Nouvelles contributions des TIC à la médecine et à la chirurgie

13/07/2015
OAI : oai:www.see.asso.fr:1301:2015-3:13844
DOI : http://dx.doi.org/10.23723/1301:2015-3/13844You do not have permission to access embedded form.

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Nouvelles contributions des TIC  à la médecine et à la chirurgie

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            <title>Nouvelles contributions des TIC  à la médecine et à la chirurgie</title></titles>
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75 REE N°3/2015 En médecine, on a sou- vent été tenté d’opposer l’homme et la technologie, l’industrie et la relation de soin. Il faut reconnaître que l’introduction des techno- logies de l’information et des communications s’est faite d’abord, comme dans de nombreux secteurs, au- tour de préoccupations de gestion et de maîtrise des flux financiers. Ces outils ont été souvent perçus par les praticiens comme des contraintes nouvelles, perturbatrices de leur activité et sans apport pour le patient. Lorsque les technologies d’assistance ont com- mencé à intégrer l’électronique et l’informatique (voir REE 2014-1), le regard des praticiens a changé, mais seule la spécialité de médecine physique et de réadaptation était concernée. Aujourd’hui, ce sont tous les outils d’observation et d’assistance à l’inter- vention (dispositifs médicaux) qui deviennent com- municants et constituent ainsi autant de sources d’information et de connaissances nouvelles, élabo- rées et restituées aux praticiens, parfois même au cœur de leur intervention. On a pu craindre que ces nouveaux dispositifs technologiques ne viennent se substituer à l’intervention humaine, tant en méde- cine qu’en chirurgie. Mais les évolutions récentes de la recherche et les projets innovants semblent montrer que l’équilibre entre la décision et l’action humaines et celle des systèmes techniques est généralement fructueux, tant en termes de perfor- mances que de maîtrise des risques. Ainsi, l’homme et l’outil technologique sont dans une position d’en- traide, la stratégie du premier étant irremplaçable, le second apportant à l’action l’assistance et les bornes qui réduisent les risques d’erreurs et favo- risent la diffusion des pratiques maîtrisées. On notera que, dans cette approche, deux types de systèmes technologiques tendent à prendre une importance croissante : - formations et les données d’observation, tout par- ticulièrement les systèmes d’imagerie médicale ; - lation, autour des robots chirurgicaux. L’imagerie interventionnelle indique que ces domaines ne sont pas disjoints et que la décision et l’action, fortement imbriquées dans les compor- tements humains, poussent naturellement à l’inter- connexion des technologies qui les supportent. Dans ce contexte, la question de la conception de tels dispositifs tech- niques doit être abordée d’une façon nouvelle : il est en effet nécessaire de s’assurer dès le départ que l’interaction entre les utilisa- teurs humains, au sein des équipes soignantes, avec et au travers de la solution, sera d’excellente qualité. La conception ouverte, par- ticipative, orientée utilisateur, renvoie à l’approche dite “Living Lab” (voir encadré) qui occupe une place croissante dans le domaine de la santé. C’est cette révolution qui a guidé le choix des articles consti- tuant le présent dossier : deux d’entre eux illustrent cette approche “Living Lab”. Les quatre articles qui suivent développent cha- cun une des facettes de la collaboration de plus en plus étroite entre les professionnels et les systèmes technologiques. Le premier, dont l’auteur est Clément Vidal, pré- sident de la société EndoControl, concerne la robo- tique d’assistance à la chirurgie : les premiers robots chirurgicaux opéraient un clivage entre le chirurgien, appelé à s’éloigner du champ opératoire, et le robot opérateur. Celui-ci était vu comme un substitut de la main et du geste. Ce dont il est question ici, c’est au contraire l’avènement de la co-manipulation, tech- nique dans laquelle l’homme et le robot collaborent efficacement avec la finalité commune d’opérations sûres et les moins invasives possibles. Le deuxième article, proposé par le professeur Gouenou Coatrieux, Dalel Bouslimi et Michel Cozic, chercheurs au SePEMeD, s’intéresse à la sécurisation des images médicales. L’image envahit en effet toutes les spécialités médicales. Elle devient le support privi- légié de l’observation et contribue ainsi à la décision sous toutes ses formes : choix des traitements, de l’intervention, jusqu’au guidage fin du geste chirurgi- cal. Il est donc essentiel de s’assurer qu’elle n’a pas été corrompue, par erreur ou par malveillance, ce qui pourrait avoir des conséquences dramatiques. Les techniques de tatouage et de cryptographie, ju- dicieusement conjuguées, permettent d’assurer au décideur humain qu’il prend sa décision à partir d’un support technologique digne de confiance. Le troisième article, dont l’auteur est Jean-Marie Moureaux, professeur à Télécom Nancy et chercheur LES GRANDS DOSSIERSIntroduction Nouvelles contributions des TIC à la médecine et à la chirurgie Robert Picard Ingénieur général des Mines Bernard Ayrault Directeur honoraire de Télécom Bretagne 76 REE N°3/2015 au Centre de recherche en automatique de Nancy (CRAN), a trait à la question de l’optimisation des ressources et à la coopération des équipes de soin au travers de systèmes avancés d’imagerie médi- cale. Le système technologique est une plate-forme européenne de télé-médecine : HIPERMED ; mais le travail d’équipe entre chercheurs, praticiens, industriels a également permis le développement d’un savoir-faire de co-conception qui prend aujourd’hui corps au sein d’un Living Lab dénommé PROME- TEE, également décrit dans cette communication. Enfin, le quatrième article est proposé par Robert Picard, réfé- rent santé du Conseil général de l’économie, et le professeur Jacques de Guise de l’université de Montréal. Ils développent une réflexion sur l’évolution de l’inno- vation en technologies de la santé et sur la transformation de la vision des chercheurs sur la valorisation. Les auteurs s’appuient pour cela sur les pratiques développées au sein du Laboratoire de recherche en imagerie et orthopédie de Montréal. Son fonctionnement se réfère en effet à l’approche Living Lab, qui se traduit ici par des rela- tions quotidiennes entre profes- sionnels de santé et technologues autour de problématiques médicales concrètes. Les entreprises industrielles et les questions d’indus- trialisation sont également très présentes. Les avan- tages de cette façon de faire sont illustrés au travers d’un système d’imagerie orthopédique, KneeKG, qui connaît un succès international. En conclusion, ce dossier présente enfin quelques pistes d’innovation dans la recherche technologique en santé. Ces pis- tes ont été sélectionnées parmi une quinzaine, présentées lors d’une journée consacrée à ce thème et organisée récemment par l’Institut Mines Télécom. On y découvrira successivement, en partant de dispositifs tech- nologiques originaux d’acquisi- tion de données pour s’approcher progressivement de domaines où le traitement de ces données devient prépondérant, quatre projets de recherche prometteurs. Ces quatre projets concernant respectivement un nouveau cap- teur biophotonique destiné aux « laboratoires sur puce » ; les pro- grès réalisés dans l’imagerie po- larimétrique ; le diagnostic et le suivi des pathologies respiratoires par l’image ; la modélisation des connaissances anatomiques pour l’analyse des images médicales. LES GRANDS DOSSIERS Introduction Robert Picard est diplômé de l’Ecole polytechnique et titulaire d’un PhD en sciences de gestion. Ingénieur général des Mines, il est le référent santé au Conseil général de l’économie, au sein du Ministère de l’Economie et des finances. Très engagé dans la dynamique des Living Labs, il a créé avec Antoine Vial, expert en santé publique, le forum des Living labs en santé et autonomie (LLSA), dont il préside l’association de soutien. Bernard Ayrault est diplômé de l’Ecole polytechnique et Docteur ès sciences. Il est ancien directeur de Télécom Bretagne (Institut Mines- Telecom), membre émérite de la SEE, il fait partie, depuis son départ en retraite, du comité de rédaction de la REE, dans laquelle il tient avec régularité plusieurs rubriques ou chroniques. La robotique d’assistance à la chirurgie - L'avènement de la co-manipulation Par Clément Vidal ......................................................................................................................................................... p. 78 Sécurisation des images médicales externalisées : tatouage et cryptographie Par Gouenou Coatrieux, Dalel Bouslimi, Michel Cozic .................................................................................. p. 84 Optimisation et coopération : la plate-forme européenne de télémédecine HIPERMED et le Living Lab PROMETEE Par Jean-Marie Moureaux .......................................................................................................................................... p. 92 Un exemple d’écosystème d’innovation en technologies de la santé Le laboratoire de recherche en imagerie et orthopédie de Montréal Par Robert Picard, Jacques A. de Guise ................................................................................................................ p. 99 Quelques pistes d’innovation dans la recherche technologique en santé Par Bernard Ayrault ................................................................................................................................................... p. 107 Lecteur optique à hautes performances pour les laboratoires sur puce Par Yanek Gottesman .................................................................................................................................................................. p. 107 Progrès dans l’imagerie polarimétrique Par Jihad Zallat ............................................................................................................................................................................. p. 109 Airways - Diagnostic et suivi des pathologies respiratoires par l’image Par Catalin Fetita, Christophe Lefevre .................................................................................................................................. p. 111 Modélisation de connaissances anatomiques pour l’analyse des images médicales Par Isabelle Bloch ......................................................................................................................................................................... p. 112 LES ARTICLES 77 REE N°3/2015REE N°3/2015 77 LES GRANDS DOSSIERSIntroduction Caractérisation des LL en santé et autonomie (LL SA) L’approche Living Lab, qui diffuse aujourd’hui dans la santé, en Europe et en France, ouvre des perspectives intéressant à la fois l’innovation et la démocratie sanitaire. Elle est singulière, innovante, adaptée et profitable, tant pour les utilisateurs (patients et professionnels de santé), les offreurs (industriels et société de services), les financeurs (assurances obligatoire et complémentaire), que pour la collectivité (dépenses de santé et emplois). a. singulière parce qu’elle introduit l’utilisateur (patient et/ou professionnel) dans la réalisation d’un produit ou service dès le début de la conception – alors que les produits de santé sont traditionnellement conçus via une coopération entre l’industrie et les seuls praticiens hospitaliers ; b. innovante car susceptible de déboucher sur des produits de santé vraiment nouveaux, dont la valeur est perçue au-delà des établissements de santé et de la Sécurité sociale, par des acteurs économiques susceptibles de payer. Elle est éprouvée, car déjà mise en œuvre dans d’autres secteurs industriels concurrentiels (la téléphonie mobile, par exemple), et permet de gagner en temps et donc en coût de conception et en pénétration du marché ; c. adaptée aux secteurs sanitaire et médico-social car fruit d’un travail collaboratif de trois ans impliquant profes- sionnels de santé et représentants de patients : la mission de 2010 du CGE a conduit au rapport « Pertinence et valeur du concept de « laboratoire vivant » en santé et autonomie » remis en juillet 2011. Sa restitution a vu la demande unanime des participants de poursuivre un partage sur le sujet. Le « Forum LLSA » a pris forme pro- gressivement. Il est vécu par les participants comme un outil de politique publique d’innovation dans la santé ; d. profitable : les LL SA portent une démarche accélérant la diffusion de solutions technologiques réellement utiles et efficientes dans une authentique politique de démocratie sanitaire. Réalité des LL Santé Autonomie nationaux Les LL SA procèdent de démarches variées, selon l’histoire, la culture du territoire et le profil du porteur, mais ils conjuguent toujours une dimension d’innovation technico-économique et d’innovation dans le champ sani- taire et/ou social, réconciliées au sein du territoire. Il en résulte une ouverture : des espaces de concertation et de participation opérationnelle, lieux de création et d’évaluation de solutions nouvelles, adaptées aux patients et citoyens « acteurs de leur santé » ; du temps gagné pour concevoir produits et services sur des concepts éprouvés, grâce à une évaluation continue des solutions ; des idées de produits et services qui débouchent plus fréquemment sur des solutions viables répondant aux attentes des publics : 50 % des idées explorées ainsi trouvent un marché, contre 20 % selon les approches traditionnelles ; l’obtention de solutions appropriées en accélère la diffusion (quelques mois pour une solution professionnelle au niveau d’une région, au lieu de plusieurs années), d’où des résultats en termes de santé, des retours sur investissement plus rapides et des solutions pérennes. Favoriser les liens inter-LLSA : la valeur ajoutée du Forum LL SA Rapprocher développement économique, amélioration de la santé des populations et participation de celles- ci : cette triple ambition devient réalité dans plusieurs territoires. Mais les initiatives identifiées – qui mobilisent la démarche Living Lab – gagneraient à bénéficier d’un soutien national. En effet, en l’absence d’initiative nationale, ce mouvement risque de conduire à une dispersion de l’effort public, avec des résultats locaux partiels, non reproductibles et dont la pérennité est fragilisée. Inversement, une institutionnalisation classique (labels assortis de dotations budgétaires, par exemple) serait vraisemblablement à la fois coûteuse et stérilisante – car peu compatible avec les dynamiques locales à l’œuvre actuellement. L’existence d’un Forum Living Lab Santé Autonomie, voulue par les porteurs régionaux, constitue une opportunité unique pour une troi- sième voie, conjuguant initiative locale et intérêt général. Il reste à préci- ser la place de ce Forum au milieu des autres acteurs publics ou privés, tout en soutenant l’action engagée. Mais parallèlement les liens inter-régionaux et l’interaction perma- nente des territoires se développent, avec une animation nationale propre à accélérer les partages d’expériences, à développer ensemble les éléments de mesure d’impact tant économiques que médico-sociaux, à valoriser le savoir-faire français au niveau européen et international, à favoriser enfin l’émergence d’une véritable politique d’innovation à la fois économique et sociale. Le Forum des Living Lab en santé & autonomie