Sur le rôle des chroniqueurs et journalistes scientifiques…

11/05/2015
Auteurs : Bernard Ayrault
Publication REE REE 2015-2
OAI : oai:www.see.asso.fr:1301:2015-2:13529
DOI : http://dx.doi.org/10.23723/1301:2015-2/13529You do not have permission to access embedded form.

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Sur le rôle des chroniqueurs et journalistes scientifiques…

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	    <date dateType="Updated">Thu 26 Jan 2017</date>
            <date dateType="Submitted">Sat 24 Feb 2018</date>
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REE N°2/2015 113 D epuis quelques décennies la confrérie des chroniqueurs et journalistes scien- tifiques s’est très largement enrichie et diversifiée. Ses représentants dirigent des revues de culture scientifique, plus nom- breuses et de bien meilleure qualité qu'autrefois car la science et la technique ont pris une grande importance dans un pays comme le nôtre, qui diplôme environ 10 fois plus de scientifiques qu’il y a 50 ans ! Les grands quotidiens ont désormais des rubriques régulières, ou des suppléments dédiés. La compétence scientifique des divers auteurs s’y est largement amplifiée, sans doute tirée vers le haut par le nombre croissant d’enseignants et/ou de chercheurs qui s’essaient, avec bonheur, à une vulgarisation de qualité. Le secteur audiovisuel, même dans sa composante de service public, reste toutefois frileux sur ces questions, en dépit de quelques émissions de qualité. Même si un – modeste – salon leur est consacré au début du printemps, les ouvrages de culture et de vulgarisation scientifiques sont rare- ment mis en valeur… sauf s’ils surfent quelque peu sur l’engouement médiatique pour tel ou tel problème. Les excellents livres ne sont pourtant pas rares et la chronique « Vient de paraitre » de notre revue en recommande plusieurs à chacune de ses parutions. Mais le contexte médiatique impose trop souvent un traitement tapageur de questions, certes importantes mais aussi souvent complexes, qui méritent mieux que les préjugés teintés d’idéologie ou les formulations racoleuses ! Comment le grand public pourrait-il se faire une opinion éclairée si le traitement des questions mettant en jeu science et technique n'émerge pas du tapage médiatique ? Le monde où nous vivons est marqué par la prégnance du progrès, mais l’envie de comprendre et la faculté d’admirer semblent s'émousser : la perception de la chro- nologie s’estompe et les collégiens de maintenant n’imaginent guère que leurs grands parents aient pu vivre à une époque où le téléphone, la télévi- sion, l’automobile étaient encore des marqueurs sociaux et où, bien sûr, l’ordinateur comme le satellite étaient des objets futuristes… Les deux ouvrages que nous avons sélectionnés pour nous interroger sur la place de nos maitres- chroniqueurs, experts ou vulgarisateurs scientifiques, sont en tous points forts dissemblables, et pas seule- ment par le format ou l’importance de la pagination ! Presque tout les oppose, dans les apparences du moins car l’un et l’autre s’appuient sur une rigueur difficile à contester : d’un côté un ouvrage collectif, issu d’un colloque du CNRS, et de l’autre le recueil d’un blogueur blagueur ; aux doctes interrogations sur des sujets de controverses publiques s’opposent les thèmes les plus futiles auxquels des universitaires ont consacré des recherches inattendues ! Le journalisme scientifique dans les contro- verses rend compte d’un colloque sur le rôle des médias dans des débats concernant essentielle- ment la communauté scientifique mais où intérêts économiques, questions éthiques, problématiques sociales et politiques s’entrecroisent et s’entre- choquent, parfois avec quelque fracas. Le journa- liste scientifique ne peut, ni assumer ces aspects où son expertise n’est pas avérée, ni les occulter, tant leur prégnance est forte dans la société : il y a toute une « chaîne » d’information, en particulier dans les quotidiens, tenus d’assurer une cohérence d’en- semble. Les prises de position concernant le prin- cipe de précaution, le réchauffement climatique, l’usage éventuel des OGM pour assurer la nutrition de l’humanité, l’exploitation des gaz de schiste et l’économie des ressources hydriques ressortent bien d’une approche à la fois globale et délicate. Deux spécialistes, Gérard Arnold du CNRS et Sylvestre Huet président de l’Association des journalistes scientifiques de presse d’information (APJSPI), ont coordonné des débats riches et toniques où sont intervenus des parlementaires membres de l’OPESCT comme des spécialistes de la communication ; trois thèmes avaient été choisis pour leur pertinence pédagogique, et aussi parce que la presse d’information encou- rait potentiellement à leur sujet de très vives cri- tiques. Qu’il s’agisse du changement climatique, des perturbateurs endocriniens ou de « l’affaire Séralini » à propos des OGM, les analyses présen- tées illustrent bien le risque de dérive quand on présente sous un jour volontairement égalitaire partisans et adversaires. Peut-on renvoyer dos à dos climato-sceptiques et responsables du GIEC en leur donnant égale surface de papier ou même temps d’antenne ? Sans revenir sur la mémoire de l’eau qui fit scandale, l’ouvrage illustre quelques dérapages ou embardées médiatiques ; il dégage des analogies fortes dans les controverses et met en évidence un trépied rhétorique : d’abord le phénomène lui-même est nié, puis considéré comme indépendant de l’homme (ou ne s’appli- quant pas à lui), enfin de faible gravité ; le lecteur retrouvera sans peine le comportement de ceux qui minimisent les évolutions climatiques ou nient les dangers des perturbateurs endocriniens… Loin de ces sujets sérieux, qui conduisent même à la disjonction ente science officielle (dont il faut se méfier) et science dissidente (qu’il faudrait encourager !), la lecture gourmande de Passeur de sciences, constitué de 78 blogs, remplira de joie ; on admirera la fructueuse persévérance de Pierre Barthélémy à traquer les résultats étonnants, origi- naux ou curieux de chercheurs méconnus ! Le sé- rieux et facétieux auteur des Chroniques d’Impro- bablologie, qui paraissent chaque semaine dans « Le Monde » doit être loué et remercié pour avoir braqué sur eux un projecteur éphémère : aucun sans doute ne deviendra célèbre mais le lecteur réjoui saura enfin presque tout sur le pouvoir calculatoire des spermatozoïdes, sur l’influence du chocolat sur le serial killer, sur la flore ombilicale et sur bien d’autres domaines dont l’importance lui avait échappé ! B. Ay. CHRONIQUE Sur le rôle des chroniqueurs et journalistes scientifiques… Ouvrage collectif sous la direction de Gérard Arnold & Sylvestre Huet Le journalisme scientifique dans les controverses CNRS Éditions - décembre 2014 154 p. 22 Pierre Barthélémy Passeur de sciences. Le dico des nouvelles découvertes étonnantes, originales, curieuses… Éditions Hugo & Cie - août 2014 284 p. 17,50