Une autre vision de l’orientation

Comment imaginer de nouvelles approches pour donner envie aux jeunes de choisir des études et des carrières scientifiques 12/03/2014
Auteurs : Claude Maury
Publication REE REE 2014-1
OAI : oai:www.see.asso.fr:1301:2014-1:10138
DOI : http://dx.doi.org/10.23723/1301:2014-1/10138You do not have permission to access embedded form.

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92 REE N°1/2014 ENSEIGNEMENT & RECHERCHE Claude Maury Responsable au CEFI et aux IESF du projet « Fabrique des Vocations » Sur l’importance nouvelle de l’orientation La question de l’orientation apparaît désormais comme un volet à part entière de toute politique éducative L a montée du niveau général d’étude dans les sociétés développées conduit de plus en plus de jeunes à s’en- gager dans des études supérieures (il est devenu peu concevable de chercher à entrer dans la vie active avec un simple baccalauréat général) et à faire face, à un moment ou un autre, à des choix d’études déterminants pour leur avenir. Tout jeune lycéen, ou jeune étudiant, a ainsi potentiellement à exprimer des préférences, dont il n’est pas souvent à même d’ap- préhender le sens ou les conséquences à court ou long terme (exi- gences pour ses études, perspectives professionnelles). Faute de bien maîtriser tous les paramètres en jeu, le jeune lycéen en restera souvent, faute de mieux, à une forme de conformisme social et assez largement aux indications de sa famille. On comprend mieux dans ce contexte l’attention croissante por- tée aux dispositifs d’aide à l’orientation, que ce soit en fin d’études secondaires (lycée) ou désormais dans tous les établissements d’enseignement supérieur, au travers d’une obligation actée par la loi, d’autant que s’y ajoutent des enjeux politiques : jeunes et d’éviter un chômage prolongé (effet supposé d’une orientation mal traitée) ; scientifiques et techniques jugées déterminantes pour notre com- pétitivité économique. La conjonction de toutes ces attentes, aussi nécessaires et légi- times qu’elles puissent être, pose néanmoins de réels problèmes, que nous allons évoquer ici. Malgré l’importance des efforts accomplis et la réalité d’une volonté politique, on voit s’exprimer de nombreux doutes et critiques Nul ne peut mettre en cause la réalité des efforts faits pour mettre en place des dispositifs variés d’aide à l’orientation ou de la qualité des personnes mobilisées, qu’il s’agisse de structures ou d’organismes publics (ONISEP, CIO), d’initiatives portées par les acteurs locaux (maisons des métiers) ou privées (organisation de foires) ou professionnelles. Selon les cas les interventions de ces structures (sites internet, organisation de salons, brochures) sont plus orientées sur le choix des études en amont (exemple des CIO) ou sur les questions relatives à l’insertion et à l’orientation profes- sionnelle. Mais cet effort incontestable ne peut dispenser d’une analyse critique de son impact. Or de nombreuses enquêtes1 , menées auprès des élèves et des étudiants, font apparaître que l’influence de ces interventions reste objectivement faible, par rapport aux avis recueillis dans le cercle familial ou auprès des proches. Si les jeunes « consomment » sous diverses formes ces aides à l’orientation et les apprécient, leurs choix ultimes restent principalement déterminés par des tiers de confiance, amis proches, famille. Le poids des relations person- nelles l’emporte clairement sur toute intervention extérieure, même bien argumentée. On observe par exemple que l’orientation des jeunes filles vers les sciences dérive généralement d’une « histoire » familiale… Des analyses globales conduites avec un sérieux indiscutable (rapport 2013 de lGAS, de l’IGEN et de l’IGAENR) aboutissent éga- lement à des conclusions assez critiques, portant cette fois sur la dispersion des acteurs publics, sur fond de relations d’incompré- hension partielle entre régions et structures centrales, sans parler des structures professionnelles, avec par surcroît une faiblesse pré- occupante de réflexion stratégique. De fait l’intérêt manifesté pour le développement de services à l’orientation, ne peut masquer les ambiguïtés résultant de la mul- tiplicité des buts poursuivis face à des publics hétérogènes et les hésitations entre une vision libérale centrée sur la personne ou la recherche d’inflexion des choix personnels en fonction de priorités collectives. Que répondre ainsi à ces interrogations : pour contrecarrer l’expression de préférences irréfléchies, débou- chant sur des problèmes d’insertion ? - ment d’une pleine liberté des choix, certains déséquilibres obser- vés (ex : le taux de féminisation) dans les filières scientifiques et techniques ? 1 Exemple d’une enquête du CEFI sur les déterminants des choix des étu- diants master et écoles. Une autre vision de l’orientation Comment imaginer de nouvelles approches pour donner envie aux jeunes de choisir des études REE N°1/2014 93 ENSEIGNEMENT & RECHERCHE Le paradigme de l’orientation a profondément évolué ces dernières années avec de nouveaux rapports entre « orientés » et « conseillers » Les analyses précédentes occultent une évolution en profondeur de l’aide à l’orientation. Traditionnellement « l’orienteur » s’appliquait, après un diagnostic préalable, à transmettre une information détail- lée sur les filières d’études ou sur les métiers. La vision idéale était de fournir, dans une logique de rationalisation des décisions, une information pertinente, supposée suggérer un cap « réaliste » accom- pagné de « bonnes » raisons. On s’est clairement écarté ces dernières années de ce schéma de tonalité paternaliste pour se protéger par principe de tout effet d’influence directe : le jeune demandeur, déjà supposé prendre de lui-même l’initiative d’un contact, se voit désormais proposer un accompagnement pour construire lui-même son orientation. Il est alors exclu de lui proposer une réponse (en forme d’une vérité qui aurait vocation à s’imposer à lui). On lui demande de gérer lui-même sa démarche et de chercher de lui-même des informations ou des témoignages sur la réalité du monde professionnel ou des études, avant de prendre parti. Si ce changement d’approche dérive en partie de la facilité extraordinaire apportée par Internet pour l’accès à l’information de base, il est plus encore l’expression d’une évolution sociétale, asso- ciant une reconnaissance affirmée de l’autonomie des jeunes, et une défiance vis-à-vis de tout discours d’autorité. Explorer des démarches non-conventionnelles Comment imaginer une démarche originale, ou la naissance d’une « fabrique des vocations » ? Dans le cadre d’un appel d’offre des investissements d’avenir relatif à la culture scientifique et technique, l’Académie des tech- nologies, l’APEC, l’IESF et le CEFI ont présenté un projet conjoint destiné au premier niveau à promouvoir des orientations vers les filières scientifiques et techniques, au second niveau à proposer des approches non-conventionnelles des processus d’aide à l’orientation. Cette démarche, en passe de concrétisation début 2014, a été fon- dée sur trois postulats, qui auront naturellement à être validés ou ajustés à la lumière de l’expérience : 1. le premier est prendre pour cible principale les « prescripteurs » (on devrait plutôt parler de « relais »), en cherchant à ouvrir une relation de confiance avec toutes les personnes (enseignants), structures (centres d’orientation) ou institutions intervenant comme conseils et, dans la mesure du possible, d’ajuster tous les messages produits et les interventions à leurs attentes ; 2. le second a été de mettre en avant la dimension de la vocation, en considérant que dans les pratiques actuelles on rapportait à l’excès les choix aux capacités scolaires, en délaissant l’implica- tion profonde vers tel ou tel sujet, ou telle activité. Or l’expérience montrait que toute personne qui parvenait à concrétiser ses en- vies profondes réussissait toujours beaucoup mieux ; 3. le troisième était d’accepter de tenir un discours sur les talents en observant que tous les individus avaient généralement une latitude très supérieure à la moyenne pour telle ou telle activité et que cette dimension méritait d’être prise en compte dans tout choix de trajectoires. Sur cette base, une action a été prévue sur trois plans : leurs interventions, moins descriptives ou d’informatives que fon- dées sur des analyses en profondeur des réalités professionnelles ; stratégiques, visant à apporter, à partir de l’expertise des quatre par- tenaires, une intelligence nouvelle de la réalité présente et surtout de sa dynamique, sur les plans complémentaires : - des évolutions technologiques et des défis à relever ; - des problématiques industrielles (stratégies, alliances…) dans le contexte mondialisé et très concurrentiel des années à venir ; - du monde professionnel et des métiers. possibilité d’échanger entre eux sur ces apports (communautés de pratiques) qu’il s’agisse de méthodes et d’outils (analyse des pro- fils, représentation des métiers). L’ambition du dispositif est de mettre un accent fort sur une compréhension au sens large de l’environnement des emplois et de contextualiser pleinement la question de l’orientation, bien au-delà de toute l’information analytique déjà disponible. Premiers constats et perspectives du projet Le travail engagé a déjà confirmé une hétérogénéité des pres- cripteurs, avec un contraste marqué entre : en règle générale des réalités de l’entreprise et des métiers scienti- fiques mais bien formés aux techniques de l’accompagnement (la pédagogie prime sur le sujet) ; écoles), globalement bien informés de la situation immédiate des entreprises mais manquant d’ouverture sur les évolutions à moyen terme et parfois enfermés dans des visions technicistes. Les contacts pris ont également montré qu’il existait bien au niveau des prescripteurs une réelle attente d’échanges sur les pra- tiques, chacun souhaitant bénéficier du regard des autres sur ses démarches. Il a enfin été constaté, ce qui était moins attendu, qu’il y avait un souhait pour l’identification de situations de niche (débouchés délimités liés à une expertise très spécifique), traduisant la sensi- bilité des étudiants à des propositions valorisant clairement leurs compétences dans des espaces professionnels perçus comme rela- tivement préservés. Que peut-on attendre d’une telle approche? Il ne faut pas se dissimuler que les options prises vont, en partie, à contre-courant des pratiques dominantes, où le message principal reste centré sur le lien fort entre choix d’études et aptitudes sco- laires, l’ambition essentielle étant d’obtenir le diplôme le plus coté, 94 REE N°1/2014 ENSEIGNEMENT & RECHERCHE indépendamment d’une adhésion à un projet de formation. Celui qui prépare en France les concours des écoles d’ingénieur le fait princi- palement parce que son niveau mathématique le lui permet (plus précisément parce qu’il a développé une capacité à traiter en temps limité un certain type de problèmes). - tention extrême portée au mérite scolaire, et de réhabiliter un certain niveau d’envie vis-à-vis de la profession future, saisie dans sa réalité. L’option prise de mettre l’accent sur des filières bien identifiées (aéronautique, technologies de la santé…) traduit le souci de mettre en lumière la réalité d’enjeux industriels, aujourd’hui un peu per- dus de vue, dans un pays qui, selon les média, doute aujourd’hui de lui-même. Ce n’est pas la même chose de parler de la science ou de l’économie en général que de pointer le projecteur sur tel ou tel champ industriel ou technologique (par exemple la transition énergétique ou les systèmes intégrés) à partir des témoignages de grands technologues ou même simplement d’ingénieurs de terrain. Comme le disait en 2010 à Brest à un colloque le philosophe Alain Kerlan, la science (et la technique) ne restera attractive que si elle se présente comme une aventure… Quel sens individuel et social donner à l’orientation ? Reprendre le problème à la base Les développements précédents ont souligné la difficulté de toute forme d’aide à l’orientation, sur fond d’hésitations, voire de contradictions, sur la voie à suivre. Il n’est donc pas déplacé de reve- nir sur le fond de la démarche et de la mettre en perspective par rapport à son ambition d’aider des destinées individuelles à prendre forme dans un champ de contraintes sociales. choix ne se confond pas avec une intervention sur le choix lui-même (même si la distinction n’est pas toujours aussi nette dans la pra- tique). Si quelqu’un demande à Paris quel métro prendre pour aller à la Tour Eiffel, il n’y aura aucune hésitation à lui donner un conseil valide, parce que la solution est de nature informative. Lorsqu’un jeune demande un conseil pour choisir des études ou une pers- pective professionnelle, la réponse est immédiatement plus délicate, puisque toute indication sur le parcours envisageable préjuge de l’aboutissement envisagé et anticipe sur un processus d’adhésion qui sera vécu ultérieurement sur la durée. Deux démarches, on pourrait dire deux philosophies, s’opposent alors : se sent en conscience assuré sur le « bon » choix à faire du fait de son expérience et de son jugement et légitime à guider en ce sens son interlocuteur ; au souci de ne pas influencer celui qui interroge, en veillant à ce qu’il assume à la fois, son choix et le processus de construction de son choix, avec le cas échéant des conseils de méthode. Dans les sociétés occidentales développées on privilégie au- jourd’hui la seconde option, avec le souci de responsabiliser le jeune concerné par rapport à son choix, de lui laisser le soin de se « construire », ce qui nous confirme – en doutions nous ? – que nous vivons dans une société largement libérale, en tout cas assez éman- cipatrice pour ses membres, même les très jeunes… Comment donner un sens au choix ? Mais tout est loin d’être dit, car même une simple recomman- dation de méthode (comment préparer son choix ?) mobilise des Que répondre à un élève qui sollicite un conseil pour choisir une école d’ingénieurs ? (en prenant le risque du non-conformisme) 1) Importance de ne pas occulter ses envies propres, au-delà d’une pression évidente forte vers des choix dominants ; 2) Conscience du fait que tout choix est un compromis : ne pas chercher à avoir raison à 100 % ; 3) Importance de prendre en compte les exigences d’employabilité dans toutes leurs dimensions en particulier des capacités d’intégra- tion dans l’entreprise (au-delà d’un discours convenu sur les bases mathématiques et les compétences). Recommandations générales deux à la fois). Faut-il étudier en France ? dans quelle école ? Le système français (écoles) répond assez bien aux exigences précédentes, mais il faut payer un vrai ticket d’entrée au travers de la préparation des concours (il reste tout de même les INSA, les UT, les écoles privées à admission bac). L’idéal est sans doute de construire REE N°1/2014 95 ENSEIGNEMENT & RECHERCHE principes qui sont loin d’être neutres. Contrairement aux apparences, on se rend compte que la question est moins le choix par lui-même que ce qui lui donne sens. Ceci nous déplace sur le plan des valeurs ou, d’une autre ma- nière, sur celui de la définition d’une identité et de l’explicitation d’une motivation à rapporter (même s’il existe de nombreuses théo- ries complémentaires) à deux grandes composantes : perçus comme des aspirations propres (valeurs assumées person- nellement) ; nature variable : avantages matériels, considération sociale, liberté induite ou potentialités… La tentation est aujourd’hui de favoriser la première vision (inci- tation à des choix répondant à ses attentes personnelles). Mais cette option devient rapidement utopique dès lors qu’elle s’abstrait de tous les mécanismes de régulation sociale qui permettent de pour- voir globalement tous les emplois proposés, en jouant de facteurs extrinsèques multiples (salaires, considération…). Une place nouvelle à donner à des valeurs collectives ? Si la philosophie de l’orientation se confondait avec un encoura- gement à ne choisir qu’en phase avec ses aspirations immédiates, tous les jeunes de 15-16 ans pourraient en puissance se projeter dans des activités créatives (artistes de variété, musiciens) ou se réfugier à l’inverse sur des métiers purement administratifs sans histoires… Au niveau collectif une telle attitude conduirait à une impasse complète, puisque dans toutes les nations, il faut non seulement répondre aux besoins en boulangers, garagistes, contrôleurs du fisc, militaires ou ingénieurs, mais disposer à chaque fois d’un minimum d’individus ayant l’envie de faire de leur travail une passion. La seule voie réaliste pour combattre toute forme de désengage- ment est d’accepter de mobiliser sur des valeurs collectives, à contre- courant des tendances dominantes en faveur de l’individualisme. Le processus par lequel un nombre adéquat de jeunes va s’orienter vers les études, puis vers les carrières d’ingénieurs ne peut pas repo- ser totalement sur le constat subi de préférences individuelles testées à un âge précoce. L’attractivité souhaitable des métiers techniques implique de se référer au moins à une utilité sociale qui ne prend toute sa portée qu’au sein d’une aventure collective bien assumée : du passé ; - tailles menées entre les grands blocs économiques ; des besoins sociaux. En d’autres termes il est légitime de défendre la thèse qu’il faut associer à tout accompagnement d’un jeune en orientation, une approche plus volontariste structurée autour de la valorisation de grands projets collectifs, susceptibles de cristalliser des vocations, et, comme inspiration de fond, un principe de mobilisation des talents. C’est en ce sens que le projet de fabrique évoqué plus haut, trouve son véritable sens, en affichant une dimension culturaliste nettement distanciée des visions fonctionnalistes traditionnelles. Le message final L’analyse des processus d’orientation porte en elle de réels objets d’étonnement. Alors que l’on est tenté de voir l’orientation principalement comme la fourniture d’informations pertinentes et bien calibrées, le cas échéant commentées, elle apparaît désormais principalement comme une démarche d’accompagnement, obligeant en quelque sorte le jeune à se dévoiler, à supposer qu’il en soit capable. L’exer- cice oblige alors à faire face au problème de la compréhension effec- tive de l’information (qui ne va pas de soi), mais surtout à clarifier le fondement des préférences et à s’interroger ainsi sur les valeurs. Le processus de l’orientation ainsi confirmé dans sa dimension culturelle, donne à sa manière une image des réalités de notre socié- té et de notre organisation sociale, qu’il faut assumer. Ce constat rend-il inconcevable une réforme, impliquant d’agir, nécessairement à la marge, sur notre système de valeurs ? L’analyse développée plus haut montre que cette entreprise difficile, passe par un effort pour promouvoir des valeurs partagées : industrielles) dans une vision temporelle (retrouver le sens de l’his- toire) et spatiale (resituer la réalité proche dans un contexte ouvert sur le monde) permettant de donner à nos activités productives au sens large une identité renforcée ; - tion à des situations réelles comme facteurs de motivation et de jugement ; engagées dans la vie professionnelle). C’est à ce prix que nous pourrons espérer un véritable renouveau économique, tirant un parti nouveau d’une affirmation de vocations et de l’expression de talents. Claude Maury est diplômé de l’École poly- technique (1964) et de l’École des Mines de Paris (1967). Sa carrière l’a amené à l’École des Mines de Nancy (Direction technique), à l’École polytechnique (Relations internationales) et au ministère de l’industrie. Ancien Délégué géné- ral du CEFI, il est l’auteur de nombreux rapports et interventions sur les questions de formation et d’emploi.