Le développement de l’éolien off-shore : la REE fait le point

La production d’électricité d’origine décarbonée est un enjeu planétaire. Après l’énergie éolienne terrestre, l’énergie éolienne en mer, ou offshore, connaît depuis une dizaine d’années, une forte croissance et fait l’objet d’attention de la part des gouvernements et du public en général.

En Europe, les principales fermes offshore se situent au large du Royaume-Uni (7 GW), de l’Allemagne (5 GW), du Danemark, des Pays-Bas et de la Belgique. Quant à la France, bien que les pouvoirs publics aient lancé il y a sept ans des appels d’offres qui ont fait l’objet d’attributions, les premières fermes ne seront pas mises en service avant 2022. La plus grande profondeur des fonds marins au large de l’Hexagone explique en partie ce retard, mais  différents recours administratifs également, tout comme la renégociation des tarifs de rachat qui a eu lieu au printemps dernier.

D’une façon générale, le développement de l’éolien offshore fait débat : son impact environnemental est discuté et son coût, au regard d’autres moyens de production interpelle : pourquoi certains pays le subventionnent-ils encore fortement, comme c’est le cas de la France, alors que de nouveaux parcs apparaissent sans subvention ? Si les technologies posées sont majoritaires actuellement, quelle sera la tendance future ? L’éolien flottant apparaît comme une nouvelle voie prometteuse mais tiendra-t-elle ses promesses ? Les technologies en courant continu apporteront-elles une solution au problème des raccordements ?

Dans son numéro 2018-4, la REE publie une série d’articles d’acteurs du secteur permettant d’éclairer ces questions. Deux gestionnaires de réseau de transport, RTE pour la France, et TenneT pour les Pays-Bas et l’Allemagne, donnent une vision de la situation présente et des perspectives au niveau européen. EDF Renouvelables (ex EDF EN) donne le point de vue d’un producteur présent à l’échelle mondiale. La PME innovante française EOLFI explicite tout le potentiel des solutions pour l’éolien flottant. Enfin, Bruno Meyer, pilote de ce dossier, propose, pour la REE, une synthèse de l’ensemble.

Dans un contexte budgétaire serré, la décision d’engager la France dans la voie de l’éolien flottant n’est pas simple. Si le choix retenu en France en faveur du posé est cohérent avec les données propres à l’Hexagone, les potentialités du flottant et les différences géographiques en font une solution prometteuse dans d’autres pays et il serait souhaitable que la France participe à son développement. Des entreprises françaises maîtrisent certaines technologies-clés héritées de l’industrie pétrolière et jouent déjà un rôle à l’export. A moyen terme, la France, qui possède le deuxième domaine maritime mondial, pourrait voir le flottant se développer sur ses territoires marins. Une politique d’appui public mesuré, initialisée par le financement de prototypes, permettrait de laisser ouverte cette voie, tout en permettant à l’industrie française de se développer au niveau mondial.

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