissance des quatre régions avec une croissance respective de la pro- duction de 12 % et du PIB de 11 %. La production moyenne par habitant est passée en cinq ans pour l’Afrique subsaharienne de 490 kWh à 540 kWh correspondant à une croissance de 1 % par an mais très variable selon les régions (0,4 % pour l’Afrique australe et 4,4 % pour l’Afrique occidentale). Elle est actuellement 25 fois plus faible que celle des USA ! Tableau 4 : Population/PIB/Production d’électricité en 2010. Population (millions) PIB (Mds USD) PIB/hab (USD) Product. (TWh) Puiss. pointe (MW) kWh/ habTotale Urbaine Occidentale 349,8 165,7 821,6 2349 82,1 13 190 235 Australe 156,9 70,6 598,6 3816 369,6 55 376 2356 Centrale 120,5 53 140,6 1167 23 3 806 191 Orientale 331,9 81,3 307 925 41,4 7 799 125 Total Afrique 959 370,7 1867,8 1948 515,9 80 171 538 Croissance annuelle moyenne 2015/2010 2,8 % 3,8 % 7,5 % 4,5 % 4,7 % 4,7 % 1,8 % Tableau 5 : Population/PIB/Production d’électricité en 2015. Figure 6 : Accès à l’électrification en zone rurale et urbaine dans le monde. 38 REE N°2/2016 L’AFRIQUE ET L’ÉLECTRICITÉDOSSIER 1 Le PIB (exprimé en 1 000 MUSD) est passé d’environ 1 300 en 2010 à 1 900 en 2015 dont 660 au Nigéria, 350 pour la RSA et 140 pour l’Angola ; ces trois derniers pays représentent à eux seuls environ 60 % du PIB de l’Afrique subsa- harienne. Le PIB par habitant est d’environ 2 000 USD avec des écarts importants : 144 USD pour la Gambie, 288 USD pour le Malawi et 12 000 USD pour le Gabon, 17 000 USD pour la Guinée équatoriale. La population urbaine en Afrique subsaharienne en 2015 représenterait 39 % de la population totale ; elle était de 37 % en 2010. Les taux d’accès à l’électricité varient fortement selon les pays et selon que l’on considère les zones rurales ou les zones urbaines (figure 6). Ainsi en RDC et au Malawi, l’électrification en zone rurale reste en- core très faible pour ne pas dire quasi- ment nulle. A l’intérieur de chaque région, les ratios « kWh par habitant » varient très fortement entre les pays, avec des ratios de plus de 10 : entre le Malawi et l’Afrique du Sud ; entre la Somalie et Djibouti ; entre le Tchad et le Gabon ; entre le Niger et le Ghana. Pour certains pays, les productions et puissances de pointe peuvent être légè- rement sous-estimées, conséquence d’une prise en compte partielle de la production privée comme par exemple celle de l’industrie minière au Mali qui représente à elle seule la moitié de la consommation du pays. Le taux de desserte en électricité de l’Afrique subsaharienne reste très bas (figure 7) ; seules cinq à six pays sont actuellement électrifiés à plus de 50 %. Une dizaine de pays situés dans la partie centrale de l’Afrique (RDC et Ethiopie) et dans la zone du Sahel (Niger et Tchad) sont très en retard faute de moyens financiers avec Figure 7 : Populations privées d’accès à l’électricité en Afrique – Source : Africa Energy Outlook - IEA (2014). REE N°2/2016 39 Électrifier l’Afrique - Les investissements financiers et humains nécessaires un taux d’électrification de moins de 20 %. En résumé, pour l’Afrique subsaha- rienne continentale le constat global est le suivant en 2015 : - tants qui a augmenté en l’espace de cinq ans de presque 125 millions ; sur quatre pays (Nigéria, Ethiopie, RD Congo et Tanzanie) avec 400 millions d’habitants, très défavorisés pour les deux derniers, et une production par habitant d’environ 150 kWh et de 250 kWh pour le Nigéria ; - tants vivant en zone rurale n’ont pas d’accès à l’électricité, ce qui a pour effet l’accélération de la déforestation notamment dans les zones plus arides proches du Sahel par l’utilisation du charbon de bois par ces populations défavorisées ; habitant de l’ordre de 400/450 kWh (538 kWh en production) 25 fois plus faible que celle des USA, associée à un PIB par habitant 100 fois plus faible que celui du Canada ; - tricité dans les pays bénéficiant du développement de leurs ressources naturelles (hydroélectriques, char- bon, gaz, pétrole et autres produits de mines) permettant une accélération rapide du niveau de vie et du PIB par habitant, notamment en Guinée équa- toriale et en Angola et prochainement au Mozambique, si les réserves abon- dantes de gaz et charbon sont mises en exploitation ; limitées à l’Afrique australe grâce à la RSA avec quelques lignes impor- tantes à partir des barrages d’Inga 1 & 2 en RDC et de Cahora Bassa au Mozambique, et à l’Afrique occidentale avec des interconnexions modestes de la Mauritanie au Nigéria. L’importance de la formation L’offre actuellement limitée de formation d’électriciens en Afrique subsaharienne L’électrification de l’Afrique requiert quantité de compétences en électro- technique et électromécanique, liées aux sciences de l’ingénieur, et donc la forma- tion en grand nombre de techniciens, techniciens supérieurs et ingénieurs. Le constat fait par l’UNESCO, et par- tagé par l’OCDE, est alarmant. S’il est relevé qu’il y a en général pénurie de techniciens, de mécaniciens ou d’élec- triciens (laquelle coexiste avec une offre pléthorique dans les domaines de l’audit, de la vente et de la communi- cation), c’est surtout la médiocre qua- lité de l’enseignement et le manque de lien entre le système éducatif et les employeurs qui doit retenir l’attention. Dans l’ensemble l’enseignement fourni par les universités africaines ne répond pas aux besoins du continent. Et cela se vérifie s’agissant de l’électrification : construction d’ouvrages, tirage de lignes de transport et distribution, montage de centres d’interconnexion et gestion des congestions, électrification en site isolé, intégration des ENR et gestion des inter- mittences, standardisation, etc. Pour faire face au manque d’électri- ciens, certains pays avaient déjà décidé de réformer les programmes d’ensei- gnement. Ainsi, en 2008, le gouverne- ment éthiopien a introduit une mesure destinée à réorienter les universités du pays vers les filières scientifiques et technologiques, au détriment des sciences humaines et de la littérature. Il est en effet urgent de comprendre que, dans le contexte d’explosion démographique de l’Afrique, bien avant la formation de techniciens et d’ingénieurs dans un domaine précis (l’électrification), l’acquisition de com- pétences techniques et profession- nelles est seule en mesure de doter les jeunes arrivant sur le marché du travail de compétences pratiques, ce qui leur donnera les meilleures chances d’em- ploi. L’État et les entreprises doivent donc s’efforcer de coopérer plus étroi- tement et renforcer la participation des entreprises dans l’éducation des jeunes. Les entreprises pourraient ainsi être davantage associées à la formation et à l’enseignement. Avec cet objectif, les pays d’Afrique doivent renforcer les partenariats avec le secteur privé à tous les niveaux d’édu- cation. Un exemple est donné en Afrique du Sud par le “French-S.A Schneider Electric Training Centre” de la Vaal University of Technology (VUT), sponsorisé par le ministère français de l’éducation, en vue de former des électriciens, techniciens et ingénieurs. Le ministère français et la VUT ont en charge l’infrastructure du centre et la conduite du curriculum, tan- dis que Schneider Electric en Afrique du Sud fournit l’équipement adéquat pour la formation et la recherche. À noter que la Fondation Schneider Electric est pla- cée sous les auspices de la Fondation de France laquelle s’est aussi engagée financièrement. On observe aussi en Afrique franco- phone le développement de formations professionnelles pour l’électrification, soutenues par la coopération bilaté- rale. Telle est par exemple l’action de l’Agence japonaise de Coopération Internationale (JICA), notamment au Sénégal et au Maroc avec une vocation panafricaine : et technique (CFPT) de Dakar, créé en 1984, avec le soutien du gouverne- ment du Japon, est l’un des premiers établissements de formation spécialisé dans la maintenance industrielle (no- tamment électromécanique et électro- technique). La vocation sous-régionale du centre lui permet d’accueillir des élèves et étudiants non-sénégalais. Des ressortissants de 23 pays y ont suivi 40 REE N°2/2016 L’AFRIQUE ET L’ÉLECTRICITÉDOSSIER 1 régulièrement des formations initiales et continues. L’expertise du CFPT, à tra- vers ses formateurs en qualité d’experts de pays tiers, est également déployée dans la sous-région depuis 2006 pour le perfectionnement des formateurs ; clôturée la 2e session de formation au profit de 22 électriciens venant de neuf pays africains dont le thème était : « Exploitation et maintenance des centrales hydroélectriques », finan- cée par JICA/Maroc et l’Agence maro- caine de coopération internationale (AMCI). L’accord signé le 1er octobre 2013 ouvre la voie à un développe- ment de formations interafricaines aux métiers de l’électricité dont des pays ayant fait aboutir leur électrification, comme le Maroc4 , pourraient prendre l’initiative, avec l’assistance de la coo- pération internationale. Au niveau de l'enseignement supé- rieur, il est notable de relever l’existence d’un « master en Ingénierie – option gé- nie électrique et énergétique » (MI-GEE) réputé, à l’Institut international d’Ingé- nierie de l’eau et de l’environnement (2iE) de Ouagadougou (Burkina Faso). L’objectif de ce master est de former des ingénieurs électriciens et énergéti- 4 Notons que le Maroc s’est sérieusement en- gagé dans cette voie. A Mohammedia, l’IRA (Institut de Régulation et d’Automation) est considéré comme le premier centre de forma- tion continue dédié aux métiers de l’industrie, traitant notamment de l’électricité Industrielle, de l’énergie, de la sécurité, de l’hydraulique et de la thermique industrielle. Quel coût pour la formation ? On peut admettre qu’il faille installer une capacité de production addition- nelle de 100 000 MW dans les 20 prochaines années en Afrique subsaha- rienne (cela correspond sensiblement la puissance installée actuelle). On peut également admettre que cela implique la formation d’un « électricien » toutes catégories, cadre ou technicien, par MW (le personnel d’exécution étant formé directement sur le site de travail). Cela signifie donc qu’il faut former 100 000 « électriciens » au cours des 20 prochaines années. On peut considérer que 12 % de ces 100 000 « électriciens » seront des cadres (ingénieurs ou cadres administratifs), tels que les forme le MI-GEE au Burkina Faso, et 30 % seront des agents de maîtrise. Les 58 % restants seront des agents formés sur le tas comme cela se pratique habituellement. Le calcul ci-dessous ne vise qu’à établir une estimation, certes très som- maire, du coût économique, en euros 2015, du besoin de formation : De l’exemple des coûts d’inscription au MI-GEE, on peut estimer à 6 000 /an la formation d’un cadre, ingénieur électricien ou manager du secteur. Le coût de formation d’un agent de maîtrise n’est que légèrement inférieur et est estimé à 4 800 /an. Il en résulte un coût économique pour satisfaire directement le besoin de formation sur 20 ans de 216 M . Ce coût doit être augmenté des frais de voyage, logement et subsistance des personnes à former, que l’on peut esti- mer à une fois le montant de la formation proprement dite Au total il faut prévoir que le coût économique (hors frais financiers) de satisfaction du besoin de formation d’électriciens spécialisés se montera à 432 M sur 20 ans, soit 21,6 M par an. Encadré 1 : Estimation sur 20 ans du coût des besoins en formation d’électriciens en Afrique subsaharienne. LES AUTEURS Jean-Pierre Favennec est un spécia- liste de l’énergie. Il a publié plusieurs ouvrages et de nombreux articles sur des sujets touchant à l’économie et à la géopolitique de l’énergie. Jean- Pierre Favennec est un spécialiste connu de l’énergie en Afrique. Il est le président de l’Association pour le développement de l’énergie en Afrique et il organise chaque année le Sommet de l’énergie en Afrique. Diplômé d’HEC et de l’IEP, Henri Beaussant a acquis une expérience globale de près de quarante ans au- près de Sofregaz, filiale d’ingénierie et de conseil du Gaz de France et de la Banque mondiale, ainsi que comme consultant indépendant à Montréal puis à Paris. Depuis 1990, il a participé à de nombreux études et projets pétroliers et gaziers en Afrique occidentale, centrale et aus- trale, ainsi qu’en Afrique du Nord. Il est membre de l’ADEA (Association pour le développement de l’énergie en Afrique) et de l’Association des consultants pétroliers (ACP). REE N°2/2016 41 Électrifier l’Afrique - Les investissements financiers et humains nécessaires ciens généralistes, capables d’interve- nir dans les principaux champs actuels de l’énergie : production, distribution, consommation des sites domestiques, territoriaux, tertiaires et industriels. Ce master interafricain prend en partie le relais de l’École supérieure interafri- caine d’électricité (ESIE) créée en juin 1978 lors du 6e congrès de l’Union des producteurs, transporteurs et distribu- teurs de l’énergie électrique d’Afrique (UPDEA) avec l’appui d’EDF. En 2001, devant l’évolution des politiques de for- mation des ingénieurs au sein de plu- sieurs sociétés membres, l’UPDEA avait cédé l’ESIE au gouvernement ivoirien pour qu’elle soit intégrée à l’université de Cocody. Depuis, il faut constater son abandon. Coût global des besoins en formation On peut estimer qu’il faudrait former au cours des 20 prochaines années, 100 000 électriciens en Afrique. Le calcul sommaire de l’encadré 1 montre qu’il en résulte une dépense de l’ordre de 22 M par an pendant 20 ans. Pour satisfaire ce besoin, il sera né- cessaire de multiplier les initiatives et projets institutionnels, sur le modèle par exemple du MI-GEE de 2iE au Burkina Faso ou de l’ESIE qu’il faudrait réhabiliter. Les initiatives impliquant le secteur privé, comme celle de Schneider Electric en Afrique du Sud mentionnée ci-des- sus, devraient aussi être encouragées, avec engagement de la coopération in- ternationale, bilatérale ou multilatérale. Democratic Republic of Congo is a large in size country with a huge potential in hydropower renewable energy, able to cover the needs of the country and much of Sub- Saharan Africa. But the rate of electrification and deve- lopment is still very low. This box presents the reforms in process and the ongoing projects and perspective, to allow the arrival of private investors in the energy sector, particu- larly with Inga (44 000 MW potential) currently developed as a PPP for Inga 3 (4 800 MW). L’énergie est nécessaire à tout développement, écono- mique et humain. Pour le continent africain qui connaît une croissance rapide mais inégale de 5 % par an en moyenne, le développement par l’électrification est une exigence à concrétiser. 650 millions de personnes sont aujourd’hui sans accès à l’électricité sur le continent et ce chiffre est susceptible de croître de manière significative, la popula- tion africaine devant doubler d’ici 2050. Le cas de la République Démocratique du Congo est exemplaire et paradoxal, Une population de 75 millions d’habitants, 150 millions vers 2050, un énorme potentiel en énergie renouvelable hydroélectrique, qui peut couvrir les besoins du pays et d’une bonne partie de l’Afrique subsaharienne, mais un taux d’électrification très bas, un manque d’investisseurs, un cadre légal et une gouvernance à réformer. La RDC a un potentiel hydroélectrique énorme de quelque 100 000 MW : 44 000 MW sur le site d’Inga et 780 autres sites à travers le pays. Mais seulement 2,6% sont exploités Le secteur est peu développé par rapport au potentiel et au besoin des populations. Les derniers grands investis- sements remontent à 1982 (Inga 2 – 1424 MW, après la construction de Inga 1 – 351 MW en 1972). Le taux d’accès de la population à l’électricité est infé- rieur à 15 %, l’un des plus bas en Afrique subsaharienne. Le niveau de la desserte est encore plus bas dans les provinces (moins de 3 % pour certaines provinces), avec l’électricité presque inexistante en milieu rural. La production électrique est insuffisante, entrainant cou- pures et délestages et entravant le développement écono- mique (par exemple celui des industries minières du Katanga et d’autres régions du pays). Les besoins en investissements sont très élevés, la tâche est gigantesque et le manque de moyens financiers freine investissements et électrification. Le système électrique est aujourd’hui formé de réseaux quasiment isolés avec seulement trois pôles d’intercon- nexion : reliées au réseau SAPP (SADC) ; Electricité en Afrique : l’exemple de la République démocratique du Congo Par Albert Mbafumoya Tchomba1 , Henri Boyé2 Conseiller principal Mines Electricité auprès du premier ministre de RDC, directeur à la SNEL1 , Conseiller principal en énergie (USAID-ECODIT) à la Primature de RDC, Ingénieur général honoraire des Ponts, Eaux et Forêts2 42 REE N°2/2016 L’AFRIQUE ET L’ÉLECTRICITÉDOSSIER 1 (Société Internationale d’Energie des Grands Lacs). L’Ouest et le Sud sont reliés par la ligne Inga – Kolwezi (THT Courant Continu 500 kV). Quelles sont les causes majeures de cette situation ? La RDC a souffert de conflits longs et dévastateurs, et l’électricité n’a pas été considérée comme une priorité dans la politique économique et de développement du pays pendant longtemps : manque d’investissement public comme privé dans le secteur, mauvaise maintenance des installations anciennes, qui ont vieilli, un cadre juridique inadéquat (fait d’une multitude de textes épars) et peu attractif pour les investisseurs, une prédominance de l’Etat dans le secteur, la mise en place d’une politique des prix administrés, non rentables pour les opérateurs, le manque de mesures incitatives pour investir dans le secteur. Des réformes ont été lancées. La Société Nationale d’Electricité (SNEL) a été trans- formée en société commerciale, avec contrat de perfor- mance et contrat de service avec MHI Manitoba Hydro International, Une nouvelle loi de libéralisation du secteur de l’électricité (la loi Electricité n°14/011) donne un cadre permettant l’ouverture aux investissements privés. Une Autorité de régulation de l’électricité (ARE) a été instituée ainsi qu’une Agence nationale d’électrification (ANSER). Figure 1 : Carte électrique de la République démocratique du Congo (RDC). REE N°2/2016 43 Électrifier l’Afrique - Les investissements financiers et humains nécessaires De nombreux projets sont en cours de réalisation ou à l’étude Notamment, en hydroélectricité : réhabilitation de Inga Rwanda et le Burundi (145 MW), Kakobola (10,5 MW), Katende (64 MW), réhabilitation de Nseke (248 MW), et Busanga (240 MW) Mwaningusha, Koni & Nzilo 1 (57 MW), Nzilo 2 (120 MW), Busanga (40 MW), Luapula (708 MW) et Inga 3 Basse Chute (4 800 MW). Le cas de Inga 3 Basse Chute – 4 800 MW. Ce grand projet est en cours de préparation en mode PPP (Partenariat Public Privé), pour 4 800 MW de puissance, 12 milliards USD d’investissement. Trois grands acheteurs sont prévus : la RSA pour 2 500 MW, les industriels miniers du Katanga pour 1 300 MW, la SNEL pour 1 000 MW. Un appel d’offres international vient d’être lancé, avec le soutien de la Banque mondiale, la Banque africaine de développe- ment (BAD), la BEI et trois groupements sont en lice. En conclusion Ce pays, grand par la taille, s’insère au niveau régional dans la SADC (Southern African Development Community). L’émiettement du continent en de nombreux petits sys- tèmes électriques nationaux implique une coopération ren- forcée, des interconnexions et l’organisation de solidarités régionales pour permettre des économies d’échelle. Les réseaux de transport sont une priorité au moins aussi impor- tante que la production. Et la gouvernance dans la durée de ces systèmes électriques interconnectés est déterminante. C’est aussi la condition du développement des ressources hydroélectriques, dont le grand Inga, 44 000 MW, plus grand projet mondial en hydroélectricité et château d’eau énergé- tique potentiel de l’Afrique subsaharienne. Figure 2 : Le barrage d’Inga.