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La télévision connectée, nouvelle révolution télévisuelle : Les services

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REE N°1/2014 ◗ 79 LA TV connectée Muriel Sangouard1 , Jean-Pierre Lacotte2 , Frédéric Tapissier3 Consultante télévision connectée1 , Directeur affaires institutionnelles Europe Technicolor2 , Chef du département Innovation Technologique TF13 L’article précédent a retracé les phases de la pro- gression technique et technologique qui a conduit dans plusieurs pays, les divers laboratoires travaillant sur les signaux de télévision à proposer de nouvelles solutions pour rendre ce média plus attractif. Cette histoire représente une lente évolution et non pas une révolution, chacune des tentatives d’introduction de nouveaux services a été un passage nécessaire mais pas suffisant pour provoquer l’adoption massive par le marché. L’analyse de ces échecs a conduit les techniciens à améliorer à chaque fois leur système, mais à la marge, sans pour autant convaincre les uti- lisateurs. Aujourd’hui, tous les spécialistes s’accordent à penser que l’arrivée de terminaux connectés qui combinent des techniques de la télévision et de l’In- ternet, associée au nouveau standard HbbTV sont une formidable opportunité de créer des services et des contenus réellement attractifs. Les paragraphes qui suivent montrent comment les fonctionnalités se sont enrichies au fil des pro- grès technologiques, comment l’accès aux contenus a gagné en convivialité et en simplicité et comment la palette des acteurs fournisseurs de contenus s’est élargie, des chaînes de télévision aux constructeurs de téléviseurs, aux fournisseurs d’accès à l’Internet (FAI) ou à ceux des services Web, avec une ambi- tion : capter l’attention du télénaute et le garder le plus longtemps possible dans son espace média. TAK, la télévision et Internet TAK a été proposé dans les années 2000 par Thomson Multimédia (aujourd’hui Technicolor) et Microsoft pour des services interactifs sur les chaînes de télévision analogiques. A cette époque, le débit disponible de la voie de retour était très limité et ne permettait de recevoir que des pages de texte ou d’images de basse résolution. Le téléspectateur interagissait au moyen de sa té- lécommande et/ou d’un clavier type alphanumérique infrarouge. TAK permettait d’offrir trois familles de services : La télévision connectée, nouvelle révolution télévisuelle : Les services The first experience of interactive TV was provided by Thomson and TAK technology in the early 2000’s. TV viewers were able to get more information on programs but real-time interaction was poor due to limited back loop bandwidth. Ten years later broadband internet infrastructure has grown. In 2010 TV manufacturers introduce their first Smart TVs samples on the market, offering a wide portal of applications consumers can access to if they connect their TV sets to internet. At the same time TV broadcasters promote HbbTV as the standard for Smart TVs, because they want to address mass market rapidly and simply. They provide seamless navigation from linear TV to their own applications and offer access to catch-up and VOD contents as well as synchronized interaction with live programs. TV broadcasters are convinced that this unique TV experience can be even greater if it is combined with an application on a second screen like a smartphone or a tablet : they are currently actively working on it.  Connected TVs are the result of convergence of broadcast TV and internet on the same device, meaning that new content aggregators like manufacturers or pure OTT players can threaten traditional TV broadcasters business. As a consequence there is a strong need for the regulator to define clear, equal and efficient rules to make those two worlds coexist for the benefit of consumers. abstract 80 ◗ REE N°1/2014 LA TV connectée • des services «  diffusés  » sur les canaux télétexte par les chaînes TV classiques, permettant d’avoir quelques infor- mations complémentaires pour un programme normal ou une publicité ; • des services en ligne, assimilables à un portail, regroupant de l’information, une messagerie, des jeux ou un guide TV, dans un environnement complètement propriétaire mais s’appuyant sur des protocoles Internet (HTML, etc..) ; • un accès ouvert à l’ensemble du Web, grâce un navigateur de dernière génération de l’époque. TAK donnait accès à des applications classiques : jeux interactifs, jeux concours, jeux en ligne, votes ; mais aus- si à des fonctions liées à l’émission en cours : brèves sur l’émission, caricatures en temps réel1 , bibliographie des intervenants, promotion des sponsors de l’émission, accès aux fiches techniques demandées, mais encore guide des programmes plus ou moins ciblés. Le téléspectateur pouvait aussi intervenir via les messages rédigés avec le clavier, et accéder à Internet dans la limite de capacité d’un modem de 56 kbit/s. Ainsi, à titre d’exemple, France 2 a proposé en janvier 2002 un jeu interactif intitulé « LGDN – La Gym des neu- rones » qui invitait le téléspectateur à participer de chez soi à l’émission. Tout comme le candidat présent sur le plateau, le téléspectateur pouvait jouer avec sa télécommande lorsque le visuel annonçant une émission interactive apparaissait à l’écran. Un bandeau proposait alors de démarrer le jeu. L’interactivité était synchronisée avec l’émission ; le service était synchrone à la vidéo. Un bandeau proposait au télés- pectateur de répondre aux questions en même temps que les candidats à l’écran et d’envoyer à la fin de la seconde manche ses résultats. Pour cumuler des points le téléspec- tateur répondait donc en direct et dans un temps limité. Sa 1 Dossiers de presse aimablement fournis par M. Jean-Cédric Péano ancien collaborateur de TAK. participation active l’impliquait donc davantage dans le pro- gramme. Dans un article publié le mardi 5 décembre 20002 , Jérôme Bouteiller écrivait avec une certaine prémonition : « Après le règne des constructeurs informatiques ou des opérateurs, le projet TAK pourrait marquer la montée en puissance des constructeurs de terminaux, soucieux de répondre véritable- ment aux besoins du grand public. Près de 28 millions de téléviseurs sont vendus chaque année en Europe et TMM (Thomson Multimédia) entend bien faire de TAK l’un des principaux moyens d’accéder aux services interactifs, quitte à faire de l’ombre à AOL ou Vizzavi ». 13 ans plus tard, beaucoup d’acteurs ont disparu ou changé d’activité mais l’idée persiste. Smart TV : portail de services des fabricants d’électronique grand public A l’été 2010, les premières TV connectées ou Smart TV arrivent sur le marché français. Tous les grands fabricants sont présents : Sony, Philips, Samsung, LG, Panasonic… Ces nou- veaux téléviseurs sont capables de se connecter à Internet : par câble Ethernet pour les premiers modèles, par Wi-Fi pour les suivants. Il ne s’agit pas pour le consommateur d’accéder à l’Internet ouvert, mais à une offre de services « fermée », présentée sous la forme de widgets et élaborée par les fabri- cants au travers d’accords bilatéraux avec des fournisseurs de contenus ou de services. L’offre est extrêmement innovante mais cependant parcellaire et segmentée : suivant le modèle et la marque du téléviseur choisi, le consommateur n’aura pas accès à la même offre de services. Autant dire que le consom- mateur va très vite se perdre dans le dédale des offres propo- sées et pour la plupart, non démontrées en magasin. Par ailleurs, certains services proposés vont se révéler ina- daptés à une consommation sur la télévision : ergonomie ina- 2 http://www.clubic.com/actualite-40730-thomson-devoile-tak-interactive- television.html Figure 1 : Le téléviseur TAK et son clavier de commande à gauche et à droite la lecture de « L’Equipe » sur le téléviseur, en coin toujours le programme en cours. (Document Thomson Multimédia). REE N°1/2014 ◗ 81 La télévision connectée, nouvelle révolution télévisuelle : Les services daptée, navigation trop complexe avec une télécommande, lenteur de chargement. Les fabricants vont très rapidement s’apercevoir que les services générant de l’audience sont ceux donnant accès à un catalogue de contenus vidéo. S’engage alors une course à la signature d’accords, dans la mesure du possible exclusifs, avec les chaînes de TV, les catalogues de VOD (Video Futur, Canal+, TF1…), les sites tels que Youtube. Et pour les chaînes s’engage la bataille pour obtenir le meil- leur accord financier et la meilleure visibilité sur le portail. La figure 2 donne un exemple de portail de Smart TV. HbbTV : une autre approche pour le béné- fice des chaînes et du téléspectateur En 2010, les chaînes de TV se rendent très rapidement à l’évidence que le modèle Smart TV mis en avant par les fabri- cants ne leur est pas favorable, puisqu’elles ne contrôlent pas l’offre globale de services packagée par les fabricants, elles perdent le lien avec le téléspectateur (l’univers du por- tail est totalement séparé de celui de la chaîne linéaire), et elles doivent fournir un effort de développement de leur wid- get particulier à chaque modèle de téléviseur ciblé. C’est en réponse à cette triple problématique que les éditeurs ont milité et travaillé à l’élaboration d’un standard. Au-delà des choix technologiques qui caractérisent HbbTV (voir article précédent), les éditeurs ont créé, via cette spécifi- cation, un walled-garden de leurs services : en effet, seuls les éditeurs en possession d’une licence de diffusion broadcast (licence TNT ou capacité satellitaire DVB-S) peuvent créer des applications HbbTV qui sont signalées et pour partie téléchargées par le canal de diffusion broadcast. Ces appli- cations viennent solliciter des ressources du téléviseur pour être stockées, exécuter des commandes (connexion à une URL de l’application, affichage d’un pop-up, réservation et programmation des touches de la télécommande…) et être affichées. Ainsi les éditeurs contrôlent complètement le de- sign et la présentation de leurs services aux téléspectateurs. En outre, via HbbTV, les éditeurs sont en mesure de pro- poser un accès aux services extrêmement simple (par un pop-up à l’écran), de créer une continuité d’offre entre la chaîne linéaire et les services interactifs et ainsi de prolonger l’expérience du téléspectateur dans l’univers de la chaîne. Ainsi, en validant l’accès aux services connectés par pres- sion du bouton OK ou rouge de la télécommande, l’affichage à l’écran bascule sans rupture de la chaîne vers le portail de services (avec très souvent un premier choix sous la forme de bandeau sur le flux de la chaîne). Le téléspectateur na- vigue alors très simplement dans le portail conçu pour une consommation télévisuelle. Quand il souhaite quitter ce por- tail, il revient automatiquement sur la chaîne linéaire d’origine. Les services les plus répandus sont l’accès au catalogue de rattrapage de la chaîne (catch-up TV) présenté chro- nologiquement ou par thématique, au catalogue de VOD (payant), et la présentation des programmes de la chaîne ou du groupe de chaînes sur sept jours (guide). Une fonctionnalité tout à fait nouvelle a également été mise en place par plusieurs chaînes  : le «  start over  ». Le téléspectateur est en mesure, à tout moment, et tant que le programme est en cours de diffusion sur la chaîne, de le Figure 2 : Un exemple de page d’accueil de Smart TV. 82 ◗ REE N°1/2014 LA TV connectée Figure 3 : Pop-up ARTE. Figure 4 : Guide TV ARTE. Figure 5 : Public Sénat - fonctionnalité de retour au début-bandeau. REE N°1/2014 ◗ 83 La télévision connectée, nouvelle révolution télévisuelle : Les services reprendre depuis le début (service « Salto » ou « Retour au début » – figure 5). Enfin, les éditeurs proposent sur quelques-uns de leurs programmes, une interaction “live” avec le téléspectateur : expression d’une opinion, vote, plus d’informations sur le pro- gramme, promotion liée à un spot de publicité. Et quand un événement rencontre un intérêt très large- ment partagé, et pour lequel le téléspectateur est deman- deur de plus de contenus, l’éditeur peut développer une application dédiée proposée pendant la durée dudit événe- ment. C’est le cas des événements sportifs, des campagnes électorales… (figure 6). Bien entendu, à travers cette approche normative, l’en- semble des services présentés sont disponibles sur tous les téléviseurs connectés du marché, ce qui simplifie grande- ment le choix du consommateur et garantit aux chaînes de toucher un marché de masse. L’offre box OTT : une opportunité ou une menace Les fabricants de téléviseurs ne sont pas les seuls acteurs à tenter leur chance dans cet environnement extrêmement propice où l'accès à un Internet haut débit s'est largement répandu dans les foyers, donnant à chacun la possibilité de consommer des contenus vidéo de très bonne qualité sur son écran TV. Les grands fournisseurs de services Web, les agrégateurs de contenus ont déjà pris des positions ou se préparent à arriver sur le marché français. On peut citer Apple, Google, Netflix, Amazon, Tevolution, Video Futur... Figure 6 : France Télévisions - Roland Garros 2013. Figure 7 : Apple TV. 84 ◗ REE N°1/2014 LA TV connectée Certains d'entre eux nouent des accords avec les fabri- cants de terminaux connectés (téléviseurs ou box), d'autres conçoivent et distribuent leur propre box, pour s'affranchir complètement des acteurs en place. Ils deviennent ainsi des distributeurs OTT. Leur force est l'offre de contenus très large et premium pour certains, dans une gamme de prix beaucoup plus basse que les distributeurs classiques. En ce sens, ils sont une op- portunité pour le consommateur, mais une réelle menace pour les éditeurs TV traditionnels (figures 7 et 8). Le multi-écrans La dernière publication de l’observatoire de l’équipe- ment audiovisuel des foyers français présentée par le CSA le 17 décembre 2013 montre que 21,5 % des foyers sont équipés de tablettes et que 51,9 % des personnes âgées de 15 ans et plus possèdent un smartphone. Par ailleurs, une étude publiée par Nielsen fin 2011 an- nonçait que 88 % des détenteurs de tablettes et 86 % des détenteurs de smartphones aux USA utilisent au moins une fois par mois leur second écran en même temps qu’ils re- gardent la télévision. Or, si l’évolution formidable des technologies embar- quées dans les téléviseurs permet aujourd’hui d’offrir aux téléspectateurs des expériences télévisuelles interactives inédites et un accès à des catalogues profonds de contenus vidéo, il n’en reste pas moins que la tablette, à travers ses applications faciles d’usage, son ergonomie et sa fluidité de navigation, est un terminal plus propice à l’interaction et au développement de la TV sociale que la télécommande du téléviseur. C’est pourquoi, fortes de ces constats, les chaînes TV pro- posent sur le second écran de plus en plus d’applications d’interaction avec le programme proposé sur la télévision classique, pour maintenir le téléspectateur devant sa télé- vision en le divertissant sur le second écran et également pour faire venir sur la télévision un public plus jeune qui s’en détourne de plus en plus. Figure 8 : Netflix. Figure 9 : M6 Connect. REE N°1/2014 ◗ 85 La télévision connectée, nouvelle révolution télévisuelle : Les services Le type d’interaction proposé est très variable : accé- der à plus d’informations sur le programme en cours, le cas échéant pouvoir acheter un produit présenté, émettre un avis, voter, twitter et suivre le “buzz” créé par le pro- gramme… Dans certains cas, l’interaction nécessite une synchronisation fine avec le programme diffusé. C’est no- tamment le cas d’applications de vote. Les chaînes intègrent alors dans leurs applications des technologies de watermar- king (marque de l’audio) ou de fingerprinting (signature acoustique) qui analysent et identifient le son émis par le téléviseur, et permettent au second écran de reconnaître très rapidement la chaîne/le contenu regardé par le télés- pectateur et de se synchroniser (figure 9). D’autres acteurs tels que des éditeurs de guide TV ou des éditeurs d’applications second écran exploitent ce compor- tement multi-écrans des téléspectateurs pour leur proposer des applications en lien avec le programme TV. Ils peuvent ainsi tirer profit du succès d’un programme pour générer du trafic et de l’audience sur leurs applications. Le multi-écrans est une tendance de fond, qui n’en est aujourd’hui qu’aux prémices en matière de déclinaison pour la télévision. Les expérimentations sont multiples, les acteurs aussi. La “killer-application” qui fera décoller l’usage n’a pas encore été trouvée mais l’avenir est pro- metteur. Des impacts probables de ces nouveaux usages sur l’écosystème La télévision connectée s’avère être une bonne solution « ouverte » pour de la télévision interactive, mais elle fait co- habiter sur un même écran des contenus audiovisuels issus de deux mondes, la télévision d’une part et Internet d’autre part. Ces deux mondes, particulièrement en France, ne sont pas soumis aux mêmes règles, ce qui ne manque pas de poser des problèmes dont certains que l’on qualifie généra- lement de distorsion de concurrence. Début 2012, le CSA, alors sous la présidence de Michel Boyon, ayant conscience de cette difficulté, décida, avec l’aide du conseiller Emmanuel Gabla, de créer une commis- sion de suivi des usages de la télévision connectée3 , dont les travaux ont démarré officiellement le 16 février 2012. Ce groupe de réflexion a été constitué de personnalités indé- pendantes appartenant à tous les secteurs concernés par l’écosystème de la télévision et du multimédia, des produc- teurs aux constructeurs, en passant par les éditeurs et les distributeurs, certains acteurs d’Internet, les annonceurs, tous ceux qui contribuent directement à la chaîne de l’image, sans oublier les pouvoirs publics français et européens ainsi que 3 Ce paragraphe s’inspire très largement des éléments du dossier de la conférence de presse du CSA du 5 décembre 2012. Commission du CSA Cinq groupes de réflexion : • Enjeux technologiques : Jean-Pierre Lacotte • Protection des publics sensibles et profilage : Janine LANGLOIS-GLANDIER • Économie et concurrence : Patrick RAUDE • Financement de la création : Dominique RICHARD • Nouveaux formats publicitaires : Laurent SORBIER Les quatre grands principes guidant les travaux • Le respect des valeurs qui constituent le socle de la République française et qui justifient une régulation : la protection de l’enfance et de l’adolescence, la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, contre les discriminations, contre les appels à la haine et à la violence, la préservation du pluralisme politique ; • L’allègement de certaines réglementations pesant sur les chaînes (chronologie des médias, plafond de concentration, cir- culation des œuvres) pour équilibrer le jeu concurrentiel avec des acteurs qui pour l’heure du moins ne sont pas soumis aux mêmes contraintes réglementaires et sans porter atteinte aux intérêts des créateurs ; • La pérennité du financement de la création et de la production d’images notamment par l’obligation pour toute entreprise tirant un revenu de l’exploitation d’une œuvre de participer au financement de la création ; • L’élaboration d’une co-régulation avec les professionnels pour les contenus audiovisuels circulant sur l’Internet et visant, parmi ses objectifs, à s’assurer du bon respect de la liberté du téléspectateur. Même si les consommateurs entrent dans une ère marquée par une profusion de l’offre, ils doivent toujours pouvoir bénéficier de la plus grande liberté d’initiative. Il ne s’agit pas qu’au nom de la simplicité d’usage, de la rationalisation de l’offre ou de la qualité du réseau, le téléspectateur se voit enfermé dans un tunnel ou un parcours balisé, le conduisant, de proche en proche, à agir dans un sens déterminé. Encadré 1 : Commission du CSA. 86 ◗ REE N°1/2014 LA TV connectée des représentants des consommateurs. Le but poursuivi était d’expliciter clairement les problèmes identifiés et de poser des pistes de réflexion afin d’éclairer le régulateur et lui per- mettre de jouer son rôle avec le maximum de connaissance et de points de vue sur le dossier, pour avoir une influence sur les décisions du législateur comme sur celles de l’exécutif. Les problèmes identifiés étaient les suivants : • Comment protéger les publics jeunes et sensibles vis-à-vis des contenus issus d’Internet ? • Comment protéger les données personnelles ? • Comment créer une régulation « équilibrée » des acteurs traditionnels et issus du monde Internet, qui préserve le financement de la création ? • Comment préserver la liberté du téléspectateur ? • Comment favoriser le développement de cette nouvelle économie, au bénéfice de tous les acteurs du marché ? A l’issue des nombreuses réunions durant lesquelles des experts ont été entendus et des démonstrations ont eu lieu, 14 propositions ont été énoncées lors de la conférence de presse du 5 décembre 2012. Elles peuvent être regroupées en trois objectifs majeurs : • donner au consommateur un accès large et simple aux contenus ; • créer des conditions de concurrence équitable entre ac- teurs, pour inscrire ces offres de contenus et ces services dans la durée, pour le bénéfice du consommateur ; • garantir au consommateur un niveau de protection équiva- lent sur Internet à ce qui existe en télévision traditionnelle. Ces 14 propositions sont un point d’étape. Elles donnent un certain nombre de pistes qu’il convient maintenant de préciser, afin que les diverses autorités en charge du dossier les prennent en compte. On en trouvera le détail en annexe. Conclusion Une grande partie des ingrédients est à présent réunie pour que la télévision connectée devienne vraiment le ser- vice que les téléspectateurs attendent. La grande question qui reste aujourd’hui sans réponse est : « qui sera le grand gagnant, les chaînes de télévision traditionnelles ou éten- dues, les constructeurs, les fournisseurs d’accès à Internet, les fournisseurs de services Web ? ». Beaucoup d’experts annoncent la fin de la télévision linéaire, celle qui réunit la famille en soirée dans le salon devant le grand écran pour regarder un programme attractif et qui reste encore utilisée plus de 3 heures 50 par jour4 , toujours en progression depuis des années. Les services non linéaires comme les services provenant du Web progressent aussi, surtout chez les plus jeunes qui en font une consom- mation plus personnelle souvent seuls sur le PC ou la ta- blette. Cependant, on ne sait pas encore si cette tendance sera durable ou si, avec l’âge, ils feront comme leurs parents. En tout état de cause, l’enjeu de cette bataille est éco- nomique, et quel que soit le modèle retenu, gratuit ou par abonnement à prix très bas, le marché publicitaire est convoi- té par tous. Aussi, si les règles du jeu entre les acteurs sont améliorées et harmonisées, on peut espérer que le vrai gagnant en sera le contenu, pour le plus grand bénéfice du téléspectateur. Remerciements Les auteurs remercient P. Collet pour ses conseils et sa contribution à la mise au point de cet article. 4 http://www.csa.fr/Etudes-et-publications/Les-chiffres-cles/Les-chiffres- cles-de-l-audiovisuel-francais-Edition-du-2nd-semestre-2013. Annexe 14 propositions de la Commission du CSA Poursuivant l’objectif de proposer des réponses précises à des questions elles-mêmes très concrètes et de natures différentes, la commission est parvenue à établir un diagnostic et des objectifs largement partagés pour formuler un premier jeu de propositions et de réflexions. Le télénaute est au centre de toutes les attentions de la Commission. Les propositions et réflexions visent ainsi à favoriser l’émergence d’un écosystème durable et équitable autour de la télévision connectée. Il s’agit d’encourager l’innovation tout en assurant des revenus aux créateurs, le télénaute demeurant au centre de toutes les attentions : A. La technologie connectée doit être au service du consommateur L’environnement technologique doit permettre au consommateur de pouvoir bénéficier le plus largement possible des services et des terminaux connectés : • Proposition 1 : mettre en place au niveau européen les conditions techniques et les normes assurant que services et terminaux connectés puissent opérer ensemble ; REE N°1/2014 ◗ 87 La télévision connectée, nouvelle révolution télévisuelle : Les services Muriel Sangouard est experte en télévision connectée. Elle a été directrice du développement TV de TDF de 2008 à 2014. Elle s’est consacrée plus particulièrement depuis 4 ans au développement des services à destination des terminaux connectés, pilotant le groupe TNT 2.0 du HD Forum, et offrant aux chaînes TV une solu- tion de plate-forme multi-écrans clé en main, leur permettant de distribuer leurs contenus sur les TV connectées, les smartphones, les tablettes et le Web. Auparavant, Muriel Sangouard était direc- trice déléguée à l’innovation de la division multimédia de TDF. Jean-Pierre Lacotte a passé la majeure partie de sa carrière dans le Groupe Thomson aujourd’hui Technicolor, commençant par le Laboratoire central de recherche de Thomson CSF chargé des travaux sur le stockage d’images et de sons, projet qui s’est trans- formé en projet Vidéodisque. Il a ensuite été détaché pendant quelques années au Parc de la Villette à Paris pour créer la partie audiovisuelle des présentations du futur Musée des Sciences et de l’Industrie et de la géode. Après l’ouverture en 1986, il est retourné dans la division Télévision professionnelle dans laquelle il a occupé diverses fonctions dont celle de directeur général. En 2003 il est nommé vice-président du cluster d’Eureka chargé des recherches européennes dans le domaine des logiciels embar- qués et distribués. Depuis 2006, directeur des affaires institution- nelles de Thomson pour l’Europe, président du HD-Forum depuis 2004 et président de l’Agora Réseau Domiciliaire, co-président du groupe technique HD de l’Arab States Broadcasting Union. Frédéric Tapissier, responsable de l’innovation technologique à TF1 et président de la commission technique du HD Forum a plus de 15 ans d’expérience dans l’industrie de la TV numérique, que ce soit dans des sociétés qui fournissent la technologie (comme NDS-CISCO ou le groupe Kudelski) ou dans des sociétés qui la mettent en œuvre comme RTL Group ou le groupe TF1. Respon- sable de l’innovation technologique pour TF1, qu’il a rejoint en 2007, Frédéric Tapissier a été à l’origine du la création du standard HbbTV et de sa rapide adoption en France et dans le monde. les auteurs • Proposition 2 : assurer que les parcs installés de terminaux connectés supportent les évolutions techniques successives sans devenir obsolètes ; • Proposition 3 : favoriser la reprise des données associées au programme diffusé. B. La concurrence doit être loyale entre tous les acteurs au bénéfice du consommateur et de la création Le jeu concurrentiel doit pouvoir s’exercer dans des conditions équitables et loyales entre l’ensemble des acteurs, qu’ils soient établis en France ou non, afin que le consommateur bénéficie durablement d’une offre diversifiée : • Proposition 4 : appeler à l’adoption de mesures fiscales visant à limiter les déséquilibres concurrentiels avec les nou- veaux acteurs et à pérenniser les effets des mécanismes de financement de la création ; • Proposition 5 : adopter un code de bonnes pratiques concurrentielles. C. Le consommateur doit pouvoir devenir un élément clé de la richesse de la télévision connectée en toute sécurité Le développement de la télévision connectée va s’accompagner d’une évolution des métiers et mettre le consommateur au cœur d’une transformation dont il devient un véritable acteur : • Proposition 6 : examiner le cadre juridique des différents métiers de la télévision connectée ; • Proposition 7 : étendre et adapter les dispositifs actuels de protection des jeunes publics aux contenus et aux médias de la télévision connectée, en co-régulation avec les professionnels ; • Proposition 8 : réaffirmer certains principes en matière de publicité audiovisuelle aux nouveaux services ; • Proposition 9 : alléger certaines dispositions actuelles en matière de publicité audiovisuelle ; • Proposition 10 : élaborer des recommandations générales et bonnes pratiques en matière de données à caractère personnel en associant le CSA, la CNIL et les organisations compétentes ; • Proposition 11 : renforcer l’information du télénaute par la mise en place d’un portail référençant les sites propres à la protection des publics ; • Proposition 12 : appeler au lancement de réflexions interprofessionnelles pour l’adaptation des obligations réglementaires ; • Proposition 13 : examiner le principe d’une préférence pour les services qui contribuent à la création européenne en termes de présentation par défaut sur la page d’accueil. D. Les futures réflexions sur la télévision connectées doivent s’appuyer sur une meilleure connaissance des usages • Proposition 14 : mettre en place un « observatoire » des usages de la télévision connectée. L’utilisation croissante de la vidéoprotection rend nécessaire la mise en place de fonctions d’analyse vidéo pour alléger voire automatiser des tâches aujourd’hui entièrement réalisées par des opérateurs. Après avoir dressé un panorama des avancées et des perspectives en analyse d’image, cet ouvrage détaille les principales fonctions d’analyse vidéo, comme la détection, le suivi et la reconnaissance d’objets d’intérêt (personnes ou véhicules) ou les fonctions de « haut-niveau » visant à interpréter les scènes observées (évènements, comportements, nature de la scène...). Les besoins sont illustrés sous l’angle de deux applications majeures, la sécurité des transports et l’investigation. Les contraintes d’ordres juridique et éthique sont présentées, ainsi que les caractéristiques des données vidéo traitées, au travers des caméras et des méthodes de compression utilisées. La problématique de l’évaluation de performance, tant au niveau opérationnel qu’au niveau des fonctions d’analyse, est également exposée. L’auteur Spécialiste de l’analyse d’image et de vidéo, Jean-Yves Dufour est responsable chez Thales du laboratoire d’analyse vidéo créé en partenariat avec l’institut CEA LIST. 135 e • 372 pages • 16 x 24 • 2012 • relié • ISBN : 978-2-7462-3890-9 Introduction 1. Le traitement d’image : bilan et perspectives - Henri MAITRE 2. Zoom sur les transports ferroviaires - Sébastien AMBELLOUIS et Jean-Luc BRUYELLE 3. Analyse a posteriori aux fins d’investigation - Denis MARRAUD, Benjamin CEPAS, Jean-François SULZER, Christianne MULAT et Florence SEDES 4. Les caméras de vidéosurveillance - Cédric LE BARZ et Thierry LAMARQUE 5. Les formats de compression vidéo - Marc LENY et Didier NICHOLSON 6. Législation, vie privée, sécurité - Amal MARC, Carole PELLEGRINO et Samuel VINSON 7. Détection rapide d’activités par analyse dans le domaine compressé - Marc LENY 8. Détection d’objets d’intérêt - Yoann DHOME, Bertrand LUVISON, Thierry CHESNAIS, Rachid BELAROUSSI, Laurent LUCAT, Mohamed CHAOUCH et Patrick SAYD 9. Suivi d’objets d’intérêt dans une séquence d’images - Simona MAGGIO, Jean-Emmanuel HAUGEARD, Boris MEDEN, Bertrand LUVISON, Romaric AUDIGIER, Brice BURGER et Quoc Cuong PHAM 10. Suivi d’objets d’intérêt dans un réseau de caméras - Catherine ACHARD, Sébastien AMBELLOUIS, Boris MEDEN, Sébastien LEFEBVRE et Dung Nghi TRUONG CONG 11. Techniques de biométrie appliquées à la vidéosurveillance - Bernadette DORIZZI et Samuel VINSON 12. Reconnaissance de véhicules pour la vidéosurveillance - Stéphane HERBIN 13. Reconnaissance d’activités - Bernard BOULAY et François BREMOND 14. Méthodes non supervisées pour l’analyse d’activités et la détection d’évènements anormaux - Rémi EMONET et Jean-Marc ODOBEZ 15. Data Mining dans une base de données vidéo - Luis PATINO, Hamid BENHADDA et François BRÉMOND 16. Analyse de scènes de foule en vidéo - Mikel RODRIGUEZ, Josef SIVIC et Ivan LAPTEV 17. Détection du contexte visuel - Hervé LE BORGNE et Aymen SHABOU 18. Plate-forme d’évaluation opérationnelle : exemple du PPSL - Stéphane BRAUDEL 19. Qualification et évaluation de performances - Bernard BOULAY, Jean-François GOUDOU et François BRÉMOND Bibliographies Index Outils d’analyse vidéo pour une pleine exploitation des données de vidéoprotection Sommaire 14,ruedeProvigny94236Cachancedex,France•tél.:+33(0)147406700•fax:+33(0)147406702•e-mail:info@lavoisier.fr sous la direction de Jean-Yves DUFOUR Collection SEE www.lavoisier.fr/livre/h3890.html Frais de port Si paiement à la commande (France métropolitaine, Suisse, UE*) : Offerts pour toute commande supérieure à 60 7 pour toute commande inférieure à 60 Si paiement différé : port en sus. * Pour tout autre pays, envoi express ou par avion, nous consulter : info@lavoisier.fr à retourner complété avec votre règlement sous enveloppe dûment affranchie à : Lavoisier - 14, rue de Provigny 94236 Cachan cedex ou à faxer au : 01 47 40 67 02BON DE COMMANDE Titre de l’ouvrage ISBN Prix TTC Qté Total Frais de port Total TTC N° DE CLIENT NOM/PRÉNOM.....................................................................................................................FONCTION................................................................................. INSTITUTION ........................................................................................................................TVA INTRACOMMUNAUTAIRE ................................................... SECTEUR D'ACTIVITÉ ..........................................................................................................SERVICE ................................................................................... ADRESSE DE FACTURATION.................................................................................................................................................................................................. ............................................................................................................................................................................................................................................... ADRESSE DE LIVRAISON (SI DIFFÉRENTE)........................................................................................................................................................................... E-MAIL ...................................................................................................................................................... TÉL. Je joins mon règlement à la commande et je paye par : Chèque bancaire payable en France à l’ordre de LAVOISIER S.A.S. Carte bancaire (Visa, Mastercard) n° Date d’expiration : Cryptogramme : Suivre ma commande : +33 (0) 1 47 40 67 00 CNPG12 Ces renseignements pourront figurer sur un fichier informatique. Conformément à l'Art. 27 de la loi Informatique & Libertés du 6 janvier 1978, vous bénéficiez d’un droit d’accès et de rectification aux données vous concernant Plus simple et plus rapide, je commande sur : www.lavoisier.fr Une facture acquittée sera jointe au colis. 978-2-7462-3890-9Outils d'analyse vidéo 135 e