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L’Afrique et l’électricité

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30 REE N°2/2016 L’énergie au cœur des problé- matiques de l’Afrique L’Afrique est une zone de dévelop- pement au potentiel immense. Parmi les 54 pays qui la constituent, plusieurs ont une économie figurant aujourd’hui parmi les plus dynamiques au monde, avec une population jeune et de plus en plus éduquée, et souvent des res- sources naturelles abondantes. Toutefois les freins au développe- ment sont également importants. L’accès à l’éner- gie est l’un d’entre eux. Au Sud du Sahara, 32 % seulement de la population ont accès à l’électricité et plus de la moitié des pays ont un taux d’électrifi- cation inférieur à 20 %. L’Afrique doit aussi faire face au défi de sa démo- graphie. Sa population très jeune continue d’aug- menter. Elle est passée de 440 millions d’habitants en 1980 à près de 1,2 milliard en 2014. L’augmen- tation de la population, accompagnée d’une amé- lioration du niveau de vie et de l’émergence d’une classe moyenne, entraîne des besoins accrus en énergie. Il en résulte que, même si le taux d’élec- trification augmente — certes lentement (moins de 1 % par an au cours de la dernière décennie) —, le nombre d’habitants ne bénéficiant pas d’un accès à l’électricité continue de s’accroître. Un dossier consacré à l’électrification de l’Afrique subsaharienne Si l’Afrique consomme globalement peu d’éner- gie par rapport à son poids démographique (15 % de la population mondiale, 3 % de la demande en énergie primaire), ces chiffres moyens occultent une réalité encore plus cri- tique : les 30 % de la popu- lation africaine vivant au Maghreb et en Afrique du Sud représentent 80 % de l’énergie consommée par l’ensemble du continent (hors biomasse). Et si les zones rurales de l’Afrique subsaha- rienne sont très peu électri- fiées, il n’en va pas de même de celles de l’Afrique du Nord où le taux d’électrification est proche de 100 %. Par ailleurs, pour des raisons géogra- phiques, géopolitiques et économiques assez évidentes, les systèmes élec- triques des pays riverains de la Médi- terranée tendent à s’interconnecter, ce qui conduit les pays d’Afrique du Nord à être davantage tournés vers l’Europe, alors que le Sahara reste une frontière infranchissable. Compte tenu de ces différences entre l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne, nous avons fait le choix de nous limiter à l’Afrique subsaharienne et à la problématique de son électrification, en trai- tant à la fois les questions techniques, financières et stratégiques générales, ainsi que la question spécifique de l’électrification des régions rurales. En effet, au sein même des différents pays, les zones rurales, majoritairement très peu électrifiées, se distinguent des villes, qui sont généralement électrifiées de longue date, mais où le développe- ment des réseaux (souvent vétustes) n’a pas suivi celui de la demande potentielle, conséquence de la croissance démographique et économique, parfois aggravée par l’exode rural (lui-même lié au sous- équipement des régions rurales ). La situation de l’Afrique du Nord mériterait certes aussi qu’on s’y intéresse, notamment pour revenir sur la réussite de ses démarches d’électrification ru- rale – qui constituent des exemples très intéressants pour d’autres pays – et parce que l’interconnexion méditerranéenne a commencé à se mettre en place et pourrait se développer encore bien davantage. Nous reviendrons sur ces sujets dans de pro- chains numéros. Quelques réalités à prendre en compte à propos de l’électri- fication de l’Afrique subsaharienne Sortir l’Afrique subsaha- rienne de la pauvreté éner- gétique qui frappe plus de 620 millions d’habitants est une urgence absolue.L’Afrique vue du ciel – Source : Slideshare. LES GRANDS DOSSIERS Introduction L’Afrique et l’électricité Jacques Horvilleur Secrétaire général de la SEE REE N°2/2016 31 Introduction LES GRANDS DOSSIERS Mais il faut prendre en compte une difficulté majeure : les faibles ressources des populations. Même si la situation économique s’améliore, près de la moitié de la population d’Afrique subsaha- rienne vit avec moins de 1,25 USD par jour. Cela ne permet évidemment pas de financer l’électrifi- cation des campagnes, ni même le développement des moyens de production et des réseaux dans les zones urbaines. Et, si le continent est riche en res- sources naturelles, ces dernières sont inégalement réparties. Certains pays (Nigéria, Angola, Congo, Gabon, Guinée Équatoriale…) bénéficient ainsi d’une rente pétrolière mais qui n’est pas toujours utilisée à bon escient. Le développement économique étant à la fois cause et conséquence de celui de l’énergie, l’en- clenchement d’un processus vertueux suppose donc le recours aux aides internationales et aux financements bilatéraux ou multilatéraux. Outre un faible accès à l’énergie, l’Afrique subsa- harienne est également victime des conséquences du changement climatique, même si elle émet elle- même très peu de gaz à effet de serre (moins de 3,8 % des émissions mondiales). La désertification progresse. La vulnérabilité des villes côtières à l’élé- vation des océans est élevée. Du point de vue des gaz à effet de serre, il est notable que l’Afrique dispose d’une capacité de production d’énergie propre considérable : en majeure partie inexploité. C’est ainsi que la seule République démocratique du Congo (RDC) possède un potentiel hydroélectrique estimé à 100 000 MW, soit 13 % du potentiel hydroélec- trique mondial ; ce potentiel est supérieur à la puissance aujourd’hui appelée par l’ensemble de l’Afrique subsaharienne. La puissance instal- lée totale est évaluée actuellement à 2 516 MW, soit 2,5 % du potentiel total, pour une production moyenne possible de 14 500 GWh. Pour des rai- sons de maintenance des installations, la produc- tion effective n’est actuellement que de 6 000 à 7 000 GWh. potentiel de l’énergie solaire en Afrique : un extra- terrestre débarquant sur terre ne manquerait pas de s’étonner de voir les maisons d’Europe conti- nentale se couvrir de panneaux photovoltaïques, cependant que la quasi-totalité des villages afri- cains vivent sans électricité. Le dossier Situation générale et investissements nécessaires Le présent dossier débute par une présentation générale de la situation. Issu des travaux de l’ADEA (Association pour le développement de l’énergie en Afrique), présidée par Jean-Paul Favennec, son ob- jectif est de chiffrer les investissements nécessaires pour accroître très sensiblement les taux d’accès à l’électricité, à près de 90 % dans les villes et à près de 60 % dans les campagnes. L’article souligne éga- lement que l’électrification de l’Afrique ne se réduit pas à un problème de moyens financiers. C’est aussi un problème d’organisation, de gouvernance et de formation. Une évaluation des dépenses à prévoir est donnée en fin d’article. Cette présentation est illus- trée par celle du cas, exemplaire et paradoxal, de la RDC, qui est faite par Albert Mbafumoya Tchomba, conseiller principal Mines-électricité auprès du pre- mier ministre de RDC et par Henri Boyé, conseiller principal en énergie (USAID-ECODIT) à la Primature de la RDC. Hydroélectricité et financements La problématique du développement de l’hydroé- lectricité est ensuite abordée par Frédéric Louis, qui bénéficie d’une longue expérience, au sein de la Banque mondiale et de la Direction internationale d’EDF. Frédéric Louis insiste sur la nécessité de mobi- liser toutes les sources de financement nécessaires : multilatérales et bilatérales, publiques et privées. Mais au-delà du développement de projets neufs, il évoque aussi la nécessaire durabilité des installa- tions, qui requiert des politiques d’exploitation et de maintenance permettant de garantir le fonctionne- ment des installations sur le long terme. Distribution La question des réseaux électriques est en- suite abordée sous deux angles : l’amélioration de l’efficience des réseaux existants (Ousmane Sall, ERDF) et une réflexion sur la pertinence de solutions « smart grids » dans le contexte africain (Moussa Bagayoko, consultant exerçant en France et au Mali, et Henri Boyé). L’insuffisance des ré- seaux de distribution dans la quasi-totalité des pays se traduit à la fois par des heures de coupure quotidiennes et par des pertes d’énergie, d’origine technique aussi bien que commerciale, totalement hors normes, couramment de l’ordre de 40 %. 32 REE N°2/2016 Electrifier l’Afrique - Les investissements financiers et humains nécessaires Par Jean-Pierre Favennec, Henri Beaussant ......................................................................................................... p. 33 Le développement de l’hydroélectricité en Afrique subsaharienne Par Frédéric Louis .......................................................................................................................................................... p. 44 Un enjeu majeur : améliorer l’efficience de la distribution Par Ousmane Sall, Thierry Ledoux, Jacques Horvilleur ................................................................................ p. 50 Des smart grids en Afrique ? Par Henri Boyé, Moussa Bagayoko ......................................................................................................................... p. 55 L’électrification rurale en Afrique Par Jean-Pierre Cerdan ............................................................................................................................................... p. 58 Le développement des énergies renouvelables en Ethiopie Un exemple de renforcement des capacités d’une structure locale Par Jacky Bauley, Pauline Caumon, André-Jean Guérin ................................................................................. p. 69 LES ARTICLES LES GRANDS DOSSIERS Introduction La solution n’est pas seulement dans la mobilisa- tion de financements permettant de développer les réseaux : elle est aussi dans la mise en œuvre de programmes de développement cohérents et de politiques de maintenance, ainsi que dans des poli- tiques tarifaires adaptées. Electrification rurale Dans ce contexte difficile, l’électrification des immenses zones rurales africaines apparaît comme le défi majeur, d’autant plus que les ressources financières des populations y sont les plus faibles, voire inexistantes. Même dans une vision optimiste, il est évident que le processus d’élec- trification par extension des ré- seaux sera très long et durablement incomplet. Jean-Pierre Cerdan, secrétaire général de l’association ESF (Electriciens sans frontières), prenant acte du peu de résultats des politiques publiques des dernières décennies, présente une autre approche, mise en œuvre par son ONG : l’apport de solutions décentralisées (hors réseau), reposant sur une production photo- voltaïque, à un coût raisonnable. Le succès durable d’une telle approche suppose l’implication de la population locale dans la gestion et la maintenance du système1 . Dans le même esprit, une autre ONG, blueEnergy (Jacky Bauley, Pauline Caumon et André-Jean Guerin), nous pré- sente ses interventions en Ethiopie, caractérisées à la fois par des ins- tallations solaires, par des actions de renforcement des capacités des structures locales… et par un en- thousiasme communicatif. 1 De façon peut-être anecdotique, on remar- quera que, dans des pays développés comme les Etats-Unis ou la France, l’élec- trification des campagnes n’a pas été le fait de grandes compagnies d’électricité, mais plutôt de coopératives villageoises… Ingénieur Telecom, Jacques Horvilleur a consacré l’essen- tiel de sa carrière, au sein du groupe EDF, à l’étude et à la gestion des réseaux électriques. Il a notamment été respon- sable des politiques techniques d’ERDF. Il a également, pendant une dizaine d’années, été en charge du développement d’EDF et d’ERDF dans plusieurs régions du monde.Depuis 2015, il est le secrétaire général de la SEE.