Propos de B. Ay, chroniqueur

15/03/2016
Auteurs : Bernard Ayrault
Publication REE REE 2016-1
OAI : oai:www.see.asso.fr:1301:2016-1:16276

Résumé

Propos de B. Ay, chroniqueur

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	    <date dateType="Updated">Thu 26 Jan 2017</date>
            <date dateType="Submitted">Fri 20 Jul 2018</date>
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REE N°1/2016 125 I l y a quelque témérité à choisir pour cette ultime chronique un titre qui s’inspire d’un ouvrage qui eut son heure de célébrité et que l’on devrait relire : oserai-je avouer que j’ai entendu parler d’Auguste Detœuf depuis longtemps, bien avant de suivre – scolairement – sa voie : enfant, j’allais souvent en famille dans un village du Valois, qui a depuis grandi à l’ombre de Roissy. Mon oncle y était à la fois directeur d’école et secrétaire de mairie ; grâce à lui j’ai connu deux célébrités locales : le père Baptiste, maire de la commune, qui me par- la un jour de Jaurès qu’il allait écouter autrefois quand il militait au syndicat des cochers CGT, et puis le frère d’Auguste, qui tenait la plus grande ferme du pays et de qui j’ai compris, il y a plus de 65 ans, ce que pouvait être, à l’opposé de la ruralité bocagère, la grande exploitation agricole. J’ai depuis appris qui était Auguste Detœuf, polytechnicien (promo 1902), ingénieur général des ponts et chaussées, artisan de la création d’Alsthom (1928) et premier président de la société de 1928 à 1940 : à ce titre, il a été pro- bablement membre de la SEE et aurait pu tenir, assurément, la chronique que depuis quelques années je m’efforce d’assurer. Les propos d’O.L. Barenton, confiseur11 constituent en effet un ensemble de textes dont beaucoup font pen- ser à La Bruyère… et certains sont dignes de Christophe et de son savant Cosinus ! Les pen- sées, sentences et aphorismes y sont nombreux et, ensemble, constituent un véritable traité managérial : on y apprend par exemple, que réfléchir c’est attendre quelques jours avant de ne pas changer d’avis ou encore que consulter est une façon respectueuse de demander à quelqu’un d’être de votre avis. Depuis fort longtemps, je peine devant une feuille blanche et depuis plus d’un demi-siècle j’admire le talent de ceux qui régulièrement savent faire court et original ; le modèle du billet- tiste restera pour moi Robert Escarpit qui, chaque après-midi, quelles que fussent les circonstances de la vie, dictait par téléphone ce qui allait mettre de l’humour dans la « une » du Monde, alors fort austère. En acceptant de tenir une « Chronique » 1 Auguste Detoeuf « Propos d'O.L. Barenton, confi- seur » - Editions d'organisation nov. 1982 (230 p. 27,50 ). régulière dans REE, en plus d’autres rubriques, j’ai voulu me prouver à moi-même, la retraite venue et disposant de temps, qu’écrire est un exercice à la fois salutaire et abordable. Je voulais aussi (essayer de) lutter contre une tendance à l’aboulie et à la procrastination, sans doute innée, mais que l’âge a tendance à renforcer. Mais par prudence, j’ai accepté de tenir dans REE des rubriques qui s’autoalimentent : avec « Vient de paraître » et les « Echos de l’ensei- gnement supérieur et de la recherche », on est assuré que l’actualité viendra sans trêve alimen- ter l’inspiration, fût-ce au prix de faits divers… Mais, avec mes débuts journalistiques, j’avais l’ambition de faire mieux que les échotiers de la PQR (Presse Quotidienne Régionale) et je me suis astreint à un travail de documentation, voire de réflexion, assez chronophage. Il serait toutefois excessif d’invoquer le temps passé pour expliquer, a fortiori pour excuser, la façon extrême dont j’ai parfois respecté les délais fixés par un comité de rédaction auquel je participe avec assiduité ! Je persiste à croire, ayant souvent été le pénultième à fournir ma prose, que j’ai pris soin de ne jamais entraver ni même retarder la publication de notre belle revue… Concernant la « Chronique » elle-même, pour laquelle l’autonomie et par conséquent l’imagina- tion sont totales, j’ai pris, dès mon engagement, le parti-pris d’une formule sécurisante : en choi- sissant une thématique assez riche pour avoir inspiré deux auteurs de talents, je tenais un excellent sujet de chronique ! Je n’en éprouve que plus d’admiration pour ceux qui régulièrement honorent un rendez-vous attendu des lecteurs. A propos de la culture scien- tifique, dont la diffusion me parait essentielle au sein des sociétés savantes telles que la SEE, qu’il me soit permis d’affirmer mon admiration pour ce que font Pierre Barthélémy dans le Monde ou Jean-Paul Delahaye dans Pour la science... Parmi mes contributions à la REE, il y a aussi celles pour lesquelles je n’ai été que l’intermé- diaire mais qui m’ont donné l’occasion de ren- contrer des experts ou de correspondre avec eux. Notre revue sollicite souvent en effet des per- sonnalités trop engagées professionnellement pour assumer intégralement un article ; alors le recours à l’interview s’impose, avec des modali- tés très variées mais qui toujours imposent de bien connaitre ce que fait et pense votre interlo- cuteur. Dans tous les cas, la mise en forme finale impose un travail minutieux associant fidélité à l’auteur, souci de la langue et respect des règles typographiques. A cet égard j’avoue, sans glo- riole mais aussi sans honte, que j’ai très souvent mérité la satisfaction de mes interlocuteurs et été fidèle aux enseignements de l’instituteur, qui m’apprit à respecter l’orthographe et à manier la langue ; par contre j’ai fait, pour maîtriser la ponctuation ou mettre à bon escient les majus- cules, de lents progrès en dépit des amicales et régulières leçons de notre rédacteur en chef ! Il m’est même parfois arrivé de me substituer au signataire, mais la discrétion m’interdit d’en dire plus et mon aversion du racisme d’imaginer que j’aurais pu devenir le nègre de qui que ce fût. Mais comment ne pas mentionner les bien- faits du travail de chroniqueur, avec la néces- sité de se documenter et de beaucoup lire, ne serait-ce que pour lutter contre la tendance à la sénescence et au vieillissement. Mais l’éloigne- ment du monde professionnel – déjà 12 ans de retraite en ce qui me concerne ! – vous prive insensiblement de sources d’information quoti- diennes et du dialogue avec vos pairs sans le- quel il est difficile d’évaluer la pertinence de vos jugements. Le rythme des découvertes scien- tifiques comme des évolutions technologiques – omnia fert aetas ! – et la difficulté à suivre la recommandation d’Auguste Detœuf à ne jamais oublier de prévoir l’imprévu, me poussent vers de nouvelles passions, pour des valeurs moins fugitives ; la découverte du patrimoine naturel, historique et architectural de l’Île de France, et tout spécialement celui de mon Paris natal, va désormais stimuler mon activité physique et intellectuelle... Bernard Ayrault En prenant connaissance de cette « ultime » chronique, digne des plus grands conteurs, le comité de rédaction de la REE a bien du mal à réaliser que ces lignes marquent le départ de notre ami Bernard vers de nouvelles passions. Il espère que nos lec- teurs seront suffisamment nombreux pour lui faire comprendre que son inspiration n’est pas tarie et que ses propos sont toujours les bienvenus. Qu’il soit en tout cas remercié pour l’immense contri- bution qu’il a apportée au renouveau de la REE. Jean-Pierre Hauet Rédacteur en chef CHRONIQUE Propos de B.Ay, chroniqueur