Les sociétés scientifiques et techniques, héritières modernes des sociétés savantes

17/07/2014
Auteurs : Alain Brenac
Publication REE REE 2014-3
OAI : oai:www.see.asso.fr:1301:2014-3:11252

Résumé

Les sociétés scientifiques et techniques, héritières modernes des sociétés savantes

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	    <date dateType="Updated">Thu 26 Jan 2017</date>
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REE N°3/2014 1 L a REE est l’organe principal de diffusion de la SEE, l’une de nos illustres « socié- tés savantes », selon l’expression consa- crée. Ce vocable qui fleure bon son 19e siècle, évoque irrésistiblement de doctes assem- blées de sommités portant barbiches ou favoris et discutant des mérites de leurs théories scientifiques respectives. Le concept de société savante a-t-il la même signification au 21e siècle ? Peut-on continuer à utiliser cette expression un peu pompeuse dès lors que nos sociétés ne se préoccupent plus uni- quement des progrès de la Science mais œuvrent aussi à en diffuser les résultats les plus marquants pour les mettre plus vite à la disposition du monde économique ? Plutôt que d'employer le terme de « savants », qu'on ne saurait attribuer qu'à une fraction très limitée de la population de nos communautés, il faudrait plutôt parler plus modestement de « sachants », terme malheureusement galvaudé par les thurifé- raires d'une révolution jargonnante de l'Education. C’est donc dans la confrontation et la synergie entre « ceux qui savent » (dans les matières scientifiques ou techniques) et « ceux qui savent tirer parti » des informations transmises par les premiers pour les transformer en innovations, que réside la véritable mission d'une « société scientifique et technique » (SST) telle que la SEE. Certes on pourrait objecter que la mondialisation aidant et le nombre de structures analogues se mul- tipliant dans l'écosystème national, il est de plus en plus difficile pour chacune de nos sociétés, souvent dépositaires d'un passé glorieux, de demeurer un ac- teur reconnu des forces qui comptent dans le pays, en un mot « d’exister » tout simplement. De surcroît l'avènement d'Internet et la mise à disposition géné- ralisée auprès de tout un chacun des connaissances les plus pointues, via des outils tel que Wikipedia, a porté un rude coup à la façon traditionnelle de nos sociétés de fonctionner en les obligeant à reconsi- dérer leur rôle en profondeur. C’est-à-dire non plus dispenser d’en haut des savoirs scientifiques rares mais plutôt dégager d'une masse de données foi- sonnante et sans cesse croissante, les analyses les plus pertinentes pour aider l'homme de l'art à com- prendre l’essentiel des évolutions de son métier. Malgré ce constat, à première vue pessimiste, il y a de bonnes raisons de croire à un nouvel essor des SST pour trois raisons (au moins) et sous trois conditions. Les trois raisons : L'irremplaçable rôle national des SST : malgré la globalisation du monde économique, il reste aux SST une place et un rôle essentiels à jouer pour représenter leurs communautés au niveau national et international. Chaque pays a ses spécificités à défendre en matière de recherche et de dévelop- pement technologique et ses créneaux porteurs en termes de politique industrielle. Une SST est un territoire « neutre » : c'est un cadre privilégié pour mener des réflexions stratégiques au plan national dépassant les simples « feuilles de route » de nos industriels ou de nos laboratoires de recherches. En leur sein peuvent s'élaborer des stratégies au service de nos concitoyens sur des thèmes sensibles. L'expérience originale de montage d'un « Cercle des Entreprises » par la SEE avec les industriels et opérateurs de services dont elle est proche, tire clairement parti de ce concept « d'espace de neutralité » qui permet à des concur- rents d’échanger sur des problématiques com- munes parfois très sensibles, dans un climat de confiance. La mission auprès des jeunes : la désaffection des jeunes gens pour les disciplines scientifiques et techniques n’est pas seulement le triste apanage de la France mais ce désamour y sévit particuliè- rement. Celui-ci doit être analysé, compris et com- battu avec vigueur par une action de sensibilisation en profondeur dirigée vers les jeunes générations. Il y va de l'avenir et de la prospérité du pays dans EDITORIAL ALAIN BRENAC 2 REE N°3/2014 les décennies à venir. Les SST ont là une mission im- périeuse à remplir en liaison avec les établissements d’enseignement les plus dynamiques œuvrant dans leurs communautés respectives. Les trois conditions : Lutter contre la dispersion des efforts et le morcelle- ment des structures. Le président d’une Académie réputée nous posa un jour cette question toute simple : pouvez-vous me faire une cartographie des « sociétés savantes » actives dans votre domaine ? Quelques mois après la question, les « cartographes » sont toujours au travail et on découvre chaque jour une nouvelle « terra incognita ». Le paysage constitué des multiples associations, pôles d'excel- lence et autres se revendiquant chacun comme le seul représentant habilité de sa communauté, est devenu tellement complexe, voire illisible, que la question est restée sans réponse claire. Il importe donc de mettre de l’ordre dans l'écosystème, de définir sans ambiguïté les missions de chacun et mutualiser les moyens chaque fois que c’est possible. C’est dans cet esprit par exemple qu’a été créée la Fé- dération des Sociétés savantes (F2S) qui vise à coor- donner les objectifs et les moyens de Sociétés comme la SEE (Electricité, Electronique, TIC), la SFP (Physique), la SFO (Optique) et la SFV (Techniques du Vide). Impliquer davantage les pouvoirs publics : Pour parvenir à cette remise en ordre indispensable, l'implication des pouvoirs publics est nécessaire. Mal- heureusement le potentiel d’entrainement que repré- sentent nos sociétés auprès de nos communautés est le plus souvent méconnu de la plupart des ministres et de leurs cabinets ou des responsables de collectivités territoriales. Or une articulation coordonnée des efforts de nos SST avec les politiques mises en place par les pouvoirs publics permettrait de produire un effet de le- vier dont on se prive souvent en vue de promouvoir la diffusion des connaissances, sensibiliser la population aux apports de la science et de la technologie et favo- riser la création d’emplois scientifiques et techniques, source des richesses de demain. Entretenir des relations suivies avec les structures homologues des SST françaises à l'étranger. Comme en France, les SST étrangères connaissent peu ou prou près les mêmes difficultés de fonctionnement et pas uniquement d’ordre financier. Certes la crise est là qui rend partout les ressources toujours plus rares et les adhérents plus difficiles à conquérir. Mais les modèles de fonctionnement d’importantes SST comme IEEE aux Etats-Unis, VDE en Allemagne ou IET au Royaume Uni, peuvent nous inspirer des solutions inédites grâce à un échange bien compris de « bonnes pratiques ». De plus ces échanges doivent être l'occasion pour nos SST d’af- firmer le positionnement de la France à son juste niveau dans le concert européen, voire mondial. Ne nous ren- fermons pas dans notre « pré carré », ouvrons les fe- nêtres, proposons notre pays pour héberger les congrès et conférences de premier plan, accueillir les chercheurs étrangers dont nous avons besoin ou encore promou- voir les contributions scientifiques françaises dans les programmes de recherche internationaux. Alain Brenac Membre Emérite de la SEE Secrétaire Général de la SEE