CT ISIC Ingéniérie des systèmes d'information et de communications

Frédéric Barbaresco Contacter cette personne

Prochaines manifestations

Marcel Berger greatly contributed to mathematics, through his own publications, for example on holonomy groups, symmetric spaces, curvature pinching and the sphere theorem, spectral geometry or systolic geometry. His influence goes far beyond his research papers. His books and surveys have inspired not only his students, but a much broader audience.
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 Les Journées scientifiques 2018 d'URSI-France, sous l’égide de l’Académie des sciences, auront pour thème « Géolocalisation et navigation ». 
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The aim of this conference is to provide a forum for researchers and technologists to present new advances and contributions in the form of keynotes, tutorials, workshops as well as regular and special sessions with the objective to share id

Accueil

Domaines couverts :
  • Traitement du signal, de l’image, de l’information
  • Aide à la décision
  • Télécommunications.

Organisation

Président

Frédéric Barbaresco

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Manifestations

Format : 2017-11-12
Format : 2017-11-12

2017

2015

2014

Nouvelles

Dear colleagues,
 
We are currently collecting papers for a special issue of Optimization Letters (OPTL, Springer) that is dedicated to the memory of Michel Deza (https://en.wikipedia.org/wiki/Michel_Deza). The title of the issue is "Applications of Distance Geometry".
Michel suddenly passed away on last November 2016. He is author of the Encyclopedia of Distances, that almost reached the threshold of 1000 citations, and which makes him an eminent member of the distance geometry community.
 
OPTL generally collects short contributions (about 10 pages long).
Submissions should be performed via the editorial system at the address:
 
by selecting the article type si:DGD16. The submission deadline is June 2nd, 2017.
 
All the best,
 
Antonio Mucherino
Carlile Lavor
OPTL guest co-editors
Call for Paper GSI17
Thèmes : Récupération d’énergie, Radiocommunications faible consommation, Transmission d’énergie sans fil, Composants et systèmes pour l’énergie dans les radio-sciences, Gestion-Stockage-Optimisation des ressources énergétiques, Energie et numérique.
Il sera proposé aux auteurs des meilleures communications de publier un article, soit dans un numéro thématique des Comptes rendus Physique de l’Académie des sciences (contenu à connotation physique), soit dans la Revue de l’électricité et de l’électronique (REE) pour les contenus de type sciences de l’ingénieur.
Éditeurs Associés : Prof. Smail Tedjini & Dr. Apostolos Georgiadis 

L’augmentation des puissances de calcul (Multicore, GPU, …) disponibles à coût constant est une tendance forte qui permet d’envisager l’utilisation d’une nouvelle génération d’algorithmes de traitements du signal, de l’image et de l’information pour atteindre des performances accrues par rapport aux traitements actuels, et répondre aux spécifications nouvelles pour des services ou équipements de dernière génération.

Le traitement statistique classique du signal est basé sur les progrès réalisés en algèbre linéaire et en analyse dans la seconde moitié du XXème siècle (transformée de Fourier rapide, algèbre des matrices, ondelettes, …). Depuis le début des années 2000, de nouveaux outils « géométriques » sont apparus basés sur la géométrie différentielle et d’autres géométries (hessienne ou de Kähler, symplectique, de contact, …). Cette nouvelle famille d’algorithmes est regroupée sous le terme générique de « Géométrie de l’Information ». Cette géométrie fait intervenir la « matrice d’information de Fisher », dont Maurice Fréchet avait découvert dès 1939, la particularité : son inverse borne inférieurement la variance de tout estimateur statistique. Cette borne de Fréchet‐Darmois (parfois appelée borne de Cramer‐Rao) est ainsi à l’origine de cette nouvelle géométrie aux propriétés remarquables.

Dans ce domaine, la France est à l’avant garde et une « Ecole française » s’est fédérée en particulier autour du séminaire Brillouin (http://repmus.ircam.fr/brillouin/home) à l’initiative de l’Ecole Polytechnique, l’IRCAM et THALES. Afin d’avoir une vue globale de l’état de l’art, le club SEE SI2D avec l’aide de sponsors (groupe THALES, INRIA, GDR CNRS MIA, GDR CNRS Maths & Entreprises), l’aide du département mathématique de l’Ecole des Mines et le soutien du comité scientifique de la SMF (Société Mathématique de France), a organisé la 1ère conférence internationale du 28 au 30 Aout 2013, à l’Ecole des Mines de Paris : GSI’13 « Geometric Science of Information »  (http://www.gsi2013.org)

Le programme technique couvrait l’ensemble des thématiques des sciences géométriques de l’information, et en particulier la “Géométrie de l’Information” appliquée aux traitements et à l’analyse de données structurées. L’objectif interdisciplinaire de GSI’13 a favorisé les échanges entre différentes branches des mathématiques, de la physique et de la théorie de l’information : espaces de formes (statistiques géométriques sur les variétés et les groupes de Lie, déformations dans les espaces de formes,…), probabilité/optimisation & algorithmes sur les variétés (variétés de matrices structurées ou de données/Informations structurées, …), métriques discrètes et relationnelles (métriques dans les graphes, géométrie des distances, analyse relationnelle de Condorcet,…), Géométrie Hessienne et Computationnel de l’Information, variétés de l’information liés aux espaces de dimension infinie ou à la géométrie algébrique, géométrie associée aux divergences, extension tensorielle de la morphologie mathématique, théorie du transport optimal, apprentissage de variété et de leur topologie, … et de nombreuses applications comme la géométrie du traitement audio, de l’imagerie, des problèmes inverses et du traitement du signal.

La conférence GSI’13 a invité 3 « keynote speakers » (Y. Ollivier, H. Shima & G. Pistone) et un « Guest speaker » (S. Amari) de renommées internationales ; en particulier une jeune étoile montante de 35 ans de l’Ecole mathématique française, Yann Ollivier (http://www.yann‐ollivier.org) de l’université Paris‐Sud (médaille de Bronze du CNRS, thésard de Misha Gromov, diplômé de l’ENS ULM). Très tôt reconnu par de nombreux prix (prix des jeunes scientifiques européens d’Helsinki en 1996, prix Fermat Junior en 1995, 2nd places au « Concours général » de Mathématique et de Physique), Yann Ollivier s’intéresse à l’introduction de modèles probabilistes sur des objets structurés. On lui doit, entre autres, une nouvelle famille d’algorithmes appelés IGO (Information Geometry Optimization), qu’il applique à l’optimisation « boîte noire » et aux réseaux de neurones, et l’introduction d’une nouvelle courbure dans les espaces discrets, la courbure de Ricci‐Ollivier. Yann Ollivier aime à citer G.B Shaw « The reasonable man adapts himself to the world; the unreasonable man persists in trying to adapt the world to himself. Therefore, all progress depends on the unreasonable man». Je vous invite à lire son HDR au titre évocateur « Le hasard et la Courbure ».

GSI’13 avait l’honneur d’accueillir 2 membres de l’Académie des Sciences. La matinée du 2nd jour était ainsi dédiée à l’œuvre du mathématicien français Jean‐Louis Koszul, qui nous honora de sa présence malgré ses 92 ans. Le professeur Jean‐Louis Koszul (cousin du compositeur Henri Dutilleux), diplômé de l’ENS ULM, membre du groupe Bourbaki, fut le thésard d’Henri Cartan, qui adressa une élogieuse allocution à son égard. L’œuvre de Jean‐Louis Koszul prolonge celle d’Elie Cartan, et ce que nous appelons maintenant les 1ère et 2nd formes de Koszul, et la fonction caractéristique de Koszul‐Vinberg, constituent les fondations de cette nouvelle science géométrique de l’information. Le 3ème jour, le professeur Roger Balian, âgé de 80 ans, présida l’une des sessions et fit un exposé brillant et très suivi, sur « la métrique quantique de Fisher » (exacte analogie dans le domaine quantique de la métrique de Fisher utilisée en « Géométrie de l’Information »), métrique hessienne déduite de l’Entropie de von Neumann, qu’il introduisit en 1986 en prolongeant la notion de « potentiel thermodynamique » que François Massieu introduisit en thermodynamique 100 ans plus tôt. Diplômé du Corps des Mines, professeur de Physique statistique à l’Ecole Polytechnique, Roger Balian a fait toute sa carrière détaché comme ingénieur au CEA de Saclay, dont il dirigea le service de physique théorique. Il est maintenant conseiller scientifique au CEA.

Cette manifestation a rassemblé 160 experts internationaux venant de laboratoires d’études industriels (ALCATEL Bell labs, CEA, SAGEM, THALES, SONY Computer Science Labs,…) et de laboratoires académiques français (Ecole Polytechnique, Ecole des Mines de Paris, ENS ULM et Cachan, SUPELEC, INRIA, CNRS, …), USA (universités de Stanford, de Yale,…), UK (universités d’Oxford, de Cambridge,…), Allemand (Max Planck Institute, …) et d’Asie (Université de Singapour, du Japon, …). La société SCILAB, en coordination avec la SEE, y a annoncé le lancement de l’initiative « SCILAB GSI TOOLBOX » visant à développer une librairie d’outils, facilitant le passage de connaissances des labos vers l’industrie. Les sessions plénières ont été filmées et seront mises en lignes ainsi que l’ensemble des présentations des orateurs.

Après un cocktail d’accueil sur la terrasse de l’hôtel de Vendôme, une visite de l’IRCAM était organisée, suivi d’un concert atypique où un saxophoniste professionnel improvisait en duo avec un ordinateur doté d’une capacité d’improvisation temps réel (système de reconnaissance automatique de thème musicaux basés sur la géométrie de l’information). Le second jour, un dîner de gala était organisé au restaurant du 1er étage de la tour Eiffel. Les congressistes ont pu également visiter le musée de minéralogie de l’Ecole des Mines de Paris, pour découvrir les extravagances géométriques de la Nature.

Fort du succès de cette première édition, les comités d’organisation et scientifiques de SEE GSI’13 ont pris acte pour organiser SEE GSI’15 en France dans deux ans dans un lieu du patrimoine culturel français (châteaux de la Loire, …).

Cette conférence a donné lieu à l’édition par l’éditeur SPRINGER d’un ouvrage de 900 pages dans la collection LNCS (Lecture Note in Computer Science) disponible sur le site:

http://www.springer.com/computer/image+processing/book/978‐3‐642‐40019‐3

La « géométrie de l’information », qui est au cœur des thématiques de GSI’13, n’est pas un « effet de mode », puisqu’elle a une longue histoire (plus vieille que la SEE) qui remonte aux travaux de François Massieu en 1869 qui introduisit la notion de « fonction caractéristique » en thermodynamique et écrit « je montre, dans ce mémoire, que toutes les propriétés d’un corps peuvent se déduire d’une fonction unique, que j’appelle la fonction caractéristique de ce corps » (c’est ce qu’on appelle aujourd’hui les potentiels thermodynamiques de Gibbs‐Duhem). Pierre Duhem généralise l’idée de Massieu dans son article « Sur les équations générales de la Thermodynamique » en 1891, essayant de fondre la Thermodynamique et la Mécanique dans une Science unique qu’il appelle l’Energétique ou « Thermodynamique Générale » et écrit « Nous avons fait de la Dynamique un cas particulier de la Thermodynamique, une Science qui embrasse dans des principes communs tous les changements d’état des corps, aussi bien les changements de lieu que les changements de qualités physiques ». En 1908, Henri Poincaré fait son cours de thermodynamique, qui reprend en la développant l’idée géniale de Massieu et écrit « Puisque des fonctions de M. Massieu on peut déduire les autres fonctions des variables, toutes équations de la Thermodynamique pourront s’écrire de manière à ne plus renfermer que ces fonctions et leurs dérivées ; il en résultera donc, dans certains cas, une grande simplification ». Quatre ans plus tard en 1912, Henri Poincaré publie son cours de Probabilité dans lequel il vient d’inventer la notion de « fonction caractéristique » en probabilité avec l’idée analogue à Massieu, que l’ensemble des moments d’une densité de probabilité peuvent se calculer à partir des dérivées de cette fonction caractéristique (le potentiel de Massieu est en fait le logarithme de ce qu’on appelle la fonction caractéristique en probabilité). Paul Levy va généraliser l’idée de Poincaré et utiliser systématiquement ce nouvel instrument. L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais pendant l’hiver 1939, Maurice Fréchet découvre dans son cours de l’Institut Henri Poincaré que la variance de tout estimateur statistique est bornée inférieurement par l’inverse d’une matrice introduite quelques années plus tôt par Fisher. En 1945, Rao redécouvre indépendamment ce résultat et montre que cette matrice de Fisher définie une métrique différentielle dans l’espace des paramètres des lois statistiques, à partir de laquelle il est possible de définir une distance entre densités de probabilités, invariante par changement de paramétrisation. Ce résultat est axiomatisé par le russe Chentsov qui montre qu’il n’en existe pas d’autres. Par la suite, cette métrique de Fisher est apparue comme pouvant être définie comme une métrique hessienne liée à deux potentiels duaux reliés par la transformée de Legendre, l’Entropie et le logarithme de la fonction caractéristique ; qui sont précisément les analogues des potentiels de Massieu‐Gibbs‐Duhem. Dans les années 60, le mathématicien Jean‐Louis Koszul avait étudié indépendamment les particularités de ces géométries hessiennes et montré avec Jacques Vey que la métrique hessienne déduite du logarithme de la fonction caractéristique (appelé fonction caractéristique de Koszul‐Vinberg sur un cône convexe) était indépendante des automorphismes du cône support. La dualité projective de Legendre qui apparaît en Thermodynamique et en Géométrie de l’Information se retrouve en Mécanique reliant l’Hamiltonien et le Lagrangien. Ce principe de dualité projective est très profond en mathématique et est une sorte de pendant de la dualité analytique de la Transformée de Fourier. On retrouve déjà ce principe de dualité projective avec le théorème de Pascal « Hexagrammum Mysticum » (6 points arbitraires sur une conique définissant un hexagone, les intersections des paires de côtés opposés sont alignées) dont le dual est le théorème de Brianchon (Les diagonales joignant les sommets opposés d'un hexagone sont concourantes si et seulement si cet hexagone est circonscrit à une conique) : entre les deux théorèmes les points ont été remplacés par des droites et les droites par des points. La Géométrie associée à la transformée de Legendre se trouve être également à la base de la « géométrie de contact », qui était pour Vladimir Arnold « LA » géométrie fondamentale, sœur de la géométrie Symplectique (base de la physique moderne dans l’espace des phases de dimension paire) en dimension impaire : « symplectic geometry is all geometry, but I prefer to formulate it in a more geometrical form: contact geometry is all geometry ». Il précise sa pensée en soulignant « Any fact in symplectic geometry can be formulated as a contact geometry fact and vice versa. The calculations are simpler in the symplectic setting, but their geometric content is better seen in the contact version… .The functions and vector fields of symplectic geometry are replaced by hypersurfaces and line fields in contact geometry ». Pour terminer ce court récit historique, je terminerai par la découverte en 1986 par Roger Balian, d’un équivalent en mécanique quantique d’une métrique de Fisher, qu’il définit par analogie comme le hessien de l’Entropie de von Neumann. Ne s’arrêtant pas à l’analogie introduite par von Neumann, Roger Balian fonde l’existence et l’unicité de cette « Entropie Quantique » sur des principes fondamentaux : axiomatisation (additivité, invariance unitaire, concavité, continuité) et la dérivation du maximum d’Entropie de von Neumann du principe d’équiprobabilité de Laplace (Mémoire sur la probabilité des causes sur les évènements). Comme le fit Léon Brillouin en 1957 dans son ouvrage « La Science et la Théorie de l’Information », cette entropie s’interprète également comme une information manquante. Roger Balian va plus loin et introduit, dans le cadre du formalisme de Liouville, un cadre interprétatif en terme de « projection orthogonale » sur une variété au sens de cette métrique. Il remarque également un terme de courbure introduit par la non‐commutativité en physique quantique. Très récemment sur la base de la géométrie de l’information et la métrique de Fisher, Yann Ollivier a introduit un nouvel algorithme IGO (Information Geometry Optimization) pour l’optimisation « boite noire », qui outre le fait de respecter l’invariance par changement de paramétrisation, est aussi invariant par changement de coordonnées et par transformation strictement croissante de la fonction à maximiser.

Dès ses origines, la théorie de l’information a d’ailleurs été liée à la physique par le biais de la notion d’Entropie. Le premier à noter cette similitude de concept est L. Szilard dans une publication de 1929. Cette relation intime entre l’information et l’entropie a été redécouverte par C. Shannon qui écrit : "Mon plus gros soucis était comment l'appeler. J'ai pensé à l'appeler information, mais le terme était trop utilisé, alors j'ai décidé de l'appeler incertitude. Quand j'en discutais avec John von Neumann, il eut une meilleure idée. Il me dit, tu devrais l'appeler entropie, pour deux raisons. Premièrement, ta fonction d'incertitude a été utilisée en mécanique statistique sous ce nom, donc ça a déjà un nom. Deuxièmement, et le plus important, personne ne sait ce qu'est vraiment l'entropie, donc dans un débat tu aurais toujours l'avantage."

Si nous remontons plus loin dans l’histoire, intéressons‐nous aux origines étymologiques du mot « Information ». D’abord écrit « enformer », le mot « informer » apparaît en français en 1286, empreint au latin «informare », littéralement « donner une forme ». Le mot « information » apparaît conjointement au XIIIème siècle. De l’étymologie grecque, μορφή , morphêforme »), nous est parvenu le sens de morphologie, la science des formes. Le concept fondamental semble donc être celui de « formes » et de citer Cicéron « materia, quam fingit et format effectio » (la matière que moule et met en forme la force motrice). L’énergie transforme la matière inerte en information et nous rattache au triptyque originel « Matière/Energie/Information ». La notion d’Information est donc intimement liée dès l’origine à la notion de Forme. Mais cela nous emmènerait trop loin et je renvoie le lecteur au Colloque de rentrée du Collège de France 2011 « La vie des formes et les Formes de la vie » (publié sous forme d’ouvrage aux éditions Odile Jacob), en l’invitant à lire l’article de Anne Fagot‐Largeault « La forme chez Platon et Aristote » ou elle rappelle que pour Platon, il s’agit de mettre en évidence des relations entre éléments, des relations appréhendées par l’intelligence et non des éléments touchés par les sens. La notion de « Forme » en Grec étant désigné par « Morphè », « Eidos » et « Idea » ; les concepts de Forme et d’Idée étaient très proches. En 1907, Henri Bergson soulignait cette proximité dans l’Evolution créatrice « Le mot eidos, que nous traduisons ici par Idée, a en effet ce triple sens. Il désigne : 1° la qualité, 2° la forme ou essence, 3° le but ou dessein de l'acte s'accomplissant, c'est‐à‐dire, au fond, le dessin de l'acte supposé accompli. Ces trois points de vue sont ceux de l'adjectif, du substantif et du verbe, et correspondent aux trois catégories essentielles du langage», nous laissant défricher « cette grammaire des formes », peut‐ être entre les lignes du « cours de linguistique générale » et de sémiologie de Ferdinand de Saussure.

Cette intuition, qu’il existe « un espace des formes », on la retrouve en préface de l’ouvrage « Les mots et les choses », où Michel Foucault y cite l’Encyclopédie chinoise tiré d’un texte de Borges : « Les animaux se divisent en : a) appartenant à l’Empereur, b) embaumés, c) apprivoisés, d) cochon de lait, e) sirènes, f) fabuleux, g) chiens en libertés, h) inclus dans la présente classification, i) qui s’agitent comme des fous, j) innombrables, k) dessinés avec un pinceau très fin en poil de chameau, l) et cetera, m) qui viennent de casser la cruche, n) qui de loin semblent des mouches ». Michel Foucault précise alors pourquoi il cite ce texte : « La monstruosité que Borges fait circuler dans son énumération consiste en ceci que l’espace commun des rencontres s’y trouve ruiné. Ce qui est impossible, ce n’est pas le voisinage des choses, c’est le site lui‐même où elles pourraient voisiner. … Les choses y sont ‘couchées’, ‘posées’, ‘disposées’ dans des sites à ce point différents qu’il est impossible de trouver pour eux un espace d’accueil, de définir au‐dessous des uns et des autres un lieu commun … Sur quelle ‘table’, selon quel espace d’identités, de similitudes, d’analogie, avons‐nous pris l’habitude de distribuer tant de choses différentes et pareilles ? ». Foucault dans cet ouvrage à également étudier l’histoire et la notion de ressemblance : « La trame sémantique de la ressemblance au XVIème siècle, est fort riche : Amicitia, Aequalitas (contractus, consensus, matrimonium, societas, pax et similia), Consonancia, Concertus, Continuum, Paritas, Proportio, Similitudo, Conjunctio, Copula . Mais il y en a quatre qui sont, à coup sûr essentielles : La CONVENIENTIA : est une ressemblance liée à l’espace dans la forme du ‘proche en proche’. Elle est de l’ordre de la conjonction et de l’ajustement. Elle appartient moins aux choses qu’au monde dans lequel elles se trouvent ; L’AEMULATIO : sorte de convenance affranchie de la loi du lieu, qui jouerait immobile dans la distance. Les anneaux ne forment pas une chaîne comme les éléments de la convenance, mais plutôt des cercles concentriques, réfléchis et rivaux ; L’ANALOGIE : affrontement des ressemblances à travers l’espace ; le JEUX DES SYMPATHIES : nul chemin n’est déterminé à l’avance, nulle distance n’est supposée, nul enchaînement prescrit. Elle parcourt en un instant les espaces les plus vastes. Sa figure jumelle, l’antipathie maintient les choses en leur isolement et empêche les assimilations. Enfin, ll n’y a pas de ressemblance sans signature. Le savoir des similitudes se fonde sur le relevé des signatures et sur leur déchiffrement. »

Pour conclure, et afin d’expliquer le titre de la conférence SEE GSI « Geometric Science of Information », je rappellerai la préface à l’ouvrage de Léon Brillouin « La Science et la Théorie de l’Information », édité en France par Masson en 1959. Brillouin y souligne l’aspect déconcertant de son titre pour les lecteurs de l’époque « Son sens est double : théorie scientifique de l’information d’une part, mais aussi : application de la théorie de l’information à des problèmes de sciences pures. En somme, action et réaction entre Science et Information ».

Le logo de la conférence GSI’13 (qui apparaît également sur les actes SPRINGER), représente le détail d'une enluminure du XIVe siècle, contre poinçon d'une lettre capitale « P », au début des Éléments d'Euclide, dans une traduction attribuée à Adélar de Bath. Une femme porte une équerre d'une main et utilise un compas de l'autre pour mesurer des distances sur un diagramme. Un groupe de moines, apparemment ses étudiants, la regardent. Au Moyen Âge, la représentation d'une femme dans un rôle d'enseignant est inhabituelle. La femme représentée ici serait donc plutôt une personnification de la géométrie.

Frédéric Barbaresco / Président du club SEE SI2D, GSI’13 General Chair

 

Logo de la conférence SEE GSI’13

Photo de groupe sur la terrasse de l’hôtel de Vendôme à l’Ecole des Mines de Paris

Session plénière dans l’Amphithéâtre Henri Poincaré de l’Ecole des Mines de Paris

  

Yann Ollivier et le Prof. Jean-Louis Koszul (à gauche), le Prof. Roger Balian (à droite)

Concert à l’IRCAM : L’ordinateur utilisant la  « Géométrie de l’imformation » improvisant en duo avec un saxophoniste professionnel

Actes de SEE GSI’13 édités par Springer

 

The French SEE sociéty (Société de l'Electricité, de l'Electronique et des Technologies de l'Information et de la Communication) organises RADAR 2014 in Lille from October 13 to 17. 

CALL FOR PAPER
Abstract submission deadline postponed to February 9th

IMPORTANT DATES :
April 15th, 2014 : Notification of acceptance
June 1st, 2014 : Deadline for final paper submission

The conference will be organized in the frame of the international relations set up between the Institution of Engineering and Technology (IET), the Institute of Electrical and Electronics Engineers (IEEE), the Chinese of Electronics (CIE ), the Institution of Engineers Australia (IEAust ) and the SEE.

Conference Board

Honorary Chair : François Le Chevalier (Thales)
General Chair : Marc Lesturgie (Onera)
Technical Chair : Laurent Savy (Onera)
Technical co-Chair : Nathalie Rolland (IEMN)
Technical co-Chair : Jean-Paul Guyvarch (Thales)

Organizing Committee Chair : Myriam Nouvel (Thales)
Local Arrangements : Jean-Bernard Choquel (ULCO)
Tutorials : Stéphane Kemkemian (Thales)
Exhibitions : Sylvain Azarian (Sondra)
Award : Laurent Ferro-Famil (University of Rennes)
SEE coordination : Valerie Alidor (SEE)

Topics
The conference will focus on new research and developments in the field of radar techniques for both military and civil applications. Topics to be covered at RADAR 2014 include (but are not restricted to) :

  • Radar Environment and Phenomenology , Electromagnetic Modeling,
  • Radar Systems,
  • Remote Sensing from Airborne or Space-borne Systems, SAR & ISAR Imagery,
  • Waveform Design, Beamforming and Signal Processing,
  • Emerging Radar Applications,
  • Smart Visualization and Information Processing (Augmented Reality, "big data"),
  • Radar System Technologies,
  • Radar Component Technologies,
  • System Modeling, Simulation and Validation,
  • Radar Management Techniques,
  • Automatic Classification.

Abstract submision
When preparing your submission you MUST use one of the approved template available on www.radar2014.org . Authors' instructions are listed here