Pour un développement numérique durable

11/05/2015
Auteurs : Nicolas Curien
Publication REE REE 2015-2
OAI : oai:www.see.asso.fr:1301:2015-2:13530

Résumé

Pour un développement numérique durable

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	    <date dateType="Updated">Thu 26 Jan 2017</date>
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REE N°2/2015 115 LIBRES PROPOS Nicolas Curien membre du Conseil supérieur de l’audiovisuel L a grappe des technologies numériques – micro- électronique, informatique et logiciel – nous fait vivre une troisième révolution industrielle. Quels sont les principaux ressorts de cette transformation en profondeur des rouages de l’économie et de la société, quels impacts la « révolution numérique » porte-t-elle sur le fonctionnement des entreprises et la vie des citoyens, quelles sont les conditions d’un déve- loppement numérique durable ? Numérisation et dématérialisation La numérisation, c’est-à-dire la transcription de don- nées de toute nature sous la forme de séquences de bits d’information, reconnaissables, stockables et trai- tables par des machines informa- tiques, transportables et distribuables par des réseaux de communication électronique, entraîne deux consé- quences majeures : d’une part, une gestion homogène des données tout au long de la chaîne qui conduit de leur création à leur livraison ; d’autre part, une dématérialisation des contenus, désormais accessibles à « l’état libre », c’est-à-dire sans inscription sur un support physique. Telle est la dernière étape d’un progrès technique multiséculaire qui, de Johannes Gutenberg à Bill Gates, a rendu de plus en plus ténu le lien entre l’information et ses « marqueurs » maté- riels, abaissant les coûts de réplication de ces derniers, jusqu’à finalement permettre leur effacement. La numérisation bouleverse notamment le modèle économique traditionnel de la fourniture et de la com- mercialisation des biens culturels – œuvres littéraires, musicales, audiovisuelles ou cinématographiques – qui reposait auparavant sur la vente à l’unité de marchan- dises supports : livres, CD ou DVD. Lorsqu’un contenu est numérisé, sa valeur ne disparaît pas, mais elle n’est plus attachée à un objet et elle doit donc être recueillie autrement, par exemple à travers une facturation forfai- taire de l’accès à Internet ou par la publicité. La numérisation conduit aussi à prolonger certains services de l’économie réelle dans l’univers virtuel, comme dans le cas du tourisme ou de l’immobilier, où l’exploration visuelle en ligne vient compléter, voire rem- placer, l’exploration physique. Enfin, des biens matériels, comme aujourd’hui l’automobile, demain le réfrigérateur ou la machine à laver, s’enrichissent d’une électronique leur permettant, non seulement de mieux fonction- ner localement, mais encore de recevoir, de traiter et d’émettre des informations en réseau. Ces machines se transforment en terminaux communicants et l’Internet des ordinateurs est en passe de se commuer en Internet des objets. S’agissant enfin du fonctionnement et de l’organisa- tion des entreprises, la numérisation, alliée à la roboti- sation, est source de profonds changements. Dans les usines, certaines taches opérationnelles de production peuvent désormais être confiées à des machines, l’inter- vention humaine se déplaçant vers les taches de pilo- tage et de supervision : peu à peu, la main d’œuvre cède la place au « cerveau d’œuvre ». Par ailleurs, l’infor- matisation permet la décentralisation, voire l’externalisation de nombreuses fonctions de gestion auparavant concentrées, ainsi qu’une reconfigu- ration des rapports entre l’entreprise et ses partenaires, donnant naissance au modèle de « l’entreprise-réseau ». Enfin, la pénétration croissante des nouveaux outils de la bureautique, relayée par l’usage des réseaux sociaux, transforme les modes de travail et de management, qu’il s’agisse du télétravail, des outils de partage collaboratif, ou encore des logiciels permet- tant de personnaliser et adapter en temps réel la relation avec la clientèle (CRM). Abondance et gratuité à l’acte Dans la transition menant de l’économie pré-numé- rique à l’économie numérique, les coûts de production et les utilités de consommation se déforment : leur part variable en fonction des quantités s’abaisse, tandis que leur part fixe augmente. S’agissant des coûts, les réseaux électroniques de nouvelle génération engendrent des frais très importants d’installation des capacités, mais une fois consentis ces investissements initiaux, des volumes de trafic considérables peuvent être écou- lés presque sans coût supplémentaire. De même, les contenus véhiculés sur les réseaux électroniques sont onéreux à créer, mais la réplication et la distribution numériques des « moules » originels s’opèrent à coût Pour un développement numérique durable 116 REE N°2/2015 LIBRES PROPOS variable négligeable. Et, s’agissant des utilités, la satisfac- tion d’un consommateur réside moins désormais dans le nombre de ses minutes de communication, de ses écoutes ou de ses visionnages, que dans la variété des services, applications et contenus auxquels il peut accé- der via son abonnement à un réseau : le bien acheté n’est plus un volume d’usage téléphonique monoservice mais une option d’usage multiservice et multimédia. L’environnement pré-numérique, dans lequel les coûts et les utilités dépendaient fortement des quantités, était un monde de rareté, dans lequel il était pertinent de contenir le volume du trafic en deçà du seuil de satura- tion du réseau, par le biais d’une tarification au volume. L’environnement numérique est au contraire un monde d’abondance. Le volume du trafic y est potentiellement illimité, et la tarification pertinente devient forfaitaire, revêtant logiquement la même structure fixe que celle des coûts et des utilités. On entre dans une économie de « l’attraction », analogue à celle d'un parc de loisirs où, une fois l’entrée payée, les manèges sont gratuitement accessibles. En France, les abonnements proposés par les plates-formes de distribution légale de musique en ligne correspondent à ce modèle économique. En outre, de même que gratuité à l’acte n’est pas sy- nonyme de gratuité absolue, de même une facturation forfaitaire des internautes n’est pas exclusive d’une ré- munération des créateurs de contenus proportionnelle à leurs audiences respectives : les réseaux électroniques permettent en effet des comptages beaucoup plus pré- cis que les estimations statistiques pratiquées pour les médias traditionnels. Infomédiation et méta-marché Les biens et services « numérisables » dépassent lar- gement le seul secteur de la culture et des médias, pour s’étendre rapidement à tous les secteurs de l’économie. Ces biens sont généralement des biens dits « d’expé- rience », dont l’utilité n’est que très imparfaitement connaissable avant leur consommation et n’est révélée qu’à travers leur usage ; par exemple, la qualité d’un livre ou d’un film n’est perçue qu’après l’avoir lu ou vu, celle d’un jeu vidéo, qu’après l’avoir pratiqué, celle d’un appar- tement qu’après avoir fréquenté l’environnement dans lequel il est situé. Dans un tel contexte, le consommateur doit monter en compétences afin d’acheter au mieux et, à cet égard, le corpus des informations disponibles sur la toile, notamment via les réseaux sociaux, lui fournit une aide précieuse. Les « pionniers » ayant fait en premier l’expérience d’un bien postent en effet en ligne des avis et critiques, propres à éclairer les « suiveurs ». Symétrique- ment, après l’achat, certains biens complexes, comme un logiciel ou une chaîne HiFi, nécessitent un paramé- trage personnalisé ; là encore, des communautés en ligne aident chaque utilisateur à mieux configurer le bien acquis, compte tenu de ses besoins particuliers. Ce phénomène de bouche à oreille électronique, par lequel des échanges d’information entre consommateurs éclairent ex ante leurs décisions d’achat et facilitent ex post leurs pratiques d’usage, relève de « l’infomédiation ». Dans une économie où foisonnent biens d’expérience et biens complexes et où le rythme soutenu de l’innovation renouvelle en permanence les caractéristiques de ces biens, l’infomédiation est l’auxiliaire essentiel du fonction- nement du marché, une sorte de « méta-marché » où les interactions, pour être non marchandes, n’en sont pas moins indispensables au bon déroulement des transac- tions… un peu à la manière dont, dans certaines sociétés primitives, l’échange gracieux d’objets rituels entre tribus est l’utile complément des relations commerciales, qu’il prépare et rend possibles. Le modèle d’un marché assisté par un méta-marché informationnel contraste avec celui du marché parfait des économistes néoclassiques : ici, le marché n’est pas un mécanisme déterministe par lequel des produc- teurs, sachant par avance ce qu’ils doivent fournir, ven- draient de manière anonyme à des acheteurs sachant par avance ce qu’ils désirent consommer. Il s’agit plutôt d’un processus aléatoire et auto-organisé, par lequel acheteurs et vendeurs, ignorant initialement les carac- téristiques des biens qu’ils échangeront en définitive, les co-inventent et les co-adaptent, au gré d’interactions ciblées et informatives. Dans l’économie numérique, les producteurs et les consommateurs participent en symbiose à un même algorithme social : les seconds s’émulent en « consom- macteurs », en agissant comme testeurs, voire comme coproducteurs, tandis que les premiers définissent leurs produits et les différencient à la carte, analysant fine- ment les requêtes de la demande, telles que révélées par le méta-marché. La collecte massive de données, ou Big Data, ainsi que les nouveaux outils associés d’ana- lyse statistique et de traitement informatique, sont les puissants vecteurs de ce couplage en temps réel entre l’offre et la demande. REE N°2/2015 117 LIBRES PROPOS L’infomédiation procède également à travers la « flâ- nerie en ligne », ou errance de site en site, qui consti- tue sans doute l’un des phénomènes les plus originaux d’Internet, connu sous le nom de « sérendipité ». Ce néologisme fait référence à un conte persan relatant les aventures des seigneurs de Sérendip qui, au cours de leurs pérégrinations, font de nombreuses rencontres aussi imprévues que providentielles. La sérendipité est le complément naturel du méta-marché : alors que ce dernier est utile à mieux acheter et utiliser les biens d’ex- périence, la première rend possible la consommation des biens « d’attention », ceux dont le futur acheteur n’a pas même idée de l’existence, avant que son attention soit attirée vers eux, au hasard d’itinérances sur la toile. L’infomédiation engendre un mode original de rela- tions, « l’intimité instrumentale » : un certain degré d’inti- mité est certes nécessaire pour garantir la pertinence des avis postés en ligne – j’écoute en confiance qui me ressemble – mais la permanence du lien n’est pas de mise, puisqu’il s’agit d’interactions dont l’objectif premier est utilitaire, et non pas social. Aux pessimistes, l’intimité instrumentale fait craindre une société numérique dés- humanisée, où tout ce qui ne serait pas marché serait méta-marché ! Les optimistes y entrevoient au contraire les prémices d’une économie plus sociale, une écono- mie « quaternaire » où les outils électroniques servent à créer des relations de proximité renforcées… Neutralité d’Internet Internet est un patchwork de plates-formes d’échanges, marchands ou non, entre les agents économiques et so- ciaux qui s’y connectent : que ce soit pour s’exprimer et dialoguer, consulter des informations, éditer des contenus, proposer des services et des applications, ou y accéder. Afin d’assurer la liberté et la symétrie de ces échanges, chaque utilisateur pouvant être tour à tour récepteur ou émetteur de données, il est essentiel que le réseau s’ef- force d’observer un principe de « neutralité », qui répond à une double exigence de non-ingérence et d’équivalence. D’une part, les échanges entre utilisateurs ne doivent être ni empêchés ni restreints par les pratiques des opérateurs de réseau ; d’autre part, des requêtes soumises au réseau dans des conditions équivalentes doivent être traitées par celui-ci de manière équivalente. Les enjeux de la neutralité peuvent être classés en deux grandes catégories : ceux, sociétaux, se rapportant à la liberté d’expression, de communication et d’inno- vation sur Internet ; ceux, économiques, ayant trait au partage de la valeur entre opérateurs de réseaux et édi- teurs de contenus. S’agissant d’abord de la liberté d’expression, mais aussi du respect de la vie privée, ces droits fondamentaux ne sont évidemment pas garantis de la même façon, selon l’importance des entorses à la neutralité considérées comme admissibles. En particulier, si non seulement une éventuelle congestion du réseau, mais encore l’illégalité présumée de certains contenus, figurent parmi les motifs permettant à un opérateur d’intervenir de manière non neutre, alors les droits fondamentaux du citoyen en se- raient potentiellement affectés. Les opérateurs de réseaux doivent certes se plier aux requêtes de l’autorité judiciaire ou administrative. Toutefois, ce n’est pas à l’opérateur, mais bien au juge qu’il revient de décider si un usage est illégal. Des initiatives privées de sécurité sont également possibles, à l’instar des outils de contrôle parental, à la condition que l’utilisateur les accepte expressément. S’agissant ensuite du partage de la valeur entre opérateurs de réseaux et fournisseurs de contenus, le mode d’interconnexion prévalant jusqu’ici, dans lequel ces deux types d’acteurs coproduisent « entre pairs » et sans reversements mutuels le service hybride qu’ils fournissent ensemble au consommateur, est aujourd’hui contesté par les opérateurs. Ces derniers estiment en effet que les nouveaux usages fortement consomma- teurs de bande passante, comme le téléchargement de vidéos en streaming, saturent les infrastructures de cœur de réseau et les équipements d’interconnexion, si bien que les sites engendrant ces usages devraient directement contribuer au financement des extensions de capacité des réseaux acheminant leur trafic. Que les éditeurs de contenus soient requis de payer pour le trafic qu’ils injectent dans les réseaux d’accès à Internet peut néanmoins faire craindre l’avènement d’un Internet appauvri, encore plus concentré qu’au- jourd’hui autour de quelques très grands fournisseurs d’applications, de services et de contenus, car les plus petits éditeurs ne sont pas en mesure de payer les opé- rateurs de réseau pour obtenir une qualité convenable du transport de leurs données. On peut également re- douter la naissance d’un Internet à deux vitesses, voire d’une fragmentation de la toile, par le jeu de contrats d’exclusivité de distribution entre certains fournisseurs 118 REE N°2/2015 LIBRES PROPOS d’accès et certains gros éditeurs. En bref, si la préoccu- pation des opérateurs « du dernier kilomètre », s’agissant de l’administration et du financement de leurs réseaux d’accès, est indéniablement légitime, l’inquiétude des internautes, attachés à l’intégrité d’une toile ouverte et sans couture, ne l’est pas moins ! Écologie des espaces numériques À l’ère de la « convergence » entre les réseaux et entre les contenus, l’écosystème des marchés de communi- cation électronique comprend une multitude d’acteurs : opérateurs mondiaux de télécommunications, fournis- seurs locaux d’accès Internet, fournisseurs de contenus, d’applications et de services, consommateurs devenus « consommacteurs »… sans oublier bien-sûr les organes de réglementation et de régulation : administration, légis- lateur, régulateurs sectoriels des communications électro- niques et de l’audiovisuel (l’ARCEP et le CSA en France), mais aussi Autorité de la concurrence et autorités protec- trices de droits, comme la CNIL. Au sein d’un écosystème aussi complexe, la régulation est un exercice singulière- ment délicat, pour au moins deux raisons. En premier lieu, les objectifs pour- suivis sont multiples et peuvent entrer en conflit les uns avec les autres : du côté des réseaux, comment concilier au mieux saine concurrence entre opé- rateurs, investissement, emploi, amé- nagement du territoire, etc. ? Et, du côté des contenus, comment trouver un juste équilibre entre respect de la li- berté d’expression, protection des don- nées individuelles et de la vie privée, lutte contre le cyber-crime, défense de la propriété intellectuelle, maintien du pluralisme d’opinions, diversité cultu- relle, protection des publics sensibles, etc. ? En second lieu, loin d’obéir aux lois déterministes d’un agencement cristal- lin, le système régulé ressemble plutôt à un plasma porté à haute température et au comportement fortement sto- chastique ! Internet n’est certes pas un monument histo- rique qu’il conviendrait de préserver immuablement en l’état : il est tout au contraire en évolution permanente, s’adaptant sans cesse au foisonnement des innovations, dans le domaine des technologies comme dans celui des usages. S’il n’évoluait pas sans cesse de manière adaptative, l’Internet mourrait, écrasé par le poids des contraintes qu’il n’aurait pas su gérer. Les « régulateurs de la convergence » se doivent donc de respecter cette nécessité vitale et, à trop vouloir le couver, de ne pas étouffer le feu sous une chape de réglementation. Une régulation flexible est à cet égard indispensable, plus in- citative que prescriptive et complétée par des initiatives de co-régulation avec les acteurs, voire d’autorégulation par les acteurs eux-mêmes. « L’objet Internet » est résistant à toute tentative de pilo- tage dirigiste, car son existence excède largement son es- sence… et même « l’abuse » : l’originalité des technologies numériquesrésidedanslecaractèrealéatoire,nonprogram- mable et auto-organisé de leurs usages. Dès lors, regarder l’Internet comme un objet rigide, for- maté et finalisé, extensivement définis- sable par le catalogue de ses emplois, manquerait pour le moins de pertinence car, bien au-delà d’un simple outil à notre service, il est avant tout « un objet total », creuset de nos pratiques et de nos échanges. Parce qu’il porte notre parole, notre écriture, notre expression, l’Internet façonne notre rapport au sens, il est, en quelque sorte, le miroir numé- rique dont le reflet donne à voir notre manière d’être ! Préserver sa neutralité, son ouverture, son universalité, mais aussi son imprévisibilité, constitue la clé du développement numérique durable, d’une écologie réussie des espaces numériques. Nicolas Curien, Ingénieur du corps des Mines, est membre du Conseil supérieur de l’audiovi- suel (depuis 2015) et Professeur émérite du Conservatoire national des arts et métiers, où il a occupé la chaire « Economie et politique des télécommunications » de 1992 à 2011. Il a siégé au Collège de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes de 2005 à 2011. Spécialiste de l’économie numé- rique, il a enseigné à l’Ecole polytechnique de 1985 à 2007 et il est membre fondateur de l’Académie des technologies.