Pourquoi et comment modéliser les imaginaires ?

04/05/2014
Auteurs : Bernard Ayrault
Publication REE REE 2014-2
OAI : oai:www.see.asso.fr:1301:2014-2:10845

Résumé

Pourquoi et comment modéliser les imaginaires ?

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	    <date dateType="Updated">Thu 26 Jan 2017</date>
            <date dateType="Submitted">Tue 15 May 2018</date>
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REE N°2/2014 91 L e titre de cette chronique évoque un programme fort hasardeux, qui plus est dans une revue dont l’orientation scientifique n’est guère contestable ! Et pourtant, pour paraphraser les évangiles – Matthieu ou Luc – ou le célèbre roman de Doudintsev, on sait bien que ‘’L’homme ne vit pas que de technique’’ ; la sphère des idées et des représentations joue dans la vie courante un rôle qu’il ne s’agit pas ici de minimiser. Plus subtil et plus complexe appa- rait celui-ci dans les processus de création et d’innovation, au cœur même de l’activité intellectuelle de l’homme. Bien sûr, on songe spontanément à l’ima- gination de l’artiste, à son côté proprement visionnaire, où qu’il se manifeste – peinture, poésie ou autre : chacun d’entre nous a sans doute ressenti bien des fois combien cette capacité d’une représentation originale n’était ni facile, ni universelle, car n’est pas artiste qui veut ! La politique elle-même, en cette période électorale, n’échappe pas à la néces- sité de l’imaginaire et les média ne manquent pas d’insister souvent sur la pauvreté du story telling proposé par tel ou tel. Cette chronique se propose d’inviter à la réflexion sur le rôle de l’imaginaire pour qui innove ou crée, au sein des activités profes- sionnelles usuelles, celles des ingénieurs et plus généralement, celles des intellectuels de toutes disciplines : l’objectif est d’analy- ser les processus mentaux, idéels, associés à la création. Chacun connait Apple pour sa créativité industrielle, ou encore l’importance du packaging pour le commerce des objets courants (alimentaires ou pharmaceutiques par exemple) comme pour celui des objets de luxe (alcools, parfums…), mais la valeur ainsi ajoutée, l’est de façon consciente, voire manipulatrice, par des spécialistes relevant du marketing. Bien plus profond est le projet de la chaire « Modélisations des imaginaires, innova- tion et création », créée fin 2010 à Télécom Paris-Tech avec le soutien de plusieurs parte- naires, industriels comme Dassault Systèmes, Orange ou PSA, institutionnels comme la DATAR. Elle est animée par Pierre Musso, uni- versitaire à Rennes II, philosophe de forma- tion et spécialiste de Saint-Simon, mais aussi fin connaisseur du monde des télécoms (il a été naguère membre du conseil d’administra- tion de France Télécom). Comme toutes les chaires qui se sont multipliées ces dernières années dans quelques grandes écoles, celle- ci associe dans un objectif partagé des ensei- gnants-chercheurs (confirmés ou doctorants) et des entreprises intéressées par des théma- tiques originales et le plus souvent transver- sales. Les retombées attendues concernent autant l’enrichissement des enseignements s’adressant à de futurs cadres supérieurs que les progrès partagés de la connaissance ; l’expérimentation comme la confrontation théorie/pratique sont souvent au programme de ces aventures intellectuelles stimulantes. Dans le cas présent, Pierre Musso et ses collègues s’attachent à analyser les imaginaires des acteurs engagés dans des processus inno- vants, que ceux-ci concernent des nouvelles formes industrielles ou des nouveaux services de la société numérique. Deux convictions, largement vérifiées dans des champs très divers, fondent l’activité du groupe : d’une part l’imaginaire constitue une (sinon la) matière première d’une innovation de plus en plus intense, d’autre part le cheminement, par les émotions et les représentations, de cet imagi- naire est largement méconnu ou sous-estimé dans les processus où il se manifeste. Un tel programme est à l’évidence lar- gement inter – et pluri – disciplinaire : c’est pourquoi la chaire invite chaque mois un spécialiste à venir expliquer ce que cette exploration de l’imaginaire apporte dans son propre champ intellectuel : il en résulte une série de conférences, qui fort heureu- sement sont rapidement publiées. Déjà une quinzaine d’ouvrages ont paru aux éditions Manucius : ils sont petits quant à la taille et au prix (une cinquantaine de pages pour 4 à 6 ), mais fort précieux pour leur origina- lité et leurs contenus. Réunis, ils constituent une véritable approche collective où l’on peut à loisir s’enrichir du savoir et de la réflexion d’un historien (François Caron : Les voies de l’innovation - les leçons de l’histoire), d’un socio-anthropologue (Victor Scardigli : Imagi- naire de chercheurs et innovation technique), d’un sociologue (Gérald Bronne : Croyances et imaginaires contemporains), d’un écono- miste (Michel Volle : Philosophie de l’action et langage de l’informatique), d’un psychiatre (Roland Jouvent : Les rêveries du cerveau - émotions et technologies), d’un biophysicien (Henri Atlan : Qu’est-ce qu’un modèle ?)… D’un catalogue déjà fort riche et promet- teur nous avons extrait pour le cartouche de la présente chronique deux conférences tout à fait significatives de l’esprit de la collection. Etienne Klein, dont nos lecteurs connaissent bien les ouvrages, s’interroge sur l’origine des idées scientifiques : quand on s’intéresse comme lui aux questions de physique fon- damentale autant qu’à leur vulgarisation, on est évidemment fondé à réfléchir aussi sur les représentations et les processus intellec- tuels qui conduisent (parfois !) au célèbre Eurêka ! L’autre ouvrage est dû à Pierre Musso lui-même : il était bien normal après tout que le directeur de la collection s’attachât à mon- trer que l’industrie, loin d’être uniquement affaire de technique et d’économie, était aussi (P. Musso dit même d’abord !) affaire philoso- phique en tant qu’elle réalise et porte depuis la Renaissance l’imaginaire de l’Occident. Nous conseillons vivement à nos lecteurs de confronter leurs certitudes, et leurs ignorances, à ces réflexions roboratives et originales. B. Ay. CHRONIQUE Pourquoi et comment modéliser les imaginaires ? Pierre MUSSO L’imaginaire industriel Etienne KLEIN EURÊKA D’où viennent les idées (scientifiques) ? Editions Manucius chaque ouvrage - 50 p.- 4